La Russie doit accepter le conflit avec les Etats-Unis pour en sortir

Posté par onsbouge le 14 décembre 2017

black-313636_640-2

Russie politics

mercredi 13 décembre 2017

La Russie doit accepter le conflit avec les Etats-Unis pour en sortir

La Russie doit accepter le conflit avec les Etats-Unis pour en sortir dans - ECLAIRAGE - REFLEXION poutine3

Les Etats-Unis renforcent le combat contre la Russie dans cette période pré-électorale. L’opération est clairement lancée et ce sur deux fronts: d’une part sur la société, afin de discréditer le fondement patriotique du pouvoir qui est aussi l’axe de l’électorat de V. Poutine, d’autre part en faisant pression sur l’entourage oligarchique du Président. Des JO aux sanctions financières, la mécanique s’emballe sans rencontrer à ce jour trop de résistance.

Les élections présidentielles russes approchent et la nouvelle candidature de V. Poutine n’est, pour le moins, pas favorablement perçue en Occident. Si les mesures frontales visant à l’isolement de la Russie n’ont pas fonctionné, si les sanctions ont permis de relancer l’économie intérieure et la russophobie de resserrer le peuple autour du président sur le mode patriotique de la « Patrie en danger« , il semblerait que les Etats-Unis aient tiré les leçons de leurs échecs et changent de mode d’action.

Discréditer le fondement patriotique et donc la raison du vote Poutine

La base électorale de V. Poutine n’est pas composée de ceux qui ont assisté à la première de Nureev, eux voteront plutôt Sobtchak ou Iavlinsky; ni des business men en manque de dérégulation, qui voteront Titov. Son électorat est principalement composé de la masse populaire, celle qui a besoin d’un Etat pour relancer l’économie réelle et non les bitcoins, celle qui a besoin d’un Etat qui assure la médecine et l’enseignement car c’est une société qui fait des enfants et a des grands-parents, non pas un groupe d’individus déracinés, « nombrilisés », bref cosmopolites.

Cette base électorale a été confortée dans son choix par différentes mesures permettant de relancer le pays et surtout par l’apogée atteint avec le rattachement de la Crimée, où toute une population s’est regroupée autour d’un drapeau. Avec l’intervention en Syrie, où au nom du drapeau, les soldats défendent le pays contre l’expansion du terrorisme. Et ce drapeau n’est pas neutre, il est tricolore.

La facilité désarmante avec laquelle l’élite politique et sportive a craché sur le drapeau (voir notre texte ici) en acceptant sans aucune condition ni résistance de participer de manière « neutre » aux JO a déstabilisé ceux qui pensaient qu’à la différence de l’ère Eltsine les symboles de l’Etat avaient une valeur. Comme on a pu le lire ici ou là, les sportifs doivent se montrer, faire des performances, car les JO sont avant tout un « business » et les athlètes en ont besoin aussi pour signer des contrats – cela n’a donc rien à voir avec le pays, le drapeau sera bien présent mais bien proprement plié au fond de soi. Cette démonstration d’hypocrisie retransmise sur toutes les ondes hier soir montre à quel point ce petit monde est totalement décalé des réalités du pays, ne pense même pas que cela puisse exaspérer. Il espère au contraire rassurer les gens avec une sorte de patriotisme condescendant bon marché. Les sportifs et leurs fédérations veulent participer? Qu’ils y aillent, il n’est pas nécessaire d’en faire un évènement national, ils n’y représentent qu’eux de toute manière.

Cette hypocrisie si facilement et naturellement amenée a creusé un fossé dangereux avec le « bon peuple », que l’on fait vivre sur la base de l’idée patriotique. Or, un patriotisme sans Etat et sans drapeau s’effondre. Soit il est pour tout le monde, soit il n’est pas.

Ce facteur de déstabilisation arrive à point nommé avant les présidentielles russes de ce printemps. Comment réagira l’électorat face à la discréditation de l’idée qu’il croyait incarnée par son candidat? La légitimité du système de gouvernance du président Poutine repose sur une seule chose, et il ne s’agit pas du poids des oligarques, mais sur le réel soutien populaire. C’est bien d’ailleurs pour cela que sa candidature a été annoncée en deux temps: devant les jeunes et dans une usine. Devant le peuple, moderne et traditionnel, mais le peuple.

La décision du Comité olympique russe, les déclarations de Joukov sur le soutien qui sera apporté à tous les sportifs, le retournement du discours de V. Poutine passant en deux semaines du caractère inacceptable de participer sans drapeau à la confirmation de la décision niant l’intérêt du pays, le retournement des chaînes nationales se préparant à montrer finalement les JO, tout cela ouvre une brèche dans laquelle s’engouffre toute une population médusée par tant de légèreté et d’inconsistance. Provoquer le doute sur la véracité du fondement du vote, c’est déstabiliser la base électorale, beaucoup plus sûrement qu’en finançant une opposition caricaturale. Car c’est l’élite elle-même qui scie la branche sur laquelle elle est assise.

Pression sur l’entourage oligarchique

Le second moyen d’action pré-électoral est de toucher « le rempart » du pouvoir, à savoir le cercle oligarchique. Cette action est rendue possible par l’interpénétration issue de la chute de l’Union soviétique entre les milieux d’affaires et les milieux politiques.

La liste des nouvelles sanctions, beaucoup plus violentes et ciblées contre l’entourage du Président doit être prête pour février. En attendant les noms ne sont pas connus, ce qui permet le chantage, mais les moyens d’action promettent d’être très lourds. Comme on peut le lire dans la presse anglo-saxonne:

The next deadline is February 2, when the Treasury Department is supposed to release a list of Russian officials and Kremlin-connected business leaders to be targeted for restrictions. That could include limitations on financial transactions with banks, real estate brokerages, and other institutions.
Speaking to a panel of the Senate Foreign Relations Committee, Mitchell said the Trump administration was committed to meeting that deadline.
The new legislation, called Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act, also includes measures that could impact energy companies doing deals in Europe, or, for example, with commercial ties to the Russian undersea pipeline project known as Nordstream 2.

Faut-il trouver ici l’une des raisons du virage politique incroyable que la Russie vient de prendre sous nos yeux? Faut-il y voir une des raisons des difficultés que le pays connaît à trouver des réponses réellement adaptées? Espérons que non, car tout ce mouvement ne s’arrêtera pas là, surtout si la Russie continue non seulement à refuser le combat, mais à le nier.

Un combat à mort qu’il faut accepter

L’agressivité des Etats-Unis contre la Russie ne s’arrêtera évidemment pas avec les JO (personne ne promet de rétablir le Comité olympique russe juste après), pas plus qu’avec le règlement de la situation en Syrie ou dans le Donbass.

La position de Tillerson est ici très significative. Il y a une semaine, Tillerson déclare, presque simplement, que les Etats-Unis n’accepteront jamais « l’annexion » de la Crimée:

“We will never accept Russia’s occupation and attempted annexation of Crimea,” Secretary of State Rex W. Tillerson vowed in his opening remarks at the Organization for Security and Co-operation in Europe.

Mais hier devant l’Atlantic Council, il va beaucoup plus loin. Tout d’abord, il réduit la participation de la Russie en Syrie au soutien à Assad, disant qu’ici, soit, la Russie a choisi un camp, mais qu’en Ukraine, elle s’est approprié une partie de territoire. Les sanctions contre la Russie devront donc être maintenues jusqu’à ce que l’intégralité territoriale ukrainienne soit restaurée.

Maintenant, Tillerson ne parle pas uniquement des Accords de Minsk, qu’il déclare mécaniquement devoir appliquer, de la mission de paix de l’ONU occupant tout le Donbass que la Russie doit accepter, mais … aussi de l’obligation pour la Russie de se séparer de la Crimée, comme on peut le lire sur le sténogramme de son discours:

We will return to the issue of Crimea. I know that President Putin’s made it clear that that’s not on the table for discussion. It will be at some point. But today, we want to stop the violence in east Ukraine and let’s see if we can solve that one.

Ainsi, les cartes sont abattues: la question du Donbass et de la mission de paix de l’ONU n’est qu’un prélude au véritable but de cette opération, à savoir obliger la Russie à se débarrasser de la Crimée, ultime renoncement annonçant la fin non seulement de l’incarnation de l’idée patriotique, mais aussi du pays qui, dans sa forme actuelle, ne pourrait y survivre. Tout en le sachant pertinemment, Tillerson déclare que, certes, Poutine n’est pas prêt à en parler …. mais ce moment viendra.

Etrange formulation. Pourquoi « ce moment viendra »? Le danger présenté par cette option ne s’amenuisera pas avec le temps et Tillerson le sait parfaitement. Ce qui peut changer, ce n’est pas l’opinion présidentielle, c’est la situation générale du pays, ce discrédit du patriotisme et donc de l’idée nationale qui permet d’affaiblir l’Etat. Il peut s’agir de l’intérêt non pas cette fois de quelques sportifs et de leur droit incompressible à conclure des contrats publicitaires, mais de l’intérêt encore plus poignant du grand business, intérêt présenté comme confondu avec celui de l’Etat, intérêt qui ici – comme ailleurs – diverge pourtant.

Pour sortir de cette impasse qui conduit le pays sur une pente extrêmement glissante, d’autant plus en période pré-électorale, la Russie doit cesser sa politique d’évitement, ramasser le gant qui lui a été lancé – et relancé quelques fois déjà – et finalement accepter le combat. Mais pour cela, le président Poutine, qui se présente toujours comme le président de « tous les Russes », doit devenir un acteur politique, faire le choix d’être le président de sa base électorale, justement dans l’intérêt du pays. Car il n’est pas toujours possible, principalement en situation de conflit, de réunir les extrêmes.

 

Publié par à 11:49

Libellés : , , , , ,


Publié par  Russie politics
URL  http://russiepolitics.blogspot.fr/2017/12/la-russie-doit-accepter-le-conflit-avec.html
Relayé par http://onsbouge.unblog.fr/
Lien court  http://onsbouge.unblog.fr/?p=125191

.
.

« Ce blog est un blog militant indépendant, sans prétention, bien évidemment non commercial et totalement amateur. Les images, les textes dont nous ne sommes pas les auteurs ainsi que les musiques et chants seront supprimés du blog sur simple demande par courriel. Nous publions textes et communiqués émanant d’auteurs et d’organisations diverses. Ces publications ne signifient pas que nous partageons toujours totalement les points de vue exprimés. Nous déclinons toute responsabilité quant au contenu des sites proposés en liens. ».

Publié dans - ECLAIRAGE - REFLEXION, - ELECTIONS - REFERENDUM, - INTERNATIONAL, - POLITIQUE | Commentaires fermés

Via Campesina dénonce la fraude flagrante aux élections présidentielles du 26 novembre au Honduras

Posté par onsbouge le 11 décembre 2017

black-313636_640-2

FRONT SYNDICAL DE CLASSE

 

Via Campesina dénonce la fraude flagrante aux élections présidentielles du 26 novembre au Honduras

Publié le 10 décembre 2017 par FSC

13 morts depuis les résultats frauduleux de l’élection présidentielle!

Vous avec entendu France inter, Europe 1, LCP, BFM-TV, France 2 … s’en faire l’écho?

Pensez ils ont bien trop à faire à dénoncer le gouvernement vénézuélien, comme la CFDT d’ailleurs afin de préparer une intervention militaire de Trump qui a proclamé que le Vénézuela ressortissait des questions de sécurité nationale.

Vous avez dit « deux poids deux mesures » ? ou toujours du côté du manche ?

*******************

Via Campesina dénonce la fraude flagrante aux élections présidentielles du 26 novembre au Honduras dans - ELECTIONS - REFERENDUM ob_dfa1a0_campesina

Via Campesina regroupe des millions de

petits paysans dans le monde et milite

pour le droit à la souveraineté alimentaire et pour le respect des petites et moyennes structures paysannes.

 

8 DÉCEMBRE 2017  AMÉRIQUE CENTRALE, SOLIDARITÉ INTERNATIONALE

En 2009, le Honduras subissait un coup d’État contre le président Mel Zelaya, un message qui voulait signifier au reste de la région que la barbarie des années 70 et 80 n’était pas terminée. Huit ans plus tard, les effets du coup d’État sont toujours là et maintenant ils s’intensifient par une nouvelle violation de la volonté du peuple hondurien, qui s’est exprimée aux urnes le 26 novembre, moment où les grandes majorités ont dit non à l’illégalité et à la corruption de Juan Orlando Hernández et du Parti national.

Il y a une semaine, Salvador Nasrallah, qui est à la tête de l’Alliance de l’opposition contre la dictature, fut élu par le peuple hondurien le nouveau président du Honduras, pour mettre un point final au coup d’État de 2009. Face à cette victoire évidente du peuple hondurien, l’État dirigé par Juan Orlando Hernandez a lancé une vague de violence contre la population civile qui exigeait, de manière pacifique, la transparence des résultats électoraux devant un tribunal électoral clairement truqué.

L’Alliance de l’opposition contre la dictature découle des grandes mobilisations citoyennes et de la résistance collective pour la défense de la démocratie contre le coup d’État. Elle a consolidé les revendications de justice sociale et de démocratie populaire des majorités, ce qui s’est exprimée par le vote massif de la population en sa faveur.

La communauté internationale reste silencieuse sur la violence pratiquée par le président illégitime Juan Orlando Hernandez, une violence qui a fait plus de 13 morts, y compris des mineurs, qui a fait plusieurs blessés et plusieurs détenus et qui a suspendu les garanties constitutionnelles. Tout cela a été fait dans l’effort d’arrêter les mobilisations citoyennes de masse exigeant d’appliquer leurs votes, mobilisations qui dénoncent aussi les grandes anomalies dans le processus de comptage et l’interférence de l’ambassade des États-Unis dans les affaires internes du pays. Apparemment, pour cette communauté internationale, la démocratie est démocratie tant qu’elle sert les intérêts des classes dominantes, mais pas quand le peuple prend le contrôle de son avenir.

Face à cette situation :

Nous réaffirmons notre solidarité et notre soutien au peuple du Honduras; nous sommes à ses côtés dans les luttes qu’il entreprend pour la défense de son autodétermination, ainsi qu’aux côtés des organisations paysannes qui remplissent les rues du pays pour exiger la fin de la corruption et du coup d’État de 2009.
Nous réclamons au gouvernement putschiste de Juan Orlando Hernández, qu’il mette fin à la répression et qu’il reconnaisse la volonté du peuple hondurien;
Nous demandons à la communauté internationale d’agir face à la fraude électorale et aux actes de plus en plus violents de la droite hondurienne et en faveur d’une citoyenneté pacifique et non armée;
Nous reconnaissons l’Alliance de l’opposition contre la dictature et son candidat Salvador Nasralla comme les vainqueurs légitimes des élections présidentielles.

La Vía Campesina


Publié par  FRONT SYNDICAL DE CLASSE
URL  http://www.frontsyndical-classe.org/2017/12/via-campesina-denonce-la-fraude-flagrante-aux-elections-presidentielles-du-26-novembre-au-honduras.html
Relayé par http://onsbouge.unblog.fr/
Lien court  http://onsbouge.unblog.fr/?p=124922

.
.

« Ce blog est un blog militant indépendant, sans prétention, bien évidemment non commercial et totalement amateur. Les images, les textes dont nous ne sommes pas les auteurs ainsi que les musiques et chants seront supprimés du blog sur simple demande par courriel. Nous publions textes et communiqués émanant d’auteurs et d’organisations diverses. Ces publications ne signifient pas que nous partageons toujours totalement les points de vue exprimés. Nous déclinons toute responsabilité quant au contenu des sites proposés en liens. ».

Publié dans - ELECTIONS - REFERENDUM, - INTERNATIONAL, - LUTTES, - POLITIQUE | Commentaires fermés

Un nouveau mandat pour Poutine? Les enjeux

Posté par onsbouge le 8 décembre 2017

black-313636_640-2

Russie politics

 

jeudi 7 décembre 2017

Un nouveau mandat pour Poutine? Les enjeux

 

Un nouveau mandat pour Poutine? Les enjeux dans - ECLAIRAGE - REFLEXION VVP2

 

Hier, V. Poutine a annoncé sa candidature aux présidentielles russes de 2018, ce qui, paradoxalement, sans être une grande surprise reste un évènement important. Dernier mandat dans un contexte international plus que tendu, avec un soutien populaire interne incontestable mais des élites qui redoublent d’intrigues. Ce qui finalement est le propre des élites.

 

Le lieu de l’annonce de candidature: l’ampleur de la base électorale réelle

En deux temps, le Président russe a amené sa candidature à sa succession. Tout d’abord devant un parterre de volontaires, acclamant cet homme qui pour eux arrive, malgré le temps passé au pouvoir et l’âge, à incarner l’avenir.

Les bénévoles à Moscou ont ouvert le bal, en lançant le sujet dans une mise en scène parfaitement réglée:

« Je suis toujours avec vous », avait d’abord énigmatiquement répondu le président à un bénévole qui l’interrogeait, lors d’un Forum à Moscou, pour savoir s’il « serait toujours » avec les Russes en 2018 et plus directement sur son éventuelle participation à la prochaine élection présidentielle.
« C’est toujours une décision très importante pour n’importe quelle personne, car la motivation doit venir uniquement de la volonté de rendre la vie meilleure dans ce pays, de le rendre plus puissant, mieux protégé », avait lancé M. Poutine devant la foule composée de milliers de jeunes bénévoles travaillant dans diverses ONG à travers la Russie.
« Mais on ne peut y arriver qu’à une seule condition: si les gens vous font confiance et vous soutiennent », avait souligné le président, dont l’intervention était retransmise en direct à la télévision publique.
« Si je prends cette décision, aurais-je votre soutien et celui de ceux qui vous sont proches d’esprit ? » , avait-t-il alors demandé à la foule qui avait aussitôt répondu en criant « Oui! », sous une pluie d’applaudissements.

Pas suivant, l’annonce officielle a été faite à Nijni Novgorod devant les ouvriers de l’usine Mash, usine historique pour le pays.

V. Poutine déclare qu’il n’y a pas de meilleur endroit pour déclarer sa candidature et remercie les gens présents pour leur soutien, pour leur travail, pour leur attachement à leurs devoirs, à leur ville et au pays.

En choisissant ces deux lieux et ces deux publics, V. Poutine veut démontrer son attachement populaire, quel qu’il soit. Il souligne également le soutien massif dont il bénéficie dans le peuple « réel », dans les différentes tranches d’âge, de catégories sociales et de vision du monde.

D’autres candidats ont déjà annoncé leur volonté de concourir:

Grigori Iavlinski, fondateur du Parti démocratique russe unifié Iabloko («la pomme» en russe), Gennady Ziouganov, chef de file du Parti communiste, Vladimir Jirinovski, leader du Parti libéral-démocrate, Katia Gordon, journaliste, chanteuse et militante pour les droits des femmes, ou encore l’ex-jet-setteuse Ksenia Sobtchak.

Mais il reste objectivement le seul candidat réaliste, car sa base électorale est la plus large. Ses chances de victoire sont quasiment certaines, la seule inconnue étant de savoir si elle aura lieu au premier ou au second tour. Vue la tension géopolitique et la radicalisation de l’opposition, il est à espérer pour la stabilité du pays qu’elle aura lieu au premier tour. Un entre-deux tours serait une occasion rêver de tentatives de déstabilisations sociales. 

 

Le moment de l’annonce de candidature: reprendre la main

Le moment de l’annonce est aussi symbolique. Celle-ci était prête, mais l’actualité a permis de lui donner une autre dimension, toute sa dimension. V. Poutine a annoncé sa candidature le jour de la décision du CIO mettant le pays à la porte de l’Olympisme et tentant de récupérer ses joueurs pour légitimer le drapeau neutre et la négation de l’hymne russe. A ce sujet, le ministère des Sports de Corée du Sud a déjà, (ils sont très réactifs – ou préparés) envoyé un courrier aux sportifs russes, jugés par eux dignes de participer, les invitant à prendre part aux JO sans drapeau et sans hymne. Ce qui est une pression supplémentaire, mais surtout montre le côté particulièrement préparé de ce qui ressemble de plus en plus à une opération spéciale.

C’est à ce moment-là que V. Poutine annonce sa candidature, la remettant automatiquement dans une perspective géopolitique particulière. Et il reprend la main, ce que le journal La Croix titre, avec beaucoup d’aigreur.

%25D0%25A1%25D0%25BD%25D0%25B8%25D0%25BC%25D0%25BE%25D0%25BA%2B%25D1%258D%25D0%25BA%25D1%2580%25D0%25B0%25D0%25BD%25D0%25B0%2B%2528368%2529 russie dans - ELECTIONS - REFERENDUM

Le journaliste insiste lourdement:

Après l’humiliation de l’exclusion olympique, Vladimir Poutine n’a pas tardé à reprendre l’offensive. Comme pour faire diversion au lendemain de la décision choc du Comité international olympique (CIO) d’interdire la Russie aux prochains Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang, en 2018, le chef du Kremlin a pris tout le monde par surprise mercredi 6 décembre : il a annoncé qu’il se présentera pour un quatrième mandat à l’élection de mars 2018.

L’objectivité journalistique est toujours un plaisir. Il est difficile d’appeler cela une manoeuvre de diversion, il s’est plutôt agi de remettre les choses à leur place: la Russie a un chef pour passer cette période de troubles et rien ne la fera changer de cap. Deux remarques à ce sujet.

Tout d’abord, en déclarant que la Russie n’empêchera pas les athlètes qui le veulent, à titre individuel (rappelé deux fois), de participer aux JO, le Président fait le choix de la souplesse contre la rigidification de l’Occident, inversant les rôles joués par le passé dans le combat entre ce même (qui n’est plus tout à fait le même) Occident et l’URSS.

Ensuite, il déclare que rien ne pourra empêcher la Russie d’avancer:

« La Russie va continuer d’aller de l’avant. Et dans ce mouvement en avant, personne ne l’arrêtera jamais »

Le cours politique est annoncé, les réactions de l’Occident seront évidentes. Début janvier vont déjà entrer en vigueur les nouvelles sanctions adoptées par les Etats-Unis contre la Russie, ce qui va pouvoir jouer en matière économique et financière. Pas de manière radicale, mais ces sanctions vont compliquer les choses. A l’intérieur, l’opposition radicale est remontée, bien soutenue de l’extérieur et il est évident que la pression va monter sur le crédo « Poutine est responsable de tous les maux du pays, il suffit qu’il parte pour que tout s’arrange – miraculeusement, puisque nous n’avons aucun programme ». Autrement dit, en arriver au scénario ukrainien de la mise sous tutelle.

Sur le plan intérieur, le combat entre les clans s’intensifie. Si après la réunion de la Crimée, il s’était calmé, l’on voit les néolibéraux repartir au combat. Ils sont en ce sens beaucoup plus dangereux que l’opposition radicale, car intégrés dans les mécanismes de pouvoir et dans ses structures, qu’il s’agisse de l’Administration présidentielle où le changement du directeur de la politique intérieure a produit des effets particulièrement visibles, ou au Gouvernement où la politique scolaire et la folie de la virtualisation de l’Etat commencent à causer des dégâts qu’il sera difficile de réparer avec le temps. D’une manière générale, la méthode de l’arbitrage présidentiel entre les différents courants politiques, voulant ainsi éviter de tomber dans les excès des uns et des autres, montre ses limites. Peut-être ce dernier mandat sera-t-il l’occasion d’une clarification idéologique – et donc politique.

Enfin, comme dernier mandat, il est aussi celui de la préparation de la succession. Cette fois, il n’est pas possible d’éluder la question de la constitution d’élites politiques compétentes et représentatives. Mais s’agira-t-il d’une « élite » composée de ces nouveaux technocrates et managers, tant vanté par ce nouveau courant de l’Administration présidentielle, qui pourtant n’ont qu’une compréhension très indirecte de ce qu’est et la politique et l’étaticité, ou bien s’agira-t-il de la mise en place de conditions permettant l’émergence d’hommes politiques d’importance, le potentiel individuel existant? La réponse nous viendra ces prochaines années et d’elle dépendra la possibilité de l’Etat de passer à un fonctionnement systémique, seule garantie de pérennité.

 

Publié par à 11:39

Libellés : ,


Publié par  Russie politics
URL  http://russiepolitics.blogspot.fr/2017/12/un-nouveau-mandat-pour-poutine-les.html
Relayé par http://onsbouge.unblog.fr/
Lien court  http://onsbouge.unblog.fr/?p=124541

.
.

« Ce blog est un blog militant indépendant, sans prétention, bien évidemment non commercial et totalement amateur. Les images, les textes dont nous ne sommes pas les auteurs ainsi que les musiques et chants seront supprimés du blog sur simple demande par courriel. Nous publions textes et communiqués émanant d’auteurs et d’organisations diverses. Ces publications ne signifient pas que nous partageons toujours totalement les points de vue exprimés. Nous déclinons toute responsabilité quant au contenu des sites proposés en liens. ».

Publié dans - ECLAIRAGE - REFLEXION, - ELECTIONS - REFERENDUM, - INTERNATIONAL, - POLITIQUE | Commentaires fermés

Internationalisme

Posté par onsbouge le 4 décembre 2017

black-313636_640-2

JRCF

Internationalisme

Elections à Cuba : comment ça marche ? [LES AMIS DE CUBA]

4 Décembre 2017

Rédigé par JRCF et publié depuis Overblog

Le 3 février, les Cubains éliront 612 représentants au parlement ainsi que 1270 représentants dans les conseils provinciaux. Tijs et Marc, deux participants du voyage d’ICS de juillet 2012, ont écrit un article sur le système électoral cubain.

 Lire la suite…


Relayé par http://onsbouge.unblog.fr/
Lien court  http://onsbouge.unblog.fr/?p=124221

.
.

« Ce blog est un blog militant indépendant, sans prétention, bien évidemment non commercial et totalement amateur. Les images, les textes dont nous ne sommes pas les auteurs ainsi que les musiques et chants seront supprimés du blog sur simple demande par courriel. Nous publions textes et communiqués émanant d’auteurs et d’organisations diverses. Ces publications ne signifient pas que nous partageons toujours totalement les points de vue exprimés. Nous déclinons toute responsabilité quant au contenu des sites proposés en liens. ».

Publié dans - ECLAIRAGE - REFLEXION, - ELECTIONS - REFERENDUM, - INTERNATIONAL | Commentaires fermés

De la Palestine au Rojava, liberté pour Georges Abdallah !

Posté par onsbouge le 10 novembre 2017

black-313636_640-2


De la Palestine au Rojava, liberté pour Georges Abdallah !

OCML Voie Prolétarienne

Ajoutée le 14 oct. 2017

Messages de solidarité des Brigades Abu Ali Mustafa (branche armée du FPLP – Front Populaire pour la Libération de la Palestine) et de TIKKO Rojava (branche armée du TKP/ML – Parti Communiste de Turquie/Marxiste-Léniniste) pour la libération de Georges Abdallah.

www.ocml-vp.org
www.liberonsgeorges.samizdat.net


Relayé par http://onsbouge.unblog.fr/
Lien court  http://onsbouge.unblog.fr/?p=122315

.
.

« Ce blog est un blog militant indépendant, sans prétention, bien évidemment non commercial et totalement amateur. Les images, les textes dont nous ne sommes pas les auteurs ainsi que les musiques et chants seront supprimés du blog sur simple demande par courriel. Nous publions textes et communiqués émanant d’auteurs et d’organisations diverses. Ces publications ne signifient pas que nous partageons toujours totalement les points de vue exprimés. Nous déclinons toute responsabilité quant au contenu des sites proposés en liens. ».

Publié dans - DROIT, - ELECTIONS - REFERENDUM, - LIBERTES, - POLITIQUE, - VIDEO | Commentaires fermés

12345...122
 

Bliid |
wowgoldhao |
comprendrelacriseeconomique |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | appleshoes
| CGT Association Rénovation
| MesMots