Netanyahou à Paris : l’information très sélective du service public par Pauline Perrenot

Posté par onsbouge le 18 juin 2018

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LES CRISES

18.juin.2018 // Les Crises

Netanyahou à Paris : l’information très sélective du service public par Pauline Perrenot

Netanyahou à Paris : l’information très sélective du service public par Pauline Perrenot dans - ECLAIRAGE - REFLEXION tags ,

Source : ACRIMED, Pauline Perrenot, 08-06-2018

Partielle ou marginale, parfois tout simplement inexistante, la couverture de la venue à Paris de Benjamin Netanyahou le 5 juin fut surtout étrangement sélective dans les journaux télévisés de France 2 et de France 3, comme dans les bulletins d’information de France Inter [1]le jour même. Quand elle ne fut pas, dans certains cas, biaisée par des partis-pris flagrants.

Alors que des massacres de Palestiniens ont été perpétrés par l’armée israélienne depuis fin mars [2] – on dénombre désormais plus de 120 morts – Benjamin Netanyahou était reçu par Emmanuel Macron à Paris mardi 5 juin. Cette rencontre a suscité de nombreuses critiques, dont l’indignation de trois syndicats de journalistes (SNJ, SNJ-CGT et CFDT Journalistes).

Les raisons de cette venue ? Faire valoir son point de vue diplomatique sur l’Iran (dans le cadre d’une « tournée » européenne et après une visite à Berlin), mais également lancer officiellement la saison culturelle France-Israël 2018 – un partenariat institutionnel – en inaugurant aux côtés du président français une exposition au Grand Palais dédiée aux innovations technologiques et scientifiques israéliennes [3].

Des appels à manifester dans toutes les grandes villes de France ont été lancés par plusieurs associations palestiniennes ou de solidarité avec la Palestine, réclamant l’annulation de la venue de Netanyahou et de la saison croisée France-Israël. Des rassemblements se sont effectivement tenus, comme en témoigne la couverture de plusieurs médias nationaux, régionaux ou locaux : on peut se référer, entre autres exemples, à L’Humanité pour la protestation de Paris, LyonMag pour celle de Lyon, et Ouest France, pour celles de Vannes et Quimper.

France Inter : la différence

Sur ces trois informations, seule la première, c’est-à-dire la tenue de discussions sur l’Iran, a été traitée dans les bulletins d’information de France Inter tout au long de la journée du 5 juin. Sur les quatorze journaux ou flash info diffusés [4], les auditeurs de la chaîne de service public n’auront eu connaissance ni de la « saison culturelle » inaugurée au Grand Palais, ni des appels à manifester, pas plus que des rassemblements de contestation et des conditions dans lesquels ils se sont tenus. Une information pour le moins incomplète, si ce n’est biaisée, qui choisit de taire les aspects les plus polémiques de cette séquence diplomatique : d’une part, le lancement en grande pompe d’un évènement culturel franco-israélien quelques jours après les terribles massacres de Gaza [5], et d’autre part, les protestations de militants – dont certains proches ou s’inspirant du mouvement BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) – que suscite désormais systématiquement tout partenariat institutionnel avec l’État israélien.

Oubli volontaire ? Ce ne sont pourtant pas les occasions qui ont manqué, puisque sur ces mêmes quatorze journaux, la venue de Netanyahou a été traitée pas moins de dix fois par la rédaction de France Inter. Ce n’est pas non plus faute de sources disponibles, puisque l’AFP et l’agence Reuters, ont mentionné l’inauguration de l’exposition du Grand Palais dans le cadre de la « saison croisée », comme les appels à manifester [6].

L’omission journalistique, qui est aussi un parti pris, s’aggrave encore lorsque l’on écoute le journal de 8h du lendemain, le 6 juin. Dans cette édition en effet, deux minutes sur seize reviennent sur la visite de Netanyahou à Paris, introduite en ces termes par Nicolas Demorand : « Un peu de culture et beaucoup de diplomatie au menu de la visite de Benjamin Netanyahou en France. » Marc Fauvelle, à qui il donne la réplique, enchaîne sur un sujet réussissant l’exploit de passer à nouveau sous silence les manifestations organisées la veille partout en France [7], centrant plutôt le sujet sur les actions BDS en versant dans l’amalgame le plus crasse : assimiler, à la faveur d’une construction pour le moins douteuse, la critique d’Israël à de l’antisémitisme.

Marc Fauvelle : Hier soir le Premier ministre israélien et Emmanuel Macron ont donné le coup d’envoi de la saison croisée France-Israël, manifestation culturelle censée marquer l’entente entre les deux pays. Mais d’entente hier soir il n’y eut pas vraiment : les deux hommes ont constaté leur désaccord sur la question du nucléaire iranien. Et alors que Benyamin Netanyahou est à Paris, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme s’inquiète d’une campagne de boycott menée en ce moment en France. Boycott des produits israéliens comme les dattes par exemple, retirées des rayons de certains supermarchés par des activistes, qui filment la scène et la diffusent ensuite sur Internet.

Pour prolonger et illustrer cette présentation factuellement confuse, partielle et partiale, France Inter choisit de se référer et de donner la parole aux représentants de deux institutions connues pour leur alignement sur la droite et l’extrême droite israéliennes, et pour leurs attaques outrancières contre les mouvements de solidarité avec les Palestiniens : le Président du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme, Sammy Ghozlan, qui affirmait en 2011 que « l’incitation à la solidarité palestinienne conduit à la haine d’Israël et pousse à l’acte anti-juif » [8], et le président du conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Francis Kalifat, qui en appelle aux pouvoirs publics pour que soient réprimés les activistes du mouvement BDS (« Ils doivent être arrêtés, sanctionnés et le mouvement interdit. ») [9]. Et ce ne sont pas les quelques secondes d’interview d’Imen Habib, animatrice de la campagne BDS France, préalablement disqualifiée par le cadrage du sujet choisi par la rédaction de France Inter, qui permettront aux auditeurs de saisir ce qui se jouait autour de la venue à Paris du Premier ministre israélien [10].

Et dans les JT du service public ?

Si les auditeurs de France Inter, épris de service public, ont également regardé les JT de France 2 ou France 3 sur la tranche 12h-13h le mardi 5 juin [11], ils n’en auront pas appris davantage : les deux rédactions n’ont pas même mentionné la venue de Netanyahou à Paris. Leur conception de la hiérarchie de l’information leur a plutôt commandé des sujets sur les inondations, qui ont occupé un tiers du temps total du journal dans le cas de France 2 et un cinquième pour France 3 [12].

Les livraisons nocturnes n’ont pas été plus brillantes : entre le 20h de France 2, le 19/20 de France 3 et le « Grand Soir 3 » de la même chaîne, aucune édition n’a ne serait-ce que mentionné l’inauguration de l’exposition, la « saison culturelle » ou encore les rassemblements de protestation. Et si le 19/20 de France 3 ne dit mot de la rencontre entre Benjamin Netanyahou et Emmanuel Macron, les deux autres journaux observés lui consacrent tout de même du temps d’antenne ; mais une nouvelle fois sous le seul prisme de la question iranienne, amputant ainsi une grande partie de l’information, au mépris du droit du public à être informé.

***D’ordinaire suivistes de la communication et de l’agenda gouvernementaux, les médias dominants ont une nouvelle fois calqué leur discours sur celui de l’État, ayant préféré mettre en avant le rendez-vous diplomatique sur la question iranienne plutôt que la « saison France-Israël » (et ses partenariats culturels notamment) et les manifestations qu’elle a suscitées [13]. Un suivisme que l’on peut supposer accru sur les questions relatives à Israël et à la Palestine, jugées d’ordinaire « épineuses » par les grands médias et qui pâtissent de biais systématiques conduisant à mal-informer [14].

Pour autant, et que l’on fasse l’hypothèse d’une auto-censure ou d’un suivisme assumé, les mouvements de protestation ont reçu un écho médiatique qui, quoique timoré et partiel, les ont rendus visibles. Ce constat rend d’autant plus problématique le silence de France Inter (et des JT du service public) sur le même sujet. Une radio qui, non contente d’avoir totalement invisibilisé des dizaines de manifestations en France – et leurs mots d’ordre – le 5 juin, a réussi le lendemain à disqualifier les mouvements politiques de solidarité avec la Palestine au gré d’amalgames fumeux.

Pauline Perrenot

Source : ACRIMED, Pauline Perrenot, 08-06-2018

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Diffamation : Michel Collon fait mettre en examen les dirigeants du journal Le Monde

Posté par onsbouge le 12 juin 2018

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CAPJPO – EuroPalestine

Las de subir diffamation et calomnies en tout genre, le journaliste et éditeur belge anti-colonialiste Michel Collon –qui dirige le site investigaction.net- annonce sur youtube la mise en examen du directeur du groupe Le Monde, Louis Dreyfus, ainsi que celle d’un collaborateur de ce journal, Samuel Blumenfeld.

Diffamation : Michel Collon fait mettre en examen les dirigeants du journal Le Monde dans - DROIT collon-640x360-076d9

Le Monde (lemonde.fr en version numérique) a en effet inventé récemment un « outil de décodage », nommé Decodex, qui a la prétention de prescrire aux internautes ce qu’ils pourraient lire en confiance et ce qu’ils devraient rejeter !

Alors qu’il réserve généralement de bonnes notes aux medias dits « mainstream » (Le Monde en tête, évidemment), Decodex n’a pas hésité à flinguer le site Fakir de François Ruffin, et à décerner carrément un carton rouge à celui de Michel Collon.

Michel Collon, qui a fait condamner récemment un calomniateur suisse l’ayant traité d’antisémite, annonce également le dépôt de plaintes contre France Télévisions et le nommé Rudy Reichstadt, un individu bien en cour, faisant partie de la même bande que Caroline Fourest , BHL, et autres membres du lobby pro-israélien.

Rudy Reichsdat, régulièrement invité sur les plateaux de télévision, s’est créé son propre job de pourfendeur du « complotisme », un terme servant à dénigrer, en attendant de réprimer, toute personne émettant des doutes sur la version « officielle » d’un événement donné.

Reichstadt –et avec lui, les nombreux médias qui ont relayé ses « travaux »- s’est cependant récemment pris les pieds dans le tapis, en publiant les résultats d’une « enquête » où il affirmait qu’il y avait beaucoup de gens qui « croyaient » à une fausse théorie … dont les individus sondés n’avaient pourtant jamais entendu parler !

Michel Collon, pour sa part, a été particulièrement visé pour avoir critiqué l’attaque occidentale sur la Libye en 2011, en pointant le rôle de bandes d’al Qaeda qui avait précédé l’intervention des bombardiers de l’OTAN (France, Etats-Unis, Royaume-Uni, etc) pour renverser le régime du colonel Kadhafi et « offrir la démocratie » à ce pays.

Ses détracteurs se font plus discrets sur le sujet, maintenant qu’en fait de démocratie, la Libye a été plongée dans un chaos infernal de guerre civile, terrorisme, lynchage des Noirs et rétablissement de l’esclavagisme !

Face aux attaques multi-formes, qui sont détaillées dans sa vidéo, Collon et son équipe confirment leur détermination à résister, et en appellent enfin à la solidarité financière.

https://www.youtube.com/watch?v=LzpJqfvfH5M&t=0s

CAPJPO-EuroPalestine


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La loi dite « secret des affaires » : extension du domaine de la répression, restriction du champ des investigations, par Acrimed

Posté par onsbouge le 11 juin 2018

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LES CRISES

Médias

11.juin.2018 // Les Crises

La loi dite « secret des affaires » : extension du domaine de la répression, restriction du champ des investigations, par Acrimed

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Source : ACRIMED, Denis Souchon, 31-05-2018

Le 18 avril nous avons publié une pétition [1] lancée par le collectif « Stop secret d’affaires », adressée aux parlementaires et visant à amender la proposition de loi, dite de « protection des savoir-faire et des informations commerciales » qui, en l’état, est lourde de menaces :

« (…) Sous couvert de protéger les entreprises, [la loi « secret des affaires »] verrouille l’information sur les pratiques des firmes et les produits commercialisés par les entreprises. Des scandales comme celui du Mediator ou du bisphénol A, ou des affaires comme les Panama Papers ou LuxLeaks, pourraient ne plus être portés à la connaissance des citoyens.

En gravant dans le marbre la menace systématique de longs et coûteux procès, cette loi est une arme de dissuasion massive tournée vers les journalistes, les syndicats, les scientifiques, les ONGs et les lanceurs d’alertes. »

Autant de raisons de consacrer à l’examen des effets probables de cette loi (qui n’est pas encore promulguée) sur l’activité journalistique le prochain Jeudi d’Acrimed qui se tiendra le 7 juin, avec Olivier Petitjean (journaliste à Basta, en charge de l’Observatoire des multinationales) et Laura Rousseau (de l’association Sherpa) [2].

L’émergence des poursuites-bâillons

Cette proposition de loi, aussi potentiellement délétère soit-elle pour la liberté d’informer, ne saurait surprendre. Elle s’inscrit en effet dans une tendance durable de la part des détenteurs du pouvoir économique à mobiliser les ressources du droit pour dissuader les enquêtes portant sur la façon dont ils mènent leurs affaires et soustraire ainsi à l’attention du public des informations d’intérêt général. Voici quatre exemples qui illustrent cette tendance.

– Le 9 mai 2018 Bastamag titre « Bolloré perd définitivement son premier procès en diffamation intenté à Bastamag ». Ce premier procès portait sur un article publié le 12 octobre 2012, c’est à dire il y a plus de 5 ans. Yvan Du Roy note : « Cette première procédure, qui aura duré cinq ans depuis notre mise en examen, a coûté plus de 13 000 euros à notre modeste budget. C’est, en temps de travail rémunéré, l’équivalent d’une dizaine d’articles comme celui que nous avons publié et sur lequel la justice nous a donné raison. Dix articles que nous n’aurons pas écrits, autant d’informations pour « un débat d’intérêt général » qui n’auront pas été publiées, autant d’injustices qui n’auront pas été mises en lumière. »

– Le 5 février 2018 nous écrivions : « Challenges condamné pour infraction au secret des affaires – L’hebdomadaire économique Challenges a été condamné mi-janvier par le tribunal de commerce pour avoir révélé dans un article qu’un administrateur judiciaire avait été nommé dans une grande entreprise. D’après le Canard enchaîné du 31 janvier, Challenges a dû retirer l’information de son site et ne peut plus rien publier sur le sujet « sous astreinte de 10 000 euros par infraction constatée ». L’hebdomadaire satirique s’interroge sur le bien-fondé de cette condamnation : « Certes, les procédures de conciliation et de mandat ad hoc revêtent un caractère confidentiel… pour les parties prenantes ! En quoi cela engage-t-il un journal ? La divulgation de cette information contribue à “l’information du public sur une question d’intérêt général”, a plaidé Challenges, rappelant que les difficultés financières de la société avaient déjà fait l’objet de nombreux articles. Où débute et où s’arrête le secret des affaires ? » Challenges a fait appel de cette condamnation. »

– Le 26 avril 2017 nous retracions les étapes du « traitement » que le groupe Bolloré réserve au journaliste de France Inter Benoît Collombat (3 plaintes en diffamation) depuis plus de 8 ans et relevions que « parmi les passages poursuivis par Bolloré dans sa dernière plainte [3], figure celui-ci :

« Plus efficace encore que le harcèlement judiciaire, l’arme fatale de Bolloré reste incontestablement l’argent. Ainsi, selon le Canard enchaîné, l’homme d’affaires a récemment fait supprimer d’importants budgets publicitaires de l’agence Havas au journal Le Monde, à la suite de deux articles qui lui ont profondément déplu. Le premier présente Bolloré comme « le plus grand prédateur de la place de Paris ». L’autre article concerne l’implantation de Bolloré en Côte d’Ivoire, notamment les conditions dans lesquelles il a décroché la concession du deuxième terminal à conteneurs du port d’Abidjan. Au total, il s’agit d’une perte de plus de sept millions d’euros sur deux ans pour le quotidien détenu par les hommes d’affaires Pierre Bergé, Xavier Niel et Mathieu Pigasse. »

– Le 22 janvier 2016, dans un article titré « Tentative de bâillonner la critique des sondages : un observatoire menacé » nous avons relaté « les étapes du marathon judiciaire imposé par Christian Latouche et Fiducial à l’Observatoire des sondages et à Alain Garrigou [4]. »

Nous citions alors un texte de mars 2013 dans lequel Alain Garrigou analysait ainsi la multiplication des poursuites-bâillons : « Cette stratégie consiste, pour des citoyens riches, ou des entreprises, à attaquer leurs critiques sur le terrain judiciaire. Rejouant la partie du pot de fer contre le pot de terre, ils tentent ainsi d’imposer à leurs adversaires des frais judiciaires démesurés. Quant à eux, ils ne risquent pas grand-chose, puisque leur fortune leur permet de perdre en justice. Ils soulignent le danger de s’en prendre à eux, même avec de bonnes raisons. »

Vers une pérennisation des poursuites-bâillons ?

Pour comprendre en quoi la la loi dite « secret des affaires » représente une évolution dans les « poursuites-bâillons » en France il nous paraît de bonne méthode d’exposer un cas pratique [5] : si le texte adopté par l’Assemblée nationale le 28 mars 2018 avait été en vigueur en 2014, lors de la publication des LuxLeaks, ces documents révélant les pratiques d’évitement fiscal mises en œuvre au Luxembourg par de nombreuses multinationales, ils seraient tombés sous le coup de la loi !

En effet, voilà comment l’article L. 151-1 du code de commerce définit les informations relevant du secret des affaires :

« Est protégée au titre du secret des affaires toute information présentant l’ensemble des caractéristiques suivantes :

.

1° Elle n’est pas, en elle-même ou dans la configuration et l’assemblage exacts de ses éléments, généralement connue ou aisément accessible à une personne agissant dans un secteur ou un domaine d’activité s’occupant habituellement de cette catégorie d’informations ;

.

2° Elle revêt une valeur commerciale, effective ou potentielle, parce qu’elle est secrète ;

.

3° Elle fait l’objet de la part de son détenteur légitime de mesures de protection raisonnables, compte tenu des circonstances, pour en conserver le secret, notamment en mentionnant explicitement que l’information est confidentielle ».

Or il s’avère que les documents obtenus par des lanceurs d’alertes dans l’affaire des LuxLeaks, soit le contenu de plusieurs centaines d’accords fiscaux conclus par des cabinets d’audit avec l’administration fiscale luxembourgeoise pour le compte de nombreux clients internationaux et révélés par les journalistes du Center for Public Integrity contiennent bien des informations :

  • que des gens qui ne veulent pas les voir diffusées dans l’espace public peuvent déclarer comme revêtant une valeur commerciale [6] ;
  • qui ne sont pas aisément accessibles à une personne agissant dans un secteur ou un domaine d’activité s’occupant habituellement de cette catégorie d’informations [7] ;
  • qui ont dû faire l’objet de la part de leurs détenteurs de de mesures de protection raisonnables.

Comme cela s’est produit au Luxembourg [8], dès lors que la proposition de loi entrera en vigueur, les lanceurs d’alerte et les journalistes se verront opposer le secret des affaires lorsqu’ils détiendront et divulgueront des informations répondant à ces trois critères si flous et généraux qu’ils semblent pouvoir recouvrir toute péripétie de la « vie des affaires » dès lors qu’elle n’a pas été rendue publique par une entreprise elle-même – il est d’ailleurs fort probable qu’il appartiendra au juge de préciser au cas par cas quelle information relève du secret des affaires ou pas.

Toutefois, l’article L.151-6 prévoit des exceptions :

« I. – Le secret des affaires n’est pas protégé lorsque l’obtention, l’utilisation ou la divulgation du secret est requise ou autorisée par le droit de l’Union européenne ou le droit national, notamment dans l’exercice des pouvoirs d’enquête, de contrôle, d’autorisation ou de sanction des autorités judiciaires ou administratives.

Il n’est pas non plus protégé lorsque l’obtention, l’utilisation ou la divulgation du secret est intervenue :

.
1° Pour exercer le droit à la liberté d’expression et de communication, y compris le respect de la liberté de la presse, et à la liberté d’information telle qu’établie dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ;

.
2° Pour révéler, dans le but de protéger l’intérêt général et de bonne foi, une activité illégale, une faute ou un comportement répréhensible, y compris lors de l’exercice du droit d’alerte tel que défini par l’article 6 de la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique ;

.
3° Pour la protection d’un intérêt légitime reconnu par le droit de l’Union européenne ou le droit national, notamment pour empêcher ou faire cesser toute menace ou atteinte à l’ordre public, à la sécurité publique, à la santé publique et à l’environnement.

.

II. – Le secret des affaires n’est également pas protégé lorsque :

.
1° L’obtention du secret des affaires est intervenue dans le cadre de l’exercice du droit à l’information et à la consultation des salariés ou de leurs représentants ;

.
2° La divulgation du secret des affaires par des salariés à leurs représentants est intervenue dans le cadre de l’exercice légitime par ces derniers de leurs fonctions, pour autant que cette divulgation ait été nécessaire à cet exercice. »

Ainsi, dans le cas des LuxLeaks les journalistes auraient donc pu se défendre en prouvant que la divulgation des informations protégées a été effectuée dans l’exercice de leur « liberté d’expression et de communication, y compris le respect de la liberté de la presse, et à la liberté d’information telle qu’établie dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ».

Par conséquent, les journalistes ne seront peut-être pas condamnés pour la violation du secret d’affaires mais le seul risque d’être poursuivi a un effet dissuasif en ce qu’il fait peser une pression financière et sociale sur les personnes visées, qui, selon leur statut, pourraient être conduites à abandonner toute velléité de divulguer les informations qu’elles détiennent. Ces pratiques, désormais clairement identifiées comme étant des « poursuites bâillons » sont devenues monnaie courante pour certaines multinationales qui sont de plus en plus imaginatives sur leur supposé fondement.

En ce sens, il est important de prévoir des amendes civiles dissuasives en cas de procédure dilatoire ou abusive de la part des plaignants pour éviter ces pratiques. Or, l’article L. 152-6 du code du commerce plafonne l’amende à « 20 % du montant de la demande de dommages et intérêts »demandés, ou, en l’absence de demande de dommages et intérêts, à 60 000 euros. Une somme évidemment dérisoire s’il s’agit de dissuader des multinationales faisant des milliards d’euros de profits de se servir de la justice pour empêcher la divulgation d’informations gênantes. Plus inquiétant encore, le Sénat a supprimé la sanction civile lors de l’adoption de son texte en première lecture.

***

La loi dite « secret des affaires » : une étape supplémentaire dans un travail de sophistication des outils juridiques permettant à ceux qui ont intérêt à ce que ne soient pas dévoilées au public certaines informations relatives aux activités des entreprises, de restreindre le nombre et le type de thèmes et d’ objets considérés comme légalement « investigables » par des journalistes, chercheurs, ONG, syndicats, etc. [9]. Cette loi agira probablement comme un poison plus ou moins lent selon la solidité financière du média attaqué et la position dans l’espace médiatique des médias et journalistes concernés et sera une arme au service des intérêts privés contre l’intérêt général.
Denis Souchon

Source : ACRIMED, Denis Souchon, 31-05-2018

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Un photographe de l’AFP blessé par balle à Gaza

Posté par onsbouge le 9 juin 2018

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CAPJPO – EuroPalestine

Parmi les nombreux blessés par les tirs israéliens de vendredi contre Gaza, figure un journaliste photographe de l’AFP (Agence France Presse), touché sous le genou alors qu’il se trouvait à 200 mètres environ des snipers embusqués de l’autre côté de la prison à ciel ouvert.

(le terme de « frontière » n’étant pas approprié pour décrire la réalité des lieux, il est scandaleux qu’il continue d’être employé, comme si les murailles, clôtures et réseaux de barbelés séparaient deux Etats chacun doté de souveraineté ! ).

Un photographe de l’AFP blessé par balle à Gaza dans - DISCRIMINATION - SEGREGATION - APARTHEID - RACISME - FASCISME mahmud_hams-124d1 Mahmud Hams, qui travaille pour l’AFP depuis 2000, était pourtant revêtu d’un gilet clairement marqué « Presse ». Mais cela ne l’a pas protégé, au contraire probablement. Hospitalisé à Jabalya, ses jours ne sont heureusement pas en danger. Dans une brève dépêche sur l’événement, l’agence de presse française indique que « l’armée israélienne n’a pas répondu dans l’immédiat aux questions de l’AFP sur les faits ».

Il y a que Mahmoud Hams, s’il travaille pour un média occidental, est en premier lieu un Palestinien aux yeux de l’armée d’occupation.

Agé de 37 ans, marié et père de quatre garçons, Mahmud Hams raconte une partie de son existence de gazaoui dans la revue (en ligne) « Making Of » de l’AFP. Il est le fils d’une famille de réfugiés, dont le village, Yibna avait été rapidement détruit par les Israéliens après la Nakba de 1948. Mahmoud Hams nous apprend, par exemple, qu’en dépit de son statut professionnel de collaborateur de l’AFP, il lui a fallu attendre 25 ans avant d’avoir le droit de visiter Jérusalem, distante de quelques dizaines de kilomètres seulement. Son témoignage, écrit d’une plume sobre et prudente, gagne à être lu.

https://making-of.afp.com/mahmud-hams

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Miracle à Kiev: Arkadi Babtchenko tué de trois balles ressucite ! #fakenews

Posté par onsbouge le 31 mai 2018

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PRCF Initiative Communiste

Miracle à Kiev: Arkadi Babtchenko tué de trois balles ressucite ! #fakenews

Vérité alternative, véritable manipulation l’ est à la manœuvre les grands media français font tourner serveurs et rotatives pour bourrer les cranes et emballer la machine à impulser la guerre contre la . En même temps que cette fausse nouvelle saturait les français, plusieurs milliers de soldats américains équipés de centaines de blindés viennent de débarquer en Italie, et sous couvert de l’OTAN, font actuellement route vers la frontière russe en rejoignant la Pologne.

De fausses nouvelles pour crier haro sur la Russie

Miracle à Kiev: Arkadi Babtchenko tué de trois balles ressucite ! #fakenews dans - ECLAIRAGE - REFLEXION

Mardi 29 mai, haro sur la Russie, la Main de Moscou avait encore frappé. Arkadi Babtchenko journaliste “dissident” (c’est-à-dire idéologiquement proche des neo libéraux russes NdlR) venait d’être assassiné. En cœur, de grands media français reprenaient les communiqués de presse des autorités (neo-nazies NdlR) ukrainiennes. (NdlR: dans cet article nous avons fait le choix de nous intéresser aux articles parus le 29 et le 30 mai sur les sites du Monde et du Figaro, le bénévolat imposant ses limites temporelles nous n’avons pas étudié les sites d’autres grands medias français, notamment des chaines de télé et radio de France Television et Radio France, il est vrai ces derniers étant tout occupés à tenter de salir la campagne présidentielle de Jean Luc Mélenchon et faire la promotion de leur patron, E Macron.)

Ainsi déclarait (le gras est ajouté par la rédaction d’initiative-communiste.fr):

Le journaliste et écrivain russe Arkadi Babtchenko, critique de longue date du régime de Vladimir Poutine, a été assassiné à Kiev, mardi 29 mai dans la soirée. Selon plusieurs sources, dont le site ukrainien Oukrainskaïa Pravda, M. Babtchenko a reçu trois balles dans le dos dans la cage d’escalier de son immeuble, dans le quartier Dniprovski de la capitale ukrainienne. Il a réussi à rentrer dans son appartement, où sa femme l’a trouvé ensanglanté et a prévenu les secours. Il est mort dans l’ambulance qui le conduisait à l’hôpital.

Notons que dès l’entame de l’article, le coupable est habilement désigné en la personne du “régime de Vladimir Poutine”. Puis comme Le Monde est le quotidien de référence, il montre son sérieux en s’appuyant sur “plusieurs sources”. La suite de l’article, toujours aussi rigoureuse précise:

La police ukrainienne a rapidement précisé qu’elle considérait son activité professionnelle comme la principale piste de l’assassinat d’Arkadi Babtchenko.

Ces dernières années, les assassinats se sont multipliés en Ukraine, le plus souvent attribués par les autorités à la Russie. Depuis l’été 2016, des attaques à la voiture piégée ou par balles ont visé et tué des agents des services de sécurité ukrainiens et d’anciens combattants de la guerre du Donbass, notamment tchétchènes.

Nonobstant qu’il est rare que Le Monde fasse mention de la présence de combattants tchétchènes contre le Donbass, on peut constater que l’article du Quotidien vespéral “de référence” insinue encore la culpabilité de la Main du Moscou. Toutefois en dépit de notre statut  bénévole, à la rédaction d’ initiative-communiste.fr nous faisons de notre mieux pour informer toute objectivité, c’est pourquoi avant de passer en revue l’article du Figaro, nous tenons à préciser que dans sa conclusion le journaliste du Monde apporte une nuance qui aurait gagnée à être mise davantage en avant (ce qui aurait changé la tonalité russophobe primaire de l’article):

Et en juillet 2016, le directeur exécutif du site Oukraïnska Pravda, Pavel Cheremet, lui aussi de nationalité russe, est mort dans l’explosion de la voiture qu’il conduisait. Ses collègues ont pointé des lacunes importantes dans la conduite de l’enquête par les services ukrainiens.

Passons à l’article du Figaro, celui-ci est beaucoup plus court et cite son unique source, s’il insiste moins sur les insinuations russophobes la tonalité est identique, et l’article ajoute des détails ce qui rend l’information encore plus crédible.

Un journaliste et écrivain russe, Arkadi Babtchenko, a été tué par balles ce soir à Kiev, a annoncé la police ukrainienne à l’AFP.

“C’était chez lui, dans le quartier Dniprovski de Kiev. Sa femme était dans la salle de bain, elle a entendu un coup sec. Quand elle est sortie, elle a vu son mari ensanglanté”, a indiqué un porte-parole de la police, Iaroslav Trakalo, ajoutant que le journaliste était “mort dans l’ambulance”.

Là encore annonce:

“Arkadi Babtchenko a été tué de trois balles dans le dos dans la cage d’escalier de son immeuble quand il rentrait du magasin”, a quant à lui écrit sur Facebook un de ses collègues, le journaliste Osman Pachaïev. Cela faisait un an que M. Babtchenko animait une émission sur la chaîne de télévision ukrainienne privée ATR, a-t-il précisé. M. Babtchenko, 41 ans, a quitté la Russie après avoir reçu des menaces. Il a d’abord déménagé à Prague, puis à Kiev.”

On notera la source issue d’un réseau social (cela fait plus professionnel puisque de nos jours les notes des services de renseignements s’appuient ce les réseaux sociaux pour guerroyer, sic, une photo floue postée sur facebook pouvant suffire à déterminer le missile abattant un avion de ligne ou à justifier l’envoit de centaines de missiles de croisières en violation des résolutions de l’ONU sur un pays souverain), on remarquera aussi la dernière phrase de l’article qui pointe du doigt la Russie sans le dire explicitement.

Pour faire bonne mesure, un second article parait sur le site du Figaro, intitulé cette fois: “Moscou et Kiev s’accusent mutuellement du meurtre d’un journaliste russe”. On y apprend que :

La Russie a démenti mercredi toute responsabilité dans le meurtre du journaliste Arkadi Babtchenko, tué par balles la veille à Kiev, un meurtre que les autorités ukrainiennes ont rapidement attribué à Moscou. L’assassinat de ce reporter russe respecté, très virulent à l’encontre du Kremlin, et qui s’était réfugié en Ukraine, est le fruit du «régime de Poutine qui vise ceux qu’il ne peut pas casser ou intimider», avait lancé le député Anton Guerachtchenko, conseiller du ministre ukrainien de l’Intérieur. «Je suis sûr que la machine totalitaire russe ne lui a pas pardonné son honnêteté», avait renchéri le chef du gouvernement de Kiev, Volodymyr Groïssman.

La réponse russe est citée ( ce que n’a pas fait le Monde NdlR):

«Nous condamnons fermement ce meurtre et espérons une enquête véritable (…) pour retrouver ceux qui sont derrière cet assassinat», a réagi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, accusant l’Ukraine d’être devenue «un endroit très dangereux» pour les journalistes. «Arkadi Babtchenko a été abattu dans sa cage d’escalier, et déjà le premier ministre ukrainien affirme que les services spéciaux russes sont responsables… C’est très triste», avait déjà commenté le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov. De son côté, le chef du FSB, Alexandre Bortnikov, généralement discret, voit dans cette accusation une «parfaite bêtise et une provocation».

Mais l’insinuation russophobe se fait de manière différente puisque la rédaction du Figaro, l’air de ne pas y toucher fait le lien avec l’affaire Politkovskaïa:

Il avait participé aux deux guerres de Tchétchénie en tant que soldat, avant de devenir journaliste et d’acquérir une notoriété égale à celle d’Anna Politkovskaïa, la reporter de Novaïa Gazeta, assassinée pour sa part, à Moscou, en 2006. Les commanditaires du meurtre de la journaliste, attribué par ses proches au pouvoir tchétchène de Ramzan Kadyrov, n’ont jamais été retrouvés.

L’article précise la personnalité de la “victime” qui a déclaré suite à l’attentat aérien ayant décimé les  artistes des choeurs de l’Armée Rouge:

«Je n’ai aucune compassion ni aucune pitié tout comme ces gens qui continuaient à chanter et à danser pour appuyer le pouvoir et déverser de la merde à travers les écrans de télé…», avait-il écrit. En 2017, il avait quitté la Russie après avoir reçu des menaces de mort, direction Prague, puis Israël et Kiev où il s’était installé. Il y animait une émission pour la chaîne de télévision ATR qui diffuse notamment en langue tarare, cette minorité très présente en Crimée et persécutée par les autorités russes.

On remarquera avec intérêt l’exil dans des capitales notoirement proches des USA...

Enfin l’article se termine par les dénégations d’officiels russes présentées avec distance:

«Les crimes sanglants et l’impunité totale sont devenus le quotidien du régime de Kiev», a écrit le ministre russe des Affaires étrangères sur sa page Facebook. Le président de la Douma, Viatcheslav Volodin a accusé le gouvernement ukrainien de freiner les enquêtes relatives aux assassinats de citoyens russes présents sur son sol. C’est le cas, selon lui du député Denis Boronnenkov, tué en 2017 et qui s’était également réfugié en Ukraine. Le parquet a conclu à un crime passionnel inspiré par les services spéciaux russes.

S’ensuivent un flopée de commentaires haineux (que nous reproduisons en fin d’article afin de faire rire nos lecteurs les plus assidus) envers la Russie et vilipendant les internautes critiques face à cette nouvelle accusation antirusse. Ces derniers étant comme il se doit qualifiés de “complotistes” et de “troll à la solde de Moscou”.

Et puis PATATRA on apprend aujourd’hui par les sites de ces deux mêmes journaux qu’ “Arkadi Babtchenko est apparu vivant, mercredi 30 mai, lors d’une conférence de presse à Kiev, là même où il était censé avoir été tué de trois balles dans le dos.” (Le Monde) , puisque “l’opération a été montée de toutes pièces pour déjouer un assassinat commandité par la Russie, selon Kiev.” (Le Figaro)

 FRANCE? dans - FRANCE - DOM-TOM

Neo nazis du parti ukrainien svoboda

Il s’avère donc que l’Etat voyou ukrainien (neo-nazie NdlR) a monté une manipulation médiatique internationale afin d’accuser la Russie. Il a pour se faire utiliser un soi disant “journaliste” mais vrai agent secret d’origine russe et a bénéficié de la complicité au moins passive de grandes rédactions françaises telles celles du Monde ou du Figaro. Complicité qui s’explique, a minima, par l’habitude de ces rédactions à appeler en permanence à la confrontation contre la Russie, puisque comme revenu au temps de Radio Paris, l’ennemi c’est le russe “fourbe et cruel”.

Après 2000 années d’interruption, on ne sera pas surpris de ce regain subis pour la résurrection puisque avec les Skripal vrais/faux assassinés à l’aide d’un agent neurologique ultra technologique (dont on ne réchappe pas) “higly likely russian” sorties indemnes de leur hôpital anglais, nous en sommes maintenant JC compris à quatre résurrections. Nulles interventions divines cependant pour les trois dernières…

 russie dans - INTERNATIONAL

Ce serait hilarant si ces affaires ne se doublaient des accusations néerlandaises concernant le vol de la Malaysia abattu au dessus de l’Ukraine, accusations basées rappelons le sur les informations du S.B.U ukrainien qui fait partie de l’équipe “d’enquéteur”  à la manœuvre dans ce simulacre d’assassinat/ véritable manipulation ainsi que sur “des infos issues des réseaux sociaux”. Accusations qui comme celles de l’affaire Skripal ont conduit à une véritable guerre économique et à des tensions diplomatiques sans précédant entre l’OTAN et ses alliés et la Russie faisant peser de réelles menaces sur la Paix mondiale. 

Bref, tant va la cruche au  golfe du Tonkin qu’à la fin elle boit la tasse…

Après l’incident du golfe du Tonkin, le charnier de Timisoara, les couveuses de Saddam, les armes de destructions massives de Saddam, le gaz de Bachar, nous avons le vrai/faux fratricides entre neo-nazis à Kiev… puisse cela faire progresser les consciences sur l’intégrité réelle des grands groupes de media occidentaux.

Pour être prosaïques, rappelons que Le Monde par exemple après avoir inventé l’index numérique Decodex se pique en toute objectivité et à l’aide du agence de communication affidée à la macronie de dégonfler les effectifs des manifestations populaires en France… Ce même Decodex et équivalent servent aux multinationales américaines de l’internet à mettre sur liste noir les sites d’informations alternatives aux groupes médiatiques contrôlés par les milliardaires.

Pourtant, après avoir joué le rôle de relais médiatiques d’une énorme manipulation nous n’avons trouvé sur le site du Monde et celui du Figaro aucun mea culpa. Avant de se tresser des couronnes de lauriers et de donner des leçons de journalisme et de démocratie, il est grand tant que la médiocratie balaie devant sa porte. Le peut-elle alors qu’elle est financée quasiment exclusivement par l’argent des grandes fortunes françaises? poser la question c’est-déjà y répondre.

 ukraine dans - MEDIAS-PRESSE

Pour des informations et des analyses réellement indépendantes des puissances d’argent lisez et faites lire initiative-communiste le mensuel et le site internet du Pole de Renaissance communiste en France.

 dans - POLITIQUE

Bonus pour nos fidèles lecteurs, un florilège de commentaires issus des fora du Monde et du Figaro:

Poutine est un assassin sans scrupules. La distillée via les réseaux sociaux, forums … et le noyautage des partis extrémistes gauche ou droite voire de LR n’y change rien. Bon article dans le Point.fr sur les responsabilités dans l’affaire du M17 abattu.

 

Ce sont des faits que rappelle le Monde. Des opposants à Poutine, qui ont une forte tendance à mourir. A l’exclusion d’un possible suicide – de 3 balles dans le dos, ça doit être rare – seuls les services de sécurité russes auraient intérêt à sa mort. En tout cas, ça fait plaisir pour la presse française, que les services de propagande russe lisent le Monde.

 

Nous avons déjà remarqué que certains refusent toutes les preuves avec une mauvaise foi évidente comme dans le cas de l’avion abattu au dessus du Dombass. Salir la mémoire des personnes, instiller le doute fait partie des méthodes habituelles des amis de Poutine. Cette stratégie du mensonge et du refus des évidences ne fait qu renforcer les théories du complot.

 

on attend que les trolls de Poutine nous expliquent qu‘il s’agit d’une manœuvre de la CIA pour discréditer Vlad… ils sont forts à la CIA, à force d’assassiner tous les opposants de Vlad, ils font quand même un peu son boulot…

 

Vous avez peut-être le premier élément de langage. Je me hasarde à en deviner d’autres : le coup fourré des services secrets ukrainiens pour salir le glorieux Volodia juste avant la Coupe du Monde, les méchants Néerlandais qui se caractérisent par leur russophobie virulente alors que le vol MH17 a forcément été descendu par de lâches Ukrainiens, des chiens fous tchétchènes lâchés par Kadyrov (qui aura peut-être une tape sur les doigts), etc. etc.

 

Et allé! On va avoir droit aux messages des trolls russes à peu près francophones avec leurs sempiternelles déclarations sur l’horrible complot occidental contre le pauvre Poutine. Cochez la case qui vous convient :
A- Poutine est une victime
B- Poutine adore les journalistes
C- Poutine n’était pas en Ukraine au moment du meurtre
D- Poutine n’a jamais menacé ses opposants
E- Poutine est le meilleur ami de la démocratie
F- Poutine ne supporte pas la vue du sang
G- Poutine ne regarde pas la télévision et préfère le cinéma de son grand ami ministre de la culture de Mordovie : Gérard Depardieu.
H- Poutine est une victime et s’il n’était pas là, vous les Gaulois au mœurs dégénérées, seriez déjà dans un califat (version internationale de la réponse A)

 

DREF 75 nous assure que les Russes n’y sont pour rien et que tous ces opposants russes sont assassinés pour embarrasser Poutine.
En effet, pour les partisans de Poutine, ce ne peuvent être que des complots qui arrivent le mettre en difficulté, pas ses actes. Nous avons ds partis qui raisonnent comme cela en France et ils soutiennent Poutine.

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Posted by: // 3-INTERNATIONAL, articles // , , , , , , , , // mai 31, 2018


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