RIC : NE VOUS RENDORMEZ PAS !

Posté par onsbouge le 18 décembre 2018

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RIC : NE VOUS RENDORMEZ PAS !

Méfiez-vous.
Surveillez-les.
Restez sur vos gardes.
Parce que votre idée, ils vont vous la détourner, la retourner, la biscorner, l’atténuer, la modérer, la rabougrir, la réduire, et à la fin, si vous ne luttez pas, pied à pied, il ne restera qu’un machin.
C’est une caste.
Elle tient le pouvoir.
Elle y tient.
Elle ne le lâchera pas, même des miettes.
C’est à vous de le prendre.
Gilets jaunes, ne vous rendormez pas !
Restez debout !

François Ruffin
Première diffusée il y a 22 minutes


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Les gilets jaunes et les retraites… vus de Russie

Posté par onsbouge le 18 décembre 2018

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Les gilets jaunes et les retraites… vus de Russie

Les gilets jaunes, le débat et le mouvement social en France et bientôt la retraite … (vue) de Russie, mais chez Tropiques.

à voir sur : http://www.librairie-tropiques.fr/201…

LIB TROPIQUES
Ajoutée le 18 déc. 2018


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La preuve par Le Gendre du mépris de classe du régime Macron

Posté par onsbouge le 18 décembre 2018

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La preuve par Le Gendre du mépris de classe du régime Macron

Cela fait un mois que les travailleurs français sont dans la rue, disant leur dégout pour la morgue du régime Macron, pour son mépris de classe, exigeant le départ de ce régime des riches pour faire place au peuple ? S’appuyant sur la propagande des médias de la classe capitaliste, le régime veut faire croire qu’il entend la colère. Mais chassez le naturel il revient au galop. Comme cette déclaration fracassante du député parisien LREM Gille Le Gendre. Il n’est pas n’importe qui c’est le patron des députés En Marche. Dans les pas du locataire de l’Elysée, lui aussi insulte les travailleurs de France. Ces derniers savent compter et regarder leur fiche de paye, leur compte au 15 du mois et les factures qui arrivent. C’est pourquoi ils comprennent parfaitement pour qui le régime Macron les prend quand il déclare que les problèmes de fin de mois des travailleurs, c’est parce qu’ils ne sont pas assez intelligent pour comprendre la « pensée complexe » de jupiter. Les français ont compris : le régime Macron, c’est à dire le régime capitaliste leur fait les poches, renforçant l’exploitation pour remplir les coffres des milliardaires. Et y ajoutant chaque jour un peu plus de mépris de classe contre le peuple.

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Pôle de Renaissance Communiste en France
Ajoutée le 17 déc. 2018


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Pour la défense de l’Amérique latine et des Caraïbes en tant que Zone de paix

Posté par onsbouge le 18 décembre 2018

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Paru sur
Analyse communiste internationale

Pour la défense de l’Amérique latine et des Caraïbes en tant que Zone de paix

17 Décembre 2018

Le 16e Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique-Traité de commerce des peuples (ALBA-TCP) s’est conclu à La Havane par l’adoption d’accords en faveur du multilatéralisme dans la région pour faire front commun à l’hostilité des États-Unis

Auteur: Granma | internet@granma.cu

17 décembre 2018 15:12:28

 Pour la défense de l'Amérique latine et des Caraïbes en tant que Zone de paix  dans - INTERNATIONAL ob_930c0d_f0015185

Photo: Juvenal Balán

Le 16e Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique-Traité de commerce des peuples (ALBA-TCP) s’est conclu à La Havane par l’adoption d’accords en faveur du multilatéralisme dans la région pour faire front commun à l’hostilité des États-Unis.

Bruno Rodriguez Parrilla, ministre des Relations extérieures de Cuba, a présenté la Déclaration du Sommet qui réaffirme la volonté de poursuivre la promotion d’un nouvel ordre économique international juste, respectant l’autodétermination des peuples, encourageant le multilatéralisme et rejetant les sanctions unilatérales.

DÉCLARATION DU 16e SOMMET

Pour la défense de l’Amérique latine et des Caraïbes en tant que Zone de paix ; les chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de Notre Amérique-Traité de commerce des peuples (ALBA-TCP) se sont réunis à La Havane, à l’occasion du 16e Sommet de l’ALBA-TCP ;

Inspirés par la rencontre fraternelle des Commandants Fidel et Chavez, lors de la première visite de ce dernier à Cuba, le 13 décembre 1994, qui planta la graine de notre coopération :

1. Nous réaffirmons notre volonté de continuer à promouvoir la construction d’un nouvel ordre international, démocratique, juste, inclusif et équitable, dans lequel l’égalité souveraine entre les États et le respect de l’autodétermination des peuples seront effectifs ; un ordre qui encouragera la coopération et le multilatéralisme, tout en rejetant l’interventionnisme et les actions coercitives unilatérales.

2. Nous réitérons notre engagement envers la concertation politique, la coopération et l’intégration, conscients que seule l’unité entre nos peuples permettra aux nations d’Amérique latine et des Caraïbes de mieux faire face aux ingérences et à la domination politique et économique historiquement imposées par les puissances hégémoniques mondiales.

3. Nous réaffirmons la nécessité de renforcer la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) en tant que mécanisme de concertation politique régionale, fondé sur le strict respect et la défense des principes du Droit international, notamment le règlement pacifique des différends, l’interdiction du recours à la force ou de la menace du recours à celle-ci, le respect de l’autodétermination, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, la non-ingérence dans les affaires intérieures de chaque pays.

4. Nous reconnaissons le travail de la République du Salvador en faveur du développement et du renforcement de la CELAC, et nous réaffirmons à l’État plurinational de Bolivie notre soutien dans l’exercice de sa présidence tournante de la CELAC en 2019.
5. Nous insistons sur le fait que les mesures coercitives unilatérales sont contraires à la Charte des Nations Unies et au Droit international, violent les règles du commerce international, menacent la paix et la sécurité internationales et restreignent l’exercice des droits humains des populations des États contre lesquelles elles sont appliquées.

6. Nous soulignons la nécessité pour les organisations internationales, en particulier l’Organisation mondiale du commerce (OMC), d’adopter les mesures nécessaires pour faire face aux violations des normes du commerce international résultant de mesures coercitives unilatérales, et pour les États et leurs organisations de prendre des mesures pour empêcher les effets de l’extraterritorialité qui en découlent.

7. Nous dénonçons le caractère extraterritorial de nombre de ces mesures, qui non seulement affectent les indicateurs socio-économiques des États touchés, mais portent également atteinte aux intérêts économiques et commerciaux de pays tiers.

8. Nous exprimons notre préoccupation face aux agressions et aux actions contre la paix et la sécurité régionales, en particulier les menaces de recours à la force contre la République bolivarienne du Venezuela, qui compromettent la proclamation de l’Amérique latine et les Caraïbes comme Zone de paix, signée par les chefs d’État et de gouvernement lors du 2e Sommet des pays membres de la CELAC, tenu à la Havane les 28 et 29 janvier 2014.

9. Nous soulignons la résistance du gouvernement et du peuple vénézuéliens à l’ingérence extérieure, aux mesures coercitives unilatérales et à la manipulation constante des médias contre leur pays.

10. Nous réitérons notre soutien et notre reconnaissance au gouvernement élu du président Nicolas Maduro Moros, à qui nous souhaitons plein succès dans sa gestion à la tête de la République bolivarienne du Venezuela, à compter de l’investiture du 10 janvier 2019.

11. Nous rejetons les actions d’ingérence du gouvernement des États-Unis, qui utilise une fois de plus l’OEA dans sa politique interventionniste contre la souveraineté, l’autodétermination et l’ordre constitutionnel de la République bolivarienne du Venezuela, de la République du Nicaragua et d’autres pays.

12. Nous ratifions notre soutien inconditionnel au gouvernement et au peuple du Nicaragua dans leur décision de continuer à défendre leur souveraineté, la paix et les progrès notables réalisés en matière sociale, économique, de sécurité et d’unité nationale.

13. Nous réitérons l’appel de la communauté internationale en faveur de la levée inconditionnelle du blocus économique, commercial et financier imposé par les États-Unis à Cuba, qui constitue une violation massive, flagrante et systématique des droits humains du peuple cubain et dont le caractère extraterritorial affecte tous les États. Nous nous félicitons de l’adoption, par l’Assemblée générale des Nations Unies, pour la 27e fois, de la résolution appelant à mettre fin au blocus et ratifiant le rejet écrasant de cette politique.

14. Nous réitérons notre solidarité avec le camarade Lula da Silva, leader emblématique de Notre Amérique, prisonnier politique au Brésil.

15. Nous déplorons les modifications annoncées au Programme Davantage de médecins pour le Brésil, qui imposent des conditions inacceptables et violent les garanties convenues pour la participation des médecins cubains à ce programme. Nous rejetons la remise en question de la dignité, du professionnalisme et de l’altruisme des coopérants cubains.

16. Nous réaffirmons notre soutien résolu au peuple et au gouvernement de Bolivie dans son droit historique et juste à un accès à la mer en toute souveraineté. Nous exhortons la République du Chili et l’État plurinational de Bolivie à reprendre le dialogue et les échanges, dans le cadre de l’arrêt de la Cour internationale de Justice, en vue de la recherche d’une solution à l’enclavement maritime de la Bolivie.

17. Nous rejetons fermement les mesures adoptées à l’encontre de pays frères des Caraïbes, les considérant comme des juridictions non coopératives, et nous demandons instamment une révision des critères de gradation en tant que « pays à revenu intermédiaire », ce qui entrave leur accès au crédit et à la coopération internationale.

18. Nous réaffirmons notre appui sans faille aux pays des Caraïbes dans leur demande d’indemnisation pour le génocide de la population autochtone et les horreurs de l’esclavage et de la traite.

19. Nous réaffirmons notre engagement à lutter contre le changement climatique, conscients que les causes de ce phénomène résident dans les modèles de production et de consommation irrationnels et non durables imposés par le système capitaliste. Les agressions contre notre Terre-Mère ont des répercussions négatives de plus en plus évidentes, ce qui demande la mise en œuvre d’actions d’urgence de la communauté internationale à cet égard.

20. Nous insistons sur la vulnérabilité considérable de nos pays aux effets néfastes du changement climatique et des catastrophes naturelles. L’ALBA-TCP appelle à la pleine application de l’Accord de Paris, en se basant sur le principe des responsabilités communes mais différenciées, pour mettre un frein au réchauffement climatique et œuvrer pour un développement durable en harmonie avec la nature.

21. Nous réaffirmons notre engagement en faveur de la préservation et du renforcement des institutions issues de l’ALBA-TCP, qui bénéficient à nos peuples par la coopération, la complémentarité économique et la concertation.

22. Nous exprimons notre volonté d’étudier la possibilité de mettre en œuvre de nouvelles initiatives au sein de l’ALBA-TCP qui favorisent le bénéfice équitable et complémentaire des économies des pays membres.

23. Nous reconnaissons la nécessité d’un dialogue constant entre les forces politiques progressistes et les mouvements sociaux. L’ALBA-TCP se doit d’être une plateforme qui favorise la rencontre entre les organisations sociales de la région, conscientes que l’unité de nos peuples constitue le bastion de la souveraineté des États d’Amérique latine et des Caraïbes.

24. Nous félicitons le gouvernement et le peuple cubains à l’occasion du 60e anniversaire du triomphe de la Révolution cubaine contre les forces impérialistes des États-Unis et la dictature de Batista.

25. Nous ratifions la pleine validité des propos tenus par le commandant en chef Fidel Castro Ruz, le 18 octobre 1995, au 11e Sommet du Mouvement des pays non alignés, lorsqu’il a déclaré : « Nous ne sommes pas de simples spectateurs. Ce monde est aussi notre monde. Rien ne peut se substituer à notre action unie, nul ne prendra la parole pour nous. Nous sommes les seuls, pourvu que nous soyons unis, à pouvoir repousser l’ordre politique et économique mondial injuste que l’on prétend imposer à nos peuples. »

La Havane, le 14 décembre 2018.
source: http://fr.granma.cu/cuba/2018-12-17/pour-la-defense-de-lamerique-latine-et-des-caraibes-en-tant-que-zone-de-paix

Tag(s) : #ALBA, #paix

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Ahmad Sa’adat : La Palestine sera libérée par le peuple et non par les élites

Posté par onsbouge le 18 décembre 2018

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Paru sur
COUP POUR COUP 31

17 Décembre 2018

Publié par Coup Pour Coup 31

Ahmad Sa’adat : La Palestine sera libérée par le peuple et non par les élites

Ahmad Sa’adat : La Palestine sera libérée par le peuple et non par les élites

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Ahmad Sa’adat, secrétaire général du Front populaire pour la libération de la Palestine est en prison en Israël depuis 2006, après avoir été enlevé en compagnie de plusieurs camarades lors d’un assaut violent des forces israéliennes contre la prison de l’Autorité palestinienne, à Jéricho. Avant l’attaque israélienne, il avait été emprisonné dès 2002 par l’Autorité palestinienne, sous surveillance américaine et britannique. L’emprisonnement d’éminents Palestiniens comme Sa’adat a joué un rôle dans les élections du Conseil législatif palestinien, en 2006, à l’issue desquelles le parti législatif associé au Hamas, le Bloc du changement et de la réforme, l’a emporté. Moins d’une semaine avant la prestation de serment des élus de l’AP, les forces armées israéliennes attaquaient la prison de Jéricho, tuant deux Palestiniens.

Depuis, Sa’adat a été condamné à une peine de 30 ans dans une prison israélienne, même s’il n’a pas été accusé de l’assassinat de Rehavam Ze’evi. Le tristement célèbre ministre du tourisme israélien, d’extrême droite, avait été assassiné par des combattants du FPLP après que, le 29 août 2001, l’armée israélienne avait elle-même assassiné le secrétaire général du FPLP, Abu Ali Mustafa, dans son bureau de Ramallah, en lançant depuis un hélicoptère un missile de fabrication américaine. Plusieurs des camarades de Sa’adat avaient été condamnés à la prison à vie, après le raid.

Les dirigeants israéliens ont montré à de nombreuses reprises qu’ils craignaient l’influence politique de Sa’adat. Celui-ci a été placé en isolement pendant trois ans, un isolement qui a pris fin à l’issue de la grève massive de la faim de Karameh, en 2012. Il écrit et diffuse des déclarations depuis sa prison, grâce au travail imaginatif de ses compagnons de détention et camarades qui s’arrangent pour que les écrits et les analyses des prisonniers palestiniens ne soient pas coupés du monde extérieur.

 

Voici une interview du dirigeant de gauche palestinien emprisonné, Ahmad Sa’adat,secrétaire général du Front populaire pour la libération de la Palestine. Elle a été publiée pour la première fois le 9 novembre 2018 dans le journal italien Il Manifesto.

 

1. Comment évalueriez-vous la situation actuelle en Palestine et l’attitude de l’administration américaine sous Donald Trump ?

 

Tout d’abord, j’aimerais vous remercier pour cette interview. Il est absolument important de communiquer avec les lecteurs italiens et d’expliquer la vision palestinienne de gauche concernant la situation actuelle en Palestine et dans la région. Nous considérons les États-Unis sous l’administration Trump comme une puissance extrêmement dangereuse, non seulement pour le peuple palestinien et pour notre région, mais également pour tous les peuples du monde. On dit souvent que la seule différence entre Trump et les anciennes administrations américaines est que Trump révèle le visage hideux réel du capitalisme et de l’impérialisme en portant l’utilisation du pillage, de l’hégémonie et de l’exploitation à un niveau extrême.

La déclaration de Trump concernant la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l’État israélien et le transfert de l’ambassade des États-Unis de Tel-Avivà Jérusalem est la continuation naturelle de 100 ans de colonisation en Palestine et de la Déclaration Balfour de 1917. Elle fait intégralement partie de la tentative en cours de liquider les droits palestiniens et d’accélérer le nettoyage ethnique de notre peuple, particulièrement à Jérusalem. Les Palestiniens de partout rejettent politiquement la tentative de Trump d’éliminer la cause palestinienne. Notre peuple résiste et rejette cette tentative non seulement par des mots, mais aussi par des actions : le lancement d’une vraie insurrection populaire héroïque à Gaza – la Grande Marche du Retour, dans l’esprit de la Première Intifada et avec la participation du FPLP et d’un large éventail des forces politiques palestiniennes.

 

2) Quelle stratégie permettrait actuellement de reconstruire un puissant mouvement de libération palestinien ?

 

La tâche principale à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui réside dans le projet de remettre sur pied et de reconstruire le mouvement palestinien de libération nationale. Le tout premier objectif national palestinien aujourd’hui consiste à placer la Palestine, une fois de plus, sur la voie de la libération en définissant et affirmant à nouveau l’essence de la lutte palestinienne. C’est-à-dire le retour des réfugiés et la mise en place d’une société libérée, laïque et démocratique en Palestine – et non « l’État palestinien d’après les frontières de 1967, à côté d’Israël ».

Une rupture historique et dévastatrice s’est produite au sein du mouvement palestinien après la signature des accords d’Oslo en 1993. Elle a déformé la véritable signification de notre lutte et l’essence du conflit. Toute une génération de Palestiniens est née et a grandi, depuis la signature de ce document catastrophique le 13 septembre 1993 à Washington, D.C. Depuis lors, le mouvement palestinien a été anéanti, complètement divisé et a sombré dans le chaos.

Quant aux tâches immédiates, il est d’une importance extrême de rétablir le front de libération nationale palestinienne, l‘OLP (Organisation de libération de la Palestine), si vous voulez, afin de créer les conditions nécessaires à la renaissance du mouvement palestinien et de la révolution palestinienne. Nous venons d’une perspective différente de celles du Fatah et du Hamas, et nous nous sommes engagés en faveur d’une véritable unité nationale qui comprendra notre cadre progressiste et qui devra s’appuyer sur la représentation et la participation populaires. Toutes les classes palestiniennes doivent participer à ce processus et les classes populaires ne doivent pas être exclues de la direction du mouvement comme elles l’ont été ces 40 dernières années. La liberté de la Palestine sera gagnée par le peuple et non par les élites.

 

3) Quelle direction politique alternative le FPLP suggère-t-il ?

 

Nous pensons que la prémisse de changement est la participation populaire qui permettra aux Palestiniens de participer à la lutte et à la processus décisionnel politique, d’une façon qui soit efficace et sensée. Ceci requiert non seulement de lutter contre l’occupation, mais également de lutter afin de récupérer ces droits palestiniens à participer à notre propre mouvement. Par exemple, en Jordanie, il y a plus de quatre millions de Palestiniens dont les revendications, les besoins et les appels à l’action pourraient sembler inexistants. Pourtant, ils doivent être entendus. La même chose vaut pour les Palestiniens au Liban, en Syrie et ailleurs, de même que pour ceux vivant en Palestine. 

La participation et la direction populaires sont nécessaires pour remettre sur pied le mouvement de résistance contre la colonisation sioniste et pour mener à bien une stratégie de libération de la Palestine. Cela doit également se faire dans la diaspora, de même qu’en Palestine, en Europe et dans les autres endroits du monde où vivent des Palestiniens. Si nos communautés sont sans cesse menacées par toutes sortes de criminalisations, de lois répressives et d’attaques de la droite, nos tâches, dans ce cas, s’en trouveront plus difficiles. La pierre angulaire de notre vision repose sur ceci : le droit du peuple à participer au développement de son avenir. C’est le processus le plus progressiste, le plus démocratique de participation et c’est pour ce processus que nous combattons, au contraire de ceux qui ont imposé au peuple palestinien une hégémonie des élites.

 

4) Le Front populaire pour la libération de la Palestine a célébré le cinquantième anniversaire de sa création. Comment évaluez-vous la situation du Front aujourd’hui ?

 

Le Front a conclu sa Septième Convention au début 2014 et nous sommes proches, désormais, de sa Huitième Convention. Ce sera une occasion pour tous nos camarades en Palestine et ailleurs d’estimer les forces et faiblesses de notre Front et d’évaluer ses avancées et ses régressions.

Ces cinq dernières années, nous pouvons dire que le Front a affronté de terribles difficultés et défis suite au siège politique et financier que nous subissons : répression, arrestations en masse et assassinats de cadres. Pourtant, nous avons progressé dans nos capacités militaires à Gaza parce que nous ne sommes pas confrontés aux mêmes conditions qu’en Cisjordanie sous l’occupation et la coordination sécuritaire de l’Autorité palestinienne. Plusieurs camarades – dont moi-même – sont en prison précisément à cause de cette coordination sécuritaire entre l’AP et l’occupant, mais nous ne sommes pas seuls, sur ce plan. Des centaines de cadres ont été soumis eux aussi à l’oppression et à des arrestations.

En termes d’organisation, au sein du Front, nous avons également fait des progrès du côté de la participation des jeunes et du renouveau dans plusieurs aspects différents de notre travail. Il est toujours très malaisé d’accumuler des réussites dans les circonstances que nous connaissons et, ainsi donc, nous sommes toujours engagés dans un processus de construction et de reconstruction.

 

5) En quoi le FPLP a-t-il changé depuis sa fondation jusqu’à nos jours ?

 

Le Front a terriblement changé, dans tout ce temps – nous parlons ici d’un demi-siècle. Il y a quatre étapes dans la vie de notre parti. La première, que l’on pourrait appeler « l’époque jordanienne », de 1967 à 1972 ; la deuxième, l’expérience de la révolution palestinienne et du FPLP au Liban, de 1973 à 1982 ; la troisième, la première grande insurrection populaire palestinienne, de 1987 à 1993 et, depuis lors, nous connaissons l’époque de ce qu’on appelle le processus d’Oslo.

Tous ces changements, en fait, ont affecté le Front à divers niveaux : politique, théorique, organisationnel. Ils nous ont affectés comme ils en ont affecté d’autres : les guerres dans la région, les pactes de paix entre régimes arabes et Israël ; la chute de l’Union soviétique et du bloc socialiste au sens large ; le processus de liquidation (également appelé le « processus de paix »). Tous ces facteurs et bien d’autres ont affecté le Front, sa force et son analyse.

Certaines des positions que nous avons adoptées à une époque de repli ont conféré au Front une allure plus « réaliste », mais c’était dû à des contradictions internes au sein même du Front. Nous avons discuté de la chose publiquement dans nos documents des Cinquième, Sixième et Septième Conventions. Le Fronts’engage toujours dans l’autocritique et nous n’hésitons pas à mettre le doigt sur nos manquements. Mais la conclusion à laquelle nous sommes arrivés, de 1992 à ce jour, c’est que le parti, comme notre peuple, est confronté à une crise totale, théoriquement, politiquement, financièrement et sur d’autres plans aussi, et cette crise ne pourra être surmontée que via la résistance et la lutte à tous les niveaux.

 

6) Comment percevez-vous le rôle du mouvement des prisonniers à l’intérieur des prisons israéliennes ?

 

Historiquement, le mouvement des prisonniers à l’intérieur des prisons israéliennes a joué un rôle majeur et central dans le combat contre l’oppression sioniste. Cela se perçoit non seulement dans nos confrontations quotidiennes avec l’occupant et dans la responsabilité des prisonniers, en tant que personnes aux tout premiers rangs de la révolution, mais aussi dans notre rôle sur l’ensemble de la scène politique en Palestine.

Nous devons nous rappeler que l’accord de consensus national en faveur d’une unité palestinienne a reçu le nom de « Document des Prisonniers ». Il a été rédigé à l’intérieur des prisons et a constitué la base de toutes les discussions ultérieures en faveur de l’unité nationale du mouvement palestinien. Le mouvement des prisonniers a traversé diverses expériences de campagnes, de grèves de la faim et des vies de prisonniers ont été ôtées sous la torture.

Nous, les prisonniers politiques, avons été appelés l’avant-garde et le cœur de la révolution palestinienne. C’est parce qu’Israël cible toujours les mouvements palestiniens et leurs dirigeants afin de les emprisonner – mouvements estudiantins, mouvements des femmes, mouvements du travail, mouvements de jeunesse. En essence, les prisons ont devenues les endroits où tous ces aspects de notre mouvement se rencontrent et s’engagent par le biais de la discussion. C’est pourquoi, souvent, les Palestiniens appellent les prisons « les écoles de la révolution ».

Nous ne sommes pas séparés du mouvement de libération en dehors de la prison. Les prisonniers palestiniens viennent de Palestine – Cisjordanie, Gaza, Jérusalem, le triangle, le Néguev, la Galilée, toute notre terre. Nous considérons également les prisonniers politiques palestiniens des prisons américaines et françaises comme faisant partie de notre mouvement, et tout particulièrement Georges Ibrahim Abdallah, emprisonné en France depuis plus de 34 ans.

 

Source : Samidoun – Traduction : Jean-Marie Flémal pour Pour La Palestine


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