Exclusion de la Russie des JO d’hiver 2018: l’heure des leçons

Posté par onsbouge le 7 décembre 2017

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Russie politics

mercredi 6 décembre 2017

Exclusion de la Russie des JO d’hiver 2018:
l’heure des leçons

Exclusion de la Russie des JO d'hiver 2018: l'heure des leçons dans - ECLAIRAGE - REFLEXION CIO4

Le CIO a pris hier soir une décision d’une violence inouïe, mais qui n’est pourtant pas une surprise. En interdisant la Russie de JO d’hiver, il ne fait que continuer sa politique initiée en la matière avec les Jeux de Rio, généralisant simplement la méthode, cette fois-ci, à tous les sportifs. La Russie est exclue, comme pays, comme Etat, comme Nation, mais ses sportifs, innocents puisque manipulés, sont eux autorisés à participer s’ils sont 100% propres, contrairement à leurs concurrents. Cette décision inique n’est qu’un élément d’un combat global, l’affront ne s’épuisera pas ici et les enjeux dépassent de loin les JO. Tour d’horizon et pistes de réflexion.

La décision du CIO concernant l’exclusion de la Russie des Jeux de Pyeongchang

 

Sur le plan juridique, les mêmes conclusions peuvent être tirées de cette décision que celles que nous avions tirées de celle concernant les Jeux de Rio, les principes et les illégalités sont les mêmes, simplement à une dimension supérieure. Mais là, l’enjeu est politique.

 
Le CIO russe étant suspendu, les sportifs russes seront « neutralisés ». Ils ne concourront pas au nom de la Russie, mais sous un drapeau neutre, leurs équipements serons neutres, pas d’hymne national en cas de victoire, c’est l’hymne olympique qui retentira, permettant ainsi la victoire de l’Olympisme sur les errances du « régime russe ». C’est d’ailleurs pour cela que, première dans l’histoire des Jeux, la vingtaine de médailles qui a été retiré aux vainqueurs des Jeux de Sotchi seront remises officiellement lors des Jeux de Pyeongchang à leurs « véritables » propriétaires. Enfin, la Russie, ayant occasionné un trouble, devra compenser à hauteur de 15 millions $ les frais occasionnés par l’analyse des échantillons de ses sportifs.
 
Autrement dit, l’on revient à la négation de la responsabilité individuelle pour couronner le règne olympique de la responsabilité collective, celle du fait du passeport. Adieu la présomption d’innocence, car pour participer les sportifs devront démontrer qu’ils sont propres et l’ont toujours été. Mais comme nous l’avons vu, les règles d’appréciation étant plus que floues, il y a de fortes chances pour que les plus grands soient simplement écartés, s’ils décident de jouer pour la gloire de l’esprit olympique et surtout pour leur renommée. Sans parler de la violation du principe d’égalité, que le CIO reconnaît avoir violé, les sportifs russes étant plus testés que les autres, les autres n’ont pas vu leurs résultats revérifiés et pourront participer s’ils ont expiré leur période de suspension pour dopage. 
 
Evidemment, l’Agence mondiale antidopage qui a lancé le mouvement est heureuse de cette décision qu’elle soutient totalement, comme l’indique son communiqué.
 

Le contexte

 

Ce type de décision ne se prend pas du jour au lendemain, elle est le résultat d’un long chemin. Comme l’a très justement dit le porte-parole du Kremlin D. Peskov, le temps n’est pas à l’émotion, il faut prendre le temps de la réflexion et analyser tant ce qui s’est passé, que les implications.

 

Effectivement, l’on peut pleurer, crier, allumer une bougie, éclairer un bâtiment, se frapper la poitrine et reprendre sa vie jusqu’au prochain évènement du même genre, ce schéma fonctionne à merveille pour les attentats en Europe – et se répète comme une incantation à chaque fois. Cette décision étant, dans son domaine, un acte comparable, les larmes peuvent avoir leur place. Mais il ne s’agit pas du premier acte dans ce genre adopté contre la Russie et nous avons toutes les raisons de penser que ce ne sera pas le dernier.

 

En matière de relations internationales, comme dans un couple, chacun occupe la place que l’autre lui laisse occuper. D’une certaine manière, cette décision est aussi le résultat de la politique russe. Non pas parce qu’elle n’a pas bien rempli ses obligations devant les instances olympiques, elle les a très bien remplies, trop bien, mais parce qu’elle n’a pas tenu ferme dans ce combat mené pour être acceptée comme puissance ayant le droit d’être souveraine, comme pays remettant en cause l’atlantisme. Parce que le problème n’a rien à voir avec le dopage, généralisé à tous les pays.

 

Que cela remonte au Meldonium dont la gestion fut catastrophique, à l’absence de réaction sérieuse lors de l’expulsion des diplomates russes par Obama, par cette prise de position constante de défense et de justifications, en se restreignant à des « réponses ». En s’en excusant presque, la Russie a largement affaibli sa position. Ce fut une erreur stratégique, qu’il n’est pas trop tard pour corriger. Mais qu’il est temps de corriger, à moins qu’elle ne décide de participer « sous bannière neutre » aux négociations sur la Syrie ou l’Ukraine.

 

Il manque des hommes comme Primakov, capable de faire faire demi-tour à son avion au-dessus de l’Atlantique. Mutko n’a pas tout à fait la même carrure.

 

Quel est le but recherché par le CIO: provoquer la rupture entre le pays et ses athlètes

 

Cette décision du CIO n’est pas innocente. Si lors des Jeux de Rio, il n’en était qu’à son coup d’essai, ici la méthode a été parfaitement perfectionnée et le coup dosé à merveille.

 

Ni trop faible pour sembler désordonné comme ce fut le cas des Jeux d’été, mais pas trop fort pour permettre aux athlètes de se réfugier sous la protection de leur pays, pour leur permettre de se ranger (sans de toute manière avoir d’autres choix) derrière l’argument patriotique, entraînant une reconsolidation de la société. 

 

Certains voulaient aller jusque-là, interdire tous les athlètes russes de compétition, même sous drapeau neutre:

L’ancien skieur acrobatique, Dominick Gauthier, aurait préféré que l’interdiction soit complète et que les athlètes ne puissent pas participer aux Jeux.
« Les preuves [du stratagème de dopage] sont accablantes. J’aurais aimé qu’on y aille avec l’approche plus complète. »

Or, justement, le CIO a parfaitement mesuré son action: la Russie est interdite, effacée en quelque sorte, l’histoire réécrite, mais les sportifs sont présentés comme des victimes du régime qu’il faut protéger. Et l’on retrouve cette position dans différents articles de la presse francophone.

 

Le Monde cite T. Bach, président du CIO en ces termes:

 D’une voix lasse, le président du CIO Thomas Bach a déploré « une attaque sans précédent sur l’intégrité des Jeux olympiques et du sport », avant de s’excuser auprès des « athlètes ayant souffert » du stratagème russe à Sotchi.

Sur Eurosport:

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Sur Radio Canada:

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Ainsi, le CIO n’attaque pas la Russie, elle défend les athlètes russes contre leur pays. Tout à fait dans l’air du temps. 

 

Le but affiché est simple, n’est pas même caché: provoquer la rupture entre le pays et ses athlètes et ainsi déstabiliser la société, la scinder en « patriotes » et « traîtres ». Les sanctions furent contre-productives, l’isolement n’a pas marché, sur le plan militaire la Russie s’est imposée, c’est le tour du sport, devenu idée nationale, image de marque du pays. Et ici, le coup a été porté de manière très ajustée sur la fracture idéologique, l’impasse idéologique qui malheureusement touche la Russie.

 

D’une part, le discours patriotique qui suppose l’existence légitime d’un intérêt public général. D’autre part, le culte de l’intérêt individuel de la réalisation individuelle sur le mode occidental, de cet individu centre de tous les intérêts et justifiant toutes les attentions, donc contre l’Etat. Deux logiques contradictoires, s’excluant l’une l’autre. Le politique contre les « managers ». L’être humain avec des considérations le dépassant contre l’individu centré sur son nombril, haussé au statut de demi-dieu païen.

 

Quoi faire?

 

Tout d’abord, il est important de comprendre que cette crise ne s’épuisera pas dans le paiement des 15 millions $, que la Russie ne sera pas rétablie dans ses droits avant la cérémonie de clôture, que le Deus Ex Machina n’existe qu’au théâtre et n’interviendra pas ici. La question sportive n’étant qu’un élément dans un jeu beaucoup plus complexe, la réponse à ce « Quoi faire » ne peut être qu’à deux niveaux.

 

Quoi faire pour les JO très concrètement?

 

Ici, deux visions se confrontent, fortement idéologiques et totalement incompatibles. La logique post-moderne de l’Individu-Roi et comme l’avait dit K. Sobtchak « l’intérêt de l’individu est supérieur à celui de l’Etat« , comme si l’homme pouvait exister seul, sans Etat pour le protéger et l’aider au quotidien, comme s’il était autosuffisant dans un monde de consommation globalisé.

 

Cet individu veut aller aux JO, participer sans drapeau et sans hymne, il veut consommer du sport et de la victoire. Il veut, il exige, il a le droit, il est le centre du Monde.

 

L’on peut lire ainsi cet échange de vues dans un article paru dans Svobodnaya Pressa, A. Urmanov, champion olympique, entraineur:

- Comment les potentiels sportifs olympiques réagissent-ils à la décision du CIO?
- Aller à Pyeongchang et participer.
- Même sans drapeau et finalement sans hymne, c’est-à-dire pas pour l’équipe mais pour soi?
- Et quel est le rapport avec l’équipe? Les gars n’ont pas travaillé qu’une année, ils ont donné toutes leurs forces à la préparation du plus grand évènement de leur vie et maintenant il faudrait refuser de participer? Ce ne serait pas juste. (…)
- D’accord, mais c’est quand même l’Etat qui avec les entraîneurs, les dirigeants sportifs leur a donné tous les moyens d’une bonne préparation…
- Ca c’est de la politique. Le sport, les Jeux Olympiques, sont en dehors de la politique
 

Vous pouvez avoir cet échange qui finalement se résume à cela: tant que l’Etat, avec ses installations, ses entraîneurs, ses équipements, m’est utile, alors je prends, je prends, je prends et c’est ma réussite personnelle. Le reste ne m’intéresse pas, s’il faut y réfléchir, je décide que « c’est de la politique », je rentre dans mon égoïsme. L’intérêt individuel est supérieur à l’intérêt général.

 

Il y a aussi une autre réaction possible, celle, notamment, de Nadejda Tchijova, pleine de bon sens et plus profonde:

« Ca me fait mal au cœur pour ces jeunes qui se sont préparés tant d’années, avec tant de forces dépensées, mais … Dans cette situation, tous doivent renoncer. Oui, c’est vexant. Mais sinon cette injustice jamais ne finira« 

En général, reprendre la main

L’on ne pourrait mieux dire que N. Tchijova. Rien ne garantit à la Russie que la situation finisse avec ces JO. Rien ne permet non plus de le penser. La Russie doit reprendre la main. Y aller ou ne pas y aller est à la fois un choix d’Etat et individuel. Renoncer ici, se plier, quelles que soient les raisons est une reddition, dont les implications géopolitiques seraient encore difficiles à évaluer. Mais qui feraient oublier la victoire politico-militaire en Syrie. Individuellement, chaque sportif peut décider d’y aller, car il estime que son niveau de compétence est le résultat de ses efforts personnels et qu’il a le droit d’en tirer tous les fruits. Certes. Mais il aura bien besoin de la Fédération sportive pour l’aider à organiser sa participation, il en a eu besoin pour sa préparation. Il peut faire ce choix, mais il le fait en toute connaissance de cause.

 

Le Kremlin a annoncé qu’aucune déclaration ne serait faite tant qu’une position consolidée des sportifs ne sera pas formulée. L’Etat dirige un peuple, il ne le créé pas. C’est aux sportifs aussi de prendre leurs responsabilités. Mais c’est l’Etat qui peut donner le ton, créer les modes. Celle du patriotisme réel ou du prima de l’individu.

 

Le pouvoir a peur de voir se développer cette association: si tu y vas, tu es un traître, si tu refuses un héros. En réalité, il y a toujours eu et il y aura toujours des traîtres et des héros, mais l’époque fait qu’il vaut mieux ne pas poser l’alternative en ces termes. L’essentiel aujourd’hui, pour le pouvoir, est d’affirmer une position forte. Un boycott d’Etat n’empêche pas les athlètes de faire leur choix. Ils ne deviendront pas des dissidents, ils ne seront pas fusillés, ni déportés. Je plaisante. Pour autant, la position choisie par l’Etat doit être affirmée, à moins que les sportifs ne décident à l’avenir de développer leur sport sur le fondement des dons privés et non sur des fonds publics.

 

D’autant plus que reste encore à venir la Coupe du monde de football 2018. Rien à ce jour ne permet d’affirmer que l’équipe russe, finalement, y participera. Les discussions commencent, cela a tellement bien marché pour les JO, pourquoi ne pas essayer avec le foot? Les installations sont construites, des investissements très importants ont été réalisés. Que ferait la Russie si son équipe était interdite de participer, à la veille de la Coupe du monde alors qu’elle l’organise sur ses terres? Rien n’est à exclure à ce jour et le pire est le plus rationnel. D’une manière générale, la tension internationale ne faisant qu’augmenter et la Russie gardant une position plus que retenue, il n’y a aucune raison objective pour que de nouvelles provocations, de plus en plus fortes, ne voient le jour.

 

Publié par à 16:24

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Faire la révolution de la tête aux pieds

Posté par onsbouge le 17 octobre 2017

 

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Faire la révolution de la tête aux pieds

par · 17/10/2017

Faire la révolution de la tête aux pieds dans - ECLAIRAGE - REFLEXION Le-sport-sans-le-pouvoir

Le sport sans le pouvoir :

FAIRE LA RÉVOLUTION DE LA TÊTE AUX PIEDS

Le sport plonge ses racines dans l’enfance, jusqu’à nos origines animales. Tous les jeux enfantins, à commencer par les activités sportives, sont une reproduction des schémas animaliers qui visent, dans toutes les espèces, l’apprentissage de la vie d’adulte par l’amusement et la mise en situation fictive. L’essentiel est que le jeu sans enjeu de l’enfance humaine ou animale prépare aux enjeux de l’existence postérieure et permette l’entrée progressive dans le monde des « grands », découvrant à la fois l’autonomie et les synergies possibles avec autrui.

Faire du sport, c’est donc tenter de grandir et, à cette fin, prendre sa propre mesure et celle d’autrui dans une socialisation à part entière. Le jeu sportif nous suggère qu’il n’y a pas de liberté sans lien ni de lien sans liberté, que l’individu a besoin du collectif et réciproquement, et que sa principale problématique se situe dans une recherche d’équilibre entre le je et le nous. Dans ces conditions, le sport favorise le développement du singulier dans l’universel, à travers la découverte de ses facultés corporelles et cérébrales et leur perfectionnement. Car l’expression « faire du sport, c’est grandir » ne signifie pas écraser les autres mais croître avec eux, dans une émulation qui n’omet pas la fin collective de la démarche, et ce, même dans les sports dits individuels.

Le pouvoir a fait du sport sa chose, au service du contresens généralisé de la vie.

Pour se maintenir en place et amplifier sa domination, le pouvoir inverse quotidiennement le sens des mots, des idées, des événements et de la vie toute entière. Et c’est ainsi qu’il inverse également celui du sport, en substituant le jeu par l’enjeu. Une coupe du monde ou un euro de football permet ainsi de déplacer délibérément l’enjeu à l’intérieur des stades en laissant croire qu’au-dehors la vie n’est qu’un jeu (de pouvoir, d’argent, d’apparences…). Le pouvoir fait du sport sa chose : un sport autoritaire et vaniteux au service du contresens généralisé de la vie. Les enjeux sportifs, ridicules et démesurés, sont montés en mayonnaise par les médias du pouvoir parce que ce dernier a besoin de diversions pour passer sous silence les enjeux réels, à l’extérieur des stades, et parce que la cohorte des résignés a besoin de divertissements pour les oublier. Ce sport-là, aux antipodes du jeu tant il est submergé par des enjeux insupportables et la célébration du pouvoir et des inégalités, n’est qu’un spectacle de plus parmi ceux qui détournent les esclaves modernes de leur condition servile et de leur existence indigne. Un spectacle qui sert également à diviser pour mieux régner, en cultivant l’identité nationale et en exacerbant une opposition fabriquée de toutes pièces entre des prolétariats qui ont pourtant exactement le même intérêt primordial : renverser la bourgeoisie et construire une société émancipatrice basée sur l’égalité sociale.

A l’inverse du sport autoritaire et vaniteux, le sport sans le pouvoir est une pause, une parenthèse, un moment gratuit, c’est-à-dire un temps pris sur soi et pour soi, avec ou sans autrui. Le sport sans le pouvoir est paradoxalement un arrêt, à l’instar des trêves qui marquaient les premières olympiades antiques, séparant jeu et enjeu. Le sport sans le pouvoir est un débat et non un combat. D’où sa mise en parallèle avec des négociations de paix, à côtés des stades, et diverses fraternisations entre les cités grecques antiques. Le sport sans le pouvoir est une respiration. Car ce qui compte n’est pas tant de dépasser les autres que de se dépasser soi-même. Et pour cela, on a besoin d’eux : comme points de repères pour nous situer, comme partenaires pour nous éprouver, comme adversaires pour nous stimuler. A ce titre, même l’adversaire est en réalité un partenaire qui revêt une fonction spécifique pour la circonstance, la plus respectable qui soit, dans un jeu de miroirs. Celle de nous confronter à nous-même.

Désobéir au sport autoritaire et vaniteux.

C’est pourquoi rejeter toute idée du sport au prétexte de son usage fascisant est aussi absurde qu’abandonner toute forme de jeu ou d’humour en observant que le divertissement sert souvent de diversion au pouvoir. Ce n’est pas parce que ce dernier nous manipule avec du pain et des jeux que nous devons pour autant renoncer à aimer nous mettre à table, trinquer et nous amuser. Désobéir au sport autoritaire et vaniteux – temple de la marchandise et du spectacle -participe à la reconquête du bien commun que le pouvoir s’attribue et défigure. On peut désobéir à la forme guerrière, vaniteuse et chauvine du sport, sans rejeter entièrement l’idée de l’activité physique ludique qui caractérise aussi le sport.

Un autre sport est possible, basé sur la coopération, la simplicité, la fraternité et le plaisir partagé ; et non sur la compétition, la sophistication, la haine guerrière et le plaisir tiré de la domination d’autrui. Un sport qui n’inverse pas le jeu et l’enjeu.

Cet autre sport est déjà là, comme beaucoup d’alternatives à la tyrannie capitaliste et auroritaire. Mais il est à expérimenter, à penser, à partager, à diffuser, tout en désacralisant les idoles qui règnent sur leur montagne de fric.

La révolution est à faire dans tous les domaines : de la tête au pieds.

Yannis Youlountas

(photo Maud Youlountas)


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Racisme : les footballeurs américains répliquent à Donald Trump (vidéo)

Posté par onsbouge le 25 septembre 2017

 

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CAPJPO – EuroPalestine

Les joueurs de football américain des équipes de Jacksonville (Floride) et Baltimore (Maryland), majoritairement Noirs, ont administré dimanche une belle correction à Donald Trump, en refusant de se tenir au garde-à-vous pendant l’exécution de l’hymne national.

La vidéo ci-dessous a été filmée avant le début d’un match-exhibition opposant, dimanche à Londres (Angleterre), l’équipe des Jaguars de Jacksonville à celle des Ravens (Corbeaux) de Baltimore.

Il y a quelques jours, Donald Trump a en effet proféré une nouvelle obscénité, visant un joueur de la National Football League (NFL), lequel refuse de se soumettre au cérémonial patriotique, tant que la police états-unienne pourra assassiner des citoyens, notamment Noirs, dans une impunité quasi-totale. Et ce, dans le cadre de la vaste campagne de protestation contre la brutalité policière « Black lives matter » (« La vie d’un Noir compte aussi »)

« Les gens qui refusent de saluer le drapeau et l’hymne national sont des fils de p… » a hurlé le président, devant une foule de ses partisans en meeting dans l’Alabama, un Etat à la longue tradition raciste. Et Trump d’ajouter : « Celui qui refuse de se mettre au garde-à-vous pendant l’hymne doit être saqué sur le champ ! »

Eh bien, Trump en a eu pour son argent : comme on le voit dans la vidéo, de nombreux joueurs des deux équipes l’ont publiquement défié, dès les premières notes de l’hymne, en mettant genou en terre, une figure bien connue du football américain équivalant, dans ce contexte, à un bras d’honneur bien mérité !

CAPJPO-EuroPalestine


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Le « Giro », tour cycliste italien veut célébrer le 70ème anniversaire de la création d’Israel !

Posté par onsbouge le 22 septembre 2017

 

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CAPJPO – EuroPalestine

Les organisateurs du tour cycliste italien le « giro » ont annoncé que ce dernier partira en mai 2018 de Jérusalem, pour célébrer le 70 anniversaire de la création d’Israel ! Ils sont en train de recevoir des messages de protestation du monde entier. N’oubliez pas d’envoyer le vôtre !

Le

 

Célébrer la Nakba, le nettoyage ethnique de toute une population chassée de ses terres sans droit au retour ?

Pédaler de Jérusalem, ville annexée illégalement par Israël, à Haïfa et Tel Aviv, en allant jusqu’au Neguev, là où les villages bédouins sont rasés, les prisonniers comme Salah Hamouri emprisonnés et où la centrale nucléaire Dimona menace le monde ?

C’est une très mauvaise blague.

En italien, « giro » veut dire « tour », mais c’est aussi une expression « prendere in giro » qui veut dire « se moquer de ».

Dénonçons cette caution de la persécution des Palestiniens, des maisons et infrastructures palestiniennes détruites à tour de bras par Israel et du système d’apartheid mis en place par cet Etat criminel.

La campagne « un autre pays pour cette course » (#RelocateTheRace !) lancée par PACBI (Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel ) vous propose de remplir le formulaire destiné aux organisateurs du tour en cliquant sur :
https://bdsmovement.net/giro

CAPJPO-EuroPalestine


Publié par  CAPJPO – EuroPalestine
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L’Agence mondiale antidopage fait marche arrière sur les accusations contre la Russie

Posté par onsbouge le 14 septembre 2017

 

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Russie politics

.mercredi 13 septembre 2017

L’Agence mondiale antidopage fait marche arrière sur les accusations contre la Russie

L'Agence mondiale antidopage fait marche arrière sur les accusations contre la Russie dans - DROIT CIO

 
 
L’Agence mondiale antidopage (AMA) vient de mettre fin aux accusations portées contre 95 des 96 sportifs dont elle a vérifié individuellement la situation, pour absence de preuves, alors que leurs noms figuraient dans le rapport McLaren. Des sportifs russes privés de JO portent plainte contre l’AMA et contre McLaren pour l’atteinte portée à leur réputation. Un tournant dans cet étrange scandale parfaitement politisé.
 

L’affaire du dopage de la Russie a commencé à sortir du cadre sportif en 2015, oui après la Crimée, mais c’est certainement une coïncidence. Pour un rapide récapitulatif de ce triste show, voir en particulier ces articles rappelant comment tout a commencé par la télévision allemande et son journaliste « très » impliqué, des témoins à charge « réfugiés »  aux Etats Unis, des conflits entre l’AMA et le CIO, etc. Le prélude, lorsque la dimension politique est évidente mais tout sa portée encore inconnue (ici), le mélodrame du meldonium (ici) et la transformation de la lutte antidopage en arme politico-médiatique (ici). Ce qui a conduit à suspendre collectivement les sportifs russes, contre l’avis du président du CIO qui a fini, mais un peu tard, par s’interroger sur la légalité d’une responsabilité collective et non individuelle. Dans la foulée, en plus de l’athlétisme, d’autres fédérations ont suivi, et même les sportifs russes paralympiques furent interdits de JO et le sont toujours pour 2018 alors que la Russie s’est conformée aux exigences olympiques.
 
La Russie n’a jamais contesté l’existence de dopage dans le sport national, comme dans d’autres pays (voir ici comment l’AMA autorise le dopage de certaines stars du sport), mais elle a toujours contesté l’existence d’un programme étatique de dopage et remet en cause la validité d’une responsabilité collective: ne doivent être sanctionnés que les sportifs qui se sont dopés, le sport doit être en dehors de la politique. Or, aujourd’hui tout est politique.
 
Or, après tous les dégâts apportés à la réputation des sportifs russes et au sport russe en général, un article vient discrètement de sortir dans le New York Times:
 

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Que s’est-il passé? L’AMA a commencé l’examen individuel du cas des sportifs russes accusés de dopage dans le devenu légendaire rapport McLaren. Et sur les 96 cas examinés, elle a du mettre un terme aux accusations portées contre … 95! Et cela pour faute de preuves.
 
Donc, si l’on comprend bien, le rapport McLaren ne comprenait pas de preuves? Mais c’est exactement ce que la Russie affirmait.
 
En attendant, les sportifs russes commencent à se retourner contre l’AMA et McLaren, non pas dans la presse, mais devant la justice, pour le préjudice important qui a été porté à leur réputation en associant leur nom aux affaires de dopage dont ils sont innocents et en les privant ainsi de la possibilité de participer aux JO de Rio. Aujourd’hui trois sportifs, demain combien? Ce serait une première si des sportifs innocents pouvaient laver leur réputation devant la justice, ces structures et ces experts soi-disant indépants (de qui?) sortiraient de leur royale impunité.
 
Mais que faire des JO de Rio? Que faire des résultats obtenus? Car d’une certaine manière, l’AMA et McLaren ont faussé les résultats des JO et favorisé certains pays.
 
 
 
 

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