• Accueil
  • > - DISCRIMINATION - SEGREGATION - APARTHEID - RACISME - FASCISME

Ahmad Sa’adat : La Palestine sera libérée par le peuple et non par les élites

Posté par onsbouge le 18 décembre 2018

black-313636_640-2


Paru sur
COUP POUR COUP 31

17 Décembre 2018

Publié par Coup Pour Coup 31

Ahmad Sa’adat : La Palestine sera libérée par le peuple et non par les élites

Ahmad Sa’adat : La Palestine sera libérée par le peuple et non par les élites

-

Ahmad Sa’adat, secrétaire général du Front populaire pour la libération de la Palestine est en prison en Israël depuis 2006, après avoir été enlevé en compagnie de plusieurs camarades lors d’un assaut violent des forces israéliennes contre la prison de l’Autorité palestinienne, à Jéricho. Avant l’attaque israélienne, il avait été emprisonné dès 2002 par l’Autorité palestinienne, sous surveillance américaine et britannique. L’emprisonnement d’éminents Palestiniens comme Sa’adat a joué un rôle dans les élections du Conseil législatif palestinien, en 2006, à l’issue desquelles le parti législatif associé au Hamas, le Bloc du changement et de la réforme, l’a emporté. Moins d’une semaine avant la prestation de serment des élus de l’AP, les forces armées israéliennes attaquaient la prison de Jéricho, tuant deux Palestiniens.

Depuis, Sa’adat a été condamné à une peine de 30 ans dans une prison israélienne, même s’il n’a pas été accusé de l’assassinat de Rehavam Ze’evi. Le tristement célèbre ministre du tourisme israélien, d’extrême droite, avait été assassiné par des combattants du FPLP après que, le 29 août 2001, l’armée israélienne avait elle-même assassiné le secrétaire général du FPLP, Abu Ali Mustafa, dans son bureau de Ramallah, en lançant depuis un hélicoptère un missile de fabrication américaine. Plusieurs des camarades de Sa’adat avaient été condamnés à la prison à vie, après le raid.

Les dirigeants israéliens ont montré à de nombreuses reprises qu’ils craignaient l’influence politique de Sa’adat. Celui-ci a été placé en isolement pendant trois ans, un isolement qui a pris fin à l’issue de la grève massive de la faim de Karameh, en 2012. Il écrit et diffuse des déclarations depuis sa prison, grâce au travail imaginatif de ses compagnons de détention et camarades qui s’arrangent pour que les écrits et les analyses des prisonniers palestiniens ne soient pas coupés du monde extérieur.

 

Voici une interview du dirigeant de gauche palestinien emprisonné, Ahmad Sa’adat,secrétaire général du Front populaire pour la libération de la Palestine. Elle a été publiée pour la première fois le 9 novembre 2018 dans le journal italien Il Manifesto.

 

1. Comment évalueriez-vous la situation actuelle en Palestine et l’attitude de l’administration américaine sous Donald Trump ?

 

Tout d’abord, j’aimerais vous remercier pour cette interview. Il est absolument important de communiquer avec les lecteurs italiens et d’expliquer la vision palestinienne de gauche concernant la situation actuelle en Palestine et dans la région. Nous considérons les États-Unis sous l’administration Trump comme une puissance extrêmement dangereuse, non seulement pour le peuple palestinien et pour notre région, mais également pour tous les peuples du monde. On dit souvent que la seule différence entre Trump et les anciennes administrations américaines est que Trump révèle le visage hideux réel du capitalisme et de l’impérialisme en portant l’utilisation du pillage, de l’hégémonie et de l’exploitation à un niveau extrême.

La déclaration de Trump concernant la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l’État israélien et le transfert de l’ambassade des États-Unis de Tel-Avivà Jérusalem est la continuation naturelle de 100 ans de colonisation en Palestine et de la Déclaration Balfour de 1917. Elle fait intégralement partie de la tentative en cours de liquider les droits palestiniens et d’accélérer le nettoyage ethnique de notre peuple, particulièrement à Jérusalem. Les Palestiniens de partout rejettent politiquement la tentative de Trump d’éliminer la cause palestinienne. Notre peuple résiste et rejette cette tentative non seulement par des mots, mais aussi par des actions : le lancement d’une vraie insurrection populaire héroïque à Gaza – la Grande Marche du Retour, dans l’esprit de la Première Intifada et avec la participation du FPLP et d’un large éventail des forces politiques palestiniennes.

 

2) Quelle stratégie permettrait actuellement de reconstruire un puissant mouvement de libération palestinien ?

 

La tâche principale à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui réside dans le projet de remettre sur pied et de reconstruire le mouvement palestinien de libération nationale. Le tout premier objectif national palestinien aujourd’hui consiste à placer la Palestine, une fois de plus, sur la voie de la libération en définissant et affirmant à nouveau l’essence de la lutte palestinienne. C’est-à-dire le retour des réfugiés et la mise en place d’une société libérée, laïque et démocratique en Palestine – et non « l’État palestinien d’après les frontières de 1967, à côté d’Israël ».

Une rupture historique et dévastatrice s’est produite au sein du mouvement palestinien après la signature des accords d’Oslo en 1993. Elle a déformé la véritable signification de notre lutte et l’essence du conflit. Toute une génération de Palestiniens est née et a grandi, depuis la signature de ce document catastrophique le 13 septembre 1993 à Washington, D.C. Depuis lors, le mouvement palestinien a été anéanti, complètement divisé et a sombré dans le chaos.

Quant aux tâches immédiates, il est d’une importance extrême de rétablir le front de libération nationale palestinienne, l‘OLP (Organisation de libération de la Palestine), si vous voulez, afin de créer les conditions nécessaires à la renaissance du mouvement palestinien et de la révolution palestinienne. Nous venons d’une perspective différente de celles du Fatah et du Hamas, et nous nous sommes engagés en faveur d’une véritable unité nationale qui comprendra notre cadre progressiste et qui devra s’appuyer sur la représentation et la participation populaires. Toutes les classes palestiniennes doivent participer à ce processus et les classes populaires ne doivent pas être exclues de la direction du mouvement comme elles l’ont été ces 40 dernières années. La liberté de la Palestine sera gagnée par le peuple et non par les élites.

 

3) Quelle direction politique alternative le FPLP suggère-t-il ?

 

Nous pensons que la prémisse de changement est la participation populaire qui permettra aux Palestiniens de participer à la lutte et à la processus décisionnel politique, d’une façon qui soit efficace et sensée. Ceci requiert non seulement de lutter contre l’occupation, mais également de lutter afin de récupérer ces droits palestiniens à participer à notre propre mouvement. Par exemple, en Jordanie, il y a plus de quatre millions de Palestiniens dont les revendications, les besoins et les appels à l’action pourraient sembler inexistants. Pourtant, ils doivent être entendus. La même chose vaut pour les Palestiniens au Liban, en Syrie et ailleurs, de même que pour ceux vivant en Palestine. 

La participation et la direction populaires sont nécessaires pour remettre sur pied le mouvement de résistance contre la colonisation sioniste et pour mener à bien une stratégie de libération de la Palestine. Cela doit également se faire dans la diaspora, de même qu’en Palestine, en Europe et dans les autres endroits du monde où vivent des Palestiniens. Si nos communautés sont sans cesse menacées par toutes sortes de criminalisations, de lois répressives et d’attaques de la droite, nos tâches, dans ce cas, s’en trouveront plus difficiles. La pierre angulaire de notre vision repose sur ceci : le droit du peuple à participer au développement de son avenir. C’est le processus le plus progressiste, le plus démocratique de participation et c’est pour ce processus que nous combattons, au contraire de ceux qui ont imposé au peuple palestinien une hégémonie des élites.

 

4) Le Front populaire pour la libération de la Palestine a célébré le cinquantième anniversaire de sa création. Comment évaluez-vous la situation du Front aujourd’hui ?

 

Le Front a conclu sa Septième Convention au début 2014 et nous sommes proches, désormais, de sa Huitième Convention. Ce sera une occasion pour tous nos camarades en Palestine et ailleurs d’estimer les forces et faiblesses de notre Front et d’évaluer ses avancées et ses régressions.

Ces cinq dernières années, nous pouvons dire que le Front a affronté de terribles difficultés et défis suite au siège politique et financier que nous subissons : répression, arrestations en masse et assassinats de cadres. Pourtant, nous avons progressé dans nos capacités militaires à Gaza parce que nous ne sommes pas confrontés aux mêmes conditions qu’en Cisjordanie sous l’occupation et la coordination sécuritaire de l’Autorité palestinienne. Plusieurs camarades – dont moi-même – sont en prison précisément à cause de cette coordination sécuritaire entre l’AP et l’occupant, mais nous ne sommes pas seuls, sur ce plan. Des centaines de cadres ont été soumis eux aussi à l’oppression et à des arrestations.

En termes d’organisation, au sein du Front, nous avons également fait des progrès du côté de la participation des jeunes et du renouveau dans plusieurs aspects différents de notre travail. Il est toujours très malaisé d’accumuler des réussites dans les circonstances que nous connaissons et, ainsi donc, nous sommes toujours engagés dans un processus de construction et de reconstruction.

 

5) En quoi le FPLP a-t-il changé depuis sa fondation jusqu’à nos jours ?

 

Le Front a terriblement changé, dans tout ce temps – nous parlons ici d’un demi-siècle. Il y a quatre étapes dans la vie de notre parti. La première, que l’on pourrait appeler « l’époque jordanienne », de 1967 à 1972 ; la deuxième, l’expérience de la révolution palestinienne et du FPLP au Liban, de 1973 à 1982 ; la troisième, la première grande insurrection populaire palestinienne, de 1987 à 1993 et, depuis lors, nous connaissons l’époque de ce qu’on appelle le processus d’Oslo.

Tous ces changements, en fait, ont affecté le Front à divers niveaux : politique, théorique, organisationnel. Ils nous ont affectés comme ils en ont affecté d’autres : les guerres dans la région, les pactes de paix entre régimes arabes et Israël ; la chute de l’Union soviétique et du bloc socialiste au sens large ; le processus de liquidation (également appelé le « processus de paix »). Tous ces facteurs et bien d’autres ont affecté le Front, sa force et son analyse.

Certaines des positions que nous avons adoptées à une époque de repli ont conféré au Front une allure plus « réaliste », mais c’était dû à des contradictions internes au sein même du Front. Nous avons discuté de la chose publiquement dans nos documents des Cinquième, Sixième et Septième Conventions. Le Fronts’engage toujours dans l’autocritique et nous n’hésitons pas à mettre le doigt sur nos manquements. Mais la conclusion à laquelle nous sommes arrivés, de 1992 à ce jour, c’est que le parti, comme notre peuple, est confronté à une crise totale, théoriquement, politiquement, financièrement et sur d’autres plans aussi, et cette crise ne pourra être surmontée que via la résistance et la lutte à tous les niveaux.

 

6) Comment percevez-vous le rôle du mouvement des prisonniers à l’intérieur des prisons israéliennes ?

 

Historiquement, le mouvement des prisonniers à l’intérieur des prisons israéliennes a joué un rôle majeur et central dans le combat contre l’oppression sioniste. Cela se perçoit non seulement dans nos confrontations quotidiennes avec l’occupant et dans la responsabilité des prisonniers, en tant que personnes aux tout premiers rangs de la révolution, mais aussi dans notre rôle sur l’ensemble de la scène politique en Palestine.

Nous devons nous rappeler que l’accord de consensus national en faveur d’une unité palestinienne a reçu le nom de « Document des Prisonniers ». Il a été rédigé à l’intérieur des prisons et a constitué la base de toutes les discussions ultérieures en faveur de l’unité nationale du mouvement palestinien. Le mouvement des prisonniers a traversé diverses expériences de campagnes, de grèves de la faim et des vies de prisonniers ont été ôtées sous la torture.

Nous, les prisonniers politiques, avons été appelés l’avant-garde et le cœur de la révolution palestinienne. C’est parce qu’Israël cible toujours les mouvements palestiniens et leurs dirigeants afin de les emprisonner – mouvements estudiantins, mouvements des femmes, mouvements du travail, mouvements de jeunesse. En essence, les prisons ont devenues les endroits où tous ces aspects de notre mouvement se rencontrent et s’engagent par le biais de la discussion. C’est pourquoi, souvent, les Palestiniens appellent les prisons « les écoles de la révolution ».

Nous ne sommes pas séparés du mouvement de libération en dehors de la prison. Les prisonniers palestiniens viennent de Palestine – Cisjordanie, Gaza, Jérusalem, le triangle, le Néguev, la Galilée, toute notre terre. Nous considérons également les prisonniers politiques palestiniens des prisons américaines et françaises comme faisant partie de notre mouvement, et tout particulièrement Georges Ibrahim Abdallah, emprisonné en France depuis plus de 34 ans.

 

Source : Samidoun – Traduction : Jean-Marie Flémal pour Pour La Palestine


Publié par COUP POUR COUP 31
URL  http://www.couppourcoup31.com/2018/12/ahmad-sa-adat-la-palestine-sera-liberee-par-le-peuple-et-non-par-les-elites.html
Relayé par http://onsbouge.unblog.fr/
Lien court http://onsbouge.unblog.fr/?p=153970

.
.

« Ce blog est un blog militant indépendant, sans prétention, bien évidemment non commercial et totalement amateur. Les images, les textes dont nous ne sommes pas les auteurs ainsi que les musiques et chants seront supprimés du blog sur simple demande par courriel. Nous publions textes et communiqués émanant d’auteurs et d’organisations diverses. Ces publications ne signifient pas que nous partageons toujours totalement les points de vue exprimés. Nous déclinons toute responsabilité quant au contenu des sites proposés en liens. ».

Publié dans - DISCRIMINATION - SEGREGATION - APARTHEID - RACISME - FASCISME, - DROITS, - INGERENCE - HEGEMONIE, - INTERNATIONAL, - JUSTICE, - LIBERTES, - LUTTES | Commentaires fermés

Comment le plus grand festival de films de Palestine défie les murs, les barrages routiers et le manque de moyens

Posté par onsbouge le 15 décembre 2018

black-313636_640-2


Paru sur
AGENCE MEDIAS PALESTINE

Comment le plus grand festival de films de Palestine défie les murs, les barrages routiers et le manque de moyens dans - DATE A RETENIR 0-8-3-1293083_hannaattalahbeinginterviewedinfrontoframallahculturalpalace_730113-e1544820677705

Melanie Goodfellow pour Screen Daily

Comment créer un festival national du film dans un pays morcelé et étouffé par le manque de financement ? Screen Daily rend visite aux « Palestine Cinema Days ».

La cinquième édition des « Palestine Cinema Days » – le plus grand festival de cinéma de Palestine – s’est déroulée en octobre avec un programme généreux de projections de 60 titres, réparties dans les villes de Ramallah, Bethléem et Naplouse, ainsi qu’à Jérusalem et dans la Bande de Gaza déchirée par une situation conflictuelle.

L’événement a été lancé par le Filmlab Palestine de Ramallah en 2014 afin d’encourager les jeunes Palestiniens à s’emparer du cinéma pour témoigner de leur vécu, de construire une structure de production et de promouvoir une culture du cinéma. « Les Palestiniens ont principalement accès au cinéma par le biais de chaînes de télévision par satellite, qui ont tendance à diffuser des films commerciaux hollywoodiens », explique Hanna Atallah, directeur artistique du Filmlab Palestine. « Au début, il n’y avait q’une poignée d’invités, principalement nos amis. Nous leur disions : « Viens, puis fais marcher le bouche à oreille. » »

L’édition de cette année accueillait les deuxièmes Rencontres du Film Palestinien (PFM), animées par le cinéaste Muayad Alayan, qui a récemment réalisé le film « The reports on Sarah and Saleem » plusieurs fois primé. Ces rencontres présentaient des projets de longs métrages locaux, dont sept avaient participé à un atelier proposé par « l’European Audiovisual Entrepreneurs » (EAVE) organisé à Ramallah en mars dernier.

Il y avait aussi un riche programme de rencontres et débats dont une discussion très suivie sur la possibilité pour la Palestine de suivre le modèle de Malte et de se transformer en un lieu de tournage international – une session dirigée par la productrice maltaise Joyce Grech et Laura Hawa, productrice des films palestiniens « Wajib » d’Annemarie Jacir et « The Idol » d’Hany Abu-Assad.

Quelque 50 invités internationaux ont répondu à l’invitation des organisateurs, dont Bero Beyer, directeur artistique du Festival international du film de Rotterdam, Maike Mia Höhne, responsable du court métrage à la Berlinale, Kiva Reardon, qui programme les films d’’Afrique et du Moyen-Orient au Festival international du film de Toronto, et une douzaine de représentants de festivals de films Palestiniens à l’étranger, dont beaucoup se rendaient en Palestine pour la première fois.

Parmi les nouveaux projets les plus remarqués présentés lors des PFM, citons le thriller « The Girl » de Said Zagha, explorant les divisions de la société palestinienne à travers le récit d’un officier de sécurité dont la fille est kidnappée par des militants, et la comédie dramatique « Barzakh » de Laila Abbas, à propos de deux sœurs qui cachent le fait que leur père est décédé afin de contourner les lois sexistes en matière de succession, ce dernier a remporté trois prix à la plate-forme de projet « CineGouna » au festival du film d’El Gouna en Égypte, en septembre.

Nous avons aussi pu repérer des projets documentaires forts, tels que « The children of smuggled sperm » de Sawsan Qaoud, évoquant la conception de quelque 60 enfants par insémination artificielle grâce à la récupération clandestine du sperme de leurs pères prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes, et « We carve words in the earth » de Mahasen Nasser-Eldin, à la recherche de l’histoire oubliée des femmes palestiniennes.

TROUVER LES FINANCEMENTS

Lina Bokhary, en charge du cinéma au ministère palestinien de la Culture, estime qu’une nouvelle génération de cinéastes est en train d’émerger en Palestine, mais que l’absence de subventions d’Etat et le manque d’infrastructures locales rendent difficile la bataille pour la naissance de projets sur place.

« Le gouvernement subit des pressions financières sur de nombreux fronts. La culture, et à fortiori le cinéma, ne figurent pas en tête des priorités », a déclaré Lina Bokhary, qui a indiqué que son budget annuel ne dépassait pas 100 000 dollars.

Les « Palestine Cinema Days » se déroulaient à la fin d’une année éprouvante pour la Palestine. Alors qu’Israël célébrait le 70e anniversaire de sa création en mai 1948, les Palestiniens commémoraient ce qu’ils appellent la « Nakba », ce qui signifie « catastrophe » : 700 000 personnes avait été chassées de chez elles.

La décision du transfert de l’ambassade de Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem en mai, ainsi que l’annulation de la contribution annuelle de 300 millions de dollars à « l’United Nations Relief and Works Agency for Palestinian Refugees in the Near East » (UNRWA) ont également exacerbé le sentiment général d’abattement.

La sélection reflétait ce sentiment, associant les succès de festivals internationaux évoquant les thèmes de la souffrance humaine, de la résilience et une vitrine de courts métrages de fiction et de documentaires locaux concourant dans la compétition du prix Sunbird.

Le film d’animation « The Tower », qui raconte la vie à travers les yeux d’une fillette de 11 ans dans le camp de réfugiés palestiniens du Burj el-Barajneh au Liban, a donné le coup d’envoi lors d’une projection de gala au palais de la culture de Ramallah, en présence du réalisateur norvégien du film Mats Grorud et de son producteur Frode Sobstad.

Parmi les autres titres internationaux, citons le film français « Le procès contre Mandela et les autres » de Nicolas Champeaux et Gilles Porte, reconstitution du procès de Nelson Mandela entre 1963 et 1964, le film égyptien d’A.B. Shawky, « Yomeddine », sur un survivant de la lèpre qui entreprend un voyage à la recherche de ses racines, accompagné d’un orphelin de rencontre, et le film irakien « The Journey » de Mahamed Al-Daradji, l’histoire d’une femme kamikaze à Bagdad.

La restriction des mouvements en Cisjordanie occupée – en raison des checks-points israéliens permanents ou volants, du mur de séparation et de la sécurité renforcée autour des colonies israéliennes illégales – était un thème récurrent dans de nombreux films locaux.
Hanna Atallah a indiqué que c’était une des principales raisons pour lesquelles le festival avait lieu sur cinq sites. « Il y a un manque de mobilité », dit-il. « Il peut être difficile de de sortir de sa ville pour rejoindre un site unique. Répartir les projections dans des endroits différents a plus de sens. »

Les invités professionnels ont eu la chance de vivre l’expérience d’une heure et demie de bus de Ramallah à Bethléem, deux villes distantes de 22 km, pour participer à une journée d’évènements professionnels au nouveau « Dar Yusuf Nasri Jacir for Art and Research Cultural Center », créé par la réalisatrice du film « Wajib », Annemarie Jacir, et sa sœur, l’artiste plasticienne Emily Jacir, dans la maison de leurs grands-parents décédés. La journée s’est terminée par une promenade le long du mur de séparation israélien avant de reprendre le bus. Le conducteur a franchi des checks-points et des contrôles impromptus du vendredi tout le long de la route de montagne sinueuse qui mène au centre principal du festival, Ramallah.

UN SANCTUAIRE CULTUREL

Le nouveau « Dar Yusuf Nasri Jacir for Art and Research Cultural Center » est un projet passionnant, donnant ainsi un nouveau souffle à la maison arabe traditionnelle en pierre qui abritait autrefois les grands-parents des sœurs Jacir.

Construite en 1890 sur la route historique reliant Hébron à Jérusalem, la maison se trouve à seulement 200 mètres d’une partie particulièrement sensible du mur de séparation israélien construite autour du site sacré juif de la tombe de Rachel, à la limite de Bethléem. Les camps de réfugiés de la ville, Aida, Dheisheh et Azza, se trouvent également à proximité.

Ces dernières années, les alentours de la maison sont devenus une zone de violents affrontements entre soldats israéliens et palestiniens, mais cela n’a pas dissuadé les sœurs Jacir, descendantes d’une riche famille de marchands de Bethléem qui a perdu sa fortune dans les années 1930, mettant en œuvre leurs plans pour restaurer le bâtiment et le transformer en un centre d’art et de recherche dynamique, tissant des liens locaux et internationaux.

Sa restauration est encore en cours, les activités à venir comprennent un projet de jardin potager destiné aux enfants du camp de réfugiés d’Aida, un atelier d’écriture animé par le cinéaste et artiste Duncan Campbell, une résidence de l’artiste palestinien Mohamed Saleh et une création paysagère de l’artiste Vivien Sansour.

« Nous allons y organiser de plus en plus de projections de films cette année et un certain nombre de master classes animées par des producteurs, des critiques, des directeurs de la photographie et des réalisateurs », déclare Annemarie Jacir.

Les deux sœurs tiennent également à valoriser et numériser les archives conservées par leur arrière-grand-père et leur grand-père ; Elles invitent des chercheurs et des universitaires pour des résidences d’étude.

« Ils ont tout gardé, depuis l’occupation ottomane de la Palestine suivie de l’occupation britannique jusqu’à l’occupation israélienne d’aujourd’hui. Ce sont des archives d’une richesse incroyable et nous les numérisons pour que les chercheurs et les universitaires puissent les utiliser », déclare Annemarie Jacir.

Traduction: JCP

Source : Screen Daily


Publié par AGENCE MEDIAS PALESTINE
URL  http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2018/12/09/comment-le-plus-grand-festival-de-films-de-palestine-defie-les-murs-les-barrages-routiers-et-le-manque-de-moyens/
Relayé par http://onsbouge.unblog.fr/
Lien court http://onsbouge.unblog.fr/?p=153767

.
.

« Ce blog est un blog militant indépendant, sans prétention, bien évidemment non commercial et totalement amateur. Les images, les textes dont nous ne sommes pas les auteurs ainsi que les musiques et chants seront supprimés du blog sur simple demande par courriel. Nous publions textes et communiqués émanant d’auteurs et d’organisations diverses. Ces publications ne signifient pas que nous partageons toujours totalement les points de vue exprimés. Nous déclinons toute responsabilité quant au contenu des sites proposés en liens. ».

Publié dans - DATE A RETENIR, - DISCRIMINATION - SEGREGATION - APARTHEID - RACISME - FASCISME, - DROITS, - EVENEMENT - CINEMA - ANIMATION - THEATRE - SPECTACLE, - INTERNATIONAL, - JUSTICE, - LIBERTES, - LUTTES, - POLITIQUE | Commentaires fermés

Israël saccage l’université palestinienne al-Qods (photos)

Posté par onsbouge le 13 décembre 2018

black-313636_640-2


Paru sur
CAPJPO – EuroPalestine

La soldatesque israélienne a saccagé mercredi l’Université palestinienne al-Qods, située à Abou Dis, dans la banlieue de Jérusalem, en Cisjordanie occupée.

Israël saccage l’université palestinienne al-Qods (photos) dans - DISCRIMINATION - SEGREGATION - APARTHEID - RACISME - FASCISME

Un grand nombre de soldats lourdement armés ont investi pendant des heures l’établissement universitaire, détruisant divers matériels, et volant notamment les caméras de surveillance, rapporte l’agence Ma’an.

 israel dans - DROITS

A noter, comme on peut le voir sur les photos, des équipements offerts à l’Université par l’IUT de Cachan (région parisienne) au nom du gouvernement français.

 jérusalem dans - INGERENCE - HEGEMONIE

Mais comme nous le rappelaient Macron et son compère Netanyahou en inaugurant au printemps dernier leur « saison France-Israël », la culture, c’est sacré, n’est-ce-pas ?

CAPJPO-EuroPalestine


Publié par CAPJPO – EuroPalestine
URL  http://www.europalestine.com/spip.php?article14929
Relayé par http://onsbouge.unblog.fr/
Lien court http://onsbouge.unblog.fr/?p=153651

.
.

« Ce blog est un blog militant indépendant, sans prétention, bien évidemment non commercial et totalement amateur. Les images, les textes dont nous ne sommes pas les auteurs ainsi que les musiques et chants seront supprimés du blog sur simple demande par courriel. Nous publions textes et communiqués émanant d’auteurs et d’organisations diverses. Ces publications ne signifient pas que nous partageons toujours totalement les points de vue exprimés. Nous déclinons toute responsabilité quant au contenu des sites proposés en liens. ».

Publié dans - DISCRIMINATION - SEGREGATION - APARTHEID - RACISME - FASCISME, - DROITS, - INGERENCE - HEGEMONIE, - INTERNATIONAL, - JEUNESSE, - JUSTICE, - LIBERTES, - LUTTES, - POLITIQUE | Commentaires fermés

Un enfant de 4 ans abattu par les snipers

Posté par onsbouge le 13 décembre 2018

black-313636_640-2


Paru sur
CAPJPO – EuroPalestine

Le ministère palestinien de la santé à Gaza a annoncé mardi le décès du petit Ahmad Abid, grièvement blessé vendredi par les tirs de l’armée israélienne.

Un enfant de 4 ans abattu par les snipers dans - DISCRIMINATION - SEGREGATION - APARTHEID - RACISME - FASCISME

Agé de 4 ans et 8 mois, l’enfant de Khan Younès devient le plus jeune des martyrs palestiniens depuis le début des manifestations pour le droit au retour des réfugiés au mois de mars dernier. Il était originaire de la ville de Khan Younès.

Pas moins de 180 manifestants désarmés ont été assassinés par l’armée israélienne dans la bande de Gaza depuis le mois de mars, tandis que près de 6.000 autres étaient blessés par tirs à balles réelles.

CAPJPO-EuroPalestine


Publié par CAPJPO – EuroPalestine
URL  http://www.europalestine.com/spip.php?article14928
Relayé par http://onsbouge.unblog.fr/
Lien court  http://onsbouge.unblog.fr/?p=153647

.
.

« Ce blog est un blog militant indépendant, sans prétention, bien évidemment non commercial et totalement amateur. Les images, les textes dont nous ne sommes pas les auteurs ainsi que les musiques et chants seront supprimés du blog sur simple demande par courriel. Nous publions textes et communiqués émanant d’auteurs et d’organisations diverses. Ces publications ne signifient pas que nous partageons toujours totalement les points de vue exprimés. Nous déclinons toute responsabilité quant au contenu des sites proposés en liens. ».

Publié dans - DISCRIMINATION - SEGREGATION - APARTHEID - RACISME - FASCISME, - DROITS, - INGERENCE - HEGEMONIE, - INTERNATIONAL, - JEUNESSE, - JUSTICE, - LUTTES, - POLITIQUE | Commentaires fermés

Appel à soutien des refuzniks israéliens

Posté par onsbouge le 13 décembre 2018

black-313636_640-2


Paru sur
CAPJPO – EuroPalestine

Hilel Garmi, 19 ans, nous écrit de sa prison israélienne où il est incarcéré depuis plus de 100 jours pour refus de se laisser incorporer dans l’armée d’occupation. Il appelle au soutien des refuzniks israéliens.

Appel à soutien des refuzniks israéliens dans - DISCRIMINATION - SEGREGATION - APARTHEID - RACISME - FASCISME

Bonjour,

Je vous écris de ma prison israélienne. Je m’appelle Hilel Garmi. J’ai 19 ans et je suis né dans le Kibbutz Yodfat.

Mon crime ? Je refuse, comme un nombre croissant de femmes et d’hommes israéliens, de participer à l’occupation de millions de Palestiniens, du Jourdain à la Mer.

Je vous demande de soutenir notre mouvement des refuzniks en nous envoyant un don en cette fin d’année.

J’ai personnellement été inspiré par l’exemple d’Ahmed Abu Artema, militant palestinien qui pratique la résistance non violente et participe à l’organisation des manifestations aux frontières de la bande de Gaza.

C’est la 6ème fois qu’on me renvoie en prison et je ne sais pas combien de temps cela va durer, mais je ne cèderai pas.

Nous avons des frais de procédures judiciaires, sans compter toutes les aides (études, logement…) qui nous sont supprimées quand nous refusons de faire notre service militaire. (L’objection de conscience n’est pas reconnue en Israel, NDLR)

C’est pourquoi nous avons besoin de votre soutien financier. D’autant qu’un généreux donateur qui préfère garder l’anonymat s’est engagé à mettre au pot une somme égale à celle versée par chaque donateur, d’ici fin décembre, à RSN (Réseau de Soutien aux Refuzniks), jusqu’à hauteur de 18,000 dollars.

Merci d’avance !

Hilel Garmi

  • POUR FAIRE UN DON :

https://app.moonclerk.com/pay/7ja32yaqbtb1

CAPJPO-EuroPalestine


Publié par CAPJPO – EuroPalestine
URL  http://www.europalestine.com/spip.php?article14915
Relayé par http://onsbouge.unblog.fr/
Lien court http://onsbouge.unblog.fr/?p=153643

.
.

« Ce blog est un blog militant indépendant, sans prétention, bien évidemment non commercial et totalement amateur. Les images, les textes dont nous ne sommes pas les auteurs ainsi que les musiques et chants seront supprimés du blog sur simple demande par courriel. Nous publions textes et communiqués émanant d’auteurs et d’organisations diverses. Ces publications ne signifient pas que nous partageons toujours totalement les points de vue exprimés. Nous déclinons toute responsabilité quant au contenu des sites proposés en liens. ».

Publié dans - DISCRIMINATION - SEGREGATION - APARTHEID - RACISME - FASCISME, - DROITS, - INGERENCE - HEGEMONIE, - INTERNATIONAL, - LUTTES, - POLITIQUE, - SOLIDARITE - PETITION | Commentaires fermés

12345...773
 

Bliid |
wowgoldhao |
comprendrelacriseeconomique |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | appleshoes
| CGT Association Rénovation
| MesMots