Les sanctions, c’est de l’arnaque !

Posté par onsbouge le 10 février 2014

Résistance a écrit:
Par une dépêche de l’IRIB, l’agence de presse iranienne, on apprend qu’en 1967, l’Iran, alors dirigé par le shah, avait acheté des armes aux Britanniques. Une grosse commande quand même puisqu’elle portait sur 1.500 chars d’assaut et 250 véhicules blindés. Tout est en règle, tout est payé, les armes vont être livrées.

Mais les choses traînent un peu, et dix ans plus tard, la livraison n’a pas encore débuté. La République islamique d’Iran est proclamée en 1979, et la Grande Bretagne est alors aux abonnés absents ! Bien plus, lorsque qu’en 1980, l’Irak déclare la guerre à l’Iran, c’est en Irak que les armes sont finalement livrées. Aux frais de l’Iran ! À l’époque, quand Saddam Hussein fait la guerre à l’Iran, il est, pour l’Occident, le gentil démocrate laïc. Il ne deviendra le méchant dictateur sanguinaire que bien plus tard, lorsqu’il vendra son pétrole en euros !

Bien sûr, l’Iran demande légitimement le remboursement de sa commande, non seulement jamais livrée, mais offerte de surcroît à son ennemi d’alors. Et on parle quand même de 475 millions d’euros !

Les Britanniques répondent sans mollir que cette somme ne peut être versée à l’Iran du fait des sanctions étasuniennes, et qu’elle viendra s’ajouter aux quelque 1,2 milliard d’euros déjà confisqués au même motif !

L’Iran a porté plainte, devant les tribunaux britanniques, contre le ministère de la défense ! Nous lui souhaitons tout le succès possible, mais ça va être dur !

D.R.

http://www.resistance-politique.fr/article-les-sanctions-c-est-de-l-arnaque-122463031.html

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la Bataille de Béthune n°8: rompre…

Posté par onsbouge le 9 février 2014

Cercle Ouvrier du Bassin Minier Ouest du Pas-de-Calais  comibase@gmail.com  – http://joukov.eklablog.com/

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La Bataille de Béthune n°8 : rompre avec l’opportunisme et les mauvaises stratégies !
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Allez, on continue avec S. ST-ANDRE !

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« Dans le n°7 de la Bataille de Béthune, il était écrit : « ultime numéro…….. peut-être », mais un camarade nous a transmis les images ci-dessus qu’il a recueillies sur le compte Facebook d’un membre du PCF Béthunois « partenaire » du député-Maire de Béthune Stéphane Saint-André dans la campagne des municipales … Si nous étions des gauchistes, nous parlerions d’une « 5ème colonne », nous dirons droitier. »

Billet à télécharger  fichier pdf bataille de béthune n°8

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Cercle Ouvrier – Cahiers – n°77: soyons communistes, exigeons l’impossible !

Posté par onsbouge le 8 février 2014

Cercle Ouvrier du Bassin Minier Ouest du Pas-de-Calais n°77/08/02/2014   comibase@gmail.comhttp://joukov.eklablog.com/
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« SOYONS COMMUNISTES, exigeons l’impossible ! »

Ce texte part d’un article paru en décembre 2012, dans le très libéral journal « The Economist », la presse de chevet des chantres libéraux, la véritable bible des élites mondialisées, qui consacrait un article sur la véracité du salaire minimum. « Le journaleux » se demandait si le salaire minimum était vraiment nécessaire et surtout à quel niveau il devait être fixé. Pour comprendre, rappelons qu’en France, le SMIC (1 445,38 euros (9470 frs) bruts mensuels soit 1128 euros nets (7400 frs) sur la base de 35 heures hebdomadaires) représente environ à 60% du salaire moyen. Plongeons nous dans la glaçante pensée néolibérale.

Les penseurs néolibéraux qui œuvrent en souterrain dans les luxueux bureaux du grand capital osent tout. Pour eux, l’économie est une science déshumanisée faite de chiffres, de fraction et de pourcentages. D’ailleurs The Economist cite son mentor, Milton Friedman : « le salaire minimum est une forme de discrimination contre les travailleurs sans qualification ». Oser parler de « discrimination » à propos d’une Loi qui permet d’empêcher de payer un salaire de misère sans minimum, en dit déjà long sur ce personnage qui aujourd’hui, grille en enfer… du moins espérons-le si l’enfer existe… Mais c’est la pleine réalité de la pensée ultralibérale d’un système capitaliste complétement décomplexé et accompagné d’une part par les politiciens corrompus que pourtant nous élisons, et de l’autre par des syndicalistes jaunes.

Certains économistes confortent l’idée qu’un patronat qui possède un fort pouvoir, il peut à sa guise fixer les salaires à un bas niveau. Ceci ne sous-entend pas, c’est carrément l’expression décomplexée d’un ultralibéralisme vainqueur dans tous les domaines, c’est exactement ce qu’affirmait il y a quelques années Warren Buffet, qui possède la 3ème fortune mondiale : « il existe bel et bien une guerre des classes mais c’est ma classe, la classe des riches qui fait la guerre et c’est nous qui gagnons » En effet, 93% des richesses vont à 1%, c’est-à-dire que 7% des richesses vont à 99% en sachant que ces 7% sont très mal répartis.

La bible de l’ultralibéralisme est cynique, froide et inhumaine, car ses « journalistes », experts en économie libérale et agents troubles du capital ne se posent jamais la question du niveau du seuil de pauvreté, de l’évolution des salaires qui baissent fatalement, et de la dégradation des conditions de travail. Pour cette bande organisée de voyous, il est tout à fait normal que les êtres humains soient au service de cette économie libérale, et ils en font la démonstration en s’appuyant sur la chute de l’économie socialiste où l’économie est au service de l’homme, persuadés qu’ils sont que l’ultralibéralisme va servir l’humanité, du moins une minorité de cette humanité.

Ces experts patentés qui hantent les média comme des fantômes les châteaux, voudraient nous démontrer que la part des salaires bruts est trop importante, que les « charges » (cotisations sociales) sont trop lourdes, et que cela nuit gravement à la compétitivité, donc à la profitabilité, donc à l’investissement, donc à l’emploi…

Jamais, ces experts patentés et grassement payés qui imposent la théorie libérale comme une science figée, ne mettent en avant la dégradation des conditions de la classe exploitée, pourtant personne ne peut aujourd’hui nier qu’une grande partie (20%) de la population survit comme elle peut avec les subsides des aides sociales et le travail informel, que la classe ouvrière liée directement à la production réelle des richesses, se prolétarise à nouveau, et que les classes moyennes et intermédiaires sont touchées par une baisse de leur pouvoir d’achat.

A tout ceci, s’ajoutent une grosse attaque frontale est menée contre les acquis des conquêtes sociales, contre le droit du travail et ses institutions, et une profonde réorganisation des cadences de travail, comme le passage aux 4x8h qui nuisent gravement à la santé physique et psychologique, l’exclusion des salariés ayant des lacunes physiques, et des accords de compétitivité qui remettent en question les temps de repos, les temps de pause, les congés payés…

Tout est mis en place pour appliquer plus de flexibilité et d’annualisation du temps de travail pour adapter les productions aux commandes, pour rendre les salariés corvéables à souhait selon les aléas… La masse salariale adaptable est devenue une variable d’ajustement qui influe sur les salaires et sur les emplois, créant ainsi une concurrence entre travailleurs d’une même classe et donc une division à l’intérieur même de notre classe sociale.

D’ailleurs, pour démontrer cela, il suffit de s’appuyer sur deux sondages récents, qui sont ce qu’ils sont et certes orientés, mais quand même ils démontrent cette division et cette concurrence ressenties entre travailleurs : celui concernant les statuts des fonctionnaires dont l’emploi était jusqu’à aujourd’hui protégé avec des avancements par points, et sur les demandeurs d’emplois et les bénéficiaires des minima sociaux, dont les indemnités et les aides sociales, vont être remises en question dans les prochains mois.

La conclusion de « The Economist » est sans équivoque quant à la pensée ultralibérale : « Quels que soient leurs défauts, les bas salaires vont persister »… Cette conclusion libérale ne donne aucun seuil minimum et elle ne mesure même pas l’impact provoqué par une telle phrase, sur les travailleurs pauvres et de plus en plus appauvris.

Mais comment en serait-il autrement quand l’OMC, dirigée par le social-démocrate français Pascal Lamy et le FMI dirigé par le social-démocrate français Dominique Strauss-Kahn déclaraient ensemble il y a quelques années : « un salaire minimum modéré fait probablement plus de bien que de mal et ce salaire minimum modéré signifie entre 30 et 40% du salaire médian » et celle de l’OCDE en 2012 : « A 60 % du salaire médian contre 48 % en moyenne dans l’OCDE, le salaire minimum rapporté au salaire médian est plus élevé en France que dans n’importe quel pays de l’OCDE … »

On comprend ainsi mieux les raisons de la loi issue de l’accord ANI, de la réforme de la formation professionnelle, de la réforme de la retraite, de la réforme des institutions liées au travail et des champs territoriaux, et du « pacte (du diable) de responsabilité »…

Si grâce à ses luttes sociales, les travailleurs de France ont obtenu le niveau le « plus élevé » de la sélection (GB-USA-D…) avec un SMIC à 60% du salaire médian, cela sous-entend que la France a désormais un niveau de SMIC trop élevé de 20 à 30%…

Chacun comprendra que pour les libéraux, les 1128 euros nets par mois peuvent être baissés de 200 euros, pour aboutir à un smic net à 900 euros (5900 frs), un chiffre égal à la valeur du futur SMIC Fédéral allemand (920 euros nets) qui sera la base d’un Smic européen, puisque le Ministre français de l’économie avait affirmé à propos de cette mise en place : « c’est le signal d’une approche européenne plus coopérative »… mais supérieur à celui du Royaume-Uni dont le minima est à 3.60£/heure (4 euros), d’où la grogne de Cameron.

Voilà le fond de la pensée néolibérale de l’Europe de Barroso et de Draghi, de François Hollande, de son gouvernement et de sa majorité libérale-sociale qui lui est inféodée jusqu’à la lie (en y ajoutant ses partenaires locaux), et cela explique la faiblesse de la hausse du Smic depuis son arrivée à la tête de l’Etat en 2012, et les 12 euros nets mensuels (13 baguettes ou 10 steaks hachés de supermarché ), accordés le 1er janvier 2014 (1.1%) alors que le patronat avait lui-même annoncé « pas plus de 1.4% ».

Le pire est que dans cette grande démocratie qui aime donner des leçons au monde, qui ose parler du « pacte social à la française », si on écrivait « que les néolibéraux essaient de vivre quelques semaines avec le SMIC qu’ils recommandent, de travailler de 35h00 à 48h00 par poste, à la chaîne ou sur le chantier… ! »…nous serions traités de populistes-démagogues-inconscients… voire atteint d’une maladie infantile qu’est le gauchisme !

Camarades ! Qui dans les masses laborieuses, à part les syndicalistes jaunes ou les racistes patentés, peut accepter cette dégradation des salaires et des conditions de travail, ce retour vers les années de « Germinal » de nos vies, quand 5 000 000 de travailleurs n’ont pas d’emplois, quand près de 10 000 000 de notre propre classe sociale vivent sous le seuil de pauvreté, quand plus de 5 000 000 ont des conditions de logements dégradées voire insalubres et 3 000 000 se soignent au compte-goutte… ? Alors que la France est la 5ème puissance économique du monde et la 3ème puissance militaire ?

Une barricade n’a toujours que 2 côtés, jamais 3 ! Et il n’y a que 2 voies possibles, jamais 3: le capitalisme et ses annexes impérialistes, libérales, et fascistes, dirigés par les banquiers et les multinationales… ou le socialisme dirigé par notre classe pour supprimer les classes et l’exploitation de l’homme par le capital, et mettre l’économie au service du peuple et pas l’inverse comme nous la subissons !

José Manuel Barroso devant le Parlement européen à Strasbourg en avril 2012. « Un ajustement rapide des coûts du travail est nécessaire pour combattre le chômage et restaurer la compétitivité de l’économie. L’objectif devrait être une réduction de 15 % des coûts nominaux du travail ». Bien-sûr il parlait de la Grèce, mais en sous-entendu, il s’adressait à l’ensemble des gouvernements de la zone euro, souvenons-nous du vote des ministres de l’économie, dont Moscovici pour redresser l’économie grecque pillée par les requins mafieux de Goldman-Sachs avec la bénédiction du FMI, de l’OMC, de la BCE et de la Troïka emmenée par Merkel.

A voir aussi sur  http://joukov.eklablog.com/soyons-communistes-il-est-temps-de-le-demontrer-a106378332

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Cercle Ouvrier – La Bataille de Béthune n° 7 : Le MEA-CULPA…

Posté par onsbouge le 7 février 2014

Cercle Ouvrier du Bassin Minier Ouest du Pas-de-Calais  comibase@gmail.com  – http://joukov.eklablog.com/

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La Bataille de Béthune n° 7 : Le MEA-CULPA et ultime numéro… peut-être !

Nous n’avions pas compris, sommes-nous benêts ! A Béthune, il ne s’agit pas d’une alliance politicienne entre le PRG, EELV, PS et PC, mais d’un partenariat. C’est donc une forme de deal d’honneur avec un « check partner »… respect Men !

Nos différents écrits sur « la bataille de Béthune » ont été considérés non pas comme des avertissements mais comme des torchons destinés à remettre en avant les « mellickiens » ou ex proches, voire même des écrits produits par des camarades atteints d’une grave maladie infantile « le gauchisme ». On nous a même fait observer qu’ils étaient anonymes, mais là nous proposons à ces personnes, de prendre rendez-vous en urgence, pour consulter un ophtalmologiste, du moins si elles en ont les moyens.

Ceci démontre que l’éternelle bataille entre menchéviks et bolcheviks n’est pas terminée puisque le partenariat est toujours d’actualité, et que la haine est persistante, notamment la haine du communisme et de ses idées contraires à cette République des institutions bourgeoises au service d’une minorité.

Aussi comme on nous dit que nous nous sommes trompés, nous demandons à ceux et celles qui nous ont lus, d’accepter nos plates excuses, et nous sommes confus de cette confusion des genres, un mot à la mode. En effet, nous aurions dû comprendre que ce partenariat était utile aux habitants des quartiers populaires et aux travailleurs résidants à Béthune, qu’il n’y a jamais collusion entre le national et le local.

Aussi, nous faisons ici un mea-culpa quant à nos dénonciations des votes pratiqués par le partenaire, Monsieur le Député-Maire de Béthune Stéphane Saint-André, depuis son arrivée au Palais Bourbon pour succéder à André Flajolet.

C’est vrai que toutes les lois votées depuis son arrivée ont été des « progrès sociaux historiques », car il fallait bien :

  • retarder et repousser l’âge de départ à la retraite puisque les « gens » vivent plus vieux, modifier les prélèvements et les dates de revalorisations des pensions,
  • mettre en place une loi qui sécurise une partie des emplois pour faire reculer le nombre de « plans sociaux » grâce à des compromis judicieux entre le milliardaire et le prolétaire,
  • prendre des mesures pour améliorer la compétitivité des entreprises accablées de charges et de contrôles, en effet « la liberté d’entreprendre s’arrête là ou commence le Code du Travail »
  • ne pas trop augmenter les salaires pour faire reculer la concurrence des pays low-coast,
  • réduire le déficit de la sécurité sociale car trop en profitent sans compter,
  • réformer la fiscalité car certains ne payaient pas l’impôt et profiter des aides sociales,
  • donner des moyens aux armées et à la police, dont le matériel était devenu vétuste,
  • prendre des mesures pour que les chômeurs/profiteurs retournent au travail, plutôt que se prélasser devant leur télé écran plat…ou forniquer pour toucher des allocations…
  • et bien sûr la loi qui touche l’ensemble des 65 millions d’habitants en France, mais qui fût et est encore aujourd’hui combattue par les ultraconservateurs…

Il y aura aussi les « futures lois progressistes à voter », il le faut bien :

  • le pacte de responsabilité donnant-perdant, mais on ne peut pas plaire à tout le monde,
  • la réforme territoriale pour être dans les critères de l’Europe « sociale »,
  • la restructuration des administrations qui sont un « mille-feuilles » indigestes,
  • la réforme de l’Inspection du Travail, du droit syndical et des institutions représentatives des travailleurs,
  • le plan santé et les Partenariats Public-Privé, regroupement, externalisation, optimisation…,
  • le droit d’asile, le choix, entre droit du sang et droit du sol, cornélien dans le contexte actuel,
  • la réforme scolaire… plus de rythme, plus de discipline, plus de libéralisme, comme à l’IUT…

Vraiment sommes-nous niais de n’avoir pas compris toutes ces avancées sociales votées par notre si bon député PRG, allié au PS, au MRC, à EELV et nouveau partenaire de nos amis communistes.

Alors MEA-CULPA, pour s’être trompés et s’être fourvoyés dans le brouillage des yeux et dans le mélange des genres, c’est-à-dire dans l’incompatible mélange entre politique nationale et politique locale… nous devons apprendre l’art de nous taire, pour ne pas imposer le débat contradictoire avec ceux qui savent.

Voir aussi sur http://joukov.eklablog.com/la-bataille-de-bethune-n-7-a106355408

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Cercle Ouvrier – Cahiers – n°76: 1934-2014

Posté par onsbouge le 5 février 2014

Cercle Ouvrier du Bassin Minier Ouest du Pas-de-Calais n°76/ 05/02/2014 comibase@gmail.com    – http://joukov.eklablog.com/

L’histoire ne repasse jamais les mêmes plats,

mais attention de ne pas devenir trop nihilistes !

Pour commencer ce nouveau numéro de nos Cahiers Communistes, nous commencerons par un extrait, ci-dessous, de la page 4 du livre de Maurice Hartmann « Staline » publié en 1979 aux Éditions Éclectiques. Il décrit un événement dans le contexte d’une manifestation parisienne le 12 septembre 1973, le lendemain du renversement de Salvador Allende. Toutefois, nous aurions pu reprendre un extrait du Journal L’Humanité du 7 février 1934, au lendemain de la première des grandes manifestations de l’extrême-droite et de la réaction française, pour faire tomber le gouvernement Daladier.

En effet, si l’histoire ne repasse jamais les mêmes plats, comprendre les événements du passé peut faire comprendre les événements du présent pour appréhender ce que pourrait être notre avenir.

Dans cette période incertaine que nous vivons, qui est un moment douloureux à cause de la crise systémique et mondial du capitalisme, il ne faut pas être nihiliste puisque nier le passé serait une grave erreur. Cette crise prend sa source dans une aberration, « les Subprimes », une des créations monstrueuses du système bancaire étasunien qui, à partir de 2008, allait amener à un déferlement de faillites et de surendettements, et à la mise au chômage de dizaines de millions de travailleurs dans les pays les plus riches et les plus industrialisés.

La réaction néo-conservatrice et fondamentaliste française s’appuie donc sur les dérives du capitalisme décadent pour remodeler à sa façon la Nation et préparer la mariée. D’un côté elle détruit pas à pas les droits et conquêtes sociales historiques, qui par leur nature de classe sont des entraves aux profits exponentiels, de l’autre elle s’attaque aux conquêtes progressistes arrachées, qui par leur nature de classe ont brisé la société patriarcale séculaire.

D’où le rapport matérialiste entre les événements qui eurent lieu en 1934 en France et en 1973 au Chili, et les événements actuels qui secouent la France et l’Espagne, où dans d’énormes manifestations réactionnaires et néoconservatrices, renaissent les pendants du néo-pétainisme et du néo-franquisme, lesquels ont la même racine : « travail-famille-patrie et Dieu », c’est donc que le fascisme est à notre porte.

« « …// trois ouvriers en bleu de travail… ils sont rares maintenant dans les manifestations ceux qui viennent en bleus ; ils parlaient comme nous-mêmes, échangeant leurs idées sur l’événement qui nous réunissait. La voix de l’un d’eux, un peu plus forte, attira mon attention. Je prêtai l’oreille :

- « Tout de même, si ç’avait été Moustache, ça ne se serait pas passé comme ça ! » – « C’est sûr, répond un autre. » – « Ce n’est pas la même situation, mais tout de même, dit le troisième. »

J’avais la conviction que ceux-là qui, vingt ans après sa mort, évoquaient la mémoire d’un dirigeant si controversé, n’étaient pas les seuls à y penser dans ce long cortège. Combien de fois l’avais-je déjà entendue cette phrase ? A chaque tournant difficile, quand les obstacles paraissaient insurmontables : « Si c’était Lui, il s’en sortirait ». Même pendant la guerre, aux heures les plus noires, Moscou menacé, Leningrad encerclé, la ruée des barbares paraissant irrésistible, contre le doute qui pouvait nous envahir nous pensions : « Oui, mais Joseph est là, il fera face »

Tel était le sentiment profond des militants ouvriers communistes, la croyance en un guide sûr … non pas infaillible, même Lénine ne l’était pas et l’écrivait : « L’homme intelligent n’est pas celui qui ne fait pas de fautes. Ces gens-là n’existent pas et ne peuvent pas exister. Celui-là est intelligent qui fait des fautes, pas très graves, et qui sait les corriger facilement et vite. » Lénine, Œuvres choisies, tome 2… mais un chef capable de concevoir et de réunir les éléments du succès.

Pour l’instant, cette référence à un passé lointain contenait une critique au moins implicite à l’égard du comportement des dirigeants de l’Unité Populaire et de Salvador Allende ; elle soulève un problème des plus importants de nos jours : « fallait-il, comme l’a toujours soutenu Allende, s’accrocher, coûte que coûte, à une légalité qui était depuis longtemps dépassée par ses adversaires ? » … déjà, trois semaines avant le coup d’État, les députés de droite appelaient l’armée à renverser le gouvernement. Ou bien, se prévalant de la légitimité de son pouvoir, ne devait-il pas rendre coup pour coup dans l’intérêt supérieur de son peuple et de la Nation ?…// » »

Il y a quatre-vingt ans, c’était le 6 février 1934, que des événements organisés dans l’ombre par les Maîtres des Forges, secouèrent la France. Emportés par sa passion ultra, la branche la plus réactionnaire des catholiques les plus intégristes, opposés depuis 30 ans à la séparation de l’église et de l’État, s’alliait aux ligues factieuses pour faire tomber le gouvernement.

Après une campagne politique basée sur la colère issue des années qui suivirent la crise financière de 1929, il s’en suivit des manifestations d’une rare violence, menées par les ligues de l’extrême-droite, déjà en contact resserré avec les nationaux-socialistes allemands et les néofascistes italiens.

Partout dans les grandes villes de l’hexagone, eurent lieu des grandes manifestations qui se terminaient par des affrontements avec les forces de l’ordre, mais c’est à Paris que les affrontements furent les plus sanglants.

Le mardi 6 février 1934, la France est sous haute tension, et le Gouvernement est inquiet car l’ensemble du mouvement politique de la droite extrême, de l’Action Française aux Croix de Feu en passant par diverses ligues qui s’étaient constituées depuis la crise de 1929, a appelé militants et sympathisants à descendre dans la rue pour « un jour de colère » qui exigeait la démission du gouvernement et la dissolution des Assemblées.

Déjà Depuis des semaines, la ville de Paris était devenue le théâtre de manifestations quasi quotidiennes, où s’affrontaient militants des ligues factieuses et police à l’instar des événements du début des années 30 en Allemagne avec les SA. Mais ce 6 février, la mobilisation avait monté d’un cran, car les organisations d’anciens combattants, y compris l’ARAC, des communistes, avaient appelé leurs très nombreux membres à protester.

Toutes les forces politiques hostiles au Gouvernement, dont un certain nombre étaient hostiles au régime républicain et sa forme parlementariste, avait appelé à l’action. Les organes de presse de la réaction : Grégoire, Candide, l’Intransigeant, Je suis partout, l’Echo de Paris, l’Action Française… avaient préparé les esprits depuis des mois, et la droite modérée, par la voix notamment d’André Tardieu, n’avait pas été la dernière pour aussi appeler à descendre dans la rue.

La raison d’une telle colère ? Le samedi 3 février, le Président du Conseil décide d’écarter Jean Chiappe le préfet de police en le nommant au Maroc, mais ce dernier refuse cette affectation. Le problème est que Jean Chiappe est très populaire à droite et très détesté par une gauche qui lui reproche de ne pas être assez sévère sur la présence des ligues dans les rues. Cette décision d’Edouard Daladier est passée pour être inattendue mais était-elle une cabale pour servir de prétexte, car l’avant-veille, le Président du Conseil et le Ministre de l’Intérieur avaient reçu Chiappe et l’avaient assuré de leur confiance.

Mais cette décision qui est en réalité un limogeage, a servi l’opposition qui parle de manœuvre politicienne : la presse de droite accusant le Président du Conseil de chercher à faire alliance avec les parlementaires SFIO à la veille d’un scrutin d’investiture qui pourrait être difficile, d’où le « sacrifice de Chiappe »…

Si ce limogeage de Chiappe va cristalliser le mécontentement, la crise est latente et elle est nourrie par les « affaires » et des scandales. L’affaire Panama n’est pas encore complètement oubliée et le banquier Oustric a défrayé la chronique politico-financière… Début janvier, le « suicide » de Stavisky, l’escroc, qui avec ses relations dans le monde politique, a réussi à convaincre le député-maire de Bayonne pour réorganiser le Crédit Municipal de Bayonne, et il avait manqué quelques jours pour y parvenir également à Orléans. Aussi, selon une technique inusable, il avait fait miroiter d’alléchantes perspectives de profitabilité aux yeux des épargnants… chacun devine la suite…

La presse d’extrême-droite monte en épingle ces faits crapuleux, d’autant que des parlementaires et membres de l’entourage des ministres étaient en relations avec l’escroc. (Ces faits ont 80 ans, pourtant aujourd’hui les « affaires » sont toujours là, au même niveau et avec les mêmes complicités, et l’extrême-droite et la presse réactionnaire utilisent les mêmes méthodes)

Toutefois, si le mécontentement et la colère de l’opinion atteignent un tel degré c’est aussi, et surtout, en raison de la crise économique et sociale, mais aussi de l’apparente impuissance gouvernementale et sa collusion avec le grand patronat dominé par « les Maîtres des Forges » et le puissant Wendel (lire le livre d’Annie Lacroix-Riz sur les raisons de cette collusion dans « le choix de la défaite »)

Les dix années consécutives à la guerre avaient été prospère pour le capital, mais la grande crise économique et financière partie des USA en 1929, rapidement ressentie en Allemagne puis en Grande-Bretagne, avait sonné le glas du capitalisme étatique, même si dans un premier temps, la France avait été moins touchée du fait de sa ruralité bien plus importante et d’une industrie moins dépendante du commerce extérieur. Mais très vite elle est rattrapée par la crise quand en 1931, la Grande-Bretagne décide de dévaluer de 30 % sa monnaie et quand en 1933, la valeur dollar est détachée des cours de l’or.

La France accrochée à la valeur de sa monnaie devenue trop cher, perd des parts de marché dans le monde au moment même où les prix s’effondrent, notamment celui du blé. Ceci provoque la baisse des salaires et une augmentation du chômage, la crise économique s’installe et génère un climat de mécontentement général et de colère acerbe dont profitent largement les ligues d’extrême-droite, largement subventionnées par les grands argentiers, car le syndicalisme est divisé et la gauche est divisée par les grands stratèges politiciens de la social-démocratie…

Pour affronter ces circonstances difficiles et remonter la pente, beaucoup considèrent que les institutions sont inadaptées, que la toute-puissance du parlement conduit à l’instabilité gouvernementale et à des décisions contraires aux intérêts nationaux.

Même si au cours des 20 mois qui ont précédés l’arrivée au pouvoir de Daladier, les gouvernements (5) se sont succédé sans succès, la réalité est que ce sont les mêmes hommes qui se sont succédé aux postes clés, attisant ainsi le sentiment de l’impuissance de l’État et la méfiance envers les institutions républicaines et les politiciens.

Tout ceci, sur fond d’affaires, de scandales et de corruption, amène donc de larges masses prises dans les nasses de la crise, à se poser la question sur les bienfaits de la forme républicaine de l’État et de son gouvernement parlementaire.

C’est dans ce climat délétère que va se dérouler la manifestation du 6 février qui est d’abord un mouvement de mécontentement, mais le ton des appels et les objectifs de certains de ses promoteurs dont par exemple, l’Action Française, laissent craindre un dérapage insurrectionnel.

Pendant que se déroule au Palais Bourbon, le débat sur la confiance, la foule s’agglutine sur la Place de la Concorde et des groupes s’approchent du Parlement par la rive gauche, d’autres sont à proximité de l’Élysée et provoquent un début d’incendie au Ministère de la Marine. Les Forces de l’Ordre ont reçu des consignes de fermeté du Ministre de l’Intérieur. En fin de journée, des émeutes éclatent et elles ont suivies de fusillades qui se poursuivent dans la nuit. Des heurts très violents se produisent et à plusieurs reprises, des manifestants paraissent en mesure de prendre le contrôle du Pont de la Concorde.

Au matin du 7 février, 13 tués par balles et des centaines de blessés dont certains décèderont ultérieurement. D’autres incidents auront lieu dans la soirée du 7 février, puis on comptera plusieurs autres victimes lors de la manifestation communiste du 9 février puis lors de la manifestation des syndicats, de la SFIO et du Parti Communiste du 12 février.

La France est sous le choc, la répression a été terrible à juste titre contre les milices factieuses, mais le Gouvernement Daladier a obtenu ce qu’il voulait, une large confiance de l’Assemblée.

Fort de cette confiance après 20 mois de troubles, le gouvernement dont le Ministre de l’Intérieur, Eugène Frot, préconise une attitude de fermeté dans le maintien de l’ordre, l’arrestation des meneurs, et il s’apprête à mettre en place l’état de siège s’il le faut.

Mais, après consultation des dirigeants politiques et notamment des chefs radicaux, Daladier remet sa démission dans un souci de pacification et le Ministre de l’Intérieur s’est rallié à cette position car les Renseignements Généraux lui ont donné des informations très alarmistes et il craint d’être amené à faire donner la Troupe si le Gouvernement se maintient. L’ancien président de la République, Gaston Doumergue, est rappelé aux affaires pour constituer un gouvernement de centre droit (qui dura 8 mois)

Pour ne pas envenimer la situation, l’enquête sur le déroulement des événements, menée par la commission parlementaire, ne parviendra pas à établir l’origine des premiers coups de feu, et conclura que s’il n’y pas eu d’ordre identifiable d’ouverture du feu du côté des Forces de l’Ordre, il n’y a pas d’éléments convaincants pour démontrer la thèse d’un complot politique imputé aux royalistes de l’Action Française et aux « populistes » du Colonel de La Roque.

Quant à Eugène Frot, un social-démocrate convaincu qui se disait « Grand républicain et Grand admirateur de Clémenceau » (similitudes bien troublantes avec le ministre de l’intérieur de 2014 mais aussi avec le ministre de l’intérieur de 1948), rien ne permettra de l’attaquer pour démontrer ses manœuvres.

Le 10 juillet 1940, Frot fera partie des 549 parlementaires qui voteront les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, un vote qui conduira à l’arrestation des députés communistes. Sous l’occupation, il fera partie d’une amicale lavaliste ou se regroupaient socialistes indépendants et militants SFIO., et fût membre du comité national de Vichy pour élaborer un projet de constitution conciliant pétainisme, tradition républicaine et réforme sociale…

Les manifestations néoconservatrices, réactionnaires et fascistes se multiplient depuis en France et dans différents pays d’Europe, et notamment en 2013. Elles ont un caractère de classe, celle de la bourgeoisie qui craint pour ses propres intérêts et son mode de vie qui s’appuie sur l’exploitation des travailleurs.

Certes, la comparaison est facile avec 1934, et les faits sont têtus, mais cette bourgeoisie ne va pas refaire les mêmes erreurs que leurs prédécesseurs, là est le danger… derrière le masque se cache le fascisme, donc la destruction sociale et sociétale des intérêts des travailleurs.

Pour seule conclusion, nous rappelons 1) cette résolution du septième congrès de l’Internationale communiste en 1935 – 2) cette déclaration du Parti Communiste Français en octobre 1934… tout est dit en deux phrases :

1) « L’Internationale Communiste considère que la croissance du fascisme atteste non seulement la faiblesse de la classe ouvrière désorganisée à la suite de la politique scissionniste de la social-démocratie fondée sur la collaboration de classe avec la bourgeoisie et le grand capital, mais aussi la faiblesse de la bourgeoisie elle-même, qui tremble devant la réalisation de l’unité de lutte de la classe ouvrière, qui tremble devant la révolution et n’est plus à même de maintenir sa dictature par les vieilles méthodes de la démocratie bourgeoise. »

2) « Face au front de la réaction et du fascisme, la seule solution est le Front Populaire de la Liberté, des Travailleurs et de la Paix. »

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