Tirailleurs sénégalais : « On les a forcés à s’engager, et aujourd’hui on laisse leurs petits-fils se noyer dans la Méditerranée »

Posté par onsbouge le 17 août 2019

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Afrique Histoire

Tirailleurs sénégalais : « On les a forcés à s’engager, et aujourd’hui on laisse leurs petits-fils se noyer dans la Méditerranée »

Soixante-quinze ans après le débarquement de Provence, « Le Monde Afrique » a rencontré le photographe Julien Masson, qui a rassemblé dans un livre les témoignages d’anciens combattants.

Propos recueillis par Pierre Lepidi

Publié le 14 août 2019 à 18h00 – Mis à jour le 15 août 2019 à 09h59

Cheikh Fall, ancien tirailleur ayant participé au débarquement de Provence, est mort en mars 2015. Le 15 août 2014, il avait reçue la médaille de la Légion d’honneur des mains du président François Hollande.

Cheikh Fall, ancien tirailleur ayant participé au débarquement de Provence, est mort en mars 2015. Le 15 août 2014, il avait reçue la médaille de la Légion d’honneur des mains du président François Hollande. Julien Masson

Dans le cadre d’un projet pédagogique avec des collégiens de Savoie, Julien Masson, photographe et réalisateur, s’est lancé sur les traces des derniers tirailleurs sénégalais entre 2014 et 2018. De ses multiples rencontres avec Saïdou Sall, Issa Cissé, Alioune Fall ou Dahmane Diouf, qui furent enrôlés dans l’armée coloniale pour libérer la France, il a fait un ouvrage, Mémoire en marche, un long format pour Radio France internationale (RFI), puis un film diffusé sur TV5 Monde en 2018. Une deuxième édition de son livre, enrichie de plusieurs témoignages, est parue en 2018*.

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Hiroshima mon désamour

Posté par onsbouge le 14 août 2019

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Hiroshima mon désamour

14 Août 2019

 Hiroshima mon désamour  dans - ECLAIRAGE - REFLEXION ob_ed3a7f_817msm-ryglIl fut un temps… 20 ans déjà, où Le Monde diplomatique ouvrait encore ses colonnes à des historiennes réfractaires au décervelage activement promu par l’appareil idéologique, et farouches contradictrices de la composante universitaire de cet appareil devenu bureaucratique et simple porte-voix de ses maîtres atlantistes.

On pouvait alors encore dénoncer les impostures de notre nomenklakulture et les sornettes formatées que déjà on enseignait aux générations de futurs maîtres ignorants.

Ainsi en 1995 puis en 1999 Annie Lacroix-Riz, pouvait encore informer le public français des avancées des historiens scientifiques anglo-saxons, sur les épisodes décisifs de l’histoire contemporaine dans les « organes de presse de référence » des honnêtes bourgeois encore soucieux d’apprendre quelque chose, sur ce qui les avait amenés là…

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Le Hezbollah en guerre (9) : le massacre de Wadi al-Hujayr et la résolution 1701 (12 août 2006)

Posté par onsbouge le 13 août 2019

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Paru sur   LE CRI DES PEUPLES

Sayed Hasan

Le Hezbollah en guerre (9) : le massacre de Wadi al-Hujayr et la résolution 1701 (12 août 2006)

Date: 12 août 2019   Author: lecridespeuples

Le Hezbollah en guerre (9) : le massacre de Wadi al-Hujayr et la résolution 1701 (12 août 2006) dans - ECLAIRAGE - REFLEXION

Discours du Secrétaire Général du Hezbollah Sayed Hassan Nasrallah le 12 août 2006, au 31e jour de la guerre d’annihilation déclenchée par Israël.

Traduit pour la première fois à l’occasion du 13ème anniversaire de l’événement. Tous les discours du Secrétaire Général du Hezbollah durant la guerre de 2006, inédits en français, seront intégralement publiés cet été.

Traduction : lecridespeuples.fr

Wadi al-Hujayr fut la scène du ‘massacre des Merkava’ (tanks israéliens). Les Israéliens eux-mêmes parlent du massacre des Merkava à Wadi al-Hujayr. La plaine de Khiam vient en deuxième position pour les pertes israéliennes, juste après Wadi al-Hujayr, et on appelle les combats qui y ont eu lieu le ‘brasier des Merkava’. Hassan Nasrallah, 13 août 2017.

Le jour même du déclenchement de la guerre le 13 juillet 2006, un projet de cessez-le feu fut soumis à l’ONU, mais les Etats-Unis y opposèrent leur veto : il était hors de question de mettre fin au conflit avant la liquidation définitive du Hezbollah. Les seules conditions après lesquelles un arrêt des hostilités et un retrait des forces israéliennes seraient envisagés étaient les suivantes :

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Ça n’est qu’un début continuons le débat

Posté par onsbouge le 11 août 2019

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Paru sur   LIBRAIRIE TROPIQUES

Ça n’est qu’un début continuons le débat

11 Août 2019

 Ça n'est qu'un début continuons le débat  dans - HISTOIRE ob_b59e00_ob-c1b2e9-tampon-certifie-otanblanc

Un commentaire à la réponse :

MA RÉPONSE AU TEXTE DE LACROIX-RIZ

que Jacques Sapir a faite

au commentaire d’Annie Lacroix-Riz :

« Jacques Sapir fait de la résilience »

par Aymeric Monville,  éditeur d’Annie Lacroix-Riz :

Pour info, l’article ci-dessous de Mark Tauger ne fait pas de la collectivisation la seule cause de la famine de 31-33 et montre, au contraire, les aspects positifs des bouleversements en agriculture sur l’ensemble de l’histoire soviétique, victoire en 45 comprise (ce qui n’est pas une mince affaire).

 france dans - INTERNATIONAL

Résumé  : La collectivisation de l’agriculture soviétique dans les années 1930 a peut-être été la plus significative et la plus traumatisante des nombreuses transformations auxquelles le régime communiste a soumis les peuples de l’ancien empire russe. Les travaux historiques et autres ont considéré cette politique avec une grande ambivalence. D’une part, elle impliquait une violence considérable attribuée à la dure politique de «dékoulakisation», qui provoquait de nombreuses protestations paysannes, perturbait le système agricole et constitua un des facteurs de la grande famine de 1931-1933, bien que n’en étant pas la cause majeure. Dans le même temps, la collectivisation apporta une modernisation substantielle de l’agriculture traditionnelle en Union soviétique et jeta les bases d’une production et d’une consommation alimentaires relativement élevées dans les années 1970 et 1980.

[pdf] TAUGER-1

Mark Tauger : Stalin, soviet agriculture and industrialization

Il me semble en effet hasardeux de présenter, comme le faisait malheureusement cet article de M. Sapir dans « les Crises », la collectivisation sous un angle essentiellement négatif, en faisant abstraction de l’impératif de modernisation et de défense militaire du pays dans des délais imposés de l’extérieur.

Je comprends donc très bien la réaction de Mme Annie Lacroix-Riz car il est manifeste que le fait d’associer systématiquement collectivisation et communisme à cette thématique des famines, alors que ce sont précisément les Soviétiques et les Chinois qui ont détourné définitivement ces fléaux de leur pays, tout en assurant leur libération et la défense de leur dignité nationale, fait partie des poncifs de l’historiographie anticommuniste, de Robert Conquest à nos jours, lequel Conquest adorait lui aussi les extrapolations démographiques faites à partir de calculs d’élèves de troisième.

J’ajoute que le thème des « communistes nécessairement affameurs » est volontiers repris par ceux qui n’hésitent pas à imposer blocus et embargos à d’autres peuples au nom des droits de l’homme, ce qui est particulièrement cocasse. Et tout cela dans une belle homogénéité de classe, car tout cela circule des sphères universitaires au prêt-à-penser des dites élites politiques, et cela ne m’étonne pas de savoir que, de Mme Cœuré à son frère à la BCE on se comprend très bien.

Le fait d’insister là-dessus peut être qualifié de « basse police », il n’empêche que la mise au jour de « relations élémentaires de la parenté » propres à un « champ » bien particulier suscite toujours, et c’est normal, un déni idéologique qui confine à la violence.

Aymeric Monville

Remarque du libraire à propos de « On s’en tape le coquillard« …

ob_37bede_121087-full urss dans - LUTTESIncidemment… je ne peux que confirmer le bien-fondé de l’objection d’Aymeric Monville à l’objection de Jacques Sapir, lorsque ce dernier prétend disqualifier les méthodes argumentaires d’Annie Lacroix-Riz comme « de basse police » quand elle éclaire les orientations idéologiques (de classe) des membres de la nomenklakulture académico-médiatique, à partir des « bases matérielles » de leurs pratiques.
Ce faisant, en démontrant les justifications « effectives » de cet entre-soi de connivence, réseautage, copinage, proximité, cooptation  et conflits d’intérêts croisés (et parfaitement concrets), elle pointe le trait décisif et objectif déterminant cette « couche sociale » d’apparatchiks de la bureaucratie du pouvoir, comme fondement de la forme actuelle de la « servitude volontaire »; et donc… du jugement qu’on peut porter sur nos « sovietologues » universitaires français (naguère « kremlinologues ») et leurs « notes critiques », dont Jacques Sapir prend ici la défense. C’est donc, de la part d’Annie, une application parfaitement opportune et pertinente de la méthode la plus explicitement revendiquée par Marx:

«Lorsqu’on considère de tels bouleversements, il faut toujours distin­guer entre
le bouleversement matériel – qu’on peut constater d’une manière scientifiquement rigoureuse – des conditions de production économiques
et les formes juridiques, politiques, religieuses, artistiques ou philosophiques, bref, les formes idéologiques sous lesquelles les hommes prennent conscience de ce conflit et le mènent jusqu’au bout.

Pas plus qu’on ne juge un individu sur l’idée qu’il se fait de lui-même, on ne saurait juger une telle époque de boule­ver­se­ment sur sa conscience de soi; il faut, au contraire, expliquer cette conscience par les contradictions de la vie matérielle, par le conflit qui existe entre les forces productives socia­les et les rapports de production.»

Londres, janvier 1859
Karl MARX.

Relativement aux productions de Rachel Mazuy, Sophie et Benoît Cœuré, Christophe Prochasson, etc. et les divers « corps constitués », organisations et institutions de pouvoir et de propagande qui les entretiennent au-delà même de l’entre-soi de Sciences-po à l’EHESS, etc. c’est bien cette méthode de Marx qu’applique Annie, fort scrupuleusement.

Pontifex Marximus
Tag(s) : #Annie Lacroix-Riz, #Jacques Sapir


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Jacques Sapir fait de la résilience

Posté par onsbouge le 10 août 2019

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Jacques Sapir fait de la résilience

9 Août 2019

 Jacques Sapir fait de la résilience  dans - HISTOIRE ob_a82694_ezgif-com-optimize-5

Film de propagande complotiste
archives Tropiques

Comme Jacques Sapir en est  bien conscient, puisqu’il observe lui-même que :  » Quand on pénètre une bulle en suspens par rapport à la réalité sociale, et produite aussi par le cours particulier de cette réalité sociale, on entre dans un « monde enchanté », nul n’est à l’abri de ces bulles s’il néglige l’ordre symbolique des contes de fées.

Il semble qu’il connaisse donc bien ce milieu « bullesque » et qu’il ait juste oublié que les croquemitaines font partie des « contes de faits » et que sa manière de présenter Staline et l’union soviétique selon les normes des séries grand public de la nomenklakulture « antitotalitaire » nous renvoie donc à Barbe Bleue plutôt qu’à un travail historiographique sérieux…

Faut-il y voir une conséquence du « tournant libéral » de l’équipe aux affaires au Kremlin ?

Où un nouveau symptôme de la grande névrose dépressive résultant de la confusion que font ses pareils dans les bulles comme ailleurs, entre l’imaginaire et le symbolique ?

Commentaire  par Annie Lacroix-Riz,

de https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-de-la-fascination-des-intellectuels-francais-pour-lurss-a-propos-de-ledition-des-lettres-de-voyage-de-jean-richard-et-marguerite-bloch-par-jacques-sapir/#_ftnref17,

9 août 2019,

communiqué à Olivier Berruyer :

réponse à un lecteur surpris du texte de Jacques Sapir et sollicitant avis.

1° Je n’ai pas lu l’ouvrage, et ne puis donc me prononcer sur les notes de Rachel Mazuy et Ludmila Stern qui émerveillent Jacques Sapir. Mais j’ai lu par ailleurs Rachel Mazuy, dont la réputation et la carrière ont grandement gagné à développer une vision particulièrement dépréciative de l’URSS, comme tous les « soviétologues » français depuis plusieurs décennies. C’est tout de même une réalité essentielle que cette condition sine qua non de la « bonne réputation » académique. Qui, depuis cinquante ans, en France, a réussi à devenir une sommité académique reconnue sans être antisoviétique notoire? Personne, qu’il s’agisse de Nicolas Werth ou de tous ses pairs. Ce sera un riche sujet d’étude pour nos historiens des futures générations que la conjoncture qui a chassé de France depuis les années 1970 toute possibilité d’historiographie scientifique de l’Union Soviétique et  transformé les Français russophiles, rarissimes universitaires inclus, en parias, sinon en « traîtres ».

Rachel Mazuy a notamment rédigé avec Sophie Cœuré, sœur de Benoît, haut fonctionnaire de la banque centrale européenne, universitaire anticommuniste de choc qui m’a succédé à Paris 7 (la norme universitaire est enfin respectée depuis 2011, j’étais moi-même une anomalie), un ouvrage qui ne repose sur aucune archive stricto sensu : il est consacré à leur thème d’étude traditionnel commun, celui des « intellectuels trompés » par l’URSS, Cousu de fil rouge. Voyage des intellectuels français en Union soviétique. 150 documents inédits des Archives russes, Paris, CNRS Editions, 2012 (ou celui, pour Mme Cœuré, des intellectuels détrompés, heureusement revenus de leur erreur et repentants). Ces historiennes, qui ne travaillent pas sur l’histoire intérieure de l’URSS sur la base de sources originales, privilégient une vision extrêmement négative de ce pays. Les intellectuels demeurés communistes ne les intéressent pas, tel Léon Moussinac, auteur de Je reviens d’Ukraine, juillet-septembre 1933, dont le témoignage est semblable à celui d’Herriot et de Charles Alphand, mais eux, nous a dit le démographe Alain Blum, inventeur des « six millions de morts ukrainiens » et guide de ses nombreux admirateurs historiens universitaires, sont des ânes qui se laissent duper. À la différence des autres, critiques d’emblée ou vite revenus de leur aveuglement initial, fins esprits critiques, les intellectuels soviétophiles endurcis furent des idiots et des dupes – ou des canailles. Sur les méthodes pratiquées par Sophie Cœuré, et partagées par sa partenaire de plume, et sur la peinture en noir de l’URSS de la révolution d’Octobre à nos jours, je me suis exprimée dans une conférence, « Hommage à la révolution d’Octobre », prononcée, à l’invitation du PCB, à l’université de Liège, le 4 novembre 2017, publiée sur le site de l’association culturelle Joseph Jacquemotte, http://www.acjj.be/la-matrice-des-falsifications-de-lhistoire-de-la-revolution-doctobre-et-de-lurss/ .

On notera aussi que Christophe Prochasson, président de l’EHESS, par ailleurs à ma connaissance mari de Sophie Cœuré, s’est vu confier (à l’évidence, non à titre de compétence soviétologique mais à titre d’expert incontestable en matière d’ « intellectuels ») la préface de cette nouvelle édition d’un ouvrage de 2013, préface qui, grand merci, « appelle à la vigilance de l’intellectuel pour prévenir des effets de fascination similaires à ceux qui se produisirent en 1934 ». L’avertissement est utile, sinon nécessaire, au cas où certains de nos intellectuels de renom, confrontés à la crise du capitalisme, système de moins en moins attirant par les temps qui courent, feraient le choix anticapitaliste auquel ils ont renoncé depuis longtemps. Car, assurément, maintenant qu’ils ne sont plus « fascinés » par le communisme criminel et trompeur, les intellectuels français, qui se partagent entre le parti socialiste (ou ses moutures diverses et successives) et la droite, officiellement modérée ou extrême, ont montré dans la période strictement contemporaine une « vigilance » contre la fascination exercée par l’impérialisme américain ou allemand et une clairvoyance politique infiniment plus grandes que les Politzer et les Aragon, communistes et pas antisoviétiques, de l’avant-guerre et de l’Occupation, intellectuels communistes à propos desquels ces grands intellectuels anticommunistes, dotés de tribunes régulières sur France Culture et divers médias, et « conseillers » de maint documentaire historique, nous donnent le choix entre les crétins et les gredins. Mais, je le note, Jacques Sapir reproche au préfacier d’être par trop « moralisateur » ‑‑ je lui reprocherais plutôt, à propos de « l’intellectuel » de rêve du 21e siècle enfin revenu de l’erreur criminelle de l’ère stalinienne, n’est pas entravé par le sens du ridicule. Ouf, un peu de critique sur les excès d’un antistalinisme universitaire pourtant de si bon aloi!

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2° Quittant la sphère littéraire des Bloch, Jacques Sapir passe à la vision générale de l’URSS et de Staline, et s’aligne sur la vision, universelle en France, d’un Staline complètement isolé de la société soviétique, qu’il martyrise jusqu’à la pulvériser. Dans sa « bulle » de 1934 (et pourquoi ni avant ni après ? ou tout le temps ?), il conduit son pays à marches forcées idéologico-politiques sans lien aucun avec les réalités, juste pour en faire plier les diverses classes et catégories sociales à son bon vouloir. Je suis sidérée par ce tableau dressé sur un ton souverain, y compris sur « la famine en Ukraine » qui, quoique non baptisée « génocidaire », comme il sied depuis un moment, est chiffrée ici à 4,5 millions de victimes. Ce chiffre apparaît d’autant plus absurde que même l’article de Lynne Viola cité par l’intervenant ne confond pas les « fugitifs » (autrement dit l’exode rural) avec les morts par famine, se contentant de se rabattre piteusement, à défaut de millions de morts, sur le concept de « génocide culturel ».

On se reportera sur ce sujet à la version un peu ancienne de mon analyse sur la question de « la famine en Ukraine » :

https://www.historiographie.info/ukr33maj2008.pdf. Le lecteur non anglophone pourra se renseigner davantage sur la production de Mark Tauger, auteur qui y est (comme Alain Blum et divers) mentionnée, avec l’échantillon d’articles traduits publié en 2017, Famine et transformation agricole en URSS, Delga, Paris, 2017 (sur commande chez l’éditeur), ouvrage dont j’ai rendu compte in https://www.monde-diplomatique.fr/2018/03/LACROIX_RIZ/58455

En dépit de la Doxa antisoviétique à laquelle l’anticonformiste Jacques Sapir n’échappe pas, Staline n’a pas inventé la guerre de l’Occident capitaliste contre l’URSS, ni en 1934, ni avant, ni après, et je lui recommande vivement le dépouillement des archives stricto sensu, y compris les archives diplomatiques « occidentales » (que je fréquente assidûment depuis très longtemps), sur la réalité de ce sabotage effarant et permanent. La réalité des complots qu’on impute à l’imagination de Staline explique que, au Quai d’Orsay, certains des fonds spécifiques sur les invraisemblables machinations (France incluse) aient été « déclassifiés » non à 30 ans mais à 70 ans (au-delà de 2000)… C’est le cas de certains volumes traitant du « Procès du parti industriel » (octobre 1930- avril 1931), lequel n’a pas relevé de la « bulle » de Staline plus que tous les suivants, et de  bien d’autres affaires, notamment les procès contre la Metro-Vickers (1933) et contre Toukhatchevski (1937) : on trouvera sur le premier et le troisième procès des indications archivistiques précises dans Le choix de la défaite, édition de 2010, p. 107-108, et pour Toukhatchevski, l’index de ce nom (je reviendrai sur cette dernière question en traitant, à très court terme, et, je l’espère, sur le site Les Crises notamment, du pacte de non-agression germano-soviétique, dont le 80e anniversaire va probablement nous valoir un tapage qui contrastera, selon l’habitude, avec le mutisme qui règne sur les anniversaires, annuels ou décennaux, des accords de Munich). Le procès de la Metro-Vickers (1933) fut aussi solidement fondé que les deux autres: que mon collègue aille donc consulter, aux archives du Quai d’Orsay, les volumes Europe Grande-Bretagne 1918-1940, vol. 294, relations avec URSS, mars 1933-décembre 1939, et Europe URSS 1930-1940, vol. 960, politique étrangère, dossier général, mai 1932-décembre 1933 : il constatera que les faits étaient patents et incontestables en dépit du ton volontiers sarcastique et insolent que les diplomates utilisaient à l’égard des Soviets.

« Ces procès doivent être compris dans un processus où la direction stalinienne de l’URSS entend se débarrasser des cadres ralliés pour promouvoir un groupe social de “promus”, qui lui sera fidèle », écrit avec assurance Jacques Sapir, qui commet une lourde erreur. Ces dossiers, et bien d’autres, attestent le sérieux d’un ouvrage naguère respecté et traduit précocement en français, celui de Michael Sayers et Albert Kahn (The Great Conspiracy : The Secret War Against Soviet Russia, Little, Boni & Gaer, New York, 1946, traduit en 1947, La grande conspiration contre la Russie. Ce livre et ses auteurs sont depuis quelques décennies, un objet privilégié de la croisade « antistalinienne » généralisée. Le grand helléniste progressiste Pierre Vidal-Naquet, souvent très courageux mais soucieux, tout de même, de ne pas passer trop longtemps pour « compagnon de route », a rejoint assez tôt la meute : dans « Un Eichman de papier », section 9 « De Platon, du mensonge et de l’idéologie » (article écrit en 1980, remanié en 1987), il assaille cet ouvrage comme « un modèle du genre […] des versions libérales et érudites […] de l’histoire stalinienne » comparable à « L’histoire du parti communiste (bolchevique) du temps de Staline » elle-même qualifiée de « monument durable du mensonge historique le plus meurtrier », in Les Assassins de la mémoire, Paris, Seuil, 1995, p. 34. Il affirmait mais se trompait. Je ne maîtrise pas via les sources la totalité des dossiers traités par ces deux intellectuels antifascistes américains, mais sur une dizaine de cas qu’ils analysent, y compris les procès évoqués plus haut, les archives diplomatiques et militaires consultées avèrent résolument les vaillants Sayers et Kahn, victimes ultérieures de la « chasse aux sorcières » aux États-Unis
(https://en.wikipedia.org/wiki/Albert_E._Kahn; https://www.independent.co.uk/news/obituaries/michael-sayers-writer-whose-career-never-recovered-from-being-blacklisted-in-the-united-states-2032080.html). Sur ces  grands intellectuels lucides et courageux, M. Prochasson devrait se documenter.

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L’URSS n’a pas été ménagée, avant Staline, sous Staline, après Staline, par les grands impérialismes, allemand, japonais, britannique, français, américain, etc. davantage que tous les pays qui ont osé prétendre abolir la propriété privée : voyez ce qui est arrivé à Cuba, confronté à une guerre américaine qui a donné lieu à la systématique « tactique de l’éclat de  rire » (Henri Guillemin, à propos du traitement par la grande presse du putsch de la Cagoule, de novembre 1937) des saboteurs (je casse, j’incendie, je tue, je pille, je viole, etc., et je ridiculise à tous vents et à grands renforts de moyens la victime qui se plaint, privée, elle, de ces grands moyens), dans les travaux d’un grand spécialiste de la « Guerre froide », Thomas G. Paterson, « Fixation with Cuba: the Bay of Pigs, missile crises and covert war against Fidel Castro », in Paterson, dir., Kennedy’s quest for victory, American Foreign Policy, 1961-1963, Oxford & New York, Oxford University Press, 1989, in Paterson, ed., Kennedy’s quest for victory, American Foreign Policy, 1961-1963, Oxford University Press, 1989. Pour avoir une idée et une bibliographie récentes sur cette stratégie et cette tactique de terreur, je dis  bien de terreur,  à l’égard des audacieux qui considèrent que le pillage impérialiste ne leur convient pas ou plus, on lira avec profit l’excellente petite synthèse de Michel Collon, USA. Les 100 pires citations, Investig’action, Bruxelles, 2018.

«  La direction stalinienne est entrée en guerre contre l’ensemble de la société, tout en cherchant à la fragmenter, à opposer les ouvriers aux paysans, les ouvriers aux cadres, mais aussi en opposant le “prolétaire” mythique aux ouvriers », affirme M. Sapir. Qu’il se penche sur les sources historiques stricto sensu, elles lui permettront de comprendre mieux pourquoi ce pays arriéré, que la planification fit accéder au modernisme industriel (il devrait lire notre excellent attaché militaire à Moscou, de 1937 à 1940, le général Augustin Palasse, a vaincu, seul de fait, le Reich à l’économie encore nettement supérieure en 1941. Avant de céder sous les coups d’un impérialisme plus puissant encore, dont les méthodes ne se sont pas adoucies après la mort du personnage « dans sa bulle », comme l’attestent les références rappelées dans la conférence du 4 novembre 2017 susmentionnée.

Autre remarque, pas si annexe, ne pas céder à la russophobie systématique n’immunise pas contre une épidémie, une pandémie devrais-je écrire, qui ouvre aux non-russophobes pathologiques en notre beau pays à la fois russophobe et antibolchevique la voie à une certaine réhabilitation ou tolérance politique, culturelle et médiatique : l’anticommunisme ou l’antibolchevisme, volontiers taxé de « stalinisme », terme qui, on le sait, met fin, à tout débat ou, plutôt, à toute invitation à débat. Cette méthode est d’ailleurs volontiers pratiquée, on le sait, par les dirigeants actuels de la Russie, ce qui est bien le moins pour les chefs d’une grande nation actuellement régie, avec leur visible approbation, par la propriété privée des grands moyens de production et d’échange.

Annie Lacroix-Riz

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