L’assistanat des riches nous coûte un « pognon de dingue » !

Posté par onsbouge le 5 décembre 2018

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FRONT SYNDICAL DE CLASSE

L’assistanat des riches nous coûte un « pognon de dingue » !

Publié le 5 décembre 2018 par FSC

REPRIS du site FVRPCF

Jean Gadrey : Professeur honoraire d’économie à l’Université Lille 1

 

L’assistanat des riches nous coûte un « pognon de dingue » ! dans - DROITS ob_07138a_gadrey

 

L’aide sociale et les minima sociaux coûtent environ 70 milliards d’euros par an aux finances publiques, soit 3 % du produit intérieur brut (PIB). Ces prestations contribuent de façon décisive à réduire la pauvreté et les inégalités.

Face à cela, le coût de « l’assistance aux plus riches » pourrait être de l’ordre de 150 milliards d’euros par an hors fraude et évasion fiscales, et de l’ordre de 250 à 300 milliards au moins en incluant ces deux derniers coûts, comme le développait un billet de blog récent. Avec comme impact certain un creusement des inégalités et en particulier un enrichissement devenu indécent des très riches : les 500 individus les plus riches gagnent en moyenne 1 670 fois plus que la moyenne des plus pauvres. Je précise : 1 670 fois plus, après impôts.

Le coût de « l’assistance aux plus riches » pourrait être de l’ordre de 150 milliards d’euros par an hors fraude et évasion fiscales

On peut retenir trois grands postes de « cadeaux » aux plus riches. Chacun d’eux a été développé et amplifié par étapes depuis le milieu des années 1980. C’est aussi depuis ce moment que les inégalités, qui avaient nettement reculé depuis 1900 et au cours des « Trente Glorieuses », ont repris une tendance à la hausse. Cette dernière s’est certes avérée moins forte qu’aux Etats-Unis, mais elle est néanmoins nette, comme l’indique entre autres constats l’évolution de la part du revenu des ménages « accaparée » par les 1 % les plus riches :

La concentration de la richesse repart à la hausse depuis les années 1980

Niches fiscales et niches sociales

Le premier des principaux postes de « coûts de l’assistance aux riches » est constitué des niches fiscales et des « niches sociales » (réductions ou exonérations de cotisations sociales). Certaines répondent à des objectifs d’intérêt général, comme les réductions d’impôt pour les dons aux associations ou pour des travaux d’isolation. D’autres bénéficient avant tout aux personnes plus riches et ne peuvent pas être considérées comme justes. D’autres vont aux entreprises, comme des crédits d’impôt ou des exonérations de cotisations sociales. Ces dernières sont le plus souvent défendues au nom de l’intérêt général (l’investissement, l’emploi, etc.) mais quand elles remplissent mal, ou pas du tout, ces missions, elles ne font que grossir les bénéfices non réinvestis et les dividendes et, in fine, c’est principalement dans la poche des riches qu’on les retrouve.

Le modèle social français est bel et bien efficace

Si on estime, en étant « modestes », que la moitié des quelque 200 milliards de niches fiscales et sociales relève de l’intérêt général, le reste est du cadeau sans contrepartie

Un rapport parlementaire de 2010estimait que les « niches » accordées depuis 2000 représentaient un total de 100 à 120 milliards d’euros de pertes de recettes fiscales à la fin de cette décennie. Si on y ajoute les gros morceaux ajoutés en 2014, l’impôt compétitivité emploi (Cice) et le pacte dit de responsabilité, on doit approcher les 150 milliards d’euros de niches fiscales. Il faut y ajouter les « niches sociales », estimées par Le Monde à 52 milliards de coût pour la Sécu. Si on estime, en étant « modestes », que la moitié des quelque 200 milliards de niches fiscales et sociales relève de l’intérêt général, le reste est du cadeau sans contrepartie.

Une fiscalité de plus en plus douce

Le deuxième gros poste correspond à la forte baisse de la fiscalité des plus riches et des entreprises depuis une trentaine d’années. On peut estimer à 50 milliards d’euros au moins (voir ici ) le cadeau fiscal accordé aux riches, par rapport aux taux, seuils et tranches qui existaient encore au milieu des années 1980, pour l’impôt sur le revenu et pour l’impôt sur les sociétés, et par rapport aux normes de 2000 pour l’impôt sur les successions et donations.

A ce stade, le montant atteint 150 milliards d’euros de coûts publics de l’assistance aux riches, plus de deux fois les aides sociales destinées aux plus pauvres et précaires. Mais il reste une troisième rubrique, qui concerne l’évasion fiscale et la fraude fiscales, qu’il semble légitime d’assimiler à des « cadeaux » aux plus riches dans la mesure où il est certain que des politiques publiques déterminées pourraient mettre fin à – ou réduire dans de fortes proportions – ce que certain.e.s militant.e.s nomment « du vol en bande organisée ».

Au moins 100 à 150 milliards par an
La fraude fiscale « nationale » peut se distinguer de l’évasion, bien qu’une bonne partie de l’évasion fiscale à l’étranger soit frauduleuse. Pour la seule évasion à l’étranger, les estimations prudentes la situent généralement entre 60 et 80 milliards d’euros par an.

Il semble bien que la magie opère quand il s’agit d’argent allant vers le haut

Dans un billet de juin 2017 qui s’appuyait sur une expertise de Gérard Gourguechon, je posais la question : « Fraude et évasion fiscale en France : 200 milliards par an  ?
1 Sur cette base, on peut estimer que le coût annuel de l’évasion et de la fraude fiscales est compris entre 100 et 150 milliards par an, sans être excessif.

Emmanuel Macron prétend qu’il n’y a pas d’argent magique, mais il semble bien que la magie opère quand il s’agit d’argent allant vers le haut.


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Segrégation croissante des sexes dans les universités israéliennes

Posté par onsbouge le 27 novembre 2018

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CAPJPO – EuroPalestine

Le quotidien israélien Haaretz s’émeut des décisions du ministère israélien de l’éducation supérieure qui va de plus en plus loin dans la séparation des hommes et des femmes au sein des universités, pour répondre aux exigences des Juifs ultra-orthodoxes.

Segrégation croissante des sexes dans les universités israéliennes dans - DISCRIMINATION - SEGREGATION - APARTHEID - RACISME - FASCISME

Dans on éditorial, le quotidien s’alarme d’une ségrégation croissante dans les campus, au détriment des étudiantes, ces cinq dernières années.

« Sous la houlette notamment du ministre d’extrême-droite de l’Education Naftali Bennett, on est en train de rendre invisibles les étudiantes dans les campus », écrit Haaretz.

La ségrégation, qui a d’abord touché les salles de classes, est en train de s’étendre à l’ensemble des activités au sein des campus, avec des jours et des heures différents affichés pour chaque sexe.

« Il y a fort à parier que cette tendance visant à « attirer davantage d’hommes orthodoxes vers l’enseignement supérieur », se développe ensuite dans les autres secteurs de la société, et notamment les lieux de travail », estime le journal qui appelle à s’opposer à ces mesures sexistes.

La correspondante de Libération à Jérusalem exposait également ces deniers jours
dans un article intitulé « La ségrégation hommes femmes s’étend en Israël », les conséquences déjà visible de cette ségrégation.

« Une organisation pour le don d’organes a également préféré faire disparaître les portraits de femmes de la mosaïque de visages qui accompagne ses publicités. Dans certains quartiers religieux de Jérusalem, les affiches représentant le beau sexe sont en effet souvent arrachées, poussant les annonceurs à l’autocensure dans une ville où un quart des habitants se définissent comme des juifs ultra-orthodoxes. »

Ces dernières années, les femmes sont de plus en plus marginalisées dans ce pays qui se présente comme une exemple de « libération sexuelle », notamment pour les gays.

Et pas seulement à Jérusalem.

« L’armée, dans laquelle les jeunes Israéliennes effectuent deux ans de service obligatoire, est particulièrement touchée en raison du nombre croissant d’officiers religieux. Les incidents se sont multipliés ces derniers mois : des cadets ont quitté un séminaire parce que des soldates y chantaient – ce qui est considéré comme impur par certains religieux radicaux -, les femmes ont été séparées des hommes lors de plusieurs cérémonies militaires et des officiers religieux ont demandé que les soldates ne soient plus intégrées dans les unités de combat mixtes », témoigne Delphine Matthieussent dans Libération.

Israël est d’ailleurs passé, entre 2007 et 2011, de la 36e à la 55e position du Global Gender Gap Index, publié par le Forum économique mondial, qui mesure les différentiels hommes-femmes dans 135 pays.

Cette année, Israel, « grand modèle de civilisation », se classe derrière la Mongolie, le Kirghizistan et la Namibie.

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Cette photo n’est pas prise en Arabie Saoudite, mais en Israel…

Source : www.haaretz.com et Libération

CAPJPO-EuroPalestine


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« Sexe, race et colonies » : le livre-corps souillé

Posté par onsbouge le 18 novembre 2018

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ORIENT XXI

Tribune

« Sexe, race et colonies » : le livre-corps souillé

Sexe, race et colonies, somme écrite par un groupe d’historiens spécialistes du champ colonial et illustrée de 1200 photos et images à connotation sexuelle et faisant la part belle au corps de la femme « indigène » dévêtue, a suscité dès sa parution une vive polémique. Quand pour certains cette entreprise devrait servir à éveiller les consciences sur les crimes coloniaux, pour d’autres, comme Leila Alaouf, il ne fait que reproduire les assignations raciales coloniales.

« Sexe, race et colonies » : le livre-corps souillé dans - DISCRIMINATION - SEGREGATION - APARTHEID - RACISME - FASCISME

Mettre en évidence « l’objet du crime » en accompagnant les analyses historiques de photos de propagande coloniale. C’est ainsi que se justifie Pascal Blanchard qui a dirigé l’ouvrage historique Sexe, race et colonies, aux côtés de Nicolas Bancel, Gilles Boetsch, Christelle Taraud et Dominic Thomas. Sa publication a suscité à la fois admiration et indignation. Le manuel fait le tour non exhaustif des colonisations d’Afrique et d’Asie, et a le mérite d’inclure des territoires souvent oubliés dans les analyses d’histoire coloniale, dont, par exemple, le Proche-Orient. On soulève l’évocation de la Turquie, avec laquelle l’Europe développe des échanges fréquents à partir du XIXe siècle. C’est en grande partie de ces interactions que se nourrissent les versions occidentales, mais orientalisantes de l’almée1 ou de Shéhérazade. Plus globalement, les auteurs auscultent une large période qui s’étend du XVe à la fin du XXe siècle.

Qui dirige quoi ?

Plutôt que de commenter le contenu des textes qu’il propose, il semble incontournable de jeter un œil sur ce livre en tant qu’objet témoin. De quoi témoigne-t-il ? « Montrer l’indicible », se défend Pascal Blanchard, directeur de publication. Mais pour qui l’indicible l’est-il ? La colonisation et les crimes sexuels qui en ont découlé ont cela d’historiquement singulier qu’ils n’ont jamais été indicibles. Le métissage né des viols d’esclaves, les dévoilements sur la place publique, les exotismes sexuels dits « artistiques » directement inspirés des corps des femmes et des hommes racisés ont toujours dit la violence coloniale. C’est ce qui fait la morbidité de ce type de crime : l’impunité assumée, au vu et au su de toutes et tous. Alors à qui sont adressées ces photos qui saturent les analyses, souvent riches, des experts ? Et sans détour, osons : pourquoi la direction d’un tel ouvrage est-elle assurée exclusivement par des historiens « blancs »2 ? Étonnant pour une démarche de publication qui traite de la domination.

Qu’est-ce qu’un livre sinon un corps, tant il dit et fait dire, porte les marques ou les fait porter, s’immisce ou est immiscé. Et qu’est-ce que le viol sinon l’intrusion sans consentement sur/dans l’espace d’un corps ? Intrusion pour l’objet photographié et intrusion pour celui qui l’observe. L’insertion sans bruit de milliers de photographies dans un ouvrage, c’est bien le choix solitaire et autocratique qu’a fait Pascal Blanchard en envoyant les photographies en question la veille de la publication du livre. Une décision qui a surpris plus d’un de ses collaborateurs ainsi que l’éditeur. L’historien se justifie en comparant la publication de ces photos à celles des camps d’extermination : « C’est le même débat qui a été fait quand des images de la Shoah ont été montrées pour la première fois »3. Cette mise en miroir a quelque chose de surprenant venant d’un historien. Car si l’extermination des juifs d’Europe a effectivement été perpétrée à huis clos, mais est finalement arrivée à la connaissance de tous et de toutes, l’exploitation sexuelle des colonisés, elle, ne s’est jamais faite sous la table. Aujourd’hui encore, elle trône dans nos littératures, nos productions cinématographiques et télévisées, nos peintures et photographies françaises. Elle n’a jamais cessé d’être dite par les concernés.

Qu’est-ce que la colonie sinon un trou bizarre, un complexe paradoxal dont l’une des caractéristiques est de fournir, à ceux et celles qui le désirent, un angle absolument direct sur le sexe, ce grand imaginaire d’objets dont le propre est d’éveiller le désir ? On rentre dans la colonie comme on tombe dans une trappe, d’un corps à l’autre […].

Achille Mbembe ne pensait pas si bien dire dans sa préface. Un angle direct sur le sexe, une trappe, et finalement : un piège. Ce sont les mots prédicteurs de l’écrivain. On tombe dans ce livre comme on tomberait dans une trappe. On commence à lire les analyses avant de se rendre compte que les images absorbent tout le champ visuel. Face à elles, on en vient à se poser quelques questions qui cristallisent ce malaise.

De la violence distrayante ?

Toutes et tous, ne sommes pas en position de représenter. La représentation est, en tant que telle, un pouvoir du dominant sur le dominé, qu’il s’agisse de domination de genre, de race ou de classe, elle est le propre de celles et ceux qui sont au sommet de la pyramide hiérarchique. L’action même de (re)présenter « positivement » ou « négativement » l’autre est la preuve en action d’un rapport de force. Dès lors, toute représentation, méliorative ou non, a forcément des effets conséquents. Inévitablement, là où il y a représentation, il y a domination du sujet représenté.

C’est une promenade imagée qu’offre cet ouvrage. On ne sait plus trop si ce sont les images qui illustrent le texte ou si c’est le texte qui illustre les images. Si ces dernières sont d’une rare violence, elles prennent des allures de fond sonore tout le long du livre, tant elles sont invasives et assommantes. Un zoo illustré, c’est ce qui vient à l’esprit. Les photographies à caractère pornographique échouent à se transformer en documents historiques testimoniaux, et ce, pour une simple raison : elles sont déballées sans mesure, sans avertissement et sans analyse, comme on déballerait des tapis sur le marché.

Et parlant d’avertissement, quid de la prise en compte de la violence de ces images pour les lectrices et lecteurs concernés ? Scènes de viol(s), fellations, harem, pénétration avec des objets, femmes nues ; tout y passe et on imagine l’effet émotionnel que peuvent engendrer ces représentations pour des personnes non prévenues. Et je me permets de faire une critique plus personnelle, en tant que femme et non blanche : ces milliers de photographies ont été pour moi une pollution visuelle terrible et chacune d’entre elles a engendré des haut-le-cœur. En ne prévenant pas les lecteurs et lectrices (ni les collaborateurs de l’ouvrage) que de telles images seraient massivement insérées, la direction du livre force le passage. Elle est intrusive. Elle impose une représentation imagée et dénigre aux uns comme aux autres la possibilité du consentement. Finalement, ces historiens dénient une nouvelle fois la pudeur aux corps colonisés. « A-pudiques », c’est ainsi qu’ont toujours été représentés les colonisés, comme nous le rappellent Jean-Noël Ferrié et Gilles Boetsch dans l’ouvrage.

Souillure du corps, souillure du livre

La souillure, c’est ce qui engorge le texte et compromet cette publication. La notion de souillure (de pollution) selon la définition de Mary Douglas4 fait référence au désordre, à ce qui n’est pas à sa place et qui devient une déviance à l’ordre établi ou au système. Les interdits sont les contours de ce dernier. Ils sont les délimitations d’une société donnée. Par définition, la souillure appartient donc à la marge, à ce qui ne fait pas partie de la société, selon la sociologue.

La souillure est également au centre des représentations de l’imaginaire collectif sur les femmes maghrébines ou arabes. Créer des souillures, c’est rappeler qu’il existe un ordre établi, notamment quand ce dernier est fragilisé. Dans un entretien filmé pour Le Média, Pascal Blanchard, également auteur du documentaire Sauvages. Au cœur des zoos humains (avril 2018) explique à leur propos : « À partir du XIXe siècle, le monde commence à être découvert. On commence à découvrir de nouvelles populations. » En une phrase, l’historien cristallise le malaise qui gravite autour de la publication de l’ouvrage : le monde ne découvre pas. Ce sont les Européens qui découvrent de nouvelles populations, tout comme les images qui surplombent Sexe, race et colonies enfoncent des portes ouvertes. Mais en se réappropriant un travail déjà existant et en se présentant comme une voix scientifique exclusive, la direction du livre contribue à invisibiliser les collaborateurs non blancs de ce travail collectif. Qu’est-ce la colonisation, sinon la domination des corps et son appropriation ?

On a vu ces dernières années s’affirmer un intérêt renouvelé pour les figures de Shéhérazade et de son pendant contemporain, la « beurette ». Elles représentent la souillure coloniale dans la mesure où il s’agit d’imaginaires créés autour des femmes colonisées et sur lesquelles ces dernières n’ont aucun contrôle. Ces représentations prennent initialement naissance sur les corps des femmes turques et arabes que l’on a voulu apprivoiser et qui ont fini par retentir sur toutes les femmes du Maghreb et du Proche-Orient. La confusion constante entre Orient et Afrique du Nord qui est maintenue par les milieux scientifiques et historiens nous renvoie à cette uniformité supposée des corps colonisés.

Ici, le livre est un corps qui n’appartient visiblement pas de la même manière à la direction et aux contributeurs non blancs : ils n’ont pas eu leur mot à dire au sujet des milliers de photos ajoutées aux textes. La souillure du livre-corps reproduit dans un contexte scientifique la trivialité dominante et nous rappelle à une évidence trop vite oubliée : les meilleures intentions ne se cachent pas toujours derrière l’oiseau qui chante le plus fort.

Leila Alaouf

Journaliste, auteure du blog Grincement et militante féministe. Lettres, genre et post-colonisation sont ses sujets de recherche et… (suite)


Publié par ORIENT XXI
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Le combat des prisonnières palestiniennes détenues à Hasharon

Posté par onsbouge le 8 novembre 2018

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ISM-France

Palestine occupée – 7 novembre 2018

Le combat des prisonnières palestiniennes détenues à Hasharon

Par Centre d’information sur la Résistance en Palestine

Elles représentent l’honneur de la nation, elles souffrent, elles endurent, elles font face et tiennent bon. Les prisonnières palestiniennes détenues dans la prison de Hasharon refusent de se rendre dans la cour de la prison, où les caméras de l’occupation les surveillent. Elles tiennent à leur dignité. Ni la colère, ni la menace des sionistes ne change quoi que ce soit.

Le combat des prisonnières palestiniennes détenues à Hasharon

Pendant près de deux mois, les prisonnières acceptent de ne pas voir le soleil, luttant contre l’arbitraire de l’occupant. Finalement, les sionistes mettent leur menace à exécution. Les prisonnières vont être transférées vers la prison de Damon, prison qui a été rouverte dès le début de l’Intifada al-Quds pour enfermer les combattantes de la liberté, ce qui signifie que la prison de Damon va être surpeuplée, que les prisonnières vont souffrir et ne pas avoir de place dans les cellules pour s’étendre. Malgré ces menaces mises en exécution, les combattantes palestiniennes de la liberté ne plient pas. Après la victoire de Khodr Adnane contre le geôlier sioniste, en menant la grève illimitée de la faim, une leçon de dignité pour toute la nation.

Source : CIREPAL


Publié par ISM-France
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Les photos des femmes victimes de Pittsburgh absentes de médias juifs religieux

Posté par onsbouge le 6 novembre 2018

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CAPJPO – EuroPalestine

Quand on parle d’intégrisme ou de la situation de la femme on ne s’émeut curieusement que des pratiques de certains musulmans. Or les intégristes juifs qu’ils soient en Israël ou aux USA ne sont pas mal non plus : ainsi, la couverture d’un hebdomadaire hassidique basé à New York présente un hommage aux 11 personnes tuées dans le massacre de la synagogue de Pittsburgh, mais en ne publiant que les photos des hommes !

Les photos des femmes victimes de Pittsburgh absentes de médias juifs religieux dans - ECLAIRAGE - REFLEXION

« Les lecteurs qui n’appartiennent pas à la communauté juive hassidique sont indignés par cette « omission » des femmes, vivantes et mortes, dans les médias orthodoxes haredi. Une manchette de Forward indiquait que les trois victimes – Bernice Simon, Joyce Fienberg et Rose Mallinger – avaient été « gommées ».

Mais pour le rédacteur en chef de Di Tzeitung, cela fait partie du mode opératoire standard. « Les lois juives sur la pudeur sont une expression du respect pour les femmes, pas l’inverse », argumente-t-il.

Un autre journal haredi, Hamodia, a également pour politique de ne pas publier de photos de femmes. Il a offert une large couverture de la fusillade de la synagogue sur son site Web, mais a choisi des images qui ne mettaient pas en scène des femmes, y compris pour celle d’un mémorial de fortune devant la congrégation Tree of Life.

Plus tôt cette année, dans un éditorial paru dans le Times of Israel, la militante orthodoxe Shoshanna Keats Jaskoll a fait part de l’opposition croissante des femmes orthodoxes face à cette censure des photos dans les journaux, les livres et la publicité, et a exhorté les milieux orthodoxes à demander aux publications de cesser cette pratique. »

Source https://fr.timesofisrael.com

CAPJPO-EuroPalestine


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