Antisionisme, antisémitisme et idéologie coloniale. Par Alain Gresh

Posté par onsbouge le 21 février 2019

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Antisionisme, antisémitisme et idéologie coloniale. Par Alain Gresh

21.février.2019

Source : Orient XXI, Alain Gresh, 19-02-2019

Dans le débat qui agite la France autour de l’antisémitisme, deux dimensions sont souvent absentes : le fait que, durant la première moitié du XXe siècle, la grande majorité des juifs était hostile au sionisme (étaient-ils aussi antisémites ?) ; que la caractéristique principale de ce mouvement était de s’inscrire dans une logique coloniale de conquête et de peuplement. Extraits du livre d’Alain Gresh, Israël-Palestine, vérités sur un conflit (Fayard, 2017).

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Le sionisme n’a été que l’une des réponses possibles, longtemps très minoritaire, à la « question juive ». Durant la fin du XIXe siècle et avant la première guerre mondiale, la grande majorité des juifs d’Europe centrale et de Russie « vote avec ses pieds », en émigrant massivement à l’ouest, et notamment aux États-Unis, la Terre promise de tant de laissés-pour-compte… D’autres, nombreux, font le pari de l’intégration. À partir de 1880, et malgré l’antisémitisme, le nombre de mariages mixtes chez les juifs allemands ne cesse d’augmenter : entre 1901 et 1929, la proportion passe de 16,9 à 59 %. En France aussi, cette « assimilation » s’accélère. La participation active des juifs aux mouvements révolutionnaires transnationaux, notamment socialistes et communistes, qui prônent la fraternité universelle, peut être considérée comme une autre de leurs répliques aux discriminations dont ils sont l’objet. Quant aux religieux, ils rejettent pour la plupart le sionisme : l’État juif ne peut renaître et le Temple ne peut être relevé qu’avec la venue du Messie.

LES RÉTICENCES D’ALBERT EINSTEIN

Le sionisme n’est pas le seul mouvement organisé spécifique des juifs de l’Est. En 1897 est créé le Bund, l’Union générale des ouvriers juifs de Lituanie, Pologne et Russie. Il concurrencera le sionisme jusque dans les années 1930. Il se veut nationaliste et socialiste, se fonde sur des principes de classe, prône le yiddish comme langue nationale et une autonomie politico-culturelle conforme aux thèses de ceux que l’on appelle les « austro-marxistes ». Les bundistes appellent à l’émancipation « sur place » des masses juives, répétant : « Les palmiers et les vignobles de Palestine me sont étrangers. » Ils prêchent la solidarité des ouvriers juifs avec la classe ouvrière internationale et opposent le patriotisme de la galout (l’« exil ») au patriotisme sioniste. Tombé dans l’oubli, ce mouvement signera des pages glorieuses de l’histoire de l’Europe centrale, notamment par son rôle dans l’insurrection du ghetto de Varsovie en 1943. Il sera finalement écrasé en Pologne par les nazis et en Union soviétique par les communistes, dont les positions sur la « question juive » fluctueront au gré des événements et des retournements de doctrine. Pour concurrencer le sionisme, l’URSS va jusqu’à concevoir une république autonome juive, le Birobidjan, à l’extrémité orientale de la Sibérie.

La création de l’État d’Israël consacre la victoire du mouvement sioniste, victoire qu’ont rendue possible l’antisémitisme hitlérien et le génocide. Cet État regroupe une proportion croissante des juifs du monde – quelle que soit la définition que l’on donne à ce terme –, mais inférieure à 40 %. Des centaines de milliers d’entre eux ont préféré l’intégration, aux États-Unis ou en Europe, même si Israël réussit désormais à en mobiliser une fraction importante en faveur de ses options. Ils se sentent, à juste titre, davantage en sécurité à New York ou à Paris qu’à Tel-Aviv ou à Jérusalem. Faut-il se réjouir du triomphe de ce nationalisme étroit, autour d’un État ? Bien que sioniste, Albert Einstein exprimait ses inquiétudes : « La manière dont je conçois la nature essentielle du judaïsme résiste à l’idée d’un État juif, avec des frontières, une armée et une certaine mesure de pouvoir temporel, quelque modeste qu’il soit. J’ai peur des dégâts internes que cela entraînera sur le judaïsme — et surtout du développement d’un nationalisme étroit dans nos propres rangs […]. Un retour à une nation, au sens politique du terme, équivaudrait à se détourner de la spiritualité de notre communauté, spiritualité à laquelle nous devons le génie de nos prophètes. »

« Le sionisme n’est pas le corollaire obligatoire, fatal, de la persistance d’une identité juive, remarque Maxime Rodinson ; ce n’est qu’une option. » Et cette option est critiquable, non seulement comme toute idéologie nationaliste, mais aussi parce que son aboutissement — la création d’un État juif — n’était possible que par la dépossession des Palestiniens. Le sionisme s’est pleinement inscrit — et ce fut l’une des conditions majeures de sa victoire — dans l’aventure coloniale. Ce fut et cela reste sa principale faute.

RIEN DE COMMUN AVEC CE QUE L’ON APPELLE « L’ORIENT »

Le dévouement ou l’idéalisme de nombre de militants sionistes n’est pas en cause. Un jeune juif débarqué sur la Terre promise en 1926 pouvait écrire : « Je peux être fier car depuis un an que je suis en Palestine, je me suis débarrassé de la gangue d’impureté de la diaspora et je me suis purifié du mieux possible. Je voulais une patrie. Être un homme comme les autres, égal aux autres, fier comme eux d’être en Palestine. Dès l’instant où mes pieds ont foulé la terre de mes ancêtres, j’ai rompu tout lien avec l’Europe et l’Amérique. » Il changea de nom, se fit appeler Chaïm Shalom et déclara : « Je suis hébreu et mon nom est hébreu car je suis issu du pays des Hébreux. »

En dépit d’un credo socialiste — ou parfois à cause de lui —, les sionistes ressemblaient aux colons installés en Algérie ou en Afrique du Sud, convaincus de faire progresser la civilisation face à des populations sauvages. Le sionisme en Palestine, malgré des formes particulières, se rattache au mouvement de colonisation sur deux plans : par son attitude à l’égard des populations « autochtones » ; par sa dépendance à l’égard d’une métropole, la Grande-Bretagne, au moins jusqu’en 1939. D’ailleurs, à l’époque où le colonialisme n’avait pas la connotation négative qu’il a aujourd’hui, Theodor Herzl écrivait à Cecil Rhodes, l’un des conquérants britanniques de l’Afrique australe : « Mon programme est un programme colonial. » Zeev Jabotinsky, le dirigeant du mouvement sioniste révisionniste, pour sa part, se réjouissait : « Dieu merci, nous juifs n’avons rien en commun avec ce que l’on appelle l’“Orient”. Nous devons venir en aide à ceux parmi le peuple qui sont incultes et qui s’inscrivent dans des traditions et des lois spirituelles archaïques orientales. Nous allons en Palestine d’abord pour notre “bien-être” national, ensuite pour en expurger systématiquement toute trace de l’“âme orientale”. »

Mordechaï Ben Hillel Ha Cohen, un juif installé à Jérusalem, note : « Nous sommes en Palestine la population la plus civilisée, personne ne peut rivaliser avec nous sur le plan culturel. La plupart des indigènes sont des fellahs et des bédouins ignorant tout de la culture occidentale. Du temps sera encore nécessaire avant qu’ils apprennent à vivre sans rapines, vols et autres forfaits, jusqu’à ce qu’ils éprouvent de la honte devant leur nudité et leurs pieds nus et qu’ils adoptent un mode d’existence où prévaudra la propriété privée, et où il sera nécessaire que des routes soient tracées et les chaussées goudronnées, que les écoles, les maisons de charité et les tribunaux essaiment sans qu’il y ait de corruption. » Mais l’insondable « âme orientale » semble résister à des décennies de civilisation puisque Moshé Katsav, alors président d’Israël, déclare en mai 2001 : « Il existe une immense fracture entre nous [les juifs] et nos ennemis, pas seulement en ce qui concerne les capacités, mais aussi sur le plan de la morale, de la culture, du caractère sacré de la vie et de la conscience […]. Ils sont nos voisins ici, mais on a l’impression qu’à une distance de quelques centaines de mètres il y a des gens qui ne sont pas de notre continent, de notre monde, mais qui finalement appartiennent à une autre galaxie. » Sont-ils humains, ces Palestiniens ?

LES PALESTINIENS COMME ANIMAUX SAUVAGES

À la suite d’émeutes à Jaffa en 1921, une commission d’enquête britannique note que le mouvement ne constituait nullement un pogrom antisémite, mais que les insurgés haïssaient les sionistes, non les juifs. Le Jewish Chronicle, organe des juifs britanniques, s’insurge : « Essayez d’imaginer que les animaux sauvages du parc zoologique sortent de leur cage et tuent quelques-uns des visiteurs, et que la commission chargée d’enquêter sur les circonstances établisse que la raison du drame est que les animaux n’aimaient pas leurs victimes. Comme s’il ne relevait pas du devoir de la direction du zoo de garder les animaux dans leurs cages et de s’assurer qu’elles soient bien fermées. » Quelle franchise ! Frantz Fanon, psychiatre antillais rallié à la révolution algérienne, auteur d’un pamphlet célèbre, Les Damnés de la terre (1961), constate : « Le langage du colon, quand il parle du colonisé, est un langage zoologique. On fait allusion aux mouvements de reptation du Jaune, aux émanations de la ville indigène, aux hordes, à la puanteur, au pullulement, au grouillement, aux gesticulations. Le colon, quand il veut bien décrire et trouver le mot juste, se réfère constamment au bestiaire. »

La conquête de la terre comme le « refoulement » des autochtones confirment la dimension coloniale du mouvement sioniste. L’un de ses cadres reconnaît dès les années 1910 : « La question arabe s’est révélée dans toute son acuité dès le premier achat de terres, lorsque je dus expulser pour la première fois des habitants arabes pour y installer à la place nos frères. Longtemps après continua de résonner à mes oreilles la triste complainte des bédouins rassemblés cette nuit-là autour de la tente des pourparlers, avant qu’ils ne quittent le village de Shamsin […]. J’avais le cœur serré et je compris alors à quel point le Bédouin était attaché à sa terre. » Mètre carré après mètre carré, les colons juifs s’emparent des terres, repoussant les Arabes.

Aucun compromis n’est possible, Ben Gourion en a bien conscience : « Tout le monde considère les relations entre juifs et Arabes comme problématiques. Mais ils ne voient pas tous que cette question est insoluble. Il n’y a pas de solution ! Un gouffre sépare les deux communautés. […] Nous voulons que la Palestine soit notre nation. Les Arabes veulent exactement la même chose. »

Israël Zangwill, un proche de Theodor Herzl, explique dans la presse britannique durant la Première Guerre mondiale : « Si l’on pouvait exproprier, avec compensation, les 600 000 Arabes de Palestine, ou si l’on pouvait les amener à émigrer en Arabie, car ils se déplacent facilement [sic !],ce serait la solution de la plus grande difficulté du sionisme. » Herzl avoue dans son journal en 1895 : « Nous devons les exproprier gentiment. Le processus d’expropriation et de déplacement des pauvres doit être accompli à la fois secrètement et avec prudence. » Il sera achevé, sur une grande échelle, en 1948-1949.

L’APPUI INDISPENSABLE DE LONDRES

Il est vrai que les juifs ne débarquent pas d’une « métropole ». Ils arrivent de différents pays et ne peuvent envisager de « retourner » en Russie ou en Pologne, comme d’ailleurs les Européens blancs, protestants en majorité, installés aux Amériques et qui enferment les Indiens dans des réserves après avoir essayé – et largement réussi – de les exterminer. Mais le mouvement sioniste bénéficie tout de même du soutien de Londres, sans lequel il serait voué à l’échec : ainsi, pour la seule décennie qui suit l’instauration du mandat en 1922, on compte 250 000 immigrés, plus du double par rapport à la décennie précédente. « Pendant tout mon service en Palestine, écrit Arthur Wauchope, le haut-commissaire britannique qui sévit à Jérusalem à partir de 1931, je considérais de mon devoir d’encourager le peuplement juif et je n’avais d’autre ambition que de voir sa sécurité assurée. » Il évoque d’ailleurs la « grande aventure » de la colonisation. Ni l’émigration, ni l’achat de terres, ni la création de structures étatiques n’auraient été possibles sans le parapluie britannique. Bien sûr, il pouvait surgir des contradictions entre les intérêts du yishouv (la communauté juive de Palestine) et ceux de Londres, mais, au moins jusqu’en 1939, elles furent secondaires.

Cette alliance est servie par ce que j’appellerais les « affinités culturelles ». Je prends un exemple. À la suite des violentes émeutes qui éclatent en Palestine en 1929, de nombreux responsables britanniques, sur place ou en Grande-Bretagne, sont convaincus de la nécessité d’un changement de cap passant par la restriction de l’immigration et de l’achat de terres. Le ministère des colonies prépare en octobre 1930 un Livre blanc reprenant ces propositions. Mais Weizmann fait jouer toutes ses relations, Ben Gourion consulte le chef du gouvernement britannique et obtient une garantie de la liberté d’immigration et d’achat de terres, qualifiée de « lettre noire » par les Arabes. Le premier ministre britannique discute même avec le numéro un sioniste le moyen de privilégier les juifs dans les arrangements, au détriment du principe de la parité (traitement égalitaire des juifs et des Arabes) affirmé publiquement.

Cet éclatant succès, le mouvement le doit à son entregent, à ses contacts politiques, à sa connaissance du système politique britannique. Les sionistes ont plus de chances de se faire entendre que les représentants arabes ou palestiniens, dont la culture, les traditions, le mode même de négociation sont étrangers aux Européens. Les sionistes sont des Occidentaux qui parlent à des Occidentaux. Cet atout, ils en useront à chaque étape du conflit. Israël, pour reprendre l’expression de Maxime Rodinson, est un « fait colonial ». Comme l’Australie ou les États-Unis, le pays est né d’une conquête, de l’expropriation des autochtones. En revanche il n’est pas, contrairement à l’Afrique du Sud de l’apartheid, une « société coloniale », une société qui a besoin des « indigènes » pour survivre.

D’autre part, même s’il a été bâti sur une injustice, Israël est désormais un État reconnu par la communauté internationale, par les Nations unies. Penser, comme l’ont fait et continuent de le faire certains, que l’on peut « expulser » les Israéliens, les renvoyer « chez eux », n’est ni moralement défendable ni politiquement réaliste. Une injustice ne peut être réparée par une autre injustice. Vivent désormais en Terre sainte deux peuples, l’un israélien, l’autre palestinien. On peut rêver, comme le font quelques intellectuels palestiniens et israéliens, qu’un seul État pourrait les regrouper ; c’est une belle utopie, que notre génération ne verra pas se réaliser. Et, quoi qu’il en soit, aucune solution ne pourra être imposée de façon unilatérale aux Palestiniens ni aux Israéliens.

Source : Orient XXI, Alain Gresh, 19-02-2019


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Sionisme : Quand l’Assemblée Générale de l’ONU ne subissait pas la pression…

Posté par onsbouge le 20 février 2019

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Sionisme : Quand l’Assemblée Générale de l’ONU ne subissait pas la pression…

19 février 2019

Me Gilles Devers, avocat au Barreau de Lyon et Docteur en Droit (HDR
Université Jean Moulin, Lyon 3), nous renvoie le texte de la Résolution 3379 de l’Assemblée Générale des Nations Unies qui, en 1975 considérait clairement que « le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale ».

Sionisme : Quand l’Assemblée Générale de l’ONU ne subissait pas la pression... dans - DISCRIMINATION - SEGREGATION - APARTHEID - RACISME - FASCISME

Des rabbins américains félicitent l’ONU pour sa résolution contre les colonies

Résolution 3379 du 10 novembre 1975

L’Assemblée générale,

Rappelant sa résolution 1904 (XVIII) du 20 novembre 1963, dans laquelle elle a proclamé la Déclaration des Nations unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale et, notamment, a affirmé que « toute doctrine fondée sur la différenciation entre les races ou sur la supériorité raciale est scientifiquement fausse, moralement condamnable, socialement injuste et dangereuse » et s’est déclarée alarmée devant les « manifestations de discrimination raciale qui se constatent encore dans le monde, dont quelques-unes sont imposées par certains gouvernements au moyen de mesures législatives, administratives ou autres »,

Rappelant également que, dans sa résolution 3151 G (XXVIII) du 14 décembre 1973, l’Assemblée générale a condamné en particulier l’alliance impie entre le racisme sud africain et le sionisme.

Prenant note de la Déclaration de Mexico de 1975 sur l’égalité des femmes et leur contribution au développement et à la paix, proclamée par la Conférence mondiale de l’Année internationale de la femme, tenue à Mexico du 19 juin au 2 juillet 1975, qui a promulgué le principe selon lequel « la coopération et la paix internationales exigent la libération et l’indépendance nationales, l’élimination du colonialisme et du néocolonialisme, de l’occupation étrangère, du sionisme, de l’apartheid et de la discrimination raciale sous toutes ses formes, ainsi que la reconnaissance de la dignité des peuples et de leur droit à l’autodétermination  » ,

Prenant note également de la résolution 77 (XII), adoptée par la Conférence des chefs d’Etats et de gouvernements de l’Organisation de l’unité africaine, à sa douzième session ordinaire, tenue à Kampala, du 28 juillet au 1er août 1975, qui a estimé « que le régime raciste en Palestine occupée et les régimes racistes au Zimbabwe et en Afrique du Sud ont une origine impérialiste commune, constituent un tout et ont la même structure raciste, et sont organiquement liés dans leur politique tendant à la répression de la dignité et l’intégrité de l’être d’humain« ,

Prenant note également de la Déclaration politique et de la Stratégie pour renforcer la paix et la sécurité internationales et renforcer la solidarité et l’assistance mutuelle des pays non alignés, adoptée à la Conférence de ministres des affaires étrangères des pays non-alignés tenue à Lima, du 25 au 30 août 1975, qui a très sévèrement condamné le sionisme comme une menace à la paix et à la sécurité mondiales et a demandé à tous les pays de s’opposer à cette idéologie raciste et impérialiste,

Considère que le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale. »

Depuis, le racisme et l’apartheid ont été carrément institutionnalisés en Israël, notamment avec la loi de juillet 2018 qui stipule explicitement que l’Etat d’israel est « l’Etat-Nation du peuple juif », mais sous la pression de nos gouvernements préférés, cette résolution a été abrogée…

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Iran 1979. Une révolution qui a ébranlé le monde

Posté par onsbouge le 10 février 2019

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Iran 1979. Une révolution qui a ébranlé le monde

 

Iran 1979. Une révolution qui a ébranlé le monde dans - HISTOIRE

19 janvier 1979. — Manifestation de force en faveur de la République islamique sur la place Shayad à Téhéran.
AP/Aristotle Saris

La chute du régime impérial de Mohammad Reza Chah Pahlavi en février 1979 fut longtemps considérée comme un accident. Dans le contexte de la guerre froide, le nouveau « régime islamique » aurait été une « erreur », hypermédiatisée par sa dimension religieuse. Quarante ans plus tard, la République islamique d’Iran est toujours là, et il faut se rendre à l’évidence : la révolution iranienne de 1979 fut une rupture profonde dans l’histoire des Iraniens, mais aussi dans le monde islamique et dans les relations internationales.

En se remémorant l’enchainement des faits, on prend la mesure de la profondeur complexe d’une révolution qui ne se résume pas à l’arrivée au pouvoir d’un ayatollah. Ce fut une vraie révolution, avec son cortège de morts, de crimes, d’injustice, de trahisons, mais aussi d’illusions, d’espoirs et l’émergence de nouveaux acteurs politiques que l’on n’attendait pas. La Savak, la CIA et le Mossad craignaient une révolution communiste, mais ce fut avant l’heure la première révolution de l’ère post-soviétique.

Tout a commencé par des poèmes

L’accession à la présidence des Etats-Unis en 1977 de Jimmy Carter, qui prônait le respect des droits humains fut déterminante pour libérer la parole. Le chah fut contraint de se montrer bon élève et de ne plus censurer ni emprisonner systématiquement les écrivains et les intellectuels libéraux ou de gauche. Le premier à oser parler haut et fort fut l’essayiste Hadj Seyyed Djavadi qui publia en mars 1977 une lettre ouverte au chah, demandant respectueusement plus de liberté. Il ne fut pas embastillé, ce qui déclencha dans tout le pays un printemps de liberté prudente, mais contagieuse.

Comme toujours en Iran, rien n’est possible si on ne peut pas l’exprimer par un poème. Dans sa jeunesse, le futur ayatollah Ruhollah Khomeiny publia d’ailleurs des poèmes en persan. C’est ainsi que l’Institut Goethe, le centre culturel allemand de Téhéran, organisa des soirées de poésies animées notamment par des auteurs « libéraux » comme Gholam Hossein Saedi ou proches du parti communiste Toudeh comme le poète Ahmad Shamlou, tous membres de l’Association des écrivains iraniens (kanun-e nevisandegân), alors interdite, mais active. Plusieurs centaines d’auditeurs le premier soir, des milliers les soirs suivants. La police, débordée n’osa pas réprimer. L’opposition au régime impérial a ainsi commencé par des poèmes, comme jadis Hafez de Chiraz s’était opposé aux Mongols. Quelques jours plus tard, le chah en visite officielle à Washington était violemment chahuté à l’initiative de la Confédération des étudiants iraniens. La dynamique de contestation politique directe était lancée, dominée par la « gauche », laïque, nationaliste et anti-impérialiste.

Ce fut « le printemps de Téhéran ». Tous les libraires, associations professionnelles, partis politiques plus ou moins interdits étalèrent sur les trottoirs les ouvrages de toute nature, censurés, mais conservés. Une gigantesque foire au livre dans le centre de Téhéran. L’hebdomadaire Ketâb-e jomeh (le livre du vendredi) fut le symbole emblématique et éphémère de cette époque où tous les espoirs de liberté semblaient permis, avec le soutien — au moins tacite — du tout-puissant parrain américain.

L’islam chiite rejoint la contestation

Le clergé chiite iranien a une longue expérience de contestation politique. Dans les années qui ont suivi la « Révolution blanche » octroyée en 1962 par le chah (réforme agraire, vote des femmes, instruction publique…) et l’expulsion vers l’Irak en 1963 du jeune ayatollah Khomeiny qui s’y était opposé, les jeunes militants religieux ou laïques cherchant à associer islam, identité iranienne et monde contemporain étaient de plus en plus nombreux et actifs.

La contestation idéologique était jusqu’alors dominée par les « libéraux religieux » du Mouvement de libération de l’Iran de Mehdi Bazargan, qui s’inscrivait alors dans la critique nationaliste et islamique du plagiat de la culture occidentale portée par l’essayiste Jalal Ahl-e Ahmad, auteur très populaire du pamphlet « Gharbzadegi » (La maladie de l’Occident). Dans les milieux religieux, la violence des Fedayan-e eslam, proches des idées des Frères musulmans, mais sans relations institutionnelles avec eux, fut alors dépassée par une dynamique intellectuelle qui a touché au plus profond une société toujours très intégrée à la culture chiite nationale.

Au début des années 1970, la jeunesse iranienne, qui fréquentait désormais en nombre les universités fut enthousiasmée par les conférences d’Ali Shariati (1933-1977) à l’hosseynieh (centre religieux) Ershad de Téhéran. Ce jeune philosophe formé en France fut sans conteste l’artisan le plus efficace des changements de mentalité qui ont abouti au succès populaire de la révolution de 1979. Dans ses nombreux livres et brillants discours, il promouvait l’idée d’un islam chiite acteur et non simple contestataire du changement social et politique. Shariati s’inspirait des intellectuels de gauche et les leaders des mouvements de libération nationale qu’il avait fréquentés à Paris dans les années 1960. Malgré la censure, cet « islam de gauche » pacifique, social, libéral et même anticlérical a connu un succès dans tout le pays. Au début de la révolution, les portraits du « docteur » Shariati, décédé en exil de façon suspecte, étaient d’ailleurs plus nombreux que ceux de Khomeiny.

Tous les leaders de la future République islamique ont baigné dans cette effervescence intellectuelle où l’on cherchait à dépasser le discours conservateur des nationalistes et laïques du Front national, la modération du Mouvement de libération de l’Iran, le quiétisme traditionaliste de l’immense majorité du clergé chiite, et la violence des groupes révolutionnaires marxistes.

Pour la CIA, le Mossad et la Savak, l’activisme des groupes révolutionnaires marxistes (Fedayins du peuple, Moudjahedines du peuple), sans base populaire, présentait un danger réel, mais moindre que la capacité de mobilisation du clergé chiite influencée par Ali Shariati, ou par l’ayatollah Khomeiny exilé en Irak. Ce dernier semblait se rapprocher non plus des libéraux nationalistes, mais des « forces de gauche » et anti-impérialistes. Ce nouvel islam politique restait analysé comme une menace qui ne pouvait profiter qu’à l’Union soviétique. Le chah décida donc de s’attaquer directement à l’ayatollah Khomeiny, dans un article insultant publié le 7 janvier 1978 par son ministre de l’information. Erreur fatale : on ne peut pas traiter ainsi un dignitaire religieux. Ce fut le début de la révolte du clergé chiite avec ses milliers de mollahs, ses réseaux, ses mosquées, ses moyens financiers, son emprise morale et culturelle sur l’immense majorité de la population. Une première révolte fut réprimée dans le sang à Qom le 18 février 1978. S’ensuivirent tous les quarante jours, selon la tradition chiite du deuil, de nouvelles émeutes violemment réprimées par l’armée à Tabriz, Yazd, Téhéran, Ispahan.

L’incendie du cinéma Rex d’Abadan (19 aout 1978, 420 morts) imputé à la Savak, échauffa encore plus les esprits alors que commençait le mois de ramadan. Chacun pouvait s’identifier avec les combats et le martyre de l’imam Hussein, dont l’histoire est ancrée dans la culture populaire iranienne. Le gouvernement du chah était totalement dépassé. Il prit quelques mesures libérales, libéra des prisonniers politiques, mais l’armée était partout dans les rues.

La foule prend la rue

La révolte devint révolution le 4 septembre 1978, jour d’Eid-e Fetr, la fin du ramadan. Sous la direction de l’ayatollah Mahmoud Taleghani, le très populaire imam du vendredi de la capitale, une foule immense et pacifique défila du nord au centre de Téhéran. Les soldats qui avaient renoncé à tirer sur la foule furent couverts de glaïeuls. Le chah fit le choix de la répression. Il proclama la loi martiale dans onze villes, et le lendemain matin, vendredi 8 septembre, place Jaleh à Téhéran, l’armée ouvrit le feu sur la foule. Ce fut le « vendredi noir ». Quelques jours plus tard, un tremblement de terre détruisait la ville de Tabas. Signe de la colère des dieux.

Plus rien de va. Tout le pays manifeste et se met en grève : raffineries, grandes usines, bazar, écoles, université, radio, télévision, fonctionnaires, tandis que depuis son exil à Nadjaf, l’ayatollah Khomeiny, désormais en contact permanent avec la hiérarchie religieuse de Qom appelle à la destitution du chah.

À la demande du chah, le gouvernement irakien expulse le dignitaire religieux qui s’installe le 6 octobre 1978 en France, à Neauphle- le-Château, devenue immédiatement la capitale de la contestation iranienne. Du monde entier, les opposants au régime impérial, islamistes, gauchistes, marxistes, libéraux, nationalistes, aventuriers, tous reconnaissent l’ayatollah Khomeiny comme un leader providentiel capable de conduire le consensus révolutionnaire avec toutes ses contradictions.

La médiatisation de cette « République de Neauphle » est unique dans l’histoire. Des centaines de journalistes couvrent en direct cette situation dramatique et spectaculaire. La BBC en persan, écoutée sur ondes moyennes, tient informés tous les Iraniens. Le réseau des religieux permet la diffusion clandestine des discours de Rouhollah Khomeiny enregistrés sur des milliers de mini-cassettes audio — le top de la modernité à cette époque.

Mais c’est en Iran que s’impose le nouveau rapport de force. Les incidents et les morts sont quotidiens, mais le gouvernement ne contrôle plus rien. Le 5 novembre le centre de Téhéran est livré aux émeutiers. Banques et débits de boisson alcoolisée sont saccagés. Le chah fait alors une nouvelle tentative d’ouverture. Il nomme le général Gholam Reza Azhari premier ministre, libère la plupart des leaders politiques, engage des négociations, fait arrêter de hautes personnalités, dont l’ancien premier ministre Abbas Hoveyda. En vain.

Le 2 décembre commence le mois de deuil de moharram. La loi martiale et le couvre-feu interdisent les manifestations, mais à l’appel de Khomeiny, des millions d’Iraniens, marxistes, libéraux, anonymes, ou religieux, dans toutes les villes et villages d’Iran, montent sur les terrasses à la nuit tombée et crient « Allah-o akbar ». Impressionnant et irréversible.

Le tournant de la Révolution iranienne eut lieu les 10 et 11 décembre 1978, jours de Tasu’a et Achoura, célébrant le martyre de l’imam Hussein. Une foule de plusieurs millions de personnes, probablement la plus grande mobilisation populaire de l’histoire, manifesta dans les grandes avenues de toutes les villes. À Téhéran, les chars et l’armée s’étaient retirés. Sous la direction des ayatollahs Taleghani (de Téhéran) et Shariat Madari (de Qom), et de Karim Sandjabi (du Mouvement de libération de l’Iran), mais aussi de l’ayatollah Mohammad Beheshti qui représentait Khomeiny à Téhéran, la foule innombrable a changé les noms des rues et défilé de la place de l’imam Hussein à celle de la Liberté en passant par l’avenue de la Révolution… Les femmes de milieux populaires en tchador noir de cérémonie n’étaient pas les dernières à crier « À bas le chah », « Khomeiny est imam », et surtout « Indépendance, liberté, République islamique », la future devise de la République islamique. Ce jour-là la foule — le peuple ? — a pris la rue et ne l’a plus rendue. Le régime impérial était de fait renversé.

Le clergé et ses alliés prennent le pouvoir

Entre l’enthousiasme populaire des rues d’Iran et l’utopie du consensus révolutionnaire de Neauphle-le-Château, la rivalité est évidente. La débâcle du régime impérial surprend tout le monde et inquiète.

Les dignitaires du régime impérial et leur famille quittent en masse le pays et aucun mouvement populaire ne vient soutenir le chah. Le leader nationaliste Chapour Bakhtiar est nommé premier ministre le 28 décembre, mais ni lui ni les membres de son gouvernement ne pourront entrer dans leurs ministères en grève.

Les grandes puissances qui avaient fait du régime impérial le « gendarme du Golfe » et leur principal allié contre l’URSS ont enfin compris que le changement politique était inéluctable. Des contacts ont lieu entre l’ambassadeur américain William Sullivan et les proches de Khomeiny. Abandonné de tous, Mohammad Reza Pahlavi quitte son pays le 16 janvier 1979.

Le retour en Iran de l’ayatollah Khomeiny est alors une évidence que le gouvernement de Chahpour Bakhtiar ne peut plus empêcher. L’arrivée triomphale le 1er février du dignitaire religieux devenu leader in absentia d’une révolution populaire marque le commencement de la fin du consensus révolutionnaire. La foule innombrable est désormais encadrée par les « comités d’accueil de l’imam Khomeiny » qui deviendront quelques jours plus tard les « comités révolutionnaires ». Le 5 février, l’imam nomme Mehdi Bazargan premier ministre, puis le dernier gouvernement impérial disparait presque sans coup férir après la révolte des militaires les 9-11 février et la déclaration de neutralité de l’armée impériale.

L’Iran est alors au bord du chaos. Les pénuries sont de plus en plus grandes, l’insécurité augmente, toutes les idéologies, toutes les publications, les discours les plus contradictoires irriguent une vie quotidienne et politique dont on ne voit pas l’issue. On craint les vengeances, les règlements de comptes, la menace d’une invasion soviétique ou d’un coup d’État des Américains comme en 1953 contre Mohammad Mossadegh.

« Vox populi, lex dei »

Le clergé chiite, avec son nouveau leader, l’ayatollah (désormais appelé imam) Khomeiny s’impose alors assez facilement comme la seule force vraiment capable d’éviter une guerre civile. La culture islamique traditionnelle envahit la vie quotidienne, surtout celle des femmes, mais pour les libéraux, les technocrates, les nationalistes, les socialistes et une grande partie de la nouvelle bourgeoisie moyenne qui s’était détournée du chah, ce « Gouvernement du Guide » (velayat-e faghi) est un moindre mal qui ne saurait durer. On connait la suite.

Quarante ans ont passé. On ne saurait expliquer ici les raisons complexes de cette longévité, mais constater simplement que l’Iran actuel, tout en restant fidèle à sa longue histoire, a peu de points communs avec l’Iran des Pahlavi. C’est un système politique, social, culturel nouveau, issu d’une révolution complexe qui reste vivante et ne se résume pas à l’islam politique.

À l’intérieur du pays, le principal changement est peut-être l’émergence d’une nouvelle bourgeoisie moyenne d’origine populaire et donc de culture islamique où les femmes ont pris une place jusqu’alors inconnue. C’est la foule qui a renversé le chah. Les Iraniens sont devenus républicains et continuent d’exiger l’indépendance, la liberté et la république, sans renier l’islam.

À l’extérieur, la révolution iranienne puis la création de la République islamique d’Iran ont suscité une peur souvent irrationnelle. La « menace iranienne » était multiforme : les Occidentaux craignaient la menace soviétique sur le pétrole du golfe Arabo-Persique, les despotes et monarchies voisines avaient peur d’une République où la foule exigeait la liberté et les droits humains, en Israël on perdait un allié et dans le monde musulman dominé par les monarchies sunnites on redoutait la révolte des minorités chiites. Une fois encore, l’Iran a été un laboratoire politique et social pour les pays du Proche-Orient, et en a payé le prix fort.

Bernard Hourcade

Géographe, directeur de recherche émérite au CNRS, il a dirigé l’Institut français de recherche en Iran (1978-1993) et l’équipe de… (suite)


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#LeBilletAJean #8février1962 #Charonne – Comment la police peut-elle tuer en toute innocence ?/ LBAJ #25

Posté par onsbouge le 9 février 2019

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#LeBilletAJean #8février1962 #Charonne

Comment la police peut-elle tuer en toute innocence ?/ LBAJ #25

8 février 1962, les 9 morts de Charonne nous apprennent de notre histoire cgt que la Ve république est née dans un bain de sang, et que sa police est son argument… massu

Info’Com-CGT
Ajoutée le 8 févr. 2019


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MOTION DE SOLIDARITE A ANNIE LACROIX-RIZ

Posté par onsbouge le 9 février 2019

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PRCF Initiative Communiste

MOTION DE SOLIDARITE A ANNIE LACROIX-RIZ

LE COMITE CENTRAL DU PÔLE DE RENAISSANCE COMMUNISTE EN FRANCE (PRCF) APPORTE SON SOUTIEN FRATERNEL A ANNIE LACROIX RIZ, HISTORIENNE EMERITE ET MILITANTE FRANCHEMENT COMMUNISTE, CIBLE D’UNE HONTEUSE ATTAQUE ANTI-COMMUNISTE DIFFAMATOIRE

8 février 2019

Au nom du comité central du PRCF réuni le 3 février 2019, le secrétariat national du Pôle apporte sa pleine solidarité politique et amicale à la camarade Annie Lacroix-Riz, professeur émérite à Paris-VII, historienne connue nationalement et internationalement pour ses recherches en histoire contemporaine, son exercice intransigeant de la méthode scientifique en histoire, sa dénonciation implacablement argumentée de Vichy et de la collaboration, son engagement sans faille contre le négationnisme historique, contre la fascisation et l’euro-dissolution de la République. Depuis trop longtemps, ces engagements scientifiques et civiques courageux valent à notre camarade Annie la haine flatteuse des réactionnaires, des falsificateurs de l’histoire et de toute une fausse gauche pataugeant dans l’anticommunisme, l’euro-atlantisme belliciste, le carriérisme, pratiquant l’amalgame odieux « communisme = fascisme » et s’adonnant à une forme d’euro-maccarthysme qui usurpe et dévoie le noble titre d’antifasciste.

Dans ces conditions, il est scandaleux de constater que certaines officines de « formation » qui se réclament de la confédération CGT pratiquent les amalgames les plus répugnants pour tenter de diffamer et de marginaliser notre camarade alors que, depuis toujours, A. Lacroix-Riz, petite-fille de Benjamin Arbessmann, déporté et assassiné à Auschwitz, est une militante communiste irréprochable, une syndicaliste de lutte présente sur tous les fronts, une ennemie irréconciliable du fascisme, de l’extrême droite et de l’antisémitisme. Au-delà de la personne d’Annie, les diffamateurs veulent torpiller le débat démocratique et le libre échange d’idées au sein de la CGT ; ils veulent aussi criminaliser indirectement tous ceux qui, à l’exemple d’Annie, luttent pour le retour à une orientation syndicale combative de lutte de classes et qui refusent l’assujettissement de la Confédération à ces courroies de transmission « syndicales » du MEDEF et de l’UE que sont, en France, la CFDT, et en Europe, la Confédération européenne des syndicats. Déjà à l’automne 2017, ces mêmes milieux social-maccarthystes (syndicalistes en paroles, mais euro-maccarthystes en pratique !) avaient prétendu exclure des cortèges syndicaux les syndicalistes favorables au Frexit, sordidement assimilés à l’extrême droite par un obscur texte confédéral : amalgame d’autant plus mensonger qu’un nombre croissant de militants CGT se prononcent pour un Frexit PROGRESSISTE ET INTERNATIONALISTE et qu’à l’inverse, Marine Le Pen annonce que la France restera arrimée à l’UE et à l’euro si le RN arrive au pouvoir !

Alors que toutes les forces de la CGT et de la FSU devraient être mobilisées pour défendre les syndicalistes de classe et les Gilets jaunes réprimés, licenciés, radiés, mutilés, embastillés par l’Etat policier macroniste, par le grand patronat et par sa « justice » de classe, il est extrêmement inquiétant de voir se développer dans la CGT et dans d’autres syndicats les prémices d’une chasse aux sorcières contre les militants jugés trop rouges. Cette orientation de division ne peut qu’affaiblir la CGT, que la pousser encore davantage vers l’euro-réformisme destructeur qui a déjà tant nui à la CGT, aux travailleurs et à la souveraineté de la nation.

Certes, le PRCF se réjouit que, prenant acte de la protestation de très nombreux militants, Philippe Martinez ait désavoué les chasseurs de sorcières et qu’il ait adressé une lettre d’excuses publique à Annie ; mais il n’en est que plus scandaleux que, passant outre ce désaveu public, certains milieux pseudo-syndicalistes aient aussitôt contre-attaqué en intensifiant, comme si de rien n’était, la campagne de calomnies contre Annie Lacroix-Riz, et désormais aussi contre Maxime Vivas, directeur du site Le Grand Soir.

Plus que jamais le PRCF ripostera, non seulement en soutenant fermement notre camarade, en appelant les organisations franchement communistes, progressistes, antifascistes, à diffuser les écrits historiques d’Annie, en apportant un appui plus résolu encore à la bataille d’idées pour la renaissance du syndicalisme de classe et de masse, mais en invitant un maximum de syndicalistes de terrain à participer fraternellement aux débats sur le Frexit progressiste que le PRCF se propose de susciter et d’organiser dans notre pays.

Pour le Comité central du P.R.C.F.
Léon Landini, président de l’Amicale des anciens FTP-MOI du bataillon Carmagnole-Liberté, Médaille de la Résistance, Officier de la Légion d’honneur, Grand Mutilé de Guerre, président du PRCF –Pierre Pranchère, anc. maquisard FTPF, anc. député de Corrèze, anc. membre du CC du PCF, anc. député européen, vice-président du PRCF – Jean-Pierre Hemmen, fils de Fusillé de la Résistance et combattant des Brigades internationales d’Espagne, responsable de la commission histoire/mémoire de la Revue Etincelles – Georges Gastaud, philosophe, secrétaire national du PRCF, fils de Résistant décoré par la France, la Pologne populaire et les Etats-Unis – Vincent Flament, rédacteur en chef d’Initiative Communiste – Fadi Kassem, membre du secrétariat du PRCF, agrégé d’histoire – Jo Hernandez, responsable de la commission luttes du PRCF – Antoine Manessis, responsable international du PRCF, fils de Résistants communistes – Aymeric Monville, philosophe, éditeur – Annette Mateu-Casado, trésorière nationale du PRCF, fille de Républicains espagnols communistes et résistants – Christophe Pouzat, neurobiologiste, responsable adjoint des relations internationales du PRCF – Jany Sanfelieu, secrétaire à l’organisation du PRCF, fille de combattant républicain antifasciste de la Guerre d’Espagne – Gilliatt de Staërck, conducteur d’autocar, secrétaire national des JRCF –

S’associent à cette protestation : Marie-Claude Berge, Benoit Foucambert, Marc-Olivier Gavois, Gilda Landini-Guibert, Nathalie Sage-Pranchère, professeurs d’histoire-géographie.


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Voir également   La lettre de Annie Lacroix-Riz à Philippe Martinez contre la nouvelle campagne diffamatoire menée par Pascal Debay

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