Les multinationales des secteurs agroalimentaire et pharmaceutique violent les Droits de l’Homme des vénézuéliens

Posté par onsbouge le 14 décembre 2017

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VIVA VENEZUELA

Les multinationales des secteurs agroalimentaire et pharmaceutique violent les Droits de l’Homme des vénézuéliens

4 Décembre 2017

Les multinationales des secteurs agroalimentaire et pharmaceutique violent les Droits de l’Homme des vénézuéliens dans - DROIT ob_5b5448_pasqualina-curcio-economista-30jun2016

Des entreprises multinationales et nationales qui ont le monopole de la production et de la distribution d’aliments et de médicaments violent les Droits de l’Homme des vénézuélien en leur empêchant l’accès à des produits de première nécessité voire vitaux, a affirmé l’économiste vénézuélienne Pascualina Curcio dans une conférence à l’Université de Séville.

C’est une agression contre le peuple, ce n’est pas une agression contre le Gouvernement car c’est le peuple qui subit ce type d’agressions dont le but est d’attaquer le modèle politique et de déstabiliser le Gouvernement, frappant les revenus des familles, créant du désespoir. »

Madame Curcio a signalé qu’aujourd’hui les Etats ne sont pas les seuls responsables de garantir la vie de ses citoyens, « il existe même la catégorie de délits économiques pour qualifier ce type d’actions entreprises par le secteur privé, comme l’accaparement des produits, l’inflation induite et le blocus économique et financier, mécanismes de l’attaque menée de manière vertigineuse et massive contre la vie des vénézuéliens ».

La Professeure a donné des conférences en Espagne, à l’Université Complutense de Madrid et à l’Université de Séville, sous les auspices de l’Ambassade du Venezuela en Espagne. Elle a également eu des réunions avec des intellectuels, des universitaires, ainsi qu’avec des Maires, des députés et des sénateurs du Congrès espagnol de différentes tendances politiques. Elle a exposé une partie de ses recherches où elle montre qu’au Venezuela il n’y a pas de crise économique, mais une guerre économique cachée. Elle a participé aussi à des rencontres avec des groupes de solidarité avec le Venezuela, autant à Madrid qu’aux Canaries, intéressés par la portée de cette nouvelle attaque contre le peuple vénézuélien et par les actions entreprises par le gouvernement vénézuélien pour la contrer.

Il s’agit d’une opération cachée, dont le but fondamental est d’attaque le modèle d’inclusion et d’égalité développé au Venezuela dont bénéficie la majorité de la population. C’est pourquoi quand on dit que le modèle a échoué, on se demande : pour qui ? Pour la majorité ou pour les grands capitaux?”

Pascualina Curcio, auteure du livre « La main invisible du marché » a signalé que la guerre économique au Venezuela connaît plusieurs mécanismes : l’accaparement de produits essentiels de haute consommation (aliments, médicaments, produits d’hygiène) ; l’inflation induite par la manipulation des taux de change et le blocus financier. A cela il faut ajouter les sanctions imposées par les Etats Unis et l’Union Européenne.

La spécialiste a affirmé qu’aucune théorie économique ni aucun événement catastrophique n’est survenu au Venezuela qui puisse justifier l’altération grotesque de la distribution d’aliments ni le taux d’inflation, par un secteur entrepreneurial qui a obtenu du gouvernement des devises à taux préférentiel pour leurs importations.

Les recherches de Curcio ont montré que l’attaque contra la population vénézuélienne par ces mécanismes s’est intensifiée ces dernières années ponctuellement, à la veille d’élections ou dans des moments hautement conflictuels politiquement. « Ce phénomène existait déjà en 2012, soit avant la réélection du Président Chávez »

Aujourd’hui – affirma-t-elle – nous sommes dans une situation similaire, car le 10 décembre il aura des élections municipales et le taux de change illégal est monté en flèche, ce qui entraîne l’augmentation des prix des produits et la pénurie. Ce sont des mécanismes qui font pression vers la dévaluation sans qu’il y ait de dévaluation »

Entreprises en situation de non-respect de la loi

Concernant le contrôle des prix sur les produits de première nécessité décrété par le Gouvernement, Madame Curcio a affirmé qu’actuellement les entreprises vénézuéliennes sont dans une situation de non-respect de la loi, ce qui mènera le gouvernement à prendre de nouvelles mesures de contrôle fiscal.

Elle a insisté sur le fait que la Guerre économique contre le Venezuela implique une guerre médiatique qui amplifie les effets de ces actions, pour mener la population au désespoir et rendre l’opinion publique contraire au modèle bolivarien.

Elle a rappelé que cette stratégie, promue par les centres mondiaux de pouvoir capitaliste et financier, n’est pas nouvelle. « Cette stratégie a été mise en œuvre au Chili lors de la présidence socialiste de Salvador Allende, au Nicaragua avec le sandinisme, à Cuba et d’autres continents aussi. Et l’objectif a toujours été le même : renverser le gouvernement pour anéantir le modèle socialiste ».

Elle a dit que dans le cas du Venezuela, l’attaque est plus intense étant donné l’importance stratégique du pays pour être en possession des richesses en ressources minérales et aquifères.

Elle a écarté la possibilité d’un « default » du Venezuela, car le pays dispose d’actifs patrimoniaux suffisants pour garantir le règlement de la dette jusqu’à 2038. « Pendant ces 4 dernières années le Venezuela a réglé régulièrement 71 milliards de dollars de ses engagements du capital et des intérêts de la dette ; la qualification élevée de risque pays n’est donc pas justifiée »

Le peuple protégé

L’économiste a assuré que cette guerre n’a pas provoqué dans la population autant de dommages que ses auteurs auraient souhaité, grâce aux mesures prises par le Gouvernement pour protéger le peuple vénézuélien pour protéger les travailleurs. Elle a expliqué que pour briser le sabotage de la distribution, le gouvernement importe directement les aliments de première nécessité et les distribue à la population à travers les Comités locaux d’approvisionnement et production, avec le concours des Conseils communaux.

Madame Curcio a cité les Comités productifs de Travailleurs (CPT), encouragés par le Gouvernement pour que les travailleurs assument la supervision directe de la production, distribution et fiscalisation des prix. « Le président Maduro a récemment convoque un congrès des CPT et à l’Assemblée nationale constituante il y a une présence importante des travailleurs organisés, et cela aura une influence sur la rédaction de la nouvelle Constitution ».

Elle a saisi l’occasion pour démentir les affirmations selon lesquelles la pauvreté a augmenté au Venezuela ces dernières années, tandis que « selon la CEPAL, malgré la guerre économique et la chute des prix du pétrole, le Venezuela demeure le pays le moins inégalitaire de l’Amérique Latine, en 2015 ».

Pour conclure, l’économiste a signalé que malgré la guerre économique et la chute brusque du prix du pétrole, la production du secteur publique a augmenté ces quatre dernières années, el celle du secteur privé se maintient. « Le secteur privé produit, mais plutôt que de distribuer ses produits dans le marché formel, les détourne ver le marché illégal, à des prix qui ne se justifient pas ».

Au Venezuela l’emploi demeure stable. Les ressources de la rente pétrolière continuent à être orientées vers les programmes sociaux : santé, éducation, logement. Avec cette politique l’Etat a diminué de 50% le taux de pauvreté, ce qui a été reconnu par des organisations internationales dont l’OMS, la FAO et l’ONU elle-même ».

Source en espagnol:

http://Pascualina Curcio en Espagne: les multinationales des secteurs agroalimentaire et pharmaceutique violent les Droits de l’Homme des vénézuéliens


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L’OTAN demande une conversion à l’économie de guerre

Posté par onsbouge le 29 novembre 2017

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Arrêt sur Info

L’OTAN demande une conversion à l’économie de guerre

Par Wolfgang Jungmann — 27 novembre 2017

Le Secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg a appelé, à l’occasion de la rencontre des ministres de la Guerre de l’OTAN, à orienter la planification de l’infrastructure civile vers les besoins de l’armée : « Il ne s’agit pas seulement de commandement. Nous devons également veiller à ce que les routes et les ponts soient assez solides pour supporter les plus massifs de nos véhicules et que les réseaux ferroviaires pour le transport rapide de blindés et de matériel lourd soient bien équipés. »

Les rôles clés seraient assurés par les gouvernements nationaux, le secteur privé et l’Union européenne.

Stoltenberg n’a laissé planer aucun doute sur la direction que prendront les mouvements de troupes : « Les routes et les voies mal adaptées pour le transport des chars rendent actuellement difficile par exemple un déplacement rapide de troupes vers les pays baltes. »

C’est de nouveau contre la Russie. Exactement comme le Führer avait développé le réseau d’autoroutes par tous les moyens dans les années 1930, pour déplacer le plus rapidement possible des troupes et du matériel vers l’Est (le dernier tronçon de l’A2, qui reliait Berlin à la Ruhr, a été inauguré ponctuellement le 23 septembre 1939, pour le début de la Seconde Guerre mondiale), le renforcement de l’infrastructure de transport fait partie aujourd’hui encore d’une préparation consciencieuse et responsable de la guerre.

L’ensemble de l’UE a immédiatement pris position, claqué des talons et promis solennellement de remettre prochainement en état le réseau de transports à l’abandon en Europe. Die Zeit rapporte : « Federica Mogherini, la représentante de l’UE pour les affaires étrangères, a annoncé à Bruxelles que la Commission européenne diffuserait, d’ici la fin de la semaine, des propositions sur la manière dont le transport de troupes à l’intérieur de l’Europe peut être amélioré. »

Cette entrée massive de la politique en faveur d’une économie de guerre, dans laquelle toutes les activités se concentrent uniquement sur le renforcement de la capacité de faire la guerre, est le point culminant d’une propagande belliqueuse s’aggravant sans cesse. En la matière, un pas entraîne toujours l’autre. Il semble toujours que l’OTAN soit en position défensive par rapport à la Russie et qu’en plus sa force militaire doive être nettement supérieure.

Ainsi les agressions actuelles de l’OTAN contre la Russie sont fondées sur la situation en Ukraine, sa prétendue annexion de la Crimée et son intervention dans la guerre en Syrie. Ici, la véracité des faits et du contexte historique ne joue aucun rôle. L’important est de présenter toutes les agressions par les États-Unis et l’OTAN exclusivement comme des mesures défensives. Presque toujours, au début d’une crise, d’un conflit, on peut entendre les bruits de bottes de l’OTAN.

Par exemple, les États-Unis ont mis le feu en Ukraine il y a plusieurs années, lorsque s’y jouait en 2004, aux yeux du public, une mise en scène convaincante.

« Soixante-cinq millions de dollars fournis par les contribuables ont été versés depuis 2002 par le Département d’État américain pour les élections en Ukraine, par le biais du NED et des fondations des partis Démocrate et Républicain aux États-Unis, respectivement le NDI et l’IRI », écrit Der Spiegel dans son numéro 46 de 2005. Il cite le sénateur républicain Ron Paul :

« Nous ne savons pas exactement combien de millions ou de douzaines de millions de dollars le gouvernement des États-Unis a dépensé pour l’élection présidentielle en Ukraine. Mais nous savons qu’une grande partie de cet argent était destinée à soutenir un candidat spécifique ».Puis il explique à ses lecteurs : « Victor Iouchtchenko ».

En ce moment, des faits importants, selon lesquels les élections présidentielles aux États-Unis auraient été manipulées par la Russie, constituent ainsi un levier pour continuer à stigmatiser la Russie.

Comme on le sait, l’affaire du changement de régime et de l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN a mal tourné à l’époque. Der Spiegel a toutefois écrit ces mots prophétiques en 2005 déjà :

« D’un autre côté, il n’y a plus de retour en arrière possible pour les États-Unis et leurs alliés. Beaucoup d’argent, beaucoup d’efforts ont été investis. Dans les semaines précédant l’élection (de Iouchtchenko à la présidence de l’Ukraine), des valises d’argent liquide provenant des États-Unis furent livrées à l’aéroport de Kiev, raconte la comptable de l’organisation d’opposition‘Notre Ukraine’. Un don américain privé de plus de 150 000 dollars a été temporairement mis à l’écart parce que personne ne savait plus où l’affecter. »

Ce qui était vrai alors l’est encore plus aujourd’hui. S’il y avait à l’époque « beaucoup de millions ou de douzaines de millions de dollars », en 2014, dix ans plus tard, selon la secrétaire d’État américaine alors en poste Victoria Nuland, c’était plus de 5 milliards de dollars que les États-Unis et leurs alliés avaient investis dans un changement de régime en Ukraine, dont l’unique but était d’encercler la Russie. Nuland a mentionné cette somme dans une conversation téléphonique interceptée par le service de renseignement ukrainien le 28 janvier 2014.

Tout le monde sait qu’il faut des retours sur investissement. Les retours, dans une Ukraine colonisée par l’Occident, permettraient avant tout de bloquer facilement les livraisons de pétrole et de gaz de la Russie, puisque ces sources d’énergie sont amenées dans l’UE par le système de pipeline ukrainien. Ensuite, les fournisseurs d’énergie dominés par les États-Unis se précipiteraient.

L’hebdomadaire Die Zeit cite le prof. John Mearsheimer, qui enseigne la science politique à l’Université de Chicago, dans un article d’Alice Bota du 17 mai 2015, dans lequel celle-ci se donne toute les peines du monde pour nier l’influence américaine en Ukraine :

« Selon lui (le prof. Maersheimer), Washington poursuit sa politique d’ingérence en Ukraine, dix ans après la Révolution orange. Pour lui, c’est clair : les manifestations sur le Maïdan, qui ont finalement abouti au renversement du président Victor Ianoukovitch le 22 février 2014, ont été préparées par les Américains pendant des années, avec beaucoup d’argent. Un coup d’État. L’Amérique voulait un changement de pouvoir car elle voulait gagner de l’influence sur l’Ukraine. »

Bien que l’on veuille absolument nous faire croire que les manifestations du Maïdan ont conduit au renversement de Ianoukovitch, les manifestants étaient, dans le meilleur des cas, des figurants dans un drame qui se déroulait devant l’opinion publique mondiale, et dont le déroulement et l’issue étaient décidés depuis longtemps. Les temps changent, de même que Serge Eisenstein a essayé en 1928, avec les moyens du cinéma muet et des milliers de figurants, de donner une image de la Révolution d’Octobre qui avait très peu à voir avec la réalité, les tireurs de ficelles aux États-Unis ont donné, avec l’aide des nouveaux médias, l’image d’une insurrection populaire en Ukraine qui n’a jamais eu lieu.

Le renversement du pouvoir à Kiev était décidé depuis longtemps. Le Maïdan n’a été que l’occasion bienvenue de frapper enfin. Après plusieurs semaines de manifestations contre un gouvernement corrompu, qui n’a pas hésité à « violer son propre peuple », le monde était prêt pour le « décompte final ». Le 20 février, la violence s’est intensifiée. Il y a eu des coups de feu. Le soir, 70 personnes gisaient, mortes, sur le pavé. Les responsables des tirs en embuscade ne sont toujours pas identifiés, encore moins jugés. [Si, on sait aujourd’hui qui étaient les tireurs. Voir cet article, NdT] Notamment parce que le nouveau gouvernement a montré peu d’enthousiasme pour faire la lumière.

L’important n’était pas la vérité, mais ce qui était tenu pour la vérité dans l’opinion publique et c’était l’histoire que les médias racontaient déjà alors que les corps des morts n’étaient pas encore froids : les Berkut, les forces spéciales de Ianoukovitch, avaient tiré indistinctement dans la foule – sur ordre du président. Ainsi Ianoukovitch était définitivement discrédité et visé. Il a fui la foule excitée par le parti nazi « Secteur droit » : « Ils réclament la peine de mort, ils veulent le mettre au pilori, mais il doit au moins aller au tribunal », et Der Spiegel se réjouissait encore le 24 février de voir enfin en Russie un spectacle semblable à la pendaison publique de Saddam Hussein ou à l’ignoble assassinat de Kadhafi.

Les forces qui se trouvaient maintenant au pouvoir en Ukraine ne représentaient plus du tout une grande partie de la population ukrainienne. Selon le dernier recensement à peu près fiable, environ 8 334 100 Russes ethniques vivaient en Ukraine, soit 17,3% de la population totale. L’une des premières mesures du nouveau gouvernement a été la suppression du russe comme deuxième langue officielle. Cela a suscité la colère, en particulier, des habitants des oblasts de Lougansk et de Donetsk, où la proportion de la population russe est respectivement de 39% et de 38,2%, et en Crimée, où les Russes sont majoritaires. La loi existe toujours. Si elle n’est plus en vigueur actuellement, elle  pourrait à tout moment le redevenir.

La population a protesté, ce qui a poussé le nouveau gouvernement à envoyer des troupes [contre les régions rétives du Donbass, NdT] qui, armées jusqu’aux dents, ont même utilisé l’artillerie. En juillet, le nouveau président ukrainien, le fabricant de chocolat et oligarque Porochenko, a déclaré, tout à fait dans le style des généraux de la Wehrmacht lors de la Seconde Guerre mondiale : « Les militants paieront de centaines de vies celle de chacun de nos soldats. »

Die Welt écrivait le 19 décembre 2012 :

« Les directives du haut commandement de la Wehrmacht de septembre 1941 ordonnaient par exemple de fusiller de 40 à 100 ‘communistes, nationalistes ou démocrates’ par soldat allemand tué… Dans la Yougoslavie occupée, le général Franz Böhme avait établi que pour chaque soldat allemand tué, il fallait fusiller 100 otages, et que pour chaque blessé, il fallait en fusiller 50. »

Wilhelm Keitel, le commandant en chef de l’armée allemande, a été condamné à mort par pendaison le 1er octobre 1946 lors du procès de Nuremberg contre les principaux criminels de guerre, entre autres à cause de ses « ordonnances de représailles » [contre les otages civils, NdT]. La peine a été exécutée le 16 octobre 1946 à Nuremberg.

En Crimée, le gouvernement russe devait craindre pour le maintien de sa flotte de la mer Noire à Sébastopol. Déjà sous le président Iouchtchenko, pro-occidental, l’accord conclu en 1997 et valable jusqu’en 2017 sur l’utilisation des installations par la flotte russe à Sébastopol était utilisé par l’Ukraine comme moyen de chantage sur la Russie.

Au cours du conflit gazier de 2005-2006, l’Institut pour la sécurité nationale de l’Ukraine a proposé qu’« une série de compromis politiques devait être recherchée suite à l’augmentation rapide des prix de l’approvisionnement en gaz, fixés dans l’accord ukrainien [avec la Russie, NdT]. Cela comprenait l’accord sur le retrait anticipé (au 1er janvier 2012) de Crimée de la flotte russe en mer Noire et le protocole dans lequel la Russie devrait déclarer explicitement qu’elle n’aurait pas d’objections à l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN dans un avenir prévisible (2008-2010) », comme l’écrit assez maladroitement Lyudmyla Synelnyk dans l’ouvrage paru en 2013 Energieressourcen und politische Erpressung : Der Gasstreit zwischen Russland und der Ukraine” (Ressources énergétiques et chantage politique : le conflit gazier entre la Russie et l’Ukraine). En 2008, Iouchtchenko se penchait encore une fois personnellement sur la question. Lyudmyla Synelnyk écrit :

« C’est ainsi que le 20 mai 2008 (donc quelques mois avant la guerre en Géorgie d’août 2008) – contrairement aux affirmations de la presse occidentale selon lesquelles cette exigence était une réaction à la participation d’éléments de la flotte russe à la guerre) – le gouvernement ukrainien a été chargé par décret présidentiel de préparer un projet de loi sur l’abrogation de l’accord russo-ukrainien sur le stationnement de la flotte de la mer Noire russe après 2017. »

Bien que le traité ait été prolongé de 2010 à 2042, Poutine savait que l’expulsion de la flotte de Sébastopol menaçait la Russie au plus tard en 2017, les États-Unis prenant ensuite possession des installations, les forces au pouvoir à Kiev n’ont d’entrée pas reconnu la prolongation de l’accord.

On peut appeler cela une politique de puissance, mais la Russie devait agir, tant en Ukraine de l’Est, dont la séparation du reste du pays était planifiée et acceptée tout à fait ouvertement avec un haussement d’épaules dans les médias occidentaux dès le début du Maïdan, qu’en Crimée. La Russie avait été massivement défiée par les États-Unis, l’OTAN et l’Union européenne. Mais maintenant, elle était présentée comme l’unique agresseur.

On reconnaît sans peine le même schéma dans le cas de la Syrie. Des troubles intérieurs limités ont été utilisés pour amener dans le pays des mercenaires, des armes et des munitions en grand nombre sous le prétexte de protéger la population d’un dictateur massacreur de son propre peuple. Un mémorandum qui se trouvait dans les courriels piratés de Hillary Clinton démontre qu’il ne s’agit en aucun cas, pour les États-Unis, de liberté et de droits de l’homme pour la population syrienne.

Le document ne porte ni la date ni le nom de son auteur, d’où on peut déduire qu’il s’agit d’un proche collaborateur de Clinton, ou de la ministre américaine des Affaires étrangères de l’époque elle-même. À partir de quelques passages du texte, on peut facilement dater la rédaction du papier à mars-avril 2012, donc à un stade très précoce de la guerre en Syrie.

La toute première phrase dans le document de WikiLeaks dément la version américaine de l’ingérence : « La meilleure façon d’aider Israël à faire face à la menace nucléaire croissante de l’Iran est d’aider les Syriens à renverser le régime de Bachar al-Assad. »

Il s’agissait donc à l’évidence d’affaiblir l’Iran en le privant de son plus fidèle allié. Il s’agissait de maintenir le monopole d’Israël sur les armes nucléaires au Proche-Orient : « Ce dont l’armée israélienne s’inquiète vraiment – mais ne peut pas en parler ouvertement – c’est de la perte de son monopole nucléaire. Une capacité nucléaire iranienne ne mettrait pas seulement fin à ce monopole, mais pourrait aussi inciter d’autres adversaires, comme l’Arabie saoudite et l’Égypte, à s’équiper d’armes nucléaires. »

La secrétaire d’État américaine ou l’un de ses plus proches collaborateurs révèlent au printemps 2012 les vraies réflexions de l’administration Obama : « C’est la relation stratégique entre l’Iran et le régime de Bachar al-Assad en Syrie qui permet à l’Iran de saper la sécurité d’Israël (…) par ses alliés au Liban, comme le Hezbollah, qui est soutenu, armé et formé par l’Iran en Syrie. »

De cela, il n’y a qu’une conclusion à tirer : « La fin du régime d’Assad mettrait fin à cette alliance dangereuse. »

Visiblement, on ne faisait pas confiance à ses propres négociations avec l’Iran sur la limitation de son programme nucléaire, ces dernières n’avaient d’emblée qu’une fonction d’alibi : « Les négociations sur la limitation du programme nucléaire iranien ne résoudront pas le dilemme sécuritaire d’Israël. Elles n’empêcheront pas non plus l’Iran de continuer à développer la partie décisive de son programme nucléaire – la capacité d’enrichir l’uranium. »

Et donc, en 2012, le renversement d’Assad n’était considéré à Washington que comme la première étape d’une importante solution définitive. La petite guerre avant la très grande contre l’Iran : « Faire tomber Assad ne serait pas seulement une énorme bénédiction pour la sécurité d’Israël, cela atténuerait également la peur compréhensible d’Israël de la perte de son monopole nucléaire. Ensuite Israël et les États-Unis pourraient développer une vision commune au moment où le programme iranien serait si dangereux qu’une action militaire pourrait se justifier. »

On pensait procéder avec Assad et sa famille comme auparavant avec Saddam Hussein en Irak ou Mouammar Kadhafi en Libye : « Sa vie et sa famille étant en danger, seule la menace ou l’usage de la force changera l’esprit du dictateur Bachar al-Assad. »

On n’avait pas non plus l’intention de se laisser entraver par le droit international. Le Conseil de sécurité de l’ONU, qui devait approuver une intervention militaire contre la Syrie, a été écarté d’autorité : « La Russie ne soutiendra jamais une telle mission, donc cela n’a aucun sens de passer par le Conseil de sécurité des Nations unies. »

Quant à la Russie alliée de la Syrie, où se trouve sa seule base militaire en Méditerranée, elle était encore considérée comme beaucoup trop faible pour qu’on doive se préoccuper davantage de sa réaction : « Certains soutiennent que la participation des États-Unis fait courir le risque d’une autre guerre avec la Russie. Mais l’exemple du Kosovo montre autre chose. Dans ce cas, la Russie avait de vrais liens ethniques et politiques avec les Serbes, des liens qui n’existent pas entre la Russie et la Syrie, et même alors elle n’avait rien fait de plus que se plaindre. »

Comme on sait, tout s’est ensuite déroulé un peu différemment. Vraisemblablement aussi parce que Hillary Clinton n’était plus la ministre des Affaires étrangère des États-Unis pendant le second mandat d’Obama et qu’elle se préparait, avec son équipe de néocons et de fauteurs de guerre, à sa propre campagne présidentielle de 2016. Obama a reculé plusieurs fois devant une participation directe des États-Unis à la guerre en Syrie.

À la demande d’Assad, la Russie s’est activement engagée en septembre 2015 contre les terroristes islamistes avec des frappes aériennes et a mis fin à l’interminable effusion de sang du peuple syrien, à quelques exceptions près. Mais dans la propagande, la Russie était désormais l’agresseur, comme si c’était Poutine qui avait été à l’origine des nombreux morts en Syrie pour des raisons stratégiques et non les États-Unis.

Revenons maintenant à la demande de l’OTAN de transformer graduellement notre économie en une économie de guerre. Avec la stigmatisation en tant qu’agresseur qui a attaqué d’autres pays comme l’Ukraine et la Syrie, en violation du droit international, il y a l’avertissement injustifiable que l’ours russe pourrait aussi intervenir militairement contre d’autres pays, et en premier lieu contre les États baltes. Alors la peur a été attisée et rapidement, l’appel à s’armer a retenti. La Russie ne comprend que le langage de la force, il faut la retenir, montrer sa force.

Aucun épouvantail, aucune comparaison avec des événements historiques catastrophiques n’a été et n’est suffisant pour retenir les applaudissements de l’industrie de l’armement et des faucons. On a cité à maintes reprises la politique d’apaisement du Premier ministre britannique Neville Chamberlain à l’égard d’Hitler en 1938. Si Chamberlain avait alors remis énergiquement Hitler à sa place, soutient-on encore et encore, la Seconde Guerre mondiale n’aurait jamais eu lieu.

La stupide comparaison de Poutine avec Hitler est censée faire peur aux gens. Ils doivent se préparer à la grande confrontation avec le Mal éternel. Comme dans toute économie de guerre, ils doivent mettre de côté leurs besoins personnels au profit du grand effort nécessaire pour écraser l’ennemi décrit comme hyper-puissant.

Adieu les nouvelles places en crèche, adieu les écoles toute la journée, la prise en charge des enfants et des jeunes, adieu les systèmes de retraite équitables, la dignité dans la vieillesse, les investissements dans le système de santé et les soins. Dorénavant, chaque euro sera utilisé pour la formation à la défense. Chaque pays doit consacrer 2% du produit intérieur brut, chaque année, pour son armement. À cela s’ajoutent maintenant les coûts énormes pour élargir les routes sur lesquelles les blindés pourront rouler vers l’Est, pour renforcer des ponts qui devront supporter les énormes colosses de métal. Sans aucun égard pour l’environnement, les autoroutes devront pouvoir être utilisées en cas de guerre comme pistes d’atterrissage et de décollage pour les bombardiers meurtriers. Les lignes de chemin de fer doivent être modernisées, non pas pour se rendre mieux, plus vite et plus ponctuellement de A à B, mais pour qu’on puisse les employer, en cas de besoin, pour la victoire.

Mais chers concitoyens, soyez confiants et donnez volontiers pour les chars, les fusées et les bombardiers. Pour le moment, ils ne veulent que votre argent. Mais tôt ou tard, ils viendront et ils vous demanderont vos enfants et vos petits-enfants.

Par Wolfgang Jungmann | 15 novembre 2017 | NEOPresse

Traduit par Diane pour le Saker francophone


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« La descente aux enfers de Teva »

Posté par onsbouge le 27 novembre 2017

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CAPJPO – EuroPalestine

Le Monde d’aujourd’hui y consacre un article indiquant : « Après avoir déjà annoncé la fermeture ou la cession de quinze usines, le laboratoire pharmaceutique israélien Teva va licencier des milliers de salariés a indiqué, jeudi 23 novembre, un quotidien israélien d’informations économiques. »

« Selon le quotidien économique Calcalist du jeudi 23 novembre, le numéro un mondial des génériques Teva s’apprête à licencier 25 % de ses 6 860 salariés en Israël ainsi que plus de 10 % de ses 10 000 employés aux Etats-Unis. Des suppressions de postes seraient également prévues en Europe, où le laboratoire pharmaceutique emploie plus de 24 000 personnes. Les lettres de licenciement partiront dans les prochaines semaines, selon le journal. Le responsable de la recherche et développement de Teva, Michael Hayden, ferait partie des personnes remerciées.

En août, le groupe avait annoncé la fermeture ou la cession de six usines cette année et neuf en 2018, et la réduction d’ici la fin 2017 d’environ 7 000 postes. Les analystes avaient cependant estimé que ces mesures de restructuration seraient insuffisantes pour compenser les pressions de la concurrence dans le domaine des médicaments génériques.

Au début du mois de novembre le groupe avait affolé les investisseurs en révisant à la baisse ses prévisions de vente pour 2017. Teva table désormais sur un chiffre d’affaires compris entre 22,2 et 22,3 milliards de dollars (environ 18,7 et 18,8 milliards d’euros). Son titre avait alors dévissé de près de 20 % à la Bourse de New York. La capitalisation boursière du groupe a été divisée par quatre en deux ans, passant de 56 à 13 milliards de dollars. Il a ainsi perdu en août sa place de première entreprise israélienne.

La direction explique ses contre-performances par « le lancement plus rapide que prévu (…) d’un concurrent générique du Copaxone », un traitement contre la sclérose en plaques qui représente 20 % de ses ventes. Et par « l’érosion persistante des prix et des volumes sur le marché américain des génériques ». Mais le groupe subit les conséquences d’une stratégie désastreuse. Il a acheté pour 40 milliards de dollars Actavis (la branche génériques de l’américain Allergan), dans un contexte de pression sur les prix aux Etats-Unis. En revanche, il n’a pris aucune mesure pour acquérir de nouvelles molécules et réduire sa dépendance au Copaxone.

En décembre 2016, une plainte a été déposée devant un tribunal du Connecticut contre les laboratoires, Teva et Mylan, pour entente sur le prix de leurs médicaments. Depuis, quarante-cinq Etats américains ont porté plainte contre une vingtaine de laboratoires pharmaceutiques. « Ces fabricants de génériques se sont entendus pour réduire la concurrence et augmenter les prix, dénonçait ainsi en octobre le procureur général de l’Etat du Michigan, Bill Schuette. Il apparaît que leur collusion pour augmenter les coûts au-dessus des prix du marché a bien eu lieu et ceci n’aide pas ceux qui souffrent de maladies soudaines ou d’infections. » Le département américain de la justice mène en parallèle sa propre enquête sur le secteur des génériques.

Les autorités américaines ont par ailleurs infligé à Teva en décembre 2016 une amende de plus de 500 millions de dollars pour des faits de corruption en Russie, Ukraine et au Mexique. Le groupe a indiqué début février faire l’objet d’une enquête de la police israélienne pour les mêmes faits. »

Source : http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/11/24/la-descente-aux-enfers-de-teva-le-numero-un-mondial-des-medicaments-generiques_5219712_3234.html#2PSd3qgFo791cjBs.99

Le Monde oublie de mentionner que la campagne internationale de boycott de TEVA, blaclisté par l’ONU comme profitant de l’occupation et de la colonisation, n’a pas dû lui faire de bien non plus…

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Accaparement des terres et de l’eau au Maroc

Posté par onsbouge le 12 novembre 2017

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Arrêt sur Info

Accaparement des terres et de l’eau au Maroc

Par Lucile Daumas — 12 novembre 2017

La question de l’accaparement des terres et de l’eau est devenue un problème lancinant qui affecte les communautés rurales et la petite paysannerie, pratiquement partout dans le monde. A cela plusieurs explications : l’avancée urbaine sur les terres rurales et la spéculation foncière qui l’accompagne, la mise en oeuvre de mega-projets touristiques, miniers, énergétiques, etc. et bien évidemment et surtout, le fait que l’agriculture est de moins en moins l’affaire des agriculteurs, grands ou petits, mais celle des investisseurs pour qui la terre et l’eau n’ont d’autre valeur que d’être une simple source de profit. Le Maroc n’échappe pas à ce fléau. Je voudrais ici en donner quelques exemples.

Les Oulad Dlim

Quelques personnes s’étaient déplacées, hélas pas assez nombreux, pour tenter d’arrêter, en décembre 2013, les pelleteuses venues détruire les quelques maisons et les quelques cultures restantes appartenant aux membres de la tribu des Ouled Dlim, sur leur territoire Guich, à la périphérie Sud de Rabat. Ces terres leur avaient été concédées à perpétuité par le Sultan Moulay Abderrahmane en 1838 en échange de leur protection militaire. Depuis, les Oulad Dlim se sont mués sur ces terres en petits agriculteurs, pratiquant le maraîchage, ou gérant des pépinières pour les jardins des villas environnantes, constituant une enclave rurale dans une zone de spéculation immobilière intense. Que valent alors quelques dizaines de petits paysans face aux appétits des promoteurs immobiliers ? Leurs terres collectives sont pourtant «inaliénables , insaisissables, imprescriptibles », selon le dahir de 1919, toujours en vigueur. Mais le Ministère de l’Intérieur, sous la tutelle duquel sont placées ces terres, qu’il est supposé protéger, déploie alors ses forces de répression et évacue manu militari le terrain, mettant ainsi fin à plusieurs décennies de lutte durant lesquelles les Oulad Dlim ont tenté de résister pas à pas aux bulldozers.

L’avancée rapide de l’urbanisation (selon une étude menée en 2004 par le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime, la superficie totale des terres agricoles consommées par l’urbanisation sera à l’horizon 2025 de près de 90 000 ha, avec un rythme moyen d’environ 4500 ha par an) peut donc se faire par expulsion violente de petits agriculteurs vivant sur leurs terres (collectives, comme dans le cas des Oulad Dlim, ou privées).  Ce processus a été facilité dès l’époque de la colonisation par une législation ambiguë, par la Tutelle du Ministère de l’Intérieur sur les terres collectives (permettant notamment de faire jouer la notion d’utilité publique pour la construction de logements sociaux), par la dissociation des terres collectives de culture, qui peuvent désormais être privatisées au bénéfice des ‘ayant-droits’[1] des terres de parcours, supposées restées, en principe (mais nous verrons plus loin qu’il n’en est rien) inaliénables. Or dès que ces terres de culture sont privatisées, elles entrent de facto dans le marché du foncier et peuvent donc être revendues en dehors de la communauté ethnique. Mais souvent les agriculteurs préfèrent eux-mêmes vendre, découragés par l’avancée de l’urbain sur leurs terres et alléchés par l’explosion des prix du foncier dans le péri-urbain, même s’ils sont loin d’être les premiers bénéficiaires de la spéculation foncière.

Les Oulad Sbita

Quelques kilomètres plus au Nord, entre la route Salé-Kénitra et la côte Atlantique, ce sont les Oulad Sbita qui mènent depuis plus de 5 ans un combat contre la spoliation de leurs terres par une société immobilière, Addoha, pour y construire un complexe touristique, hôtels, villas, golfs, etc.

C’est là aussi que le Paris-Saint-Germain a établi sur 500 ha l’une de ses écoles de foot, la PSG Academy[2].  L’Essec de Paris y a également implanté une succursale. Frais d’inscription : 10 000 euros par an.

Ce ne seront certainement pas les enfants des Oulad Sbita, dont les parents vivaient de maraîchage et d’élevage et qui ont pour la plupart déjà été expulsés de leurs terres, qui pourront s’y inscrire. Là encore la puissance de l’argent fait fi des règles du droit et des intérêts des habitants vivant sur leurs terres. Les pelleteuses sont aussi entrées en action, et seules subsistent encore quelques fermes et maisons dont les habitants sont sous le coup d’arrêtés d’expulsion.

L’impact du tourisme sur le foncier

Le tourisme est aussi facteur important d’expulsion des paysans de leurs terres et de destruction des petites exploitations paysannes.

Le seul Plan Azur consacré au tourisme prévoit l’aménagement d’une douzaine de mega-sites balnéaires (dont certains sont déjà réalisés, d’autres en cours et certains en panne). Installés chacun sur plusieurs centaines d’hectares, ils vont mobiliser au total plus de 6000 ha de terrains, largement mis à disposition du privé à partir des domaines de l’Etat, (plus de la moitié des quelques 1 million d’hectares de terres agricoles possédés par l’Etat ont été aujourd’hui privatisés) mais aussi par un processus d’immatriculation de terres privées ou collectives pour en permettre la vente.

… et sur l’eau

Ces complexes touristiques sont de véritables catastrophes écologiques. Non seulement ils saccagent des paysages magnifiques et des écosystèmes fragiles, mais ils accaparent une eau pourtant rare dans bien des régions. Pas moins de 20 golfs sont prévus dans ces 12 projets, le nombre de piscines est incalculable. A Marrakech, il est prévu qu’aux 8 golfs actuels s’en ajoutent 11 de plus.  Chacun d’eux consomme annuellement l’équivalent d’une ville de 30 000 habitants[3]. La plaine du Haouz, autour de Marrakech, asséchée et rongée elle aussi par la conversion des fermes en établissements touristiques et ryads pour étrangers ou marocains fortunés, a aujourd’hui fortement diminué son activité agricole, pourtant si importante il y a quelques décennies. Ainsi selon le Ministère de l’agriculture, la SAU dans le Haouz de Marrakech a diminué de 25 % en seulement 5 ans et il est prévu que la production de blé diminue de 40 % d’ici à 2020.

Les prévisions pour le site de Ouarzazate lake city, situé au-dessus du barrage El Mansour Addahbi (qui fournit aussi les eaux pour la centrale solaire Noor, pour l’agriculture commerciale implantée dans l’oasis de Zagora et ne parvient plus à alimenter l’ensemble de la vallée de l’Oued Draa, dont les derniers villages dans le désert sont maintenant pourvus en eau par des camions citernes et où les palmeraies se meurent) étaient que la consommation en eau pour ce seul site touristique dépasserait celle de la ville de Ouarzazate et de ses 105 000 habitants. Du coup, les prévisions ont été revues à la baisse.

Les grands projets inutiles. L’exemple de la centrale Noor

Il ne faut pas oublier dans cette liste, l’impact de ce que l’on appelle les « grands projets nuisibles ou inutiles ». Le Maroc se couvre aujourd’hui de plateformes portuaires (Tanger Med), arrimées à des zones franches commerciales et industrielles implantées sur place et un peu partout dans le reste du Maroc, d’un dense réseau d’autoroutes, d’une ligne TGV, multiplie l’implantation de mega-projets d’éoliennes, de centrales solaires, thermiques (charbon, gaz), etc… Tous ces projets se soldent par des accaparements de terres.

Accaparement des terres et de l’eau au Maroc dans - AGRICULTURE - METIERS LIES A LA TERRE maroc-solaire

Un cas emblématique est celui de la centrale solaire Noor.

Conçu comme arrimé au plan Desertec, vaste projet transsaharien finalement abandonné en particulier du fait de la tiédeur de l’Union européenne et du retrait de la BEI de ce projet jugé « pharaonique » et trop onéreux.

500 000 panneaux solaires qui ont été posés sur le sable – et ce n’est que la première tranche. 4 nouvelles centrales doivent être construites.

Accaparement des terres

Il est fait fi des populations qui sont sur leurs terres –collectives- et y exercent l’activité économique qui les fait vivre : l’élevage extensif.

Elles ont été doublement spoliées : quelques 3000 hectares de leurs terres collectives[4] ont éé expropriées pour 1 dirham symbolique le m2. Les tribus concernées n’ont rien touché, les sommes ont été placées dans un fonds de « développement » pour financer des projets préparés loin des populations, et pour toute la région, si tant est qu’ils voient le jour. Aucune consultation préalable, libre et informée des tribus berbères concernées n’a été menée[5]. Tout au plus une réunion d’information.

Accaparement de l’eau

Le choix s’est porté sur la technologie la plus gourmande en eau (énergie solaire thermique à concentration (ESC) avec refroidissement par voie humide et non sur la technologie photovoltaïque (PV) qui ne demande que peu d’eau. Et ce dans une région qui connaît un stress hydrique permanent. 2 à 3 millions de m3/an seront utilisés[6].

Le résultat en est que cette énergie est plus chère que toutes les autres sources d’énergie et va priver les populations locales et les cheptels d’une eau déjà rare.

Mais tout ce qui vient d’être décrit précédemment n’est rien comparé à l’impact du ‘Plan vert’, feuille de route des réformes engagées dans le domaine de l’agriculture au Maroc. Les Marocains pourront-ils payer cette énergie chère ou bien va-t-elle être subventionnée pour garantir les bénéfices des entreprises ?

On voit donc à quel point l’accaparement des terres est au cœur des politiques de « développement » mises en place par l’Etat marocain.

Mais tout ce que je viens de décrire précédemment n’est rien comparé à l’impact du « Plan vert », feuille de route des réformes engagées dans le domaine de l’agriculture au Maroc.

Le Plan vert

Adopté en 2008, le Plan vert est la feuille de route de la libéralisation du secteur agricole au Maroc. Il organise la mise en œuvre d’une agriculture de plus en plus tournée vers l’exportation et de moins sur les besoins alimentaires de la population marocaine qui achète de plus en plus de produits importés.

Il repose sur deux piliers, le pilier 1 consacré à l’agriculture dite « moderne » et le pilier 2 consacré à l’agriculture « solidaire » (qualificatif utilisé pour désigner la petite agriculture familiale.

Entre ces deux piliers, une relation de dépendance est mise en place, désignée sous le nom « d’agrégat » où les petits exploitants deviennent un chaînon de la chaîne de valeur de l’agrobusiness. Et s’ils ne peuvent pas suivre, ils n’ont plus alors d’autre choix que de vendre leurs terres.

Ce plan prend appui sur l’accord agricole Maroc-UE, signé en 2012, qui fixe les priorités et les quotas d’import/export entre les deux régions et prévoit notamment l’abandon progressif de la céréaliculture afin de permettre à l’UE de vendre sa production au Maroc (l’argument, faisant fi de toute notion de souveraineté alimentaire, est la faible productivité de la céréaliculture marocaine).

Ce plan est doté d’un fonds de 95 milliards de dirhams dont 20 milliards seront destinés à la petite agriculture et 75 milliards au secteur « moderne ».

Il est prévu que 750 000 ha soient mis à la disposition des « opérateurs privés » (locations à long terme dans le cadres de partenariats publics-privés) à raison de 70 000 ha par an. C’est donc un accaparement des terres planifié qui sous-tend la réalisation du Plan vert. Et c’est le stock de terres collectives, habous[7]  et des domaines qui va en fournir une grande partie. Toute une littérature s’est déployée pour montrer comment la petite propriété et l’élevage extensif conduisent à une sous-utilisation et à une dégradation des terres, afin évidemment de justifier leurs privatisations au profit d’une agriculture « moderne », supposée intensifier la production et protéger l’environnement.

Ce mécanisme renforce donc la concentration des terres au profit d’investisseurs nationaux et internationaux, l’orientation vers des productions à haute valeur ajoutée, notamment dans l’arboriculture et l’agriculture sous serres (légumes, tomates, fruits  rouges…). Il renforce également l’agriculture irriguée au détriment de l’agriculture bour (non irriguée) et une appropriation immodérée de l’eau. Cela entraine non seulement une multiplication des barrages, mais aussi l’installation de stations de dessalement de l’eau de mer, notamment pour les périmètres irrigués installés au Sahara (Dakhla et sa région).  Une nouveau programme d’investissement de 2,6 milliards de dirhams a été annoncé le 10 aout dernier, dont une partie sera consacré à la mise en place d’une zone irriguée de 1000 ha en plein désert pour la production notamment de fourrages qui nécessitera

« Des ouvrages de creusement et d’équipement de forages profond, de construction d’une station de filtration et de dessalement, d’aménagement d’un réseau d’assainissement et de pistes, d’équipement interne des parcelles en goutte à goutte et de construction d’une clôture autour du périmètre afin de réduire l’effet du vent et d’atténuer l’ensablement. »[8]

Quant aux mesures prises soi-disant « en faveur » des éleveurs (pilier 2), elles visent en réalité à un passage d’un élevage extensif de camélidés et caprins adaptés à cette région désertique, à un élevage intensif pour la production de viandes rouges et de lait, qui ne pourra guère être réalisé par les éleveurs locaux, ne disposant ni des compétences techniques ni des capacités d’investissement pour effectuer un tel virage. Sous couvert de « solidarité », c’est donc une exclusion des tribus d’éleveurs nomades qui se profile et leur probable sédentarisation comme ouvriers agricoles ou dans les banlieues urbaines.

C’est l’un des aspects de « l’accumulation par dépossession », qui consiste à clôturer les biens publics au profit d’intérêts privés à but lucratif.

Le fonds vert

Cette même logique est à l’œuvre dans les projets présentés par le Maroc pour accéder au Fonds vert pour le climat de l’ONU, mécanisme financier de  la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), créé lors de la 15° COP de Copenhague (2009) et opérationnelle depuis la 17° COP tenue à Durban en 2011. Ce Fonds a pour objectifs de limiter ou de réduire les émissions de gaz à effet de serre dans les pays en développement et d’aider les communautés vulnérables à s’adapter aux impacts déjà ressentis des changements climatiques. Ainsi, sur les 3 projets aujourd’hui retenus pour le Maroc, au moins un pose d’énormes problèmes : celui prévu dans la région de Boudnib, dans le Tafilalet.

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L’oasis de Boudnib et les plateaux environnants. Un stress hydrique structurel

Il prévoit en effet l’irrigation et de 5 000 ha hors oasis en Partenariat Public Privé.  Adossé à la construction (en cours) du barrage de Kadoussa, il prévoit en effet de permettre l’irrigation de grandes exploitations agricoles pour une production destinée à l’exportation en dehors de l’espace oasien, qui est jusqu’à il y a peu était le seul espace cultivable, tout en continuant à assurer l’approvisionnement en eau de l’agriculture oasienne (800 à 1000 ha). En effet, récemment des investisseurs sont arrivés dans la région et ont implanté des exploitations sur d’importantes surfaces pour y produire des dattes (madjhoul) et des olives (programmes incitatifs dans le cadre des accords agricoles UE/Maroc)  destinées à l’exportation. Ces cultures sont possibles en pompant dans les eaux souterraines.

Ce projet est officiellement présenté comme un projet qui devrait bénéficier tant aux agriculteurs oasiens qu’aux investisseurs du plateau. Mais il apparaît à l’évidence qu’il vient répondre à la demande de nouveaux acteurs dans la région, déjà engagés dans un nouveau type de production pour l’exportation, à haute teneur financière et technologique. Il leur permettra notamment de cesser de pomper dans les nappes souterraines et de disposer de quantités d’eau importantes pour développer leur production.   La mise en culture des

5000 ha prévue ne pourra se réaliser que par l’expulsion (déjà entamée) des tribus nomades de leurs terres collectives où elles pratiquent l’élevage extensif.

Il entrainera également un bouleversement conséquent des traditions ancestrales de gestion et de répartition de l’eau en milieu oasien. D’autant plus qu’il est prévisible que la répartition de l’eau entre secteur « moderne » et secteur « solidaire » se fasse au détriment de ce dernier, ayant un faible pouvoir et une faible capacité de pression et de négociation. Et il y a fort à craindre que la gestion des eaux oasiennes ne se transforme en gestion de la pénurie.

Ainsi donc, ce projet supposé participer de la lutte contre le changement climatique, et notamment contre la désertification, et aider les populations les plus vulnérables, repose de fait sur :

  • L’expulsion des communautés autochtones de leurs terres collectives et de leur activité pastorale.
  • Le détournement d’une partie des eaux approvisionnant les oasis au bénéfice de zones irriguées artificielles bénéficiant à des investisseurs étrangers à la région pour des productions intensives tournées vers l’exportation.
  • L’inaccessibilité des points d’eau traditionnels pour le bétail
  • La clôture (enclosure) des espaces de parcours restants.

Parallèlement on constate que rien n’est dit sur la question de l’accès à l’eau potable. De toute évidence, ce projet tourne le dos aux populations et ne s’adresse qu’à l’agrobusiness.

Irrigation et PPP

Mais revenons sur l’un des aspects de ce projet. Comme indiqué précédemment la construction du barrage et la distribution de l’eau sont réalisées, dans ce projet comme dans la plupart des barrages récents ou en projet, dans le cadre d’un partenariat public privé. Cela revient à dire que la gestion de l’eau d’irrigation est désormais confiée aux entreprises privées et que parallèlement, l’accès à cette eau devient payant.

Ce projet étant présenté pour le Maroc par l’Agence Française de Développement, il est fort probable que des entreprises françaises fassent partie du montage financier.

Le premier barrage construit en PPP est celui d’El Guerdane, dans la région de Taroudant au Sud du Maroc. Inauguré en 2008, le projet alimente en eau 10 000 ha de plantations d’agrumes. Le partenariat est doublement public/privé puisque la société partenaire est la SNI, holding royal qui a créé pour l’occasion la société Aman Souss qui a bénéficié d’un prêt public au taux d’intérêt de 1%. C’est dire si l’argument qui veut que l’on fasse appel au privé parce que l’Etat n’a pas les ressources financières pour réaliser ces ouvrages d’infrastructure est fallacieux. Et les domaines royaux font aussi partie des quelques 597 exploitations bénéficiaires du projet d’irrigation, qui ne représentent que 11% des exploitations de la zone concernée, mais couvrent plus du quart de la SAU.

Au total, ce sont – 38 barrages à but multiple (irrigation et hydro-électricité́ qui sont prévus d’ici 2030, tous selon le principe du PPP. + mise en gestion déléguée du service de l’eau ont été lancées dans 8 périmètres : Loukkos (30 300 ha), Tadla (109 000 ha), Doukkala (104 600 ha), Gharb (113 350 ha), Moulouya (77 280 ha), Haouz (143 00 ha), Chtouka Ait Baha (14 000 ha) et Azzemour Birjdid (2 500 ha) ».

Par ailleurs, la pression sur l’eau et le développement des cultures irriguées et du tourisme dans le Sud, amènent le gouvernement à envisager un projet de transfert des ressources hydriques Nord-Sud. Il s’agirait de procéder à un transfert d’eau des bassins de l’Oued Laou, Loukkos et Sebou(dans la moitié Nord du Maroc) vers les régions de Tadla, Doukkala et Haouz, ainsi que vers laville de Marrakech elle-même. Sur plus de 500 km. Et encore une fois en Partenariat Public-Privé[9].

Conclusion :

  • L’urbanisation rapide du Maroc, son industrie touristique et une agriculture productiviste d’exportation entraînent de très fortes pressions sur la terre et sur l’eau.
  • L’accaparement des terres en zones périurbaines et non urbaines se fait surtout au détriment des petits paysans n’ayant plus accès à l’eau, ne pouvant écouler leurs produits ou criblés de dettes pour avoir essayé d’opérer un virage vers l’agriculture irriguée en sous-traitance pour les exportateurs. 165 000 petits paysans ont disparu pour la seule année 2016. Ce sont aussi les domaines de l’Etat et des terres collectives, qui constituent le principal stock de terres disponibles.
  • La privatisation des terres collectives, au bénéfice d’investisseurs nationaux ou étrangers, s’accompagne d’une main mise du secteur privé national et international sur les ressources en eau, des PPP dans le domaine des barrages et de l’irrigation ( sans oublier la gestion déléguée des services d’eau potable dans les principales villes et certains périmètres irrigués).
  • Ces modes de mise en culture entrainent une dégradation rapide des terres surexploitées et un pillage des ressources hydriques, déjà peu abondantes au Maroc. Ils ont par conséquent un impact écologique extrêmement négatif.
  • Les solutions mises en place pour assurer la pérennité de ce type d’agriculture sont particulièrement coûteuses et néfastes :
    • multiplication des barrages et création artificielle de zones irriguées en lieu et place de l’agriculture pluviale ou de l’élevage extensif.
    • multiplication des unités de dessalement des eaux de mer
    • projet de transfert de l’eau du Nord vers le Sud du Maroc.

Elles entraînent en conséquence

  • Une pression accrue sur les ressources foncières et hydriques déjà rares
    • La disparition des modes de culture et d’élevage des communautés basés sur une propriété collective de la terre et des systèmes ancestraux de partage des terres, des arbres et de l’eau reposant sur les structures collectives traditionnelles
    • La concentration des investissements sur l’agriculture dite « moderne » au détriment de l’agriculture familiale et de l’élevage extensif
    • La généralisation des logiques productivistes et capitalistes dans la gestion des biens communs que sont la terre et l’eau, la recherche du profit primant sur toute velléité de durabilité, les investisseurs prenant le pouvoir au détriment des agriculteurs.
    • L’aggravation des disparités et des inégalités tant régionales que sociales qui sont autant de facteurs de déstabilisation sociale.

Il n’est donc pas étonnant que le degré de conflictivité ait considérablement augmenté et que s’étendent et s’intensifient les luttes pour la terre et pour l’eau. Mais la répression et le contrôle exercés par la Monarchie sur le milieu rural depuis l’Indépendance n’ont pas permis l’apparition de formes d’organisation de la petite paysannerie marocaine.

Aujourd’hui, seule une petite fraction du prolétariat agricole est parvenue, au prix de difficultés considérables, à s’organiser au sein notamment de la FNSA (Souss surtout). En conséquence, les luttes nombreuses qui se mènent contre l’accaparement des terres et de l’eau se font essentiellement dans le cadre tribal, renouant par là avec une structure largement érodée au cours de l’histoire récente du Maroc, mais qui reste bien souvent la seule encore à même de servir de cadre à l’expression des revendications et à la gestion des luttes.

Il est cependant remarquable que ce retour aux cadres traditionnels soit largement influencé aussi par l’impact des luttes de 2011, qui ont servi de catalyseur à l’expression d’un mécontentement généralisé et imprimé des caractéristiques propres aux luttes qui se mènent aujourd’hui tant en milieu urbain qu’en milieu rural (au niveau des mots d’ordre, du rôle des femmes et des jeunes au sein de ces mouvements,…).

Lucile Daumas | Août 2017 | Attac Maroc

Cet article est tiré d’une intervention réalisée lors de l’Université des mouvements sociaux tenue à Toulouse en aout 2017, lors d’un atelier consacré à : Agriculture et alimentation alternatives, co-organisé par Attac Autriche, Attac-France, la Confédération paysanne, Miramap/Urgency, OBV (Autriche). Depuis, des « révoltes de la soif » ont éclaté au courant du mois d’octobre 2017 à Zagora et Kalaa de-Sraghna, liées certes à une absence de pluies prolongées, mais aussi à l’accaparement des eaux décrits ci-dessus. Réponse des autorités : répression, arrestations et procès.

[1] A noter l’ambigüité du mouvement des femmes soulaliyates (fortement appuyées par des ONG de bon ton qui, réclamant –à juste titre- leur droit à faire partie des listes d’ayant-droits lors de la melkisation des terres, n’ont pas remis en cause la privatisation des terres collectives, légitimant ainsi implicitement ces opérations.

[2] A noter que le PSG a ouvert une autre école à Rabat tout près des terres spoliées aux Oulad Dlim, dans le quartier Hay Ryad.

[3] http://afrique.lepoint.fr/economie/marrakech-mise-sur-ses-golfs-verts-09-07-2016-2053350_2258.php

[4] A titre de comparaison, le prix de vente ou de loyer des terres collectives à Ouarzazate était à ce moment-là de 10 à 12 dirhams le m2.  Cf. Hamza Hamouchene, Centrale solaire de Ouarzazate : triomphe du capitalisme vert et privatisation de la nature http://attacmaroc.org/fr/2016/03/29/la-centrale-solaire-de-ouarzazate-au-maroc-le-triomphe-du-capitalisme-vert-et-la-privatisation-de-la-nature/

[5] Comme le stipule la Convention 169 de l’OIT relative aux peuples indigènes et tribaux

[6] Ibid

[7] Bien de mainmorte, relevant du droit musulman

[8] http://www.sahara.gov.ma/blog/banniere-home/boujdour-projet-hydro-agricole-de-1-000-ha/

[9] http://lavieeco.com/news/economie/40-milliards-de-dh-pour-transferer-leau-du-nord-au-sud-du-maroc-20890.html#Mcgr6E7rwEuz3SpK.99

Source: http://attacmaroc.org/fr/2017/10/21/accaparement-des-terres-et-de-leau-au-maroc/

Energie Maroc


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L’Euro en phase terminale ! – PAS l’Info

Posté par onsbouge le 10 novembre 2017

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L’Euro en phase terminale ! – PAS l’Info

PAS LINFO

Ajoutée le 10 nov. 2017

Economie : L’Euro en phase terminale !

La politique pratiquée par Mario Draghi et la Banque centrale européenne (BCE) qu’il dirige est une «catastrophe», a estimé dans un entretien accordé à Sputnik l’expert financier allemand Marc Friedrich. Et d’ajouter que tout cela serait fait aux dépens des citoyens.

Selon ce dernier, les 30 milliards d’euros avec lesquels M.Draghi entend acheter des obligations en 2018 seront tout simplement imprimés. «Toute banque commerciale et mêmes les banques centrales peuvent générer de l’argent à partir de rien. […] Cela ne manquera certes pas de relancer l’inflation. On s’en aperçoit entre autres dans toutes les hausses continues des cours sur les marchés de l’immobilier et des actions. Tout cela est construit sur du sable, et un jour, un tsunami va nous submerger», a prévenu M.Friedrich.


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