La destruction du centre culturel de Gaza : un terrorisme qui risque de coûter cher à Israël….

Posté par onsbouge le 21 août 2018

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CAPJPO – EuroPalestine

Dans le monde entier, des artistes et des associations s’indignent du bombardement volontaire par Israël du centre culturel Said Al-Mishal, un bâtiment de cinq étages totalement détruit la semaine dernière par des avions de combat israéliens qui ont lancé 10 roquettes pour l’anéantir. On comprend qu’Israël ne supporte pas l’existence même d’une culture palestinienne, mais ce geste atroce pourrait bien avoir la force d’un boomerang. Car celles et ceux qui pensaient qu’ »il ne faut pas mélanger la culture et la politique » vont mieux comprendre la justesse de la campagne BDS lancée par les Palestiniens.

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Jeunes artistes palestiniens faisant de la musique devant leur centre culturel détruit.

« Nous avons perdu notre théâtre à Gaza : Le théâtre ASHTAR condamne avec une grande colère et une profonde douleur l’attaque brutale de l’occupation israélienne sur le théâtre Al Mishal à Gaza, qui a réduit à zéro l’immeuble de six étages. Al Mishal était le siège du groupe de jeunes d’ASHTAR à Gaza depuis 2008. Il avait été le lieu de plusieurs productions du théâtre ASHTAR ; « Les Monologues de Gaza », « Roméo et Juliette à Gaza », « Hanin », « Le Jardin des Fleurs », « Les Enfants d’Hercule » et beaucoup d’autres… « , indique Iman Aoun, Directeur artistique du théâtre ASHTAR .

  • « Al-Mishal était l’un des rares endroits à Gaza – l’une des zones les plus densément peuplées de la planète – où il nous a été possible d’échapper à l’étouffement que nous subissons. Certains de mes souvenirs les plus vifs sont attachés à cet endroit. Je me souviens de mes fréquentes retrouvailles avec mes amis et ma famille pour un spectacle ou une pièce de théâtre et d’autres activités culturelles. Je me souviens de l’époque où je dansais la Dabka sur scène et sautais joyeusement comme un oiseau libre en voyant le public si séduit, souriant, chantant, applaudissant et faisant un effort pour rester assis. Je me souviens des promenades que nous avons passées de là à la plage pour manger quelque chose ou prendre une boisson pendant que nous regardions le coucher du soleil.

Le Centre a été aplati au sol. Le son horrible de cette frappe aérienne résonne encore dans ma tête et les images de sa destruction me gardent éveillée la nuit », écrit Shahd Abusalama.

Cette artiste palestinienne de Gaza, qui étudie actuellement au département consacré aux Médias et au Moyen-Orient à l’Université de Londres, et qui tient le blog « Palestine From my Eye », analyse :

« Le centre culturel Said al-Mishal était peut-être une très bonne représentation de la lutte palestinienne : produit dans des circonstances hors du commun, voulant désespérément s’exprimer, être visible, être reconnu… mais pour finir réduit au silence par les forces d’occupation.

Le paysage familier de Gaza a subi un processus de distorsion et d’éradication. En 2014, une attaque contre Gaza a fait disparaître des quartiers entiers. Les bâtiments qui étaient comme des repères pour nous, où nous passions et rencontrions des amis, ont été transformés en décombres en quelques années.

Nous savons que le théâtre Said al-Mishal n’a pas été la première institution culturelle à être prise pour cible et ne sera pas la dernière. Cela dit, on ne peut pas considérer ce crime en dehors de l’effacement et de l’élimination systématiques de l’existence, de l’histoire et de la culture palestiniennes depuis 1948.

Depuis la création d’Israël, parallèlement à la destruction de la Palestine historique et à la purification ethnique des Palestiniens, les milices sionistes ont volé des milliers de livres, peintures, enregistrements musicaux et autres artefacts dans des maisons, bibliothèques et bureaux gouvernementaux palestiniens.

Il s’agissait d’une politique coloniale délibérée visant à effacer la Palestine de la mémoire historique et à effacer toute trace pour les peuples autochtones, leur histoire et leur identité culturelle. Il devenait alors plus facile de revendiquer une réalité imaginaire où « les Palestiniens n’existent pas » – comme le premier ministre israélien Golda Meir l’a dit franchement en 1969 – ou représenteraient une poignée de tribus primitives et sans culture.

Même s’ils effacent toutes nos traces en Palestine, nos corps continueront à porter l’évidence traumatique de ces crimes sionistes permanents. S’ils effacent notre patrimoine culturel matériel, ils ne parviendront pas à effacer notre mémoire. Nous resterons la preuve vivante qui défie les mythes historiques et l’image de soi angélique qu’Israël veut se donner. »

  •  » Un endroit où ils ont assisté à des spectacles et célébré des remise de diplômes … Israël est la définition même du terrorisme. Que va faire l’ @UNESCO pour un tel crime ?’, interroge notre ami Ayman Qwaider de l’équipe de @GazaCinema
  • Des acteurs connus et des directeurs en Grande Bretagne ont publié une lettre dans le quotidien The Guardian pour dénoncer le silence des principaux médias face à « une perte dévastatrice pour une communauté déjà isolée. »

« Le centre était considéré comme un repère culturel à Gaza, possédant un théâtre, une bibliothèque et des bureaux pour des associations artistiques. Il était aussi utilisé comme centre de récréation pour des enfants affectés par les trois guerres entre Israël et le Hamas pendant la décennie écoulée. Les artistes travaillant au centre nient les déclarations israéliennes d’utilisation du centre par le Hamas.

Nous sommes profondément choqués que cet acte de destruction n’ait pas été rapporté largement dans la presse britannique. Nous soutenons tous les efforts pour continuer la mission d’Al-Mishal et la campagne pour une reconstruction du centre. »

Les signataires britanniques de la lettre incluent Vicky Featherstone, la directrice artistique du Royal Court theatre, ainsi que Phyllida Lloyd, qui a dirigé le film Mamma Mia ! et The Iron Lady,
Mike Bartlett acteur, Jonathan Chadwick Directeur et acteur, Caryl Churchill actrice, EV Crowe actrice, April De Angelis actrice, Elyse Dodgson, David Greig artiste, directeur artistique, Royal Lyceum Theatre, Stephen Jeffreys artiste, Phyllida Lloyd Directrice, Rufus Norris Directeur, National Theatre, Penelope Skinner artiste, Richard Twyman, directeur Artistique

  • Les associations des Amis du Théâtre de la Liberté de Jénine et des Amis d’Al Rowwad, le centre culturel du camp de refugies d’Aïda communiquent :

« Nous savons à quel point la création culturelle en Palestine est une arme de résistance à l’oppression exercée par Israël qui colonise la Palestine depuis 70 ans ILes artistes et autres acteurs culturels de Gaza et de Cisjordanie donnent un magnifique exemple de résistance à la barbarie. Le bombardement du centre culturel Said Al-Mishal de Gaza n’est ni un hasard ni un dommage collatéral. Israël prétend que c’était une cache d’armes. En réalité Israël a voulu faire taire les voix qui célèbrent la Palestine, la liberté, l’ouverture au monde et la volonté du retour.
Israël tente de détruire la valorisation du patrimoine culturel et la création de nouvelles expressions culturelles par peur de la force de jeunes artistes qui chantent, dansent, jouent l’espoir de toutes les générations de réfugiés.Nous dénonçons vigoureusement cette nouvelle attaque et nous exprimons tout notre soutien à l’équipe du centre culturel Said Al-Misha, comme à tous les acteurs de l’art et de la culture en lutte pour une Palestine libre. »

  • EuroPalestine : EST-IL UTILE D’AJOUTER QUE LORSQUE ISRAEL VIENDRA PRÉSENTER EN FRANCE SA « CULTURE » ET DES SPECTACLES DESTINÉS À BLANCHIR SES CRIMES, NOUS N’OUBLIERONS PAS LA DESTRUCTION DE CE CENTRE CULTUREL ?

CAPJPO-EuroPalestine


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Les options anglosionistes d’attaque contre l’Iran

Posté par onsbouge le 21 août 2018

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Arrêt sur Info

Les options anglosionistes d’attaque contre l’Iran

Par Saker
Arrêt sur info — 19 août 20

Par le Saker | Unz Review

Publié le 3 août 2018 sous le titre AngloZionist Attack Options Against Iran

Ces derniers jours, l’Internet a été submergé par une rumeur franchement idiote selon laquelle les États-Unis sollicitent l’aide de l’Australie pour préparer une attaque contre l’Iran.  Inutile de dire que ce récit n’explique pas quelles seraient les capacités de l’Australie que les États-Unis n’auraient pas, mais peu importe. Pourtant, le propos a été repris en de trop nombreux endroits pour être ignoré (voir iciici et ici ). D’un de ces articles, Eric Margolis a décrit de quoi une telle attaque américaine pourrait avoir l’air.  Il vaut la peine de le citer intégralement.

Aperçu d’une éventuelle attaque anglosioniste contre l’Iran

Les États-Unis et Israël éviteront sûrement une campagne terrestre massive et coûteuse contre l’Iran, un pays vaste et montagneux qui a été prêt à subir un million de victimes dans sa guerre de huit ans contre l’Irak qui a débuté en 1980. Cette guerre effroyable avait été fomentée par les États-Unis, la Grande-Bretagne, le Koweït et l’Arabie saoudite pour renverser le nouveau gouvernement populaire islamique d’Iran.

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Le Pentagone a prévu une guerre aérienne de haute intensité contre l’Iran à laquelle Israël et les Saoudiens pourraient très bien se joindre. Le plan prévoit plus de 2300 frappes aériennes contre des cibles stratégiques iraniennes : aérodromes et bases navales, entrepôts d’armes et de pétrole, dépôts de carburant et de lubrifiants, nœuds de communication, radars, usines, quartiers généraux militaires, ports, ouvrages hydrauliques, aéroports et unités des Gardes de la révolution.

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L’état des défenses aériennes iraniennes va de faibles à inexistantes. Des décennies d’embargos militaires et commerciaux dirigés par les États-Unis ont laissé l’Iran aussi décrépit et affaibli que l’était l’Irak lorsque les États-Unis l’ont envahi en 2003. Les canons des blindés iraniens des années 1970 sont tordus et ne peuvent pas tirer droit, les vieux missiles air-air britanniques et soviétiques sont pour la plupart inutilisables et les anciens chasseurs MiG soviétiques et chinois sont bons pour le musée, notamment ses antiques Tomcats F-14 construits par les Américains, copies chinoises de MiG-21 obsolètes et une poignée de F-4 Phantoms datant de la guerre du Vietnam, à peine fonctionnels.

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Le commandement du combat aérien ne vaut pas mieux. Tout ce que l’Iran possède d’électronique sera grillé ou explosé dans les premières heures d’une attaque américaine. Sa petite marine sera coulée dans les attaques initiales. Son industrie pétrolière pourrait être détruite ou partiellement préservée, suivant les plans d’après-guerre américains pour l’Iran.

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La seule manière de riposter pour Téhéran est d’organiser des attaques de commando isolées contre les installations américaines sans valeur décisive au Moyen-Orient et, bien sûr, de bloquer le mince détroit d’Ormuz qui voit transiter les deux-tiers des exportations de pétrole du Moyen-Orient. La Marine américaine, basée tout près à Bahreïn, s’entraîne depuis des décennies à combattre cette menace.

Il y a beaucoup d’éléments intéressants dans cette description et je pense qu’il vaut la peine de l’examiner segment par segment.

Premièrement, je ne peux qu’être d’accord avec Margolis que ni les États-Unis ni Israël ne veulent une guerre terrestre contre l’Iran : le pays est trop grand, les Iraniens trop bien préparés et la taille de la force nécessaire pour une telle campagne est bien au-delà de ce que l’Empire peut actuellement rassembler.

Deuxièmement, Margolis a absolument raison lorsqu’il dit que l’Iran n’a pas les moyens de stopper une attaque anglosioniste déterminée (avec missiles et aviation). L’Iran a quelques capacités de défense aérienne modernes, et les attaquants subiront un certain nombre de pertes, mais à ce stade, la disparité de taille est si énorme que les Anglosionistes atteindront la supériorité aérienne assez rapidement et que cela leur donnera la possibilité de bombarder ce qu’ils veulent (davantage d’informations à ce sujet plus tard).

Aparté

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Évaluer les défenses aériennes de l’Iran ne consiste pas seulement à compter les missiles et les lanceurs, c’est beaucoup plus que cela. Selon une source russe l’Iran possède 4 systèmes de missiles aériens de longue portée S-300PMU-2 (avec des missiles d’interception 48Н6Е2 Mach 6,6), 29 complexes de missiles militaires anti-aériens autopropulsés Tor-M1, quelques complexes de missiles anti-aériens assez avancés comme le Bavar-373, un radar à balayage électronique passif (dont le système d’illumination et de guidage inclut presque certainement de l’électronique chinoise moderne) et un nombre impressionnant de systèmes radar d’alerte rapide de fabrication russe, chinoise et iranienne. Cette catégorie inclut des systèmes comme le radar à haut potentiel de détection et de désignation de cible à longue portée Najm-802 (il a 5120 modules de réception et de transmission, il fonctionne au décimètre S de portée et il est conçu pour détecter des cibles balistiques et les petits éléments d’armes de haute précision), le système radar russe d’alerte et de contrôle précoce Nebo-SVU doté d’un radar à réseau fixe, ainsi qu’un radar d’alerte précoce du type « Ghadir ». Plus important encore, ces radars sont tous intégrés au réseau centralisé du système de défense antimissile de l’Iran. Par exemple, le radar « Ghadir » est en mesure de détecter non seulement les chasseurs tactiques de l’US Air Force, de l’Arabie saoudite et d’Israël, mais également des missiles balistiques immédiatement après leur lancement (à une distance d’environ 1100 km). Résultat, la présence d’unités de radio d’installations de détection radar multi-bandes dans la direction occidentale (le golfe Persique) permettra aux Iraniens de préparer une défense aérienne flexible pour se prémunir contre des frappes de missiles de haute intensité. Et pourtant, peu importe à quel point les Iraniens ont amélioré leurs défenses aériennes, le simple nombre des missiles de pointe (y compris le nouveau AGM-158 JASSM (Joint Air-to-Surface Standoff Missile), missile de croisière à signature radar réduite lancé par des bombardiers B-1B, signifie que les défenses iraniennes seront inévitablement submergées par une attaque massive.

Je suis donc également d’accord avec Margolis lorsqu’il dit que l’industrie pétrolière iranienne ne peut pas être protégée contre une attaque israélo-américaine déterminée. En fait, toute l’infrastructure iranienne est vulnérable à une attaque.

Le paragraphe final de Margolis donne cependant l’impression que l’Iran n’a pas d’options de riposte crédibles et je ne suis pas du tout d’accord.

Premier exemple : les capacités iraniennes dans le détroit d’Ormuz

D’une part, la question du détroit d’Ormuz est beaucoup plus compliquée que « la Marine américaine s’entraîne depuis des décennies à combattre cette menace ». La réalité est que l’Iran a un très large éventail d’options pour rendre la navigation dans ce détroit pratiquement impossible. Ces options vont des mines sous-marines aux attaques d’embarcations rapides, aux missiles anti-navires, aux frappes d’artillerie côtière, etc.

Aparté

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Il y a aussi un grand danger : les Israéliens et/ou les Américains pourraient très facilement organiser une attaque sous fausse bannière sur un bateau dans le détroit d’Ormuz, puis accuser l’Iran, il y aurait l’habituel élément de langage « hautement probable » de la part de toutes les agences de renseignement anglosionistes et, voilà, l’Empire aurait un prétexte pour attaquer l’Iran.

Effectivement, le simple fait de proférer une menace pour le transport maritime à travers cet étroit bras de mer pourrait bien dissuader les assurances de fournir une couverture à tous les bateaux et cela pourrait arrêter tout seul le transport maritime. Si cela ne suffisait pas, l’Iran peut toujours poser une quantité limitée de mines, et ce sera assez (veuillez garder à l’esprit que tandis que l’US Navy peut essayer de se lancer dans des opérations de déminage, le faire au large des côtes de l’Iran exposerait les dragueurs de mines à un danger d’attaque extrême).

Margolis mentionne ce problème lorsqu’il écrit :

« Bien que l’Iran soit en mesure d’interdire certaines exportations de pétrole des États arabes et de faire monter en flèche les tarifs d’assurances maritimes, il est peu probable qu’il soit capable de bloquer la majeure partie des exportations de pétrole, à moins d’attaquer les principaux terminaux pétroliers en Arabie saoudite et dans le Golfe avec des troupes terrestres. Pendant la guerre Iran–Irak, aucun côté n’a pu interdire totalement les exportations de pétrole de l’autre. »

Je pense toutefois que les capacités iraniennes sont largement sous-estimées dans ce contexte. Prenons un exemple, la force sous-marine iranienne.

Cette force est extrêmement spécialisée. Selon l’édition 2018 des équilibres militaires l’IISS [l’Institut international pour les études stratégiques], les Iraniens ont actuellement 21 sous-marins déployés :

  • 3 sous-marins de classe diesel-électrique (Kilo-class Project-877EKM russe)
  • 1 sous-marin côtier de la classe Fateh
  • 16 sous-marins miniatures de la classe Ghadir
  • 1 sous-marin miniature de la classe Nahand

Lorsque la plupart des gens entendent les mots « diesel-électrique », ils pensent à de vieux camions diesel et ne sont pas impressionnés, surtout s’ils sont comparés à des sous-marins d’attaque nucléaire supposément « avancés ». C’est toutefois une opinion très fausse parce que les sous-marins ne peuvent être évalués que dans l’environnement dans lequel ils sont destinés à fonctionner. La géographie navale est généralement divisée en trois types : les eaux bleues (haute mer), les eaux vertes (plateaux continentaux) et les eaux brunes (régions côtières).  Les sous-marins d’attaque nucléaire ne sont supérieurs que dans l’environnement de la haute mer où l’autonomie, la vitesse, la profondeur de plongée, la capacité de stockage des armes, les sonars avancés, etc., sont déterminants. En comparaison, si les sous-marins diesel-électriques sont plus lents, doivent revenir à la surface pour recharger leurs batteries et sont généralement plus petits et avec moins d’armes à bord, ils sont beaucoup mieux adaptés aux opérations en haute mer. Dans les eaux brunes peu profondes, ce sont les sous-marins miniatures qui règnent, ne serait-ce que parce que les sous-marins d’attaque nucléaire n’ont jamais été conçus pour intervenir dans un tel environnement. Maintenant, jetez un coup d’œil sur le genre d’environnement que constitue le détroit d’Ormuz :

 Les options anglosionistes d’attaque contre l’Iran dans - ECLAIRAGE - REFLEXION iran-Strait_of_hormuz_bathymetry

 

Remarquez l’intéressante combinaison de profondeurs très faible et faible, typique des eaux brunes, puis d’un environnement d’eaux vertes lorsqu’on va plus loin dans le golfe d’Oman et la mer d’Arabie. Avec cela à l’esprit, voyons quelle sorte de force sous-marine l’Iran a acquise/développée :

Pour les opérations en eaux brunes (golfe Persique et détroit d’Ormuz), l’Iran dispose d’une flotte assez grande et habile de sous-marins miniatures. Pour les opérations en eaux vertes (le golfe d’Oman et la mer d’Arabie), il possède trois redoutables sous-marins de classe Taregh/Kilo (qui sont même capables de mener des opérations limitées en eaux bleues, quoique avec beaucoup moins d’autonomie, de vitesse, d’armement ou de sonars qu’un sous-marin d’attaque nucléaire). Exactement comme « diesel-électrique », le terme de sous-marin « miniature » donne l’impression qu’il s’agit d’un jouet ou, au mieux, d’un piratage primitif genre Tiers Monde qui pourrait au plus être utilisé pour la contrebande de drogue. En réalité, cependant, les « miniatures » iraniennes peuvent porter les mêmes torpilles lourdes (533 mm) que les Kilos, seulement en plus petites quantités. Cela signifie également qu’elles peuvent porter les mêmes missiles et mines. En fait, je dirais que les sous-marins « miniatures » iraniens de classe Ghadir représentent une menace beaucoup plus redoutable dans le golfe Persique que les sous-marins d’attaque nucléaires les plus avancés.

Aparté

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Les États-Unis ont cessé de produire des sous-marins diesel-électriques il y a de nombreuses années parce qu’ils croyaient qu’étant une puissance hégémonique avec une Marine d’eaux bleues typique (centrée sur les porte-avions), ils n’avaient pas besoin de capacités en eaux vertes ou brunes. D’autres pays (comme la Russie, l’Allemagne, la Suède et d’autres) ont activement poursuivi un programme de sous-marins diesel-électriques (y compris ceux qu’on dit à « propulsion anaérobie » – AIP) parce qu’ils ont bien compris que ces sous-marins sont bien moins chers tout en étant mieux adaptés aux opérations défensives côtières. L’abandon des sous-marins diesel-électriques a pourtant été une autre erreur majeure des planificateurs de force américains ; témoin cet article à ce sujet. Le nouveau Littoral Combat Ship (LCS) et le destroyer de missiles guidés de classe Zumwalt étaient supposés pallier partiellement ce manque de capacités en eaux vertes et brunes, mais les deux se sont avérés être un désastre.

Les sous-marins russes de classe Kilo sont parmi les plus silencieux et les plus lourdement armés jamais construits, et ils pourraient potentiellement représenter une menace majeure pour toute opération navale contre l’Iran. Nous pouvons cependant être à peu près sûrs que l’US Navy les suit 24 heures sur 24 et que les Kilos deviendraient une cible prioritaire (au port ou en mer) au tout début d’une attaque anglosioniste. Mais l’US Navy serait-elle aussi capable de suivre les sous-marins iraniens miniatures, beaucoup plus petits (et nombreux) ? Votre supposition est aussi bonne que la mienne, mais personnellement, j’en doute beaucoup, ne serait-ce que parce que ces sous-marins relativement petits sont très faciles à dissimuler. Jetez un coup d’œil sur cette photo d’un sous-marin de classe Ghadir et imaginez à quel point il serait facile de les cacher ou alors de créer un leurre ressemblant exactement à l’objet réel. Pourtant, une seule torpille de ce sous-marin miniature pourrait couler n’importe quel vaisseau dans le golfe Persique.

Bien que les États-Unis disposent d’une quantité de capacités de reconnaissance et de renseignement pour essayer de localiser puis de détruire ces menaces, nous savons aussi que les Iraniens ont eu des décennies pour se préparer à ce scénario et qu’ils sont de véritables maîtres dans ce qu’on appelle maskirovka dans la terminologie militaire russe : une combinaison de camouflage, de tromperie, de dissimulation et de fausses informations. En fait, ce sont les Iraniens qui ont formé le Hezbollah au Liban dans cet art et nous savons tous ce qui est arrivé aux Israéliens lorsqu’ils ont pénétré avec confiance au Sud-Liban, uniquement pour découvrir que malgré toutes leurs capacités de reconnaissance et de renseignement, ils étaient même incapables de faire face à des moyens même assez primitifs (techniquement parlant) du Hezbollah en termes de missiles. Pour tous les patriotes qui agitent les drapeaux, la vérité est que si les Iraniens décident de bloquer le détroit d’Ormuz, la seule possibilité qui restera aux États-Unis sera de débarquer des forces armées sur les côtes iraniennes et de lancer une offensive terrestre limitée mais extrêmement dangereuse. À ce stade, que cette contre-attaque réussisse ou non sera sans importance, car il y aura tellement d’activité combattante dans cet étroit goulot d’étranglement que personne n’envisagera même d’y faire passer des bateaux.

Je crois aussi que Margolis se trompe lorsqu’il écrit que tout ce que l’Iran pourrait faire serait d’organiser « des attaques commandos isolées contre les installations américaines sans valeur décisive au Moyen-Orient ». Une option iranienne très réelle serait de frapper des cibles américaines (il y en a beaucoup au Moyen-Orient) avec différents missiles. En outre, l’Iran peut aussi lancer des missiles sur les alliés (Israël ou l’Arabie saoudite) ou les intérêts (champs pétroliers saoudiens) des États-Unis.

Deuxième exemple : les capacités iraniennes en matière de missiles

Je ne me fierais pas à tout ce que le SCRS (Service canadien du renseignement de sécurité) écrit (c’est une source très partiale, c’est le moins qu’on puisse dire), mais sur cette page, ils ont publié un assez bon résumé des capacités iraniennes actuelles en matière de missiles :

Iranian-missile-capability-1024x698 iran dans - INTERNATIONAL

 

Sur la même page, le SCRS présente une liste plus détaillée des missiles actuels et développés :

iran-missiles israel dans - POLITIQUE

(Vous pouvez aussi consulter cette page Wikipedia  pour comparer avec l’information du SCRS sur les missiles iraniens.)

La grande question n’est pas de savoir si l’Iran a des missiles performants mais combien exactement sont déployés. Personne ne le sait vraiment parce que les Iraniens restent délibérément très vagues, cela pour de très bonnes et évidentes raisons. Cependant, à en juger par l’exemple du Hezbollah, nous pouvons être presque sûrs que les Iraniens disposent de missiles en assez grand nombre pour constituer une capacité de dissuasion très crédible. Je dirais même qu’une telle force en termes de missiles ne représente pas seulement une capacité de dissuasion efficace mais également une capacité de combat très réelle. Pouvez-vous imaginer ce qui arriverait si les bases américaines (en particulier les bases aériennes et les installations navales) dans la région faisaient périodiquement l’objet d’attaques de missiles iraniens ? À en juger d’après l’expérience israélienne pendant la première Guerre du Golfe ou, d’ailleurs, la récente expérience saoudienne avecles missiles houthis, nous pouvons être pratiquement sûrs que les Patriots américains seront inutiles pour se défendre contre les missiles iraniens.

Bien sûr, exactement comme les Américains l’ont fait pendant la première guerre du Golfe, et les Israéliens en 2006, les Anglosionistes commenceront par une chasse massive des sites de missiles iraniens. Mais, à en juger d’après toutes les guerres récentes, ces chasses ne seront pas assez fructueuses et les Iraniens seront en mesure de soutenir des frappes de missiles pendant assez longtemps. Imaginez ce qu’une frappe de missiles, disons tous les deux ou trois jours, sur une base américaine dans la région ferait pour les opérations ou pour le moral !

La réalité : les États-Unis sont vulnérables dans l’ensemble du Moyen-Orient

Je n’ai énuméré ci-dessus que deux compétences spécifiques (sous-marins et missiles), mais on pourrait faire le même genre d’analyse avec les essaims de petits hors-bords iraniens, leurs aptitudes en termes de guerre électronique ou même de cyberguerre. Mais l’atout le plus redoutable des Iraniens est une population très raffinée et instruite, qui a eu des décennies pour se préparer à une attaque du « Grand Satan » et qui a clairement développé un éventail d’options asymétriques pour se défendre et défendre son pays contre l’attaque anglosioniste (probablement inévitable).

Vous avez probablement vu au moins une carte montrant les installations militaires américaines au Moyen-Orient (sinon, allez voir iciici ou ici).  Pour dire la vérité, le fait que l’Iran soit entouré de forces et de bases américaines représente une menace majeure pour l’Iran. Mais le contraire est également vrai. Toutes ces installations militaires américaines sont des cibles, souvent très vulnérables. En plus, l’Iran peut aussi utiliser des mandataires/alliés dans la région pour attaquer l’une ou l’autre de ces cibles. Je vous recommande vivement de télécharger cette fiche et de la lire en pensant à la possibilité que chaque installation listée devienne la cible d’une attaque iranienne.

La réponse que j’entends habituellement à ces arguments est que si les Iraniens osaient effectivement utiliser des missiles ou frapper les bases américaines dans la région, les représailles des États-Unis seraient absolument terribles. Pourtant, selon Eric Margolis, le but premier et principal d’une attaque américano-israélienne sur l’Iran serait de « détruire totalement l’infrastructure, les communications et les transports (y compris du pétrole) de l’Iran paralysant cette nation importante de 80 millions d’habitants et la ramenant à l’ère prérévolutionnaire ». Permettez-moi de vous poser cette simple question : si Margolis a raison – et personnellement, je pense que c’est le cas – en quoi ce résultat serait-il différent des représailles censément « absolument terribles » projetées par les États-Unis en cas de contre-attaque iranienne ? Autrement dit, si les Iraniens réalisent que les Anglosionistes veulent détruire leur pays (disons comme ce que les Israéliens ont fait au Liban en 2006), quelle nouvelle escalade pourrait les dissuader de contre-attaquer avec les moyens dont ils disposent ?

Pour répondre à cette question, nous devons de nouveau considérer la nature réelle du « problème iranien » pour les Anglosionistes.

Les véritables objectifs anglosionistes pour une attaque contre l’Iran

Tout d’abord et avant tout, il n’y a absolument aucune preuve que l’Iran a une sorte de programme nucléaire militaire. Le fait que les Israéliens le crient depuis des années urbi et orbi, ne le rend pas vrai. J’ajouterais que le bon sens suggère fortement que les Iraniens n’auraient absolument aucune raison logique de développer quelque type d’arme nucléaire que ce soit. Je n’ai pas le temps et la place pour débattre de nouveau de ce point (je l’ai fait si souvent dans le passé), donc je me référerai simplement à la conclusion du National Intelligence Estimate américain que l’Iran a « interrompu son programme d’armes nucléaires » et j’en resterai là.

Aparté

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Je ne crois pas que les Iraniens aient jamais eu un programme d’armement nucléaire, mais ce n’est pas important : même s’ils en ont eu un jour, cela les mettrait à égalité avec beaucoup d’autres pays qui ont fait les premiers pas dans le développement d’un tel moyen puis l’ont abandonné. Le seul point est que la position américaine officielle est qu’il n’y a actuellement pas de programme nucléaire militaire en Iran.

Le vrai problème est très simple : l’Iran est le seul pays au monde qui est :

  1. Musulman et dirige la lutte contre l’idéologie saoudienne/Daech/ISIS/al-Qaïda/etc. du takfirisme et le terrorisme qu’ils promeuvent ;
  2. Ouvertement antisioniste et anti-impérialiste et qui joint des valeurs religieuses conservatrices avec des politiques sociales progressistes;
  3. Performant politiquement, économiquement et militairement et donc menace le monopole du pouvoir d’Israël dans la région.

N’importe laquelle de ces caractéristiques pourrait déjà en elle-même constituer un cas grave de crimepensée du point de vue de l’Empire et mériter une réaction de haine absolue, de peur, et une volonté indéfectible d’éliminer le gouvernement et les gens qui osent le soutenir. Il n’est pas étonnant qu’en combinant les trois l’Iran soit tellement haï par les Anglosionistes.

Tout ce bobard sur un programme nucléaire iranien n’est qu’un prétexte pour une campagne de haine et une attaque possible contre l’Iran. Or en réalité, les buts des Anglosionistes ne sont pas de désarmer l’Iran, mais exactement ce que dit Margolis : « bombarder ce pays et ce peuple ‘désobéissant”, ‘pour le faire revenir à l’ère prérévolutionnaire’. »

Voici l’essentiel : les Iraniens le comprennent parfaitement. La conclusion évidente est donc : si le but d’une attaque anglosioniste est de bombarder l’Iran pour le faire revenir à l’ère prérévolutionnaire, pourquoi les Iraniens se retiendraient-ils et n’opposeraient-ils pas la résistance maximale possible ?

À cause de la menace d’une riposte nucléaire américaine ?

Les options américaines en termes d’attaque nucléaire – pas vraiment une option dans la réalité.

Là encore, nous devons examiner le contexte et ne pas seulement supposer que l’usage d’armes nucléaires est une sorte de panacée magique qui force immédiatement l’ennemi à abandonner la lutte et à se rendre sans conditions. C’est loin d’être vrai.

D’abord, les armes nucléaires ne sont efficaces que lorsqu’elles sont utilisées contre une cible lucrative. Se contenter d’assassiner des civils comme les États-Unis l’ont fait au Japon ne sert absolument à rien si votre objectif est de vaincre les forces armées de votre adversaire. Atomiser les cibles « de valeur » de votre adversaire ne peut qu’accroître sa détermination à combattre jusqu’au bout. Je ne doute pas que les États-Unis, comme pendant la première guerre du Golfe, aient déjà établi une liste générale des cibles qu’ils voudront frapper en Iran : un mélange d’installations et de bâtiments gouvernementaux importants et d’un certain nombre d’unités et d’installations militaires. Dans la plupart des cas, cependant, ceux-ci pourraient aussi être détruits par des armes conventionnelles (non nucléaires). En plus, comme les Iraniens ont eu des décennies pour se préparer à ce scénario (les États-Unis ont toujours eu l’Iran en ligne de mire depuis la Révolution de 1979), vous pouvez être certains que toutes les installations du temps de paix ont été dupliquées pour les situations de guerre. Ainsi, alors que de nombreuses cibles extrêmement visibles seront détruites, leurs homologues pour temps de guerre prendront immédiatement le relais. On pourrait penser que les armes nucléaires pourraient être utilisées pour détruire des cibles profondément enterrées, et c’est vrai en partie, mais certaines sont enfouies trop profondément pour être détruites (même par une explosion nucléaire) alors que d’autres sont dupliquées plusieurs fois (disons, pour un quartier général militaire de temps de paix, il y en aurait 4, 5 ou même 6 cachés et profondément enfouis). S’attaquer à chacun d’eux exigerait d’utiliser davantage de bombes atomiques et cela pose la question des coûts politiques d’une telle campagne de frappes nucléaires.

En termes politiques, le jour où les États-Unis utiliseront une arme nucléaire contre un ennemi, ils auront commis un suicide politique dont la puissance hégémonique ne se remettra jamais. Alors qu’une majorité d’Américains pourrait considérer que « la force fait le droit » et « au diable l’ONU », pour le reste du monde, le premier usage d’armes nucléaires (par opposition à une contre-attaque en représailles) est une abomination inconcevable et un crime, en particulier pour un acte d’agression illégal (il n’y a pas moyen que le Conseil de sécurité de l’ONU autorise une attaque américaine contre l’Iran). Même si la Maison Blanche déclare qu’elle « a dû » utiliser des armes atomiques pour « protéger le monde » contre « l’Ayatollah armé atomiquement », l’immense majorité de la planète réagira avec une indignation totale (en particulier après le bobard des armes de destruction massive irakiennes !). En outre, toute frappe nucléaire américaine transformera instantanément les Iraniens de méchants à victimes. Pourquoi les Américains décideraient-ils de payer un prix politique aussi exorbitant uniquement pour utiliser des armes nucléaires sur des cibles qui n’apporteraient aucun avantage substantiel aux États-Unis ? Dans des circonstances normales, je penserais que ce genre d’utilisation d’armes nucléaires non-provoquée serait tout à fait impensable et illogique. Mais dans le contexte politique actuel aux États-Unis, il y a une possibilité qui m’effraie vraiment.

Trump, le « président jetable » pour les néocons ?

Les néocons détestent Trump, mais ils le possèdent aussi. Le meilleur exemple de ce genre de « propriété » est la décision des États-Unis de déplacer leur ambassade à Jérusalem, un acte incroyablement stupide, mais que le lobby israélien exigeait. C’est la même chose pour le reniement du Plan d’action global commun [sur le nucléaire iranien] ou, d’ailleurs, pour le flot actuel de menaces contre l’Iran. Il semble que les néocons ont une stratégie de base qui est la suivante : « Nous détestons Trump et tout ce qu’il représente, mais nous le contrôlons aussi, utilisons-le pour faire tous les trucs dingues qu’aucun président américain sensé ne ferait jamais, puis utilisons les retombées de ces folles décisions et faisons porter tout le blâme sur Trump ; de cette manière, nous obtenons tout ce que nous voulons et nous arriverons à détruire Trump dans le processus uniquement pour le remplacer par un de ‘nos gars’ le moment venu. » De nouveau, le but réel d’une attaque contre l’Iran serait de le bombarder jusqu’à ce qu’il retourne à l’ère prérévolutionnaire et de punir les Iraniens pour leur soutien au « mauvais » régime qui ose défier l’Empire anglosioniste. Les néocons pourraient utiliser Trump comme un « président jetable » qui pourrait être accusé du chaos et la catastrophe politique qui s’ensuivraient tout en réalisant l’un des plus importants objectifs politiques d’Israël : dévaster l’Iran. Pour les néocons, c’est une situation gagnant-gagnant : si les choses se passent bien (aussi improbable que ce soit), ils peuvent en retirer tout le crédit et continuer à contrôler Trump comme une marionnette ; et si les choses se passent mal, l’Iran est en ruines, Trump est accusé d’avoir lancé une guerre stupide et folle, et la bande Clinton sera prête à revenir au pouvoir.

Le plus grand perdant dans un tel scénario serait évidemment le peuple d’Iran. Mais l’armée américaine ne s’en sortira pas bien non plus. D’une part, un plan seulement pour « dévaster » l’Iran n’a pas de stratégie de sortie viable, surtout pas à court terme, alors que l’armée américaine n’a pas l’estomac pour de longs conflits (l’Afghanistan et l’Irak sont déjà assez mauvais). En plus, une fois que les États-Unis ont détruit la plus grande partie de ce qui peut être détruit, l’initiative sera aux mains des Iraniens et le temps sera de leur côté. En 2006, les Israéliens ont dû se replier après 33 jours seulement, alors combien faudra-t-il de temps aux Américains avant de devoir proclamer la victoire et s’en aller ? Si la guerre s’étend à, disons, l’Arabie saoudite, l’Irak et la Syrie, les États-Unis auront-ils même la possibilité de partir ? Et les Israéliens, quels choix auront-ils une fois que des missiles commenceront à les frapper (pas seulement des missiles iraniens, mais probablement aussi des missiles du Hezbollah à partir du Liban) ?

L’ancien chef du Mossad Meir Dagan avait parfaitement raison lorsqu’il a déclaré qu’une attaque militaire contre l’Iran était « la chose la plus stupide que j’ai entendue ».  Hélas, les néocons n’ont jamais été très intelligents et les trucs stupides sont ce qu’ils font le plus souvent. Tout ce que nous pouvons espérer est que quelqu’un aux États-Unis trouve une manière de les arrêter et d’éviter une autre guerre immorale, sanglante, inutile et potentiellement très dangereuse.

The Saker

Traduit par Diane pour le Saker francophone


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Quand le contribuable français finance à son insu Tsahal

Posté par onsbouge le 21 août 2018

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MEDIAPART

Quand le contribuable français finance à son insu Tsahal

26 mars 2016
Par
Blog : Le blog de Hachebaie

Le sujet des dons à Tsahal déductibles d’impôts en France refait surface depuis que la sénatrice de l’Orne Nathalie Goulet a interpellé le secrétaire d’état au budget Christian Eckert ce 10 mars par écrit. Hier, elle a reçu des menaces de mort sur les réseaux sociaux.

« L’armée la plus morale du monde » a plus d’un tour dans son sac. C’est bien connu lorsqu’on suit depuis quelques temps ses opérations militaires, mais aussi de communication en tout genre, et de séduction plus généralement quand elle est faite par le gouvernement israélien.

En revanche peu de monde s’est douté jusque aujourd’hui que Tsahal (L’armée la plus morale du monde donc) pouvait être financé par le contribuable français à l’insu de son plein par le biais d’un mécanisme fiscal que le parti Les Républicains connait comme d’autres professionnels de l’optimisation fiscale.

C’est ainsi que l’on peut faire un don aux soldats de Tsahal, tout en bénéficiant d’une déduction fiscale à hauteur de 66%. Cela met sur le même plan l’armée d’Israël et les associations comme Action contre la faim, Amnesty International, Unicef (Déduction à hauteur de 75% pour celles-ci) ou autre ONG ou organismes caritatifs.

On l’a compris le procédé est très pervers, et nous pouvons être en droit de se demander par quelle magie le contribuable français se retrouve à financer à l’insu de son plein gré une des armées les plus tristement réputées pour ses multiples opérations meurtrières et criminelles.

C’est la question que Nathalie Goulet, sénatrice de l’Orne a posé au secrétaire d’état au budget Christian Eckert ce 10 mars par lettre écrite et dont la réponse se fait toujours attendre.

Cette actualité aurait pu passer inaperçue si hier la @sénatrice61 n’avait pas remis le couvert en affirmant à l’AFP avoir reçu des menaces de morts sur les réseaux sociaux. Il faut hélas en arriver là pour qu’un sujet aussi embarassant soit mis sur le devant de l’actualité.

Une déduction fiscale pour Tsahal ? Vraiment ?

Evidemment les supporters de ce régime colonial et criminel crient déjà à la calomnie et au mensonge montés en épingle par les islamo-gauchistes/fascistes/antisémites, et plus généralement la blogosphère qui ne va pas dans le sens de son poil. Et quoi de mieux que d’aller voir ces supporters s’exprimer sur leurs sites internet ? J’ai choisi JSS NEWS pour lire leur version des faits. Et comme d’habitude ils ne déçoivent jamais !

Dans un article plein d’amour, de paix et de tolérance, l’un des membres de ce « blog » (Comme l’a si bien fustigé Aymeric Caron) dézingue la sénatrice ainsi que ses interrogations avec ce titre: La sénatrice Nathalie Goulet abuse-t-elle du goulot ?

La vérité est que le contribuable français finance malgré lui de l’aide aux soldats de Tsahal, via des associations qui veulent leurs apporter du « réconfort » avec des pizzas, des glaces et de la boisson ! Rien que ça !

Formulaire que l'on pouvait retrouver sur le site JSS NEWS (capture d'écran)

Formulaire que l’on pouvait retrouver sur le site JSS NEWS (capture d’écran)

 

Cette capture d’écran datant de quelques années vient – ironie du sort – de notre cher blog JSS NEWS qui parle bien de soutiens aux soldats de Tsahal. Certes cette aide n’est pas versée directement à Tsahal mais en revanche il s’agit bien d’une aide financière du contribuable français à une armée étrangère, en l’occurrence celle d’Israël.

Si l’on regarde de plus près ce formulaire à droite, nous voyons qu’il est possible d’obtenir un Cerfa. Le plus incroyable, est que la France octroie presque le double de la déduction possible en Israël !

Non seulement ces pros-israéliens de JSS font preuve d’une mauvaise foi absolue, mais en plus, ils ont permis de faire découvrir à tout le monde cette manœuvre fiscale qui peut déplaire à plus d’un titre. Je terminerai donc par un remerciement inattendu que je n’aurais jamais pensé formuler un jour:

Merci JSS NEWS !


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Comment les États Unis écartent les réfugiés palestiniens

Posté par onsbouge le 20 août 2018

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AGENCE MEDIAS PALESTINE

Par Kamel Hawwash, le 18 août 2018

Une approche duelle consistant à priver l’UNWRA de financement et à tenter de dépouiller les réfugiés de leur statut.

Des indices font penser à la proximité d’une trêve qui serait conclue entre le Hamas et Israël, par-dessus l’Autorité Palestinienne.

Le point d’accès principal à Gaza pour le commerce, Kerem Shalom, a été rouvert après un temps de fermeture dans le contexte de tensions récemment accrues. Mais quelque soulagement de court terme que cela procure aux Palestiniens de Gaza, il ne sera pas question des revendications palestiniennes de long terme.

Les «États Unis continuent à travailler à un « plan de paix » pour mettre fin au conflit israélo-palestinien, sans apport des Palestiniens. Des éléments ont déjà été mis en œuvre, dont la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël et le retrait de financement des services apportés aux réfugiés palestiniens par l’Agence de Secours et de Travaux des Nations Unies (UNWRA).

L’occupation masquée

L’ambassadeur américain en Israël, David Friedman, a aussi avancé qu’il n’y pas d’occupation illégale. Il a écrit en décembre dernier au Département d’État, en demandant d’abandonner les termes « occupation » et « territoires occupés par Israël ».

Il a suggéré d’employer le terme « Cisjordanie » qu’il a décrit comme « plus neutre ».  Friedman est un donateur important de la colonie illégale de Beit El et il est président des Amis Américains de la Yeshiva de Beit El, l’organisme de financement de nombre d’institutions de la colonie illégale. Il est aussi connu pour être opposé à la solution à deux États.

On a pu remarquer que le rapport 2017 du Département d’État sur les droits humains avait remplacé les références aux « territoires occupés » par « Israël », les hauteurs du Golan », « la Cisjordanie » ou « Gaza ».

Friedman ne reconnaît pas le droit au retour des réfugiés, inscrit dans la Résolution 194 de l’ONU. Son avis personnel est que « l’objectif devrait être de leur donner les moyens de s’adapter et de s’intégrer dans la société où ils ont abouti ».

Friedman préfère la définition de l’UNCHR, qui ne fait pas référence aux descendants de réfugiés, à celle de l’UNWRA, qui établit que « les descendants des hommes palestiniens réfugiés, dont les enfants adoptés, sont aussi habilités à être enregistrés ».

L’UNWRA a démarré ses opérations en 1950 en réponse aux besoins d’environ 750 000 réfugiés palestiniens ; aujourd’hui, plus de cinq millions sont admissibles à ses services.

« Crise » existentielle

Les États Unis paraissent s’être tournés vers l’objectif de « faire disparaître » les réfugiés palestiniens des problèmes à résoudre. Mais comment les Américains peuvent-ils faire cela, tout en ayant l’air de proposer « l’accord du siècle » ?

Ce qui émerge est une approche duelle qui consiste à priver l’UNWRA des fonds nécessaires et à évacuer en même temps la question des réfugiés. Deux orientations réclamées par le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou dont l’argument est que l’UNWRA perpétue le problème des réfugiés.

Les États Unis ont suivi en faisant une coupe de 300 millions de dollars (263 M€) dans le financement de l’agence. Le porte-parole Sami Mushasha a dit le mois dernier dans une interview que l’UNWRA était confrontée à une « crise existentielle ». Un effort pour lever des fonds additionnels, par des conférences à Rome et à New York, a néanmoins laissé un déficit de plus de 200 millions de dollars (175 M€) à l’agence, bien que les préoccupations sur la possibilité que les écoles palestiniennes ne rouvrent pas en septembre aient été dissipées.

Selon Mushasha, le budget d’urgence pour Gaza et la Cisjordanie a presque « disparu du jour au lendemain » à cause des coupes américaines. Seules des provisions alimentaires de survie à des réfugiés palestiniens à Gaza seraient financées. L’UNWRA, qui emploie 13 000 personnes dans les territoires palestiniens occupés, a supprimé 113 postes à Gaza et 154 en Cisjordanie. Dans les protestations qui se sont ensuivies, un homme a tenté de s’immoler par le feu.

Mais l’UNWRA a survécu, ce qui pourrait expliquer pourquoi l’envoyé spécial des États Unis au Moyen Orient, Jared Kushner, a cherché des moyens de priver les réfugiés de leur statut. Dans des mails internes à des représentants haut placés de l’administration américaine, Kushner a dit : « il est important d’avoir une action honnête et sincère pour désorganiser l’UNWRA. Cette (agence) perpétue le statu quo, est corrompue, inefficace et n’aide pas la paix ».

Le droit au retour

Selon un article de Foreign Policy, des représentants palestiniens ont révélé que Kushner avait fait pression sur la Jordanie en juin « pour retirer aux plus de deux millions de Palestiniens enregistrés leur statut de réfugiés afin que l’UNWRA n’ait plus à agir là-bas ».

Ali Huweidi, le directeur général de l’organisation pour les droits des réfugiés basée au Liban, a dit à Middle East Eye que les réfugiés palestiniens de Jordanie représentent plus de 40% des réfugiés des cinq zones d’opération de l’UNWRA. Si l’agence cessait de fournir ces services, a-t-il dit, les réfugiés seraient transférés à l’UNCHR qui « tenterait alors de réinstaller les réfugiés palestiniens dans des pays tiers. Dès lors qu’ils obtiennent la citoyenneté, leur statut de réfugié tombe ».

La Jordanie et le Liban ont tous deux refusé de prendre des mesures visant à transférer les services rendus aux réfugiés palestiniens par l’UNWRA à des pays d’accueil. Huweidi a remarqué que la Jordanie considère l’agence comme « un partenaire stratégique important ». Des représentants du Liban ont aussi indiqué que l’État ne pouvait pas prendre le rôle de l’UNWRA, en particulier dans les domaines de l’éducation et de la santé.

Les réfugiés palestiniens que j’ai rencontrés lors d’un récent voyage au Liban m’ont tous dit qu’ils n’accepteraient rien d’autre qu’un retour dans leurs maisons, un sentiment auquel font écho ceux qui participent à Gaza à la Grande Marche du Retour. Alors seulement viendra la paix en terre sainte.

Kamel Hawwash est un professeur d’ingénierie anglo-palestinien de l’Université de Birmingham, qui fait campagne depuis longtemps pour la justice, spécialement pour le peuple palestinien. Il est vice-président du Conseil en politique britannico-palestinienne (BPPC) et membre du Comité exécutif de la Campagne de Solidarité avec la Palestine (PSC). Il apparaît régulièrement dans les media comme commentateur sur les questions du Moyen Orient. Il a un blog : www.kamelhawwash.com et tweete sur : @kamelhawwash. Il y écrit à titre personnel.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la ligne éditoriale de Middle East Eye.

Traduction : SF pour l’Agence Media Palestine

Source : Middle East Eye


Publié par AGENCE MEDIAS PALESTINE
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Assawra – 20 août 2018

Posté par onsbouge le 20 août 2018

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Assawra – الثورة

20 août 2018

Les séniors, les généraux et les icônes…

( Al Faraby )

Assawra – 20 août 2018 dans - ART a2

https://assawra.blogspot.com/2018/08/les-seniors-les-generaux-et-les-icones.html

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« Résister à l’occupation, c’est vivre libre »
http://assawra.blogspot.fr/
Dédié à l’Intifada…


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