L’INDUSTRIE FRANÇAISE SACRIFIÉE

Posté par onsbouge le 20 juin 2019

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L’INDUSTRIE FRANÇAISE SACRIFIÉE

L’industrie française va mal, c’est le dur constat que fait Henri Sterdyniak dans une nouvelle Chronique Éco. Il revient sur le manque de volonté de l’actuel gouvernement face à la concurrence internationale

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Venezuela : Le coût du blocus

Posté par onsbouge le 2 juin 2019

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Venezuela : Le coût du blocus 

2 Juin 2019, 17:05pm | Publié par Bolivar Infos

par Pablo Siris
Quand nous parlons de la confiscation au Gouvernement du Venezuela de milliers de millions de dollars ou d’euros, nous, le commun des mortels, ne sommes pas capables de quantifier ou de prendre la mesure de ce que cela signifie et des conséquences de cette sorte de sanction contre le peuple vénézuélien dans son ensemble.

Le 3 mai dernier a été publié un nouveau rapport du Centre de Recherche Economique et Politique (CEPR), élaboré par les économistes Mark Weisbrot et Jeffrey Sachs.

Cette publication transforme le blocus et la guerre économique en vies humaines et révèle que « les sanctions économiques mises en place par le Gouvernement de Trump en août 2017 ont causé des dizaines de milliers de morts et ont fait empirer rapidement la crise humanitaire. »

« Cela est illégal selon le droit étasunien, le droit international et les traités que les Etats-Unis ont signé. Le Congrès devrait faire quelque chose pour l’arrêter, » dit Mark Weisbrot, codirecteur du CEPR et coauteur du rapport.

« Habituellement, on rend responsable le Gouvernement du Venezuela de la totalité de la crise économique du pays (…) Mais c’est pire que ça. Les sanctions étasuniennes visent délibérément à détruire l’économie vénézuélienne et par conséquent, à amener un changement de régime. C’est une politique stérile, inhumaine, illégale et ratée qui cause de graves dommages au peuple vénézuélien, » dit Jeffrey Sachs, coauteur du document.

Les conséquences en vies perdues par la faute directe du blocus ont été estimées par le CEPR à plus de 40 000 entre 2017 et 2018 et on estime que la situation pourrait s’aggraver si le blocus persistait en 2019.

Le rapport du CEPR appuie cette donnée sur le fait qu’il « y a environ 80 000 personnes positives au VIH qui n’ont pas reçu de traitement depuis 2017, 16 000 personnes qui ont besoin de dialyse 16 000 personnes qui souffrent d’un cancer et 4 000 000 qui souffrent de diabète et d’hypertension (dont beaucoup ne peuvent pas obtenir d’insuline ou le traitement cardio-vasculaire). »

Entre décembre 2014 et avril 2019, le Gouvernement des Etats-Unis a dicté 1 loi et 7 décrets exécutifs qui sanctionnent et pénalisent l’économie vénézuélienne en appliquant le blocus et la confiscation des actifs financiers, l’interdiction de négocier la dette de Petróleos de Venezuela S.A. (PDVSA), l’augmentation du Risque Pays et des coûts financiers, l’interdiction des opérations avec l’or, la confiscation des actifs (CITGO et les actifs de PDVSA), des sanctions contre la Banque Centrale de Venezuela et des amendes et des pénalités administratives sur les opérations de commerce extérieur.

Dans notre article de la semaine dernière, nous signalions que le Gouvernement nord-américain s’enorgueillissait et présentait comme une réussite des actions du Département d’Etat aussi bien l’application de ces sanctions que leurs conséquences.

Personne ne peut dire qu’on ne connaît pas les conséquences du blocus sur le peuple vénézuélien puisque les Etats-Unis et le secteur qu’on appelle « les faucons » de Washington, non seulement sont réellement conscients des effets de ces actions mais ont cherché concrètement ces résultats pour forcer le président Nicolás Maduro à quitter la charge à laquelle il a été élu le pouvoir le 20 mai 2018 et à obliger le peuple vénézuélien à se rendre par la faim et les privations.

Dans diverses banques sont « retenues » – un euphémisme pour dire que l’argent a été volé – d’énormes sommes d’argent qui en réalité, sont la propriété du peuple bolivarien.

Le 30 avril 2019, la Banque Novo du Portugal s’st approprié indûment 1 547 322 175,89 dollars, la Banque d’Angleterre a volé 1 323 228 162,57 de dollars d’or et Clearstream (également en Angleterre) a gardé 517 088 580,00 de dollars en titres de la dette publique.

Pour leur part, les banques étasuniennes Sumitomo, Citibank et Unión Bank se sont alloué respectivement 507 506 853,37, 458 415 178,49 et 230 024 462,00 de dollars. Euroclear et la Banque Eni ( toutes 2 belges) ont « retenu » 140 519 752,26 de dollars en titres de la dette et 53 084 499,92 de dollars en liquide.

La banque française Delubanc a aussi opéré une retenue de 38 698 931,70 de dollars et 41 banques et institutions financières de 17 pays ont conservé 654 142 049,10 de dollars.

Le total des ressources que ces prestigieuses institutions financières ont étouffées au Venezuela est de 5 470 030 645,30. Ni vous ni moi n’avons placé notre confiance dans ces banques mais sache à qui ne pas confier ton argent. Ne va pas être de ceux qui « retiennent. »

Cependant, non seulement ces bandits de grands chemins se sont approprié des ressources vénézuéliennes en suivant les instructions du Gouvernement nord-américain mais les pertes totales et le coût pour l’économie vénézuélienne provoqués par le blocus économique imposé par les Etats-Unis entre 2015 et 2018 sont estimés à plus de 130 000 millions de dollars.

Ces mesures coercitives unilatérales (appelées par euphémisme sanctions) font partie d’une stratégie systématique et consciente de violation massive des Droits de l’Homme du peuple vénézuélien et ont été qualifiées par l’ONU de cries contre l’humanité.

Et vous êtes étourdi – et moi aussi – par tant de zéros mais je peux vous assurer que ces données ont été vérifiées puisque les sources sont diverses et coïncident : l’organisation des Droits de l’Homme Sures, l’équipe d’investigation Mission Vérité, le professeur Pascualina Curcio, le ministère des Relations Extérieures du Venezuela et le ministère des Finances du Venezuela.

C’est une énormité. Je ne sais pas vous mais moi, après le premier million, je ne peux plus dire « avec ça, ce que je ferais, c’est… » Mais nous pouvons faire certaines comparaisons pour illustrer ces données.

Selon diverses sources disponibles sur internet, la construction d’un hôpital coûte pour les chambres et tous ses services annexes entre 1 300 000 et 1 500 000 dollars. Si nous prenons le chiffre le plus bas, avec les sommes que les Etats-Unis ont volées au Venezuela, on pourrait construire 2 000 hôpitaux de 50 chambres dotés de la dernière technologie.

Le coût de la construction d’une école peut être vérifié sur
https://webspm.com/Articles/2015/07/01/School-Costs.aspx,
où on indique qu’une école pour environ 600 élèves coûte environ 16 000 000 de dollars. Avec la dette que les Etats-Unis et leurs alliés ont envers le Venezuela, on pourrait construire 8 125 pour plus de 600 élèves.

Le site http://www.globalemergencyvehicles.com/company/blog/ambulance-for-sale-that-will-work-for-your-budget
indique qu’une ambulance peut coûter car entre 100 000 et 200 000 dollars étasuniens. Prenons le prix moyen de 15 .000et nous voyons qu’avec l’argent volé au Venezuela, on pourrait acheter 866 667 ambulances totalement équipées.

Selon diverses sources que nous avons consultées, le coût d’une patrouille de police avec son équipement tourne autour de 30 000 dollars étasuniens, de sorte que nous aurions pu payer 4 333 333 patrouilles.

Sans parler du fait qu’avec 130 000 000 000 de dollars, on peut payer presque 380 000 traitements contre le VIH, acheter presque 644 000 000 de tonnes de viande bovine, presque 38 000 000 de tonnes de lait en poudre ou plus de 320 000 000 de tonnes de riz.

La prochaine fois que quelqu’un nous parlera de la crise au Venezuela, traduisons-lui en exemples concrets ces chiffres qui pour nous – les gens de la rue et des campagnes – ne veulent rien dire.

Nous parlons de morts parce que le blocus ne permet pas de les soigner, d’hôpitaux et d’écoles non construits, de patrouilles et d’ambulances qui ne circulent pas dans les rues, de nourriture et de médicaments qui n’ont pas pu être achetés. Qu’on en nous raconte pas de salades.

traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos

Source en espagnol :
https://albaciudad.org/2019/06/el-costo-del-bloqueo-contra-venezuela-por-pablo-siris/

URL de cet article :
http://bolivarinfos.over-blog.com/2019/06/venezuela-le-cout-du-blocus.html


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The Next Economic Crisis and the Looming Post-Multipolar System/ La prochaine crise économique et le système post-multipolaire imminent

Posté par onsbouge le 22 mai 2019

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The Next Economic Crisis and the Looming Post-Multipolar System

La prochaine crise économique et le système post-multipolaire imminent

À un moment donné, en particulier pendant l’ère de Bretton Woods qui a suivi la Seconde Guerre mondiale, il semblait que le modèle capitaliste pouvait être indéfiniment durable et éviter de plonger le monde dans de grands conflits mondiaux. Cette époque a commencé à s’achever avec la crise de la stagflation des années 1970 et s’est complètement achevée avec la fin de la guerre froide qui a marqué le début de l’ère dite de la  » mondialisation  » qui a pris la forme d’une concurrence débridée pour les marchés et les ressources. Au début, cette compétition n’a pas montré beaucoup de signes de problèmes. L’effondrement du bloc soviétique a donné naissance à de nombreux « marchés émergents » dans lesquels les entreprises occidentales pouvaient s’implanter. Cependant, la loi des rendements décroissants étant ce qu’elle est, les taux initiaux de croissance économique rapide n’ont pas pu être maintenus et les tentatives d’éviction par des politiques très libérales de la banque centrale, jusqu’à des taux d’intérêt nuls et même négatifs, ont permis de gonfler – et d’éclater – plusieurs « bulles » financières. Même l’économie américaine d’aujourd’hui porte de nombreuses marques d’une telle bulle, et ce n’est qu’une parmi tant d’autres. Tôt ou tard, l’événement proverbial du  » cygne noir  » déclenchera un véritable effet domino d’éclatement de bulles et plongera l’économie mondiale dans une crise d’une ampleur qu’elle n’avait pas connue depuis les années 1930. Une crise contre laquelle les grandes puissances mondiales ont peu d’armes à déployer, puisqu’elles ont dépensé leur « puissance de feu » monétaire et fiscale sur la crise de 2008, sans grand succès. La faiblesse des taux d’intérêt et le niveau élevé de la dette publique signifient que la prochaine grande crise ne sera pas simplement « encore la même ». Elle réorganisera fondamentalement l’économie mondiale.

Traduit avec www.DeepL.com/Translator00


South Front
Ajoutée le 21 mai 2019
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La montagne de dettes privées des entreprises sera au coeur de la prochaine crise financière, par Eric Toussaint

Posté par onsbouge le 4 mai 2019

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Paru sur LES CRISES

La montagne de dettes privées des entreprises sera au coeur de la prochaine crise financière, par Eric Toussaint

Finance   4.mai.2019 // Les Crises

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Source : CADTM, Eric Toussaint, 13-04-2019

La montagne de dettes privées des entreprises sera au coeur de la prochaine crise financière, par Eric Toussaint dans - ECLAIRAGE - REFLEXION 1-19-590x313

Photo by Rafael Matsunaga (CC)

Les ingrédients d’une nouvelle crise financière internationale majeure sont réunis. Les dirigeants des banques centrales le savent de même que les dirigeants d’institutions comme le FMI, l’OCDE et la Banque des règlements internationaux. De nombreux articles de la presse spécialisée y sont consacrés. Un des facteurs qui mènent l’économie vers une crise vers une nouvelle crise internationale de grande ampleur, c’est l’énorme accumulation de dettes par les grandes entreprises privées et l’usage qui est fait de ces dettes.

Pourtant les gouvernements des principales économies de la planète avaient promis de rétablir une discipline financière qui respecterait l’intérêt général et éviterait de nouvelles crises aux effets douloureux pour la population. Afin de défendre ce système capitaliste qui écœure une majorité de l’opinion publique, ils ont multiplié les effets d’annonce de mesures fortes visant à réformer le système pour lui donner un “visage humain”, mais bien sûr sans que cela ne change quoi que ce soit en pratique. En réalité, la politique que les gouvernements et les dirigeants des banques centrales ont menée a ménagé et favorisé les intérêts du grand capital, notamment celui des grandes sociétés financières. Aucune mesure stricte n’a sérieusement obligé les capitalistes à mettre un frein à la prise de risque, à réduire la spéculation, à investir dans la production.

Les crises font partie du métabolisme du système capitaliste mais elles ne se ressemblent pas toutes. Dans le présent article, il ne s’agit pas de revenir sur les causes générales des crises capitalistes. Il s’agit ici de diagnostiquer des facteurs qui conduisent certainement à une nouvelle crise de grande ampleur.

Quand elle éclatera, les gouvernements, les dirigeants des banques centrales et la presse dominante feindront l’étonnement comme à chaque fois.

Pour les opposants au système, il est fondamental de pointer du doigt les responsabilités et de montrer comment fonctionne le capitalisme afin d’être en mesure d’imposer enfin une autre logique et de rompre radicalement avec ce système.

Depuis 2010, profitant de la politique de bas taux d’intérêt adoptée par les banques centrales des pays les plus industrialisés (Réserve fédérale des États-Unis, Banque centrale européenne, Banque d’Angleterre, Banque du Japon, Banque de Suisse…), les grandes entreprises privées ont augmenté massivement leur endettement. Aux États-Unis, par exemple, la dette des entreprises privées non financières a augmenté de 7 800 milliards de dollars entre 2010 et mi-2017.

Qu’ont-elles fait de l’argent emprunté ? L’ont-elles investi dans la recherche-développement, dans des investissements productifs, dans la transition écologique, dans la création d’emplois décents, dans la lutte contre le changement climatique ? Pas du tout.

L’argent emprunté a servi notamment à réaliser les activités suivantes :

I. Les entreprises empruntent pour racheter leurs actions en bourse. Cela produit deux avantages pour les capitalistes :

1) cela fait monter le prix des actions ;
2) cela permet de “rémunérer” les actionnaires sans que cela entraîne pour eux le paiement d’impôts sur les bénéfices
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De plus, dans de nombreux pays, les plus-values sur les actions ne sont pas taxées ou le sont à taux très bas (en comparaison avec l’impôt sur le revenu ou avec la TVA). Déjà en 2014, les rachats d’actions aux États-Unis avaient atteint un montant mensuel de 40 à 50 milliards de dollars [1]. Le phénomène s’est poursuivi ensuite. Soulignons qu’on avait assisté, avant la précédente crise, à une augmentation très forte des rachats d’actions à partir de 2003, qui avait atteint un sommet en septembre 2007 en pleine crise dite “des subprimes”. Entre 2010 et 2016, les entreprises nord-américaines ont racheté leurs propres actions en Bourse pour un montant approximatif de 3 000 milliards de dollars [2]. Comme le titrait le quotidien financier Les Échos, “Les rachats d’actions record sont le moteur de Wall Street ». Une grande partie de la bonne santé des bourses, pas seulement celle des États-Unis, est due aux rachats massifs d’actions. C’est donc tout à fait artificiel.

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Evolution des rachats d’actions (« buybacks ») par 500 grandes entreprises privées des États-Unis de 1999 à 2019 en milliards de dollars (indice S&P 500). Source : https://www.yardeni.com/pub/buybackdiv.pdf

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Evolution des dividendes versés aux actionnaires de 1999 à 2019 en milliards de dollars. Source : https://www.yardeni.com/pub/buybackdiv.pdf

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Evolution des rachats d’actions (en bleu) et des dividendes (en vert) de 1999 à 2019 en milliards de dollars. La courbe rouge indique l’évolution du S&P 500, un indice boursier basé sur 500 grandes sociétés cotées sur les bourses américaines. L’indice est possédé et géré par Standard & Poor’s, l’une des trois principales sociétés de notation financière.

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Utilisation des liquidités des entreprises du S&P 500 entre 2000 et 2017. On constate une croissance des dépenses pour le rachat d’actions et pour la distribution des dividendes aux actionnaires entre 2002 et 2007 et entre 2009 et 2017. En 2017, la part consacrée aux rachat d’actions et aux dividendes atteint 48%.

Dans le monde imaginaire du système capitaliste enseigné dans les manuels d’économie, les entreprises émettent des actions en Bourse pour collecter du capital afin de l’investir dans la production.

Dans le monde réel, les entreprises capitalistes empruntent du capital sur les marchés financiers ou auprès des banques centrales pour racheter leurs actions en Bourse afin d’augmenter la richesse de leurs actionnaires et donner l’impression que la santé de l’entreprise est excellente.

Les dirigeants d’entreprise qui sont en partie rémunérés en stock-options, c’est-à-dire en actions qu’ils peuvent revendre, ont tout intérêt à inciter leur entreprise à racheter leurs actions… C’est par soi-même qu’on est le mieux servi.

Il faut également souligner que les dirigeants d’entreprise ont été très généreux en matière de distribution de dividendes. Entre 2010 et 2016, les dividendes versés aux actionnaires aux États-Unis ont atteint 2 000 milliards de dollars. Au total, si on additionne les rachats d’actions et les dividendes distribués, les actionnaires des firmes états-uniennes ont perçu 5 000 milliards de dollars entre 2010 et 2016.

Dans le compte de bilan des entreprises, du côté du passif, la part qui se réfère aux dettes de l’entreprise s’accroît tandis que diminue la part qui correspond aux actions de l’entreprise. Si jamais les taux d’intérêt sur la dette de l’entreprise augmentent, le paiement des intérêts risque de devenir insoutenable et mener à la faillite. Si le cours des actions – qui a été artificiellement gonflé par l’effet combiné des rachats et de la bulle boursière – baisse fortement, la faillite est aussi au coin de la rue.

À noter que le rachat massif de leurs propres actions qui a été largement pratiqué par de grandes entreprises nord-américaines comme Hewlett Packard (HP), IBM, Motorola, Xerox, Symantec ou encore JC Penney, n’a pas suffi à améliorer leur santé.

II. Les entreprises empruntent pour acheter des créances. Elles achètent des produits structurés composés de crédits octroyés à d’autres entreprises ou à des particuliers. Elles achètent surtout des obligations émises par d’autres entreprises privées ainsi que des titres publics. La firme Apple détenait à elle seule en 2017 des créances sur d’autres entreprises pour un montant de 156 milliards de dollars, ce qui représente 60 % du total de ses actifs [3]. Ford, General Motors et General Electric achètent également des dettes des autres entreprises. 80 % des actifs d’Ebay et 75 % des actifs d’Oracle sont des créances sur d’autres entreprises.

Les trente principales entreprises non-financières des États-Unis actives dans le marché des dettes détiennent ensemble 423 milliards de dollars de dettes d’entreprises privées (Corporate debt and commercial paper securities), 369 milliards de dollars de dettes publiques et 40 milliards de dollars de produits structurés (Asset Backed Securities et Mortgage Backed Securities).

Dans la mesure où les entreprises cherchent à maximiser les rendements qu’elles tirent des créances détenues sur d’autres entreprises, elles sont poussées à acheter des dettes émises par des entreprises les moins solides disposées à rémunérer les prêteurs plus fortement que d’autres. Le marché des dettes à risque s’amplifie.

Si jamais les entreprises débitrices entrent en difficulté de paiement, les entreprises créancières se retrouveront elles-mêmes en difficulté. En 2016, Apple a fait savoir aux autorités américaines qu’une augmentation d’1 % des taux d’intérêt pourrait entraîner une perte de 4,9 milliards de dollars [4]. D’autant que, pour financer ces achats de dettes, Apple comme les autres entreprises ont emprunté. Par exemple, en 2017, Apple a emprunté 28 milliards de dollars. Sa dette financière totale s’élève à environ 75 milliards de dollars. Par effet domino, pourrait survenir une crise d’une ampleur aussi importante que celle de 2007-2008 aux États-Unis.

Il faut également savoir que lorsque les taux d’intérêts montent, la valeur des titres de dette des entreprises baisse. Plus ces créances (c’est-à-dire les titres de dettes émises sous forme d’obligations par les entreprises privées) représentent une part importante des actifs des entreprises, plus la chute de la valeur peut avoir un impact négatif sur la santé des créanciers. Ces créanciers risquent alors de manquer de fonds propres pour compenser la dévaluation ou la décote des créances qu’ils possèdent.

La situation décrite correspond à une nouvelle progression de la financiarisation du capital : les grandes entreprises non-financières développent encore leurs investissements financiers. Apple, Oracle, General Electric, Pfizer, Ford ou General Motors renforcent leurs départements “Finances” et prennent à nouveau de plus en plus de risques pour augmenter leurs bénéfices. Alors qu’auparavant, elles prêtaient 60 % de leurs liquidités à des intermédiaires, notamment les money market funds, pour maximiser leur rendement, elles ne leur en confient plus désormais que 50% et prennent elles-mêmes directement le risque.

De surcroît, une grande partie des créances détenues sur d’autres entreprises passent par des paradis fiscaux, ce qui augmente l’opacité des opérations réalisées et peut augmenter le risque. Les îles Bermudes et l’Irlande comptent parmi les principaux paradis fiscaux utilisés par les grandes entreprises des États-Unis qui misent à fond sur l’optimalisation fiscale.

Ce qui vient d’être décrit concerne l’ensemble du monde capitaliste même si les données présentées se rapportent à l’économie des États-Unis.

La montagne de dettes privées des entreprises sera au cœur de la prochaine crise financière. Mais crise ou pas, les comportements décrits justifient amplement l’action de tous ceux qui luttent pour en finir avec le capitalisme et le système de la dette.

Notes

[1] Financial Times, “Return of the buyback extends US rally”, 5 décembre 2014.

[2] Financial Times, “Buyback outlook darkens for US stocks”, 22 juin 2017.

[3] Financial Times, “Debt collectors”, 16-17 septembre 2017.

[4] Financial Times, “Patcy disclosure gives investors little to chew on”, 28 septembre 2017.

Source : CADTM, Eric Toussaint, 13-04-2019


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GILETS JAUNES : MACRON VEUT AUGMENTER LE TEMPS DE TRAVAIL COMME SOLUTION

Posté par onsbouge le 25 avril 2019

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GILETS JAUNES : MACRON VEUT AUGMENTER LE TEMPS DE TRAVAIL COMME SOLUTION

Le non discours d’Emmanuel Macron, voilà le thème de la chronique éco d’aujourd’hui. Henry Sterdyniak nous parle des mesures souhaitées par l’Elysée.
Suppression d’un jour férié, fin des 35h et retour aux 39h, allongement de l’âge de départ à la retraite… Des mesures pas si sociales que ça pour répondre à une contestation qui dure depuis maintenant 6 mois.



Le Média
Ajoutée le 24 avr. 2019
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