Émission de radio à Gaza pour les prisonniers palestiniens. Avril 2019.

Posté par onsbouge le 19 avril 2019

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Émission de radio à Gaza pour les prisonniers palestiniens. Avril 2019.

La radio AL.Qouds à Gaza fait une émission sur la solidarité francophone avec les prisonniers palestiniens. Elle a invité Ziad Medoukh. Professeur de français universitaire pour évoquer ce thème et par téléphone Olivia Zemor et Jean-Claude Le Fort. Deux solidaires de la cause palestinienne en France. Vive la solidarité. Avril 2019.


Gaza La Vie
Ajoutée le 18 avr. 2019
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Sur fond de scandales de corruption et d’accords avec le FMI et Washington, le gouvernement équatorien trahit Assange

Posté par onsbouge le 19 avril 2019

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Sur fond de scandales de corruption et d’accords avec le FMI et Washington, le gouvernement équatorien trahit Assange

18 Avr 2019  

Sur fond de scandales de corruption et d’accords avec le FMI et Washington, le gouvernement équatorien trahit Assange dans - DROITS CENA_LENIN_MORENO_16217113764-640x427

La décision prise par le gouvernement équatorien du président Lenín Moreno d’inviter la police britannique dans son ambassade de Londres à enlever Julian Assange, ouvrant la voie à l’extradition du fondateur de WikiLeaks vers les États-Unis, constitue une violation flagrante du droit international et un honteux nouveau chapitre de la lâcheté et de la soumission de la bourgeoisie de l’Amérique latine à l’impérialisme américain.

Le gouvernement équatorien a non seulement ouvert les portes de son ambassade au peloton d’intervention policière britannique, mais il a annoncé jeudi que le jour précédent, sans notification à Assange ni à ses avocats, le ministère des affaires étrangères du pays avait sommairement déchu le journaliste de sa citoyenneté équatorienne, qui lui avait été accordée en 2017 dans le but d’obtenir sa liberté de l’ambassade sous couverture diplomatique.

Des responsables gouvernementaux ont affirmé que la décision d’octroyer la citoyenneté à Assange avait été entachée «d’irrégularités» non spécifiées. Le motif de l’abrogation de la décision était clair: la constitution équatorienne interdit l’extradition des ses citoyens et exige qu’ils soient jugés pour tout crime en conformité avec ses propres lois.

Le président Lenín Moreno a annoncé son sale marché avec l’impérialisme américain et britannique dans une vidéo publiée sur son compte Twitter, dans laquelle il affirmait avoir obtenu la garantie de Londres que Assange ne serait pas extradé vers «un pays où il pourrait être torturé ou condamné à mort». Ce mensonge a été immédiatement contredit du fait que le ministère américain de la Justice ait publié un acte d’accusation, et les autorités britanniques ont clairement indiqué qu’elles attendaient de mettre à exécution l’extradition d’Assange vers un pays où la peine de mort est en vigueur et qui pratique la torture à l’échelle internationale.

L’avocat équatorien d’Assange, Carlos Poveda, a dénoncé les actions arbitraires, antidémocratiques et extrajudiciaires du gouvernement. «Au minimum, nous aurions dû être informés afin que nous puissions exercer le droit de la défense», a-t-il déclaré. Il a insisté sur le fait que la loi stipule que tout arrêt d’asile doit d’abord être examiné avec le demandeur d’asile, qui a le droit de plaider sa cause.
Le ministre des affaires étrangères d’Équateur, Jose Valencia, s’est présenté jeudi devant l’Assemblée nationale du pays pour justifier l’acte illégal commis par le gouvernement visant à priver Assange sommairement de son asile.

La présentation de Valencia, qui a été interrompue par des cris de «traître» et de vendepatria, de la part des législateurs de l’opposition, comprenait neuf points, composés de mensonges et d’absurdités.
Il a affirmé qu’Assange, qui avait été détenu dans des conditions de plus en plus draconiennes dans l’ambassade, en grande partie coupé du monde extérieur, s’était livré à «d’innombrables actes d’ingérence dans les affaires intérieures d’autres États», s’était mal comporté envers les représentants de l’ambassade et avait «proféré des menaces insultantes» contre le gouvernement équatorien, y compris l’accusation «infâme et diffamatoire» selon laquelle il «agissait sous la pression de pays étrangers».

Ce même Valencia avait, la semaine dernière, dénoncé l’avertissement « insultant » de WikiLeaks selon lequel son gouvernement était parvenu à un accord avec les autorités britanniques pour confier Assange à la police britannique.

Valence alla jusqu’à prétendre que la remise d’Assange avait été effectuée en partie pour préserver sa santé. Il s’est ensuite plaint des dépenses considérables que l’ambassade avait encourues pour sa nourriture, ses frais médicaux et sa lessive.

Le contexte immédiat de l’action du gouvernement équatorien est un scandale de corruption qui fait rage et qui implique le président Moreno et sa famille. Les «papiers INA», un vaste ensemble de documents, courriels et autres communications via les médias sociaux, ont impliqué Moreno dans des crimes allant de la corruption officielle au parjure en passant par le blanchiment d’argent.

Au centre du scandale se trouve un projet dans lequel la société chinoise Sinohydro, qui a construit un barrage hydroélectrique en Équateur, a versé 18 millions de dollars de pots de vin à une société offshore, qui a ensuite transféré les fonds à un ensemble de 10 sociétés-écran comprenant INA Investments Corp, appartenant à Edwin Moreno, le frère du président. Le nom de la société est tiré de la syllabe commune aux noms des trois filles du président, Irina, Cristina et Karina.

Le législateur de l’opposition Ronny Aleaga, qui a déclaré avoir reçu le dossier anonymement, a insisté pour que les documents établissent que la société avait été placée sous la direction de prête-nom afin de dissimuler les liens du président avec la combine.

Les documents ont été publiés pour la première fois en février 2019, suscitant une enquête du Congrès. Le 26 mars, le compte Twitter de WikiLeaks a attiré l’attention sur l’enquête, citant un reportage du New York Times selon lequel Moreno était en discussion avec l’administration Trump – via un voyage à Quito en mai 2017 de l’ancien président de la campagne de Trump, Paul Manafort – de la remise d’Assange en échange d’un allégement de la dette.

Le ministre des affaires étrangères, Valencia, a réagi immédiatement au tweet, le traitant «de mensonge absurde afin de porter atteinte à la dignité de notre pays», et a juré que le gouvernement prendrait des mesures.

Par la suite, Moreno et ses subordonnés ont tenté de déformer le tweet des informations de Wikileaks, déjà diffusées et bien éventées en Equateur comme la preuve qu’Assange, dans l’isolement quasi-total à l’ambassade de Londres, était personnellement responsable du piratage du téléphone et des courriels du président.

Dans les deux jours qui ont suivi le tweet de WikiLeaks, l’Assemblée nationale équatorienne, dans laquelle le parti de Moreno et les autres partis de droite détiennent la majorité, a adopté une résolution appelant le ministère des affaires étrangères à exercer des représailles contre Assange à propos la fuite des papiers INA.

Le président équatorien a mené une campagne cynique, affirmant qu’il était victime d’une atteinte à la vie privée et que les documents de l’INA comprenaient des «photos privées» de lui-même et de sa famille, dans le but de détourner l’attention du public des nombreuses preuves de sa corruption sans bornes.

A travers l’expulsion d’Assange de l’ambassade de Londres, le gouvernement de Moreno a intensifié sa campagne. Maria Paula Romo, ministre équatorienne de l’Intérieur, a déclaré qu’Assange et WikiLeaks étaient impliqués dans un complot visant à «déstabiliser» le gouvernement Moreno, qui impliquait prétendument deux «pirates informatiques russes» travaillant en Équateur, Ricardo Patiño, ancien ministre équatorien des affaires étrangères, et éventuellement, le gouvernement vénézuélien du président Nicolas Maduro. Elle a affirmé que les preuves de ce complot seraient bientôt transmises aux procureurs équatoriens.

Tout cela est un tas de mensonges destinés à détourner l’attention des accusations de corruption portées contre Moreno et à détourner la colère populaire croissante contre son gouvernement de droite. Les sondages récents ont placé sa popularité à peine 17 pour cent.

Moreno a clairement indiqué son intention de trahir Assange dès son entrée en fonction en 2017. Il a qualifié le journaliste né en Australie de «pirate informatique», de «problème hérité» et de «cailloux dans notre chaussure».

Le précédent gouvernement du président Rafael Correa avait accordé l’asile à Assange en 2012 en raison des preuves évidentes de ses persécutions politiques pour avoir révélé les crimes de guerre impérialistes du gouvernement américain, la surveillance de masse et les complots antidémocratiques perpétrés par Washington, d’autres gouvernements et des sociétés transnationales.

Lorsque le gouvernement de Quito a décidé d’accorder l’asile à Assange dans son ambassade à Londres, son ministre des affaires étrangères de l’époque, Ricardo Patiño, déclara que la vendetta de Washington contre le journaliste «pourrait mettre en danger sa sécurité, son intégrité et même sa vie». Il continua : «Les preuves montrent que si M. Assange est extradé aux États-Unis, il ne bénéficiera pas d’un procès équitable. Il n’est absolument pas impossible qu’il puisse être soumis à des traitements cruels et dégradants et condamné à la réclusion à perpétuité ou même à la peine capitale.»

Qu’est-ce qui a changé depuis presque sept ans qu’Assange s’est retrouvé pris au piège dans l’ambassade équatorienne? L’administration Trump n’a fait qu’expliciter les menaces qui pèsent sur le journaliste. L’ancien directeur de la CIA et secrétaire d’État américain Mike Pompeo a déclaré que WikiLeaks était un «service de renseignement non-étatique hostile» dont les activités ne sont pas protégées par le premier amendement de la constitution. L’ancien procureur général Jeff Sessions a insisté sur le fait que ramener Assange aux États-Unis enchaîné pour faire face à un procès truqué était une «priorité» pour le ministère de la justice des États-Unis.

Le changement ne réside pas dans la menace qui pèse sur Assange, mais plutôt dans le virage à droite brutal du gouvernement de Lenín Moreno, qui fait partie d’une vague de réaction qui a accompagné le reflux de la fameuse marée rose dans toute l’Amérique latine.

Nulle part cela n’a été plus évident que dans les politiques suivies par Moreno, successeur trié sur le volet par l’ancien président Correa qui s’était déclaré partisan de la «révolution bolivarienne» et du «socialisme du XXIe siècle».

Moreno a poursuivi une politique visant à subordonner l’Équateur aux banques et institutions financières internationales sur le plan économique et à l’impérialisme américain sur le plan politique. Plus tôt cette année, il a conclu des accords avec le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et d’autres institutions financières internationales pour un crédit de 10 milliards de dollars en échange de la mise en œuvre de mesures d’austérité draconiennes qui ont entraîné la suppression de plus de 10.000 emplois dans le secteur public, ainsi que la moitié des ministères du gouvernement, ainsi que la réduction des impôts sur les riches, la destruction du droit de travail et la suppression des subventions aux prix du carburant.

Ces politiques ont provoqué des manifestations de masse et une grève générale contre le gouvernement Moreno.

En même temps, Moreno a sollicité l’approbation du département d’État américain et du Pentagone, devenant l’un des partisans les plus enthousiastes du coup d’État impulsé par les États-Unis au Venezuela et du prétendu «président par intérim» Juan Guaidó.

Correa, l’ancien président de l’Équateur, a condamné l’action du gouvernement Moreno. «Lenín Moreno, le plus grand traître de l’histoire de l’Équateur et de l’Amérique latine, a autorisé la police britannique à pénétrer dans notre ambassade à Londres pour arrêter Assange», a-t-il déclaré. Moreno, a-t-il ajouté, «a démontré son manque d’humanité devant le monde en rendant Julian Assange – non seulement un demandeur d’asile, mais aussi un citoyen équatorien – à la police britannique», ce qui a mis à la fois sa vie «en danger» et a «humilié l’Équateur».

De même, l’ancien ministre des affaires étrangères équatorien, Guillaume Long, a publié jeudi une déclaration dans laquelle il dénonçait cette arrestation. «La reddition de Julian Assange, traîné par la police britannique après être entrée dans notre mission diplomatique pour l’enlever, est une honte nationale et une erreur historique qui laissera une marque profonde sur l’Équateur pendant longtemps», a-t-il déclaré.

Long a ajouté que la décision du gouvernement violait les décisions des Nations Unies et de la Cour interaméricaine des droits de l’homme et que «les générations futures d’Équatoriens s’en souviendront comme un acte infâme, de servilité, et de dégradation éthique.»

La trahison d’Assange fait partie intégrante du virage à droite du gouvernement Moreno et de l’adaptation à l’impérialisme américain, qui a jeté les bases d’une attaque frontale contre la classe ouvrière équatorienne. La défense d’Assange et des droits démocratiques fondamentaux dépend de la lutte pour unifier les travailleurs en Équateur, en Grande-Bretagne, aux États-Unis et dans le monde entier dans la lutte contre le système capitaliste.

Source: WSWS


Publié par  INVESTIG’ACTION
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Sept années de mensonges sur Assange et ce n’est pas fini

Posté par onsbouge le 19 avril 2019

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Sept années de mensonges sur Assange et ce n’est pas fini

14 Avr 2019  

Sept années de mensonges sur Assange et ce n’est pas fini dans - DROITS assange-arrestation

Depuis sept ans, depuis le moment où Julian Assange s’est réfugié à l’ambassade équatorienne à Londres, ils nous disent que nous avions tort, que nous étions des théoriciens du complot paranoïaques. On nous a dit qu’il n’y avait aucune menace réelle d’extradition d’Assange vers les États-Unis, que tout cela était dans notre imagination fiévreuse.

Depuis sept ans, nous avons dû subir le chœur de journalistes, de politiciens et d’ »experts » nous racontant qu’Assange n’était rien de plus qu’un fugitif de la justice, et que les systèmes juridiques britannique et suédois pouvaient traiter son cas en pleine conformité avec la loi. Pendant tout ce temps, pratiquement aucune voix « dominante » ne s’est exprimée en sa défense.

Dès qu’il a demandé l’asile, Assange fut présenté comme un hors-la-loi. Son travail en tant que fondateur de Wikileaks – une plate-forme numérique qui, pour la première fois dans l’histoire, donnait aux gens ordinaires un aperçu des recoins les plus sombres des secrets les mieux gardés dans les profondeurs de l’État profond – a été effacé de l’histoire.

Assange est passé de l’une des quelques figures dominantes de notre époque – un homme qui occupera une place centrale dans les livres d’histoire, si notre espèce vit assez longtemps pour écrire ces livres – à rien de plus qu’un délinquant sexuel malpropre qui a violé les conditions de sa liberté provisoire.

La classe politique et médiatique ont élaboré un récit fait de demi-vérités sur des accusations sexuelles pour lesquelles Assange faisait l’objet d’une enquête en Suède. Ils ont négligé le fait qu’Assange avait été autorisé à quitter la Suède par l’enquêteur initial, qui avait abandonné l’enquête, pour être ensuite relancé par un autre enquêteur avec un programme politique bien connu.

Ils ont omis de mentionner qu’Assange s’est toujours déclaré prêt à être interrogé par les procureurs suédois à Londres, comme cela avait été le cas dans des dizaines d’autres affaires impliquant des procédures d’extradition vers la Suède. C’était presque comme si les autorités suédoises ne voulaient pas présenter les preuves qu’elles prétendaient avoir en leur possession.

Les médias et les courtisans politiques n’ont cessé de souligner la violation de la liberté sous caution d’Assange au Royaume-Uni, ignorant le fait que les demandeurs d’asile, fuyant la persécution légale et politique, généralement ne respectent pas les conditions imposées par les autorités de l’Etat à l’origine de leur demande asile.

L’élite politique et médiatique a ignoré les preuves de plus en plus nombreuses d’un grand jury secret en Virginie formulant des accusations contre Assange, et a raillé les craintes exprimées par Wikileaks selon lesquelles l’affaire suédoise pourrait couvrir une tentative plus sinistre des États-Unis pour extrader Assange et l’enfermer dans une prison de haute sécurité, comme Chelsea Manning.

Ils ont minimisé le verdict rendu en 2016 par un groupe d’experts juridiques des Nations Unies selon lequel le Royaume-Uni détenait arbitrairement Assange. Les médias s’intéressaient davantage au bien-être de son chat.

Ils n’ont pas tenu compte du fait qu’après le changement de président de l’Equateur – avec le nouveau président désireux de gagner les faveurs de Washington – Assange a été placé sous des formes de plus en plus sévères d’isolement cellulaire. Il s’est vu refuser l’accès aux visiteurs et aux moyens de communication, violant à la fois son statut d’asile et ses droits humains, et menaçant son bien-être mental et physique.

De même, ils ont ignoré le fait que l’Équateur avait accordé à Assange le statut diplomatique et la citoyenneté équatorienne. La Grande-Bretagne était obligée de lui permettre de quitter l’ambassade, en usant de son immunité diplomatique, pour se rendre sans encombre en Équateur. Aucun journaliste ou politicien « grand public » n’y a prêté attention.
Ils ont fermé les yeux sur le fait qu’après avoir refusé d’interroger Assange au Royaume-Uni, les procureurs suédois décidèrent d’abandonner discrètement les poursuites contre lui en 2015. La Suède avait gardé cette décision secrète pendant plus de deux ans.

C’est une demande d’accès à l’information émanant d’un allié d’Assange, et non d’un média, qui a révélé des documents montrant que les enquêteurs suédois avaient, en fait, voulu abandonner les poursuites contre Assange en 2013. Le Royaume-Uni, cependant, a insisté pour qu’ils continuent cette mascarade afin qu’Assange puisse rester enfermé. Un fonctionnaire britannique a envoyé un courriel aux Suédois : « Ne vous avisez pas de vous dégonfler !!! »

La plupart des autres documents relatifs à ces conversations n’étaient pas disponibles. Ils avaient été détruits par le service du Procureur général du Royaume-Uni en violation du protocole. Mais personne dans l’establishment politique et médiatique ne s’en soucia, évidemment.

De même, ils ont ignoré le fait qu’Assange a été contraint de se cacher pendant des années à l’ambassade, dans des conditions extrêmes de détention à domicile, même s’il n’avait plus de cas à répondre en Suède. Ils nous ont dit – avec le plus grand sérieux – qu’il devait être arrêté pour avoir enfreint les conditions de sa mise en liberté sous caution, ce qui serait normalement sanctionné par une amende.

Et peut-être plus grave encore, la plupart des médias ont refusé de reconnaître qu’Assange était journaliste et éditeur, même si, ce faisant, ils s’exposaient aux mêmes sanctions draconiennes si jamais ils devaient être réduits au silence, eux ou leurs publications. Ils ont approuvé le droit des autorités américaines de s’emparer tout journaliste étranger, où qu’il se trouve dans le monde, et de l’enfermer à l’abri des regards. Ils ont ouvert la porte à une nouvelle forme spéciale de « restitution » pour les journalistes.

Il n’a jamais été question de la Suède ou des violations de la liberté sous caution, ni même du récit désormais discrédité du Russiagate, comme n’importe qui ayant prêté la moindre attention aurait du le deviner. Il s’agissait de l’Etat Profond américain faisant tout ce qui était en son pouvoir pour écraser Wikileaks et faire de son fondateur un exemple.

Il s’agissait de s’assurer qu’il n’y aurait plus jamais de fuite comme celle de Collateral Murder, la vidéo publiée par Wikileaks en 2007 qui montrait des soldats américains célébrant le meurtre de civils irakiens. Il s’agissait de s’assurer qu’il n’y aurait plus jamais de publication de câbles diplomatiques américains, comme ceux publiés en 2010 qui ont révélé les machinations secrètes de l’empire américain pour dominer la planète quel qu’en soit le coût en termes de violations des droits humains.

A présent, le simulacre est terminé. La police britannique a envahi le territoire diplomatique de l’Équateur – invité par l’Équateur après avoir jeté par dessus bord le statut d’asile d’Assange – pour le mettre en prison. Deux États vassaux ont coopéré pour obéir aux ordres de l’empire américain. L’arrestation n’avait pas pour but d’aider deux femmes en Suède ou de réprimer une infraction mineure à la liberté sous caution.

Non, les autorités britanniques ont agi en vertu d’un mandat d’extradition des États-Unis. Et les accusations que les autorités américaines ont concoctées ont trait aux premiers travaux de Wikileaks révélant les crimes de guerre commis par l’armée US en Irak – les choses dont nous avons tous convenu un jour étaient dans l’intérêt public, et que les médias britanniques et américains ont réclamé à cor et à cri de publier eux-mêmes.

Pourtant, les médias et la classe politique ferment les yeux. Où est l’indignation devant les mensonges qu’on nous sert depuis sept ans ? Où est la contrition d’avoir été dupé si longtemps ? Où est la fureur contre la liberté de la presse la plus élémentaire – le droit de publier – piétinée pour faire taire Assange ? Où est la volonté de prendre enfin la parole pour défendre Assange ?

Il n’y a rien. Il n’y aura pas d’indignation à la BBC, ni au Guardian, ni à CNN. Rien de plus que des reportages – curieux, impassibles, voire gentiment moqueurs du sort d’Assange.

Et c’est parce que ces journalistes, ces politiciens et ces experts n’ont jamais vraiment cru ce qu’ils disaient. Ils savaient depuis le début que les Etats-Unis voulaient faire taire Assange et écraser Wikileaks. Ils le savaient depuis le début et ils s’en moquaient. En fait, ils ont conspiré volontiers pour ouvrir la voie à l’enlèvement d’Assange aujourd’hui.

Ils l’ont fait parce qu’ils ne sont pas là pour défendre la vérité, ni pour défendre les gens ordinaires, ni pour protéger une presse libre, ni même pour faire respecter le droit. Ils se fichent de tout ça. Ils sont là pour protéger leur carrière et le système qui les récompense avec de l’argent et de l’influence. Ils ne veulent pas d’un arriviste comme Assange qui donne des coups de pied dans leur fourmilière.

Maintenant, ils vont nous submerger avec une nouvelle vague de mensonges et de distractions à propos d’Assange pour nous maintenir anesthésiés, pour nous empêcher d’être en colère alors que nos droits sont réduits à néant, et pour nous empêcher de réaliser que les droits d’Assange et les nôtres sont indivisibles.

Nous résisterons ensemble, ou nous tomberons ensemble.

Jonathan Cook

Pour faire un don à Jonathan Cook (qui n’est pas payé pour écrire…)
https://www.jonathan-cook.net/supporting-jonathan/

Source: Le Grand Soir


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L’arrestation d’Assange est scandaleuse

Posté par onsbouge le 19 avril 2019

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L’arrestation d’Assange est scandaleuse

15 Avr 2019

L’arrestation d’Assange est scandaleuse dans - DROITS Noam_Chomsky_Toronto_2011-640x427

L’arrestation d’Assange est scandaleuse à plusieurs égards. L’un d’entre eux est l’effort déployé par des gouvernements – non seulement le gouvernement des États-Unis. Les Britanniques coopèrent. L’Équateur, bien sûr, coopère actuellement. La Suède, auparavant, avait coopéré. Les efforts pour faire taire un journaliste qui publiait des documents que les gens au pouvoir ne voulaient pas que la foule de gueux connaissent. C’est essentiellement ce qui s’est passé. WikiLeaks publiait des choses que les gens devraient savoir sur ceux qui sont au pouvoir. Les gens au pouvoir n’aiment pas ça, il faut donc le faire taire. C’est le genre de chose, le genre de scandale qui se produit, malheureusement, encore et encore.

Pour prendre un autre exemple, juste à côté de l’Équateur, au Brésil, où les événements qui se sont produits sont extrêmement importants. C’est le pays le plus important d’Amérique latine, l’un des plus importants au monde. Sous le gouvernement Lula, au début de ce millénaire, le Brésil était le pays le plus respecté, peut-être le plus respecté au monde. C’était la voix du Sud sous la direction de Lula da Silva. Remarquez ce qui s’est passé. Il y a eu un coup d’État, un coup d’État soft, pour éliminer les effets jugés néfastes du Parti des travailleurs. Ces effets sont décrites par la Banque mondiale – pas par moi, la Banque mondiale – comme la « décennie d’or » de l’histoire du Brésil, avec une réduction radicale de la pauvreté, une extension massive de l’inclusion des populations marginalisées, une grande partie de la population – afro-brésilienne, autochtone – qui a été intégrée dans la société, un sentiment de dignité et d’espoir pour la population. Ce qui était intolérable.

Après le départ de Lula, il y eut un autre « coup d’État » soft – je n’entrerai pas dans les détails, mais la dernière mesure, en septembre dernier, a été de prendre Lula da Silva, le personnage principal, le plus populaire du Brésil, qui allait presque certainement gagner les élections, pour le mettre en prison, à l’isolement, essentiellement une peine capitale, 25 ans de prison, interdit de lire la presse et des livres et, surtout, de faire une déclaration publique – contrairement à des tueurs dans le couloir de la mort. Ceci dans le but de faire taire la personne qui était susceptible de gagner l’élection. C’est le prisonnier politique le plus important du monde. Vous en avez entendu parler ?

Eh bien, Assange est un cas similaire : Il faut faire taire cette voix. Examinons l’histoire. Certains d’entre vous se rappelleront peut-être quand le gouvernement fasciste de Mussolini a mis Antonio Gramsci en prison. Le procureur a dit : « Nous devons faire taire cette voix pendant 20 ans. Je ne peux pas le laisser parler. » C’est Assange. C’est Lula. Il y a d’autres cas. C’est un scandale.

L’autre scandale, c’est la portée extraterritoriale des États-Unis, ce qui est choquant. Pourquoi les États-Unis auraient-ils le droit de contrôler ce que d’autres font ailleurs dans le monde ? Aucun autre État ne pourrait le faire. C’est une situation bizarre. Et ça n’arrête pas. On ne le remarque même plus. Du moins, il n’y a aucun commentaire à ce sujet.
[…]
Source: Le Le Grand Soir


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L’arrestation d’Assange est une mise en garde de l’histoire. Par John Pilger

Posté par onsbouge le 17 avril 2019

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Paru sur LES CRISES

L’arrestation d’Assange est une mise en garde de l’histoire. Par John Pilger

Politique  17.avril.2019 // Les Crises

Source : Le Grand Soir, John Pilger, 12-04-2019

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Dessin de Nathaniel St. Clair

L’image de Julian Assange traîné hors de l’ambassade de l’Equateur à Londres est emblématique de notre époque. La force contre le droit. La brutalité contre la loi. L’indécence contre le courage. Six policiers malmenant un journaliste malade, ses yeux plissés contre sa première lumière naturelle depuis près de sept ans.

Que ce scandale se soit produit au cœur de Londres, dans le pays de la Magna Carta, devrait faire honte et mettre en colère tous ceux qui se soucient pour les sociétés “démocratiques”. Assange est un réfugié politique protégé par le droit international, le bénéficiaire de l’asile en vertu d’un pacte strict dont la Grande-Bretagne est signataire.

L’Organisation des Nations Unies l’a clairement indiqué dans la décision juridique de son Groupe de travail sur les détentions arbitraires.

Mais au diable tout ça. Laissez entrer les voyous. Dirigée par les quasi-fascistes de l’administration Trump, en collaboration avec l’Équatorien Lenin Moreno, un Judas latino-américain et menteur qui cherche à camoufler l’état moribond de son régime, l’élite britannique a abandonné son dernier mythe impérial : celui d’équité et de justice.

Imaginez Tony Blair traîné hors de sa maison géorgienne de plusieurs millions de livres à Connaught Square, Londres, menotté, pour être ensuite expédié à La Haye. Selon l’exemple de Nuremberg, le “crime suprême” de Blair est la mort d’un million d’Irakiens. Le crime d’Assange est le journalisme : demander des comptes aux rapaces, dénoncer leurs mensonges et donner aux gens du monde entier les moyens d’agir avec la vérité.

L’arrestation choquante d’Assange est un avertissement pour tous ceux qui, comme l’écrivait Oscar Wilde, “sèment les graines du mécontentement [sans lesquels] il n’y aurait pas de progrès vers la civilisation“. L’avertissement est explicite à l’égard des journalistes. Ce qui est arrivé au fondateur et rédacteur en chef de WikiLeaks peut vous arriver dans un journal, ou à vous dans un studio de télévision, ou vous à la radio, ou vous qui diffusez un podcast.

Le principal bourreau médiatique d’Assange, The Guardian, collaborateur de l’État secret, a montré sa nervosité cette semaine avec un éditorial qui a atteint de nouveaux sommets en termes d’hypocrisie. The Guardian a exploité le travail d’Assange et de WikiLeaks dans ce que son précédent éditeur appelait “le plus grand scoop des 30 dernières années“. Le journal s’inspira des révélations de WikiLeaks et s’attira louanges et fortune.

Sans verser un sou pour Julian Assange ou WikiLeaks, un livre largement promu du Guardian donna lieu à un film hollywoodien lucratif. Les auteurs du livre, Luke Harding et David Leigh, se retournèrent contre leur source, le maltraitèrent et divulguèrent le mot de passe qu’Assange avait confié au journal en toute confidentialité, conçu pour protéger un fichier numérique contenant des câbles des ambassades des États-Unis.

Alors qu’Assange était piégé à l’ambassade de l’Équateur, Harding se joignit à la police à l’extérieur et se réjouit sur son blog que “Scotland Yard aura le dernier mot”. The Guardian a depuis publié une série de mensonges à propos d’Assange, notamment une affirmation discréditée selon laquelle un groupe de Russes et l’homme de Trump, Paul Manafort, avaient rendu visite à Assange à l’ambassade.

Ces réunions n’ont jamais eu lieu ; c’était faux.

Mais le ton a maintenant changé. “L’affaire Assange est une toile moralement enchevêtrée“, estime le journal. « Il (Assange) croit en la publication de choses qui ne devraient pas être publiées… Mais il a toujours fait la lumière sur des choses qui n’auraient jamais dû être cachées. »

Ces “choses” sont la vérité sur la façon meurtrière dont l’Amérique mène ses guerres coloniales, les mensonges du Foreign Office britannique dans son déni des droits des personnes vulnérables, comme les habitants des îles Chagos, la dénonciation d’Hillary Clinton comme une partisane et bénéficiaire du jihadisme au Moyen-Orient, la description détaillée par des ambassadeurs américains sur la façon dont les gouvernements en Syrie et au Venezuela pourraient être renversés, et beaucoup plus. Tout cela est disponible sur le site de WikiLeaks.

The Gardien est nerveux, et on le comprend. La police secrète a déjà rendu visite au journal et exigé et obtenu la destruction rituelle d’un disque dur. Sur ce point, le journal n’en est pas à sa première. En 1983, une commis du Foreign Office, Sarah Tisdall, a divulgué des documents du gouvernement britannique indiquant quand les armes nucléaires américaines de croisière arriveraient en Europe. Le Gardien fut couvert d’éloges.

Lorsqu’un tribunal a exigé de connaître la source, au lieu de laisser le rédacteur en chef aller en prison sur la base d’un principe fondamental de protection des sources, Tisdall fut trahie, poursuivie et condamnée à six mois de prison.

Si Assange est extradé vers les Etats-Unis pour avoir publié ce que The Guardian appelle des “choses” véridiques, qu’est-ce qui empêchera la rédactrice en chef actuelle, Katherine Viner, de le suivre ou l’ancien rédacteur en chef, Alan Rusbridger, ou le propagandiste prolifique Luke Harding ?

Qu’est-ce qui empêchera les rédacteurs en chef du New York Times et du Washington Post, qui ont également publié des bouts de vérité provenant de WikiLeaks, et le rédacteur en chef de El Pais en Espagne, de Der Spiegel en Allemagne et du Sydney Morning Herald en Australie. La liste est longue.

David McCraw, avocat principal du New York Times, a écrit : « Je pense que la poursuite [d’Assange] constituerait un très, très mauvais précédent pour les éditeurs… d’après ce que je sais, il est en quelque sorte dans la position classique d’un éditeur et la loi aurait beaucoup de mal à distinguer le New York Times de WilLeaks. »

Même si les journalistes qui ont publié les fuites de WikiLeaks ne sont pas convoqués par un grand jury américain, l’intimidation de Julian Assange et Chelsea Manning suffira. Le vrai journalisme est criminalisé par des voyous, au vu et au su de tous. La dissidence est devenue une indulgence.

En Australie, l’actuel gouvernement pro-américain poursuit deux dénonciateurs qui ont révélé que les espions de Canberra avaient mis sur écoute les réunions du cabinet du nouveau gouvernement du Timor oriental dans le but de priver ce petit pays pauvre de sa part des ressources en pétrole et en gaz de la mer du Timor. Leur procès se déroulera en secret. Le Premier ministre australien, Scott Morrison, est tristement célèbre pour son rôle dans la mise en place de camps de concentration pour les réfugiés dans les îles de Nauru et Manus, dans le Pacifique, où les enfants s’auto-mutilent et se suicident. En 2014, Morrison a proposé des camps de détention de masse pour 30 000 personnes.

Le vrai journalisme est l’ennemi de ces scandales. Il y a dix ans, le ministère de la Défense de Londres a publié un document secret qui décrivait les “principales menaces” à l’ordre public, au nombre de trois : les terroristes, les espions russes et les journalistes d’investigation. Ces sont ces derniers qui étaient désignés comme la principale menace.

Le document fut dûment divulgué à WikiLeaks, qui l’a publié. “Nous n’avions pas le choix“, m’a dit Assange. “C’est très simple. Les gens ont le droit de savoir et le droit de remettre en question et de contester le pouvoir. C’est ça la vraie démocratie.”

Et si Assange et Manning et les autres dans leur sillage – s’il y en a d’autres – étaient réduits au silence et “le droit de savoir, de questionner et de contester” était retiré ?

Dans les années 1970, j’ai rencontré Leni Reifenstahl, amie proche d’Adolf Hitler, dont les films ont contribué à jeter le sort nazi sur l’Allemagne.

Elle m’a dit que le message de ses films, la propagande, ne dépendait pas “d’ordres venus d’en haut” mais de ce qu’elle appelait le “vide apathique” du public.

“Ce vide apathique s’étendait-il à la bourgeoisie libérale et éduquée ?” lui ai-je demandé.

“Bien sûr, répondit-elle, surtout l’intelligentsia… Quand les gens ne posent plus de questions sérieuses, ils sont soumis et malléables. Tout peut arriver.”

Et arriva.

Le reste, aurait-t-elle pu ajouter, c’est de l’histoire.

John Pilger
Source :Le Grand Soir, John Pilger, 12-04-2019


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