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Eolien, solaire, pouvoir d’achat et gilets jaunes

Posté par onsbouge le 13 décembre 2018

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LIBRAIRIE TROPIQUES

Eolien, solaire, pouvoir d’achat et gilets jaunes

12 Décembre 2018

Eolien, solaire, pouvoir d’achat et gilets jaunes  dans - DROITS ob_b4717b_couve-2019-1-pm

 

Eolien, solaire, pouvoir d’achat et gilets jaunes ! L’électricité ne manquant pas, éolien et solaire produisent une électricité inutile. Elle ne peut rien pour le climat : les émissions de CO2 de notre électricité sont déjà très faibles. Elle ne permet pas de fermer nos réacteurs nucléaires : ceux-ci nous sont indispensables quand il n’y a ni vent ni soleil.

 

Développer l’éolien et le solaire, c’est ajouter à un réseau de centrales pilotables un réseau inutile de centrales non pilotables. Cela rend l’électricité bien plus chère, puisque: – Le coût d’investissement en centrales électriques est augmenté : Il faudrait ajouter à notre puissance actuelle de centrales pilotables à peu près autant de puissance d’éolien et de solaire pour produire avec ceux-ci seulement 30 % de notre consommation -A quantité d’électricité produite égale, éolien et solaire, non pilotables, font diminuer la production des centrales pilotables : Ces dernières conservant les mêmes charges fixes (salaires, coûts de maintenance…), leurs coûts au kWh augmentent- Pour faire fonctionner en harmonie les deux réseaux de centrales, il faut développer et renforcer le réseau électrique.

 

Aussi bas que devienne le coût de production de l’éolien et du solaire, ils feront augmenter le coût de l’électricité, pour les raisons ci-dessus. Eolien et solaire photovoltaïque ne pourraient exister sans de copieuses subventions : Intégrées au départ dans la Contribution sociale au service public de l’électricité (CSPE), ces subventions figurent maintenant sur le Compte d’affectation spéciale transition énergétique (CASTE) du budget de l’Etat, alimenté entre autres par une augmentation des taxes sur la consommation de carburants !

 

En 2018, la somme prévue au titre de l’éolien et du solaire photovoltaïque est d’environ 7 milliards d’euros. Mais il faut ajouter, hors CASTE, le coût de l’augmentation des taxes dites d’acheminement, dues au renforcement nécessaire du réseau électrique, mais aussi des subventions devenues nécessaires aux centrales pilotables pour éviter qu’elles ne mettent la clef sous la porte. Et aussi ajouter une taxe sur l’électricité de 2,7 cts d’euros TTC, héritage de la CSPE, qui n’a pas été supprimée. Sans compter les défiscalisations et subventions déguisées accordées aux promoteurs par l’Etat et les collectivités territoriales ! Au total environ 20 milliards d’euros par an.

 

Cela représente 300 euros par Français et par an, soit pour un ménage moyen avec deux enfants une dépense de 1200 euros, moitié taxes sur l’électricité, moitié taxes sur les carburants et subventions diverses. Mais ceux dont la consommation de carburants est la plus forte, ruraux et habitants des grandes banlieues très dépendants de leur voiture, sont bien plus impactés. Et aussi les petits retraités, qui doivent ainsi consacrer à l’énergie une part intolérable de leurs ressources. Le développement voulu par notre gouvernement conduira au doublement de ces sommes en 2025, sans créer globalement d’emplois, parce qu’une grande partie, consacrée à l’achat d’éoliennes et de panneaux solaires à l’étranger, n’en sera pas dépensée en France. Les gilets jaunes ne sont pas près d’être rangés au placard !

 

L’éolien détruit l’environnement rural, dégrade la santé des riverains et dévalue leurs biens immobiliers ! Détruire l’environnement pour quelque chose qui ne sert à rien, coûte très cher au consommateur, accroit la précarité énergétique en France, et ne crée pas d’emplois, il faut le faire ! Élus, réfléchissez : supprimer toute subvention à ces électricités inutiles, c’est rendre du pouvoir d’achat aux gilets jaunes, ainsi qu’à beaucoup d’autres ! Il faut en priorité stopper le ruineux éolien en mer, déjà acté pour 25 milliards d’euros, plus 5 milliards pour la construction de lignes à haute tension !

 

 

Bernard Durand, ancien directeur de la division Géologie-Géochimie de l’IFP, et de l’Ecole Nationale Supérieure de Géologie. Ancien président du Comité Scientifique de l’European Association of Geoscientists and Engineers (EAGE). Auteur de l’ouvrage « Energie et environnement, les risques et les enjeux d’une crise annoncée » (2007, EDP Sciences)

 

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 Tag(s) : #sciences, #gilets jaunes, #écologie, #politique


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ÉCOLOGIE ET CRITIQUE DES MÉDIAS – GILLES BALBASTRE

Posté par onsbouge le 12 décembre 2018

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ÉCOLOGIE ET CRITIQUE DES MÉDIAS – GILLES BALBASTRE

Co-réalisateur des Nouveaux chiens de garde en 2012 (plus de 200 000 entrées au cinéma), Gilles Balbastre vient de réaliser (avec la CGT énergie) Main basse sur l’énergie (www.mainbassesurlenergie.com), un documentaire sur le mode narratif de la série télévisée des années 60 Les Incorruptibles. Dans ce film en six épisodes, Balbastre enquête sur les énergies renouvelables et fait le lien avec le démantèlement du service public de l’énergie. Dans le second épisode de cet entretien en deux parties, Gilles Balbastre revient sur les événements catastrophiques de cet été 2018 (incendies géants en Suède, en Californie, en Grèce et au Portugal ; effondrement d’un viaduc routier à Gênes, etcetera) et place l’ultralibéralisme comme point commun à ces catastrophes présentées comme des faits divers. Balbastre revient également sur la Marche pour le climat, qui avait eu lieu quelques jours après la démission de Nicolas Hulot – démission annoncée en direct à la radio et qui avait donné lieu à des concertinos de satisfecit chez les fins limiers du Parti de la presse et de l’argent. En fin d’entretien, le réalisateur des Nouveaux chiens de garde (qui prépare la suite de ce film : Ceux qui tiennent la laisse pour laquelle une souscription populaire est lancée : www.ceuxquitiennentlalaisse.info) fait une série de propositions originales pour en finir avec le règne des « médias qui mentent, des patrons qui plastronnent et de la gauche qui capitule ».

Sauvez Le Média : https://www.lemediatv.fr/sauvez-le-me…

Le Média

Ajoutée le 12 déc. 2018


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Les plus gros pollueurs français ne paient presque pas de taxe carbone !

Posté par onsbouge le 9 décembre 2018

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ALTERNATIVES ECONOMIQUES

Le blog de Jean Gadrey

Faites entendre votre voixAlter & Co

Les plus gros pollueurs français ne paient presque pas de taxe carbone !

  • Jean Gadrey
  • 28/11/2018

Les plus gros pollueurs français ne paient presque pas de taxe carbone ! dans - ECLAIRAGE - REFLEXION

J’emprunte le gros de ce billet à mon ami Maxime Combes, et à Attac France dont nous sommes membres l’un et l’autre. À côté des grandes injustices fiscales (en particulier pour la fiscalité écologique) pointées par les « gilets jaunes » ou signalées par d’autres (voir mon billet du 20 novembre, lien à la fin), en voici une qui est totalement passée sous silence et qu’il est temps d’exposer à la lumière. Car certes, la non taxation du kérosène est scandaleuse, tout comme la non-taxation ou la sous-taxation du fioul lourd, mais il y a bien pire :

Total, ArcelorMittal, Solvay Group, Lafarge France et tous les autres grands pollueurs du pays sont exonérés de la taxe carbone que chacun.e paie quand il ou elle fait son plein !

Dans une note (voir le lien à la fin) que Attac France vient de publier, il est proposé de basculer les futures hausses de la fiscalité carbone sur les entreprises les plus polluantes.

Il est important de comprendre que les exonérations de kérosène et de fioul lourd ne sont que la partie émergée de l’iceberg : les 1400 sites industriels et les plus polluants du pays :

- sont exonérés de la taxe carbone payée par les ménages ;

- obtiennent la plupart de leurs quotas d’émission gratuitement, et parfois plus que leurs émissions (= subvention déguisée, en gros c’est un nouveau principe : le « pollueur/payé » !) ;

- n’achètent qu’une part infime de quotas à un prix dérisoire et inférieur à celui que paient les ménages, 4 à 6 fois moins pour les années 2016 et 2017, et encore 3 fois moins en 2018 (17 € la tonne contre 44,6 euros pour les ménages) ;

Ainsi Total ne paie quasiment pas de fiscalité carbone pour ses raffineries en France : elles sont couvertes par près de 80% de permis gratuits.

La proposition est simple, déjà expérimentée au Royaume-Uni (voir en annexe) : instaurer unilatéralement et immédiatement une taxe carbone complémentaire pour l’ensemble des sites industriels français soumis au marché carbone européen afin que chaque tonne de carbone relâchée soit, a minima, taxée au niveau fixé par la trajectoire carbone.

Ce qui revient à mettre fin au principe du « Pollueur – Payé » et à enfin appliquer le principe du « Pollueur – Payeur » pour les entreprises.

Lien vers la note d’Attac.

ANNEXE : les quatre propositions d’Attac

1. Supprimer le plus rapidement possible – et progressivement en cas exceptionnel – toutes les exonérations de taxes ; la loi de finances 2019 doit transcrire cette exigence en commençant par la suppression des exonérations de taxe sur le kérosène utilisé pour les vols intérieurs et sur le fioul lourd ;

2. instaurer unilatéralement et immédiatement une taxe carbone complémentaire pour l’ensemble des sites industriels français soumis au marché carbone européen afin que chaque tonne de carbone relâchée soit taxée au niveau fixé par la trajectoire carbone, c’est-à-dire à 44,6 €/t en 2018 et 55 €/t en 2019, puis 86,2€/t en 2022 ; cette initiative unilatérale est possible et a déjà été expérimentée par le Royaume-Uni qui a introduit en 2013 une sorte de prix plancher carbone unilatéral sur la production d’électricité, à environ 25 € la tonne – en plus du quota exigible sur le marché carbone européen.

3. remplacer le marché carbone européen par une fiscalité carbone réellement efficace et dissuasive : le marché carbone est si dysfonctionnel, instable et spéculatif qu’il ne peut être réformé pour le rendre efficace ; il est temps de mettre fin au principe du « pollueur-payé » : plus aucun quota ne doit être délivré gratuitement, à très brève échéance ; le produit intégral de la vente aux enchères des quotas doit être consacré au financement de la transition écologique et notamment de la rénovation thermique de l’habitat ; le marché carbone doit-être progressivement transformé en une taxe carbone sur les industries polluantes avec un quota annuel d’émissions à ne pas dépasser, sans possibilité d’obtenir de quotas supplémentaires ; ce quota maximum doit par ailleurs décroître rapidement pour être cohérent avec les objectifs de 1,5°C et 2°C fixés par l’Accord de Paris ;

4. instaurer un moratoire sur toute nouvelle augmentation de la fiscalité carbone en direction des ménages le temps de la mise en œuvre d’une politique fiscale redistributive permettant de a) réduire les inégalités b) réduire l’empreinte écologique des plus riches c) développer les alternatives au tout-voiture et à l’étalement urbain ; c’est à ces conditions que des taxes sur la consommation des carburants pourraient avoir un effet significatif en termes de réduction de la consommation.

Liens vers mes autres billets sur le sujet

En France, les très riches émettent 40 fois plus de carbone que les pauvres, mais les pauvres paient plus de 4 fois plus de taxe carbone en % de leurs revenus ! 20/11/2018

Priscillia Ludosky (porte-parole des gilets jaunes), une militante sociale-écolo ? Oui, dans une certaine mesure, avec quelques limites à débattre  18/11/2018

17 novembre : quand l’existence précède l’essence. Propositions concrètes pour sortir d’une contradiction (suite du billet précédent)  07/11/2018

Je n’irai pas manifester pour le prix de l’essence, mais essayons de comprendre et proposons des alternatives  02/11/2018


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Un ordre mondial fondé sur des règles ou un « ordre » mondial américain sans règles ? Par Alastair Crooke

Posté par onsbouge le 4 décembre 2018

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LES CRISES

4.décembre.2018 // Les Crises

Un ordre mondial fondé sur des règles ou un « ordre » mondial américain sans règles ? Par Alastair Crooke

Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 31-10-2018

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ALASTAIR CROOKE

31.10.2018

Un ordre mondial fondé sur des règles ou un « ordre » mondial américain sans règles ?

« Il a fallu 31 ans au complexe militaro-sécuritaire américain pour se débarrasser de la dernière réalisation du président Reagan en matière de désarmement nucléaire – le Traité INF [Intermediate-Range Nuclear Forces Treaty, Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire, NdT], que le président Reagan et le président soviétique Gorbatchev ont obtenu en 1987 », écrit l’ancien secrétaire adjoint du Trésor de Reagan :

« Dans les coulisses, j’ai joué un certain rôle et, si je me souviens bien, le traité a permis de protéger l’Europe des attaques nucléaires des missiles soviétiques à courte et moyenne portée [les SS20] et de protéger l’Union soviétique des États-Unis [missiles Pershing déployés en Europe]. En limitant les armes nucléaires aux missiles balistiques intercontinentaux, ce qui donnait un certain délai d’alerte, on garantissait ainsi des représailles et le non-recours aux armes nucléaires, le Traité INF était considéré comme réduisant le risque d’une première frappe américaine en Russie et d’une première frappe [soviétique] en Europe…. Reagan, contrairement aux néoconservateurs fous, qu’il a renvoyés et poursuivis en justice, ne voyait pas l’intérêt d’une guerre nucléaire qui détruirait toute vie sur terre. Le Traité INF a été le début, dans l’esprit de Reagan, de l’élimination des armes nucléaires des arsenaux militaires. Le Traité INF a été choisi comme premier pas, parce qu’il ne menaçait pas substantiellement le budget du complexe militaro-sécuritaire américain. »

Cependant, l’Administration Trump veut maintenant quitter unilatéralement le traité INF. “S’adressant aux journalistes du Nevada, Trump a dit : « La Russie a violé l’accord. Ils le violent depuis de nombreuses années et je ne sais pas pourquoi le président Obama n’a pas négocié ou ne s’est pas retiré… Nous allons nous retirer… Nous n’allons pas les laisser violer un accord nucléaire et fabriquer des armes, alors que nous n’avons pas le droit de le faire ». Invité à préciser, le président a dit : « À moins que la Russie ne vienne à nous, que la Chine ne vienne à nous et qu’ils ne viennent tous à nous, et ne disent : “Soyons tous intelligents et ne développons pas ces armes”, mais si la Russie en développe et que la Chine le fait aussi, alors que nous continuons à adhérer à l’accord, c’est inacceptable. Ceci dit, nous avons énormément d’argent à mettre en jeu pour nos armées. »

Les repères révélateurs sont évidents: La Russie et la Chine « fabriquent » de nouvelles armes (et les États-Unis sont en retard) ; la Chine « le fait » (et ne fait pas partie du traité INF), et « nous » avons énormément d’argent à mettre en jeu pour nos armées (nous pouvons gagner une course aux armements et les complexes militaro-industriels seront en extase).

Un diplomate (américain) a déclaré au Washington Post que « le projet [de retrait] est l’idée du conseiller de Trump pour la sécurité nationale, le faucon John Bolton, [un opposant de carrière à tous les traités de maîtrise des armements en prenant pour principe qu’ils pourraient potentiellement limiter les options des États-Unis de prendre des mesures unilatérales], qui a déclaré aux alliés américains qu’il estime que le traité INF place Washington dans une “position de faiblesse excessive” contre la Russie et encore “plus important, la Chine”. »

Trump n’est pas un stratège par nature. Il s’enorgueillit plutôt, d’être un négociateur, qui sait comment rechercher, et obtenir, la domination américaine. Un Bolton rusé a joué ici sur l’obsession de Trump de tirer parti de la puissance américaine pour faire deux choses : Amener les États-Unis à avoir potentiellement une capacité de première frappe sur la Russie (c’est-à-dire plus d’influence), en pouvant installer des missiles à portée intermédiaires (comme Aegis) en Europe, et jusqu’aux frontières de la Russie. Deuxièmement, si un conflit militaire entre les États-Unis et la Chine devenait inévitable, à mesure que les tensions s’intensifient, les États-Unis ont conclu qu’ils avaient besoin de missiles à moyenne portée pour attaquer la Chine continentale. Et ce n’est pas seulement la Chine. Comme l’a exprimé Eric Sayers, un expert du CSIS [Center for Strategic and International Studies, think tank s’intéressant à la politique étrangère américaine, NdT] : « Le déploiement de missiles à lanceur terrestre conventionnel à portée intermédiaire pourrait être la clé pour réaffirmer la supériorité militaire américaine en Asie de l’Est ». (c.-à-d. un nouvel effet de levier).

En effet, le US Nuclear Posture Review de l’année dernière [rapport sur la révision de la place de l’armement nucléaire dans la stratégie américaine commandé par le président Trump,NdT] a déjà noté que « la Chine possède probablement déjà la plus grande force de missiles à moyenne et portée intermédiaire en Asie, et probablement dans le monde ». Et les États-Unis sont en train d’encercler la Chine avec des missiles intermédiaires, d’abord avec la décision du Japon d’acheter le système Aegis, puis peut-être celle de Taiwan. (Bolton est connu pour soutenir le stationnement des troupes américaines sur le sol taïwanais, ce qui constitue un levier supplémentaire contre la Chine).

Le président Poutine le voit clairement : « Les Américains continuent de se livrer à ces jeux, car le but réel de ces jeux n’est pas de prendre la Russie en flagrant délit de violation et de l’obliger à respecter le traité, mais d’inventer un prétexte pour détruire ce traité, ce qui fait partie de sa stratégie impériale belligérante ». Ou, en bref, d’imposer un « ordre mondial américain sans règles ».

Ce qui se passe, c’est que Bolton et Pompéo semblent précisément ramener Trump à l’ancien document d’orientation de la politique de défense de 1992, rédigé par Paul Wolfowitz, qui a établi la doctrine selon laquelle les États-Unis ne permettraient pas qu’une concurrence à leur hégémonie ne se développe. En effet, le secrétaire d’État adjoint, Wess Mitchell, a fait ce retour à la politique de l’ère Bush très clairement, lorsque, dans une déclaration devant le Sénat américain il a dit :

Le point de départ de la Stratégie de sécurité nationale est la reconnaissance du fait que l’Amérique est entrée dans une période de concurrence entre grandes puissances et que les politiques américaines passées n’ont ni suffisamment saisi l’ampleur de cette tendance émergente ni suffisamment équipé notre nation pour y parvenir. Contrairement aux hypothèses optimistes des gouvernements précédents, la Russie et la Chine sont des concurrents sérieux qui se donnent les moyens matériels et idéologiques de contester la primauté et le leadership des États-Unis au XXIe siècle. L’un des principaux intérêts des États-Unis en matière de sécurité nationale reste celui d’empêcher la domination de la masse continentale eurasienne par des puissances hostiles.

Et lors du Conseil atlantique du 18 octobre, le secrétaire d’État a déclaré très clairement que l’Europe sera forcée de rentrer dans le rang concernant cette doctrine néo-Wolfowitz :

« Les responsables européens et américains ont permis à l’influence croissante de la Russie et de la Chine dans cette région de “nous prendre par surprise”. “Les Européens de l’Ouest ne peuvent pas continuer à aggraver leur dépendance énergétique vis-à-vis de cette même Russie contre laquelle l’Amérique la défend. Ou de s’enrichir à partir de ce même Iran qui construit des missiles balistiques qui menacent l’Europe”, a souligné le secrétaire d’État adjoint. Ajoutant, “il est inacceptable que les alliés des américains en Europe centrale soutiennent des projets comme Turkstream 2 et maintiennent des accords énergétiques confortables qui rendent la région plus vulnérable à cette même Russie, contre laquelle ces États ont rejoint l’OTAN pour se protéger. »

S’adressant également à la conférence du Conseil atlantique du 18 octobre, le représentant spécial des États-Unis pour l’Ukraine, Kurt Volker, a révélé que Washington prévoit de renforcer le régime de sanctions contre Moscou « tous les mois ou tous les deux mois » pour rendre la Russie « plus souple au sujet de l’Ukraine ».

De toute évidence, on attendra aussi de l’Europe qu’elle accueille les missiles américains redéployés en Europe. Certains États peuvent s’en réjouir (la Pologne et les États baltes), mais pas l’Europe dans son ensemble. Ce sera une autre excellente raison de repenser les relations de l’Europe avec Washington.

L’influence de Bolton pose la question de la politique étrangère de Trump aujourd’hui. S’agit-il encore pour l’Amérique de faire une bonne affaire au cas par cas, ou s’agit-il d’un réaménagement à la Bolton pour le Moyen-Orient (changement de régime en Iran) et d’une longue guerre froide menée contre la Russie et la Chine ? Jusqu’à présent, les marchés américains pensaient qu’il s’agissait d’accords commerciaux et d’emplois, mais ce n’est peut-être plus le cas.

Nous avons déjà écrit sur la politique étrangère de Trump qui devient progressivement de plus en plus néoconservatrice. Ce n’est pas nouveau. Mais la principale difficulté d’un impérialisme à la Wolfowitz, attaché à l’effet de levier radical et transactionnel de Trump sur la juridiction liée au dollar, sur l’énergie américaine et sur l’emprise américaine sur les normes et standards technologiques, est que par sa nature même, il empêche toute « grande négociation stratégique » d’émerger – sauf dans le cas peu probable d’une capitulation massive devant les États-Unis. Et alors que les États-Unis matraquent les États non conformes, un par un, ils réagissent collectivement, et de manière asymétrique, pour contrer ces pressions. Le contre-courant progresse actuellement rapidement.

Bolton a peut-être vendu à Trump les avantages de la sortie du traité INF en lui donnant un pouvoir de marchandage avec la Russie et la Chine, mais l’a-t-il aussi mis en garde contre les dangers ? Probablement pas. Bolton a toujours considéré que les limites imposées par le traité à l’action des États-Unis étaient tout simplement désavantageuses. Pourtant, le président Poutine a averti que la Russie utiliserait ses armes nucléaires – si son existence était menacée – et même si elle était menacée par des missiles conventionnels. Les dangers sont évidents.

Quant à la course aux armements, nous ne sommes pas à l’ère Reagan (où la dette fédérale était faible par rapport au PIB). Comme le fait remarquer un commentateur, « aucune entité au monde (qui ne pratique pas actuellement le Quantitative Easing) n’a autant de dette publique vulnérable aux fluctuations des taux d’intérêt à court terme que le gouvernement américain. Les Réserves Fédérales Américaines affichent « 5 nouvelles hausses [des taux d’intérêt] d’ici fin 2019 », ce qui se traduit grosso modo par : « [les paiements d’intérêts de la Fed dus sur la dette américaine pourraient devenir si importants qu’ils] imposeraient des réductions aux forces militaires américaines en 2019 ».

Trump adore l’effet de levier que Bolton semble magiquement tirer de sa « boîte noire » du NSC [National Security Council, NdT], mais le président américain comprend-il à quel point l’effet de levier peut être éphémère? La vitesse à laquelle il peut s’inverser ? Il ne peut pas – comme Knut le Grand [Prince danois – le nom de Knut reste principalement associé à la légende populaire selon laquelle il aurait tenté en vain d’imposer son autorité aux vagues de l’océan, NdT] – simplement se tenir sur le rivage de la mer et ordonner à la marée montante des taux d’intérêt des obligations américaines de baisser comme la marée, ou au marché boursier américain, juste de léviter, afin de multiplier son influence sur la Chine.

Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 31-10-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source


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Capitalisme : victoire par chaos climatique – #DATAGUEULE 83

Posté par onsbouge le 2 décembre 2018

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Capitalisme : victoire par chaos climatique – #DATAGUEULE 83

La question environnementale est un enjeu qui traverse toutes les couches de nos sociétés : Etat, entreprises et société civile. Logique puisque l’état de la planète est lié au système qui régi notre monde et dans lequel nous baignons toutes et tous : le capitalisme. Alors que les initiatives se multiplient du côté des citoyennes et des citoyens, et à quelques jours du lancement de la COP24, faisons un petit état des lieux de l’(in)action du secteur privé et de certains acteurs publics.

Avec Alice Baillat, chercheuse l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS) : http://www.iris-france.org/chercheurs…

Data Gueule

Ajoutée le 30 nov. 2018


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