USA: La plus grande menace est l’indifférence à la dégradation des niveaux de vie

Posté par onsbouge le 3 décembre 2018

black-313636_640-2


Paru sur
Arrêt sur Info

USA: La plus grande menace est l’indifférence à la dégradation des niveaux de vie

Par Moon of Alabama
Arrêt sur info — 02 décembre 2018

Percevoir le déclin social comme une menace à la sécurité nationale pourrait pousser les conservateurs à changer leur politique

Micah Zenko, qui travaillait auparavant au Council on Foreign Relations et qui travaille maintenant pour Chatham House, est l’un des meilleurs analystes de la politique de sécurité des États-Unis. Il affirme dans le tweet ci-dessous:

« La menace la plus grave à la sécurité nationale est l’indifférence collective devant la détérioration régulière du niveau de vie des Américains »

USA: La plus grande menace est l’indifférence à la dégradation des niveaux de vie dans - CONDITIONS DE VIE... zenkotweet

Son tweet répondait au rapport  du National Center for Health Statistics (CDC) de 2017 sur la mortalité aux États-Unis. Ses principales conclusions sont les suivantes :

  • L’espérance de vie de la population américaine est tombée à 78,6 ans en 2017.
  • Le taux de mortalité par âge a augmenté de 0,4 %, passant de 728,8 décès pour 100 000 habitants en 2016 à 731,9 en 2017.
  • Les taux de mortalité par âge ont augmenté de 2016 à 2017 pour les groupes d’âge de 25 à 34 ans, de 35 à 44 ans et de 85 ans et plus, et ont diminué pour le groupe des 45 à 54 ans.

L’année dernière, pour la troisième année consécutive, l’espérance de vie aux États-Unis a diminué et la mortalité a augmenté.

Cela ne s’était produit qu’une fois : entre 1915 et 1918. Les causes en étaient la grippe espagnole, qui, à elle seule, avait tué 675 000 personnes aux États-Unis, et la première guerre mondiale. Cette baisse de l’espérance de vie a été extrêmement importante, mais l’augmentation qui a suivi la fin de l’épidémie et de la guerre l’a été tout autant. Le phénomène actuel est différent.

On s’attendrait à ce que, dans un pays du « premier monde* » comme les États-Unis, l’espérance de vie augmente chaque année en raison des progrès scientifiques en médecine, d’un environnement plus sain, d’une réduction des accidents, et de l’absence de grandes épidémies et de guerres. C’est ce que l’on constate dans d’autres pays développés. Seuls les États-Unis connaissent une telle baisse de l’espérance de vie et pourtant ils ne partaient pas de bien haut. Dans les statistiques de 2015 de l’Organisme mondial de la santé (OMS) et de l’ONU sur l’espérance de vie par pays, les États-Unis se classaient aux 31e et 43e rangs. Ils vont encore reculer avec les nouvelles données.

Les principales causes du déclin actuel sont une augmentation des overdoses de drogue et des suicides :

Depuis 1999, le nombre de décès par overdose a plus que quadruplé. Les décès attribués aux drogues ont été près de six fois plus nombreux en 2017 qu’en 1999. 

[…]

Dans l’ensemble, les suicides ont augmenté d’un tiers entre 1999 et 2017, selon le rapport. En Amérique urbaine, le taux est de 11,1 pour 100 000 habitants ; dans les régions les plus rurales du pays, il est de 20 pour 100 000.

Ce n’est pas seulement la baisse de l’espérance de vie qui prouve que les États-Unis sont un pays en moins bonne santé. La mortalité maternelle et infantile a également augmenté au cours de la dernière décennie et est beaucoup plus élevée que dans les autres pays développés. Tous ces indicateurs sociaux montrent qu’un société est en déclin.

En l’absence de guerre, le seul autre pays industrialisé qui ait connu une longue chute de ces indicateurs sociaux a été la Russie au début des années 1990.

En 1976, Emmanuel Todd, un anthropologue et démographe français, a prédit la chute de l’Union soviétique à partir d’indicateurs tels que l’augmentation des taux de mortalité infantile. En 2001, Todd a écrit Après l’empire: Essai sur la décomposition du système américain, dans lequel il analyse des tendances similaires aux États-Unis et prédit sa chute en tant que seule superpuissance :

Todd note certaines tendances américaines inquiétantes, telles que la stratification croissante fondée sur les diplômes et « l’obsolescence d’institutions politiques non réformables ». C’est de plus en plus le reste du monde qui produit pour que les Etats-Unis puissent consommer.

Todd verra sûrement les statistiques sanitaires actuelles des États-Unis comme une confirmation que la chute de l’empire est proche.

C’est la raison pour laquelle Micah Zenko qualifie l’indifférence politique à l’égard de la santé sociale de « plus grave menace à la sécurité nationale ».

C’est la « réforme de l’assurance maladie » de Bill Clinton qui a appauvri systématiquement la population. La crise actuelle des overdoses a commencé sous l’administration Obama et ils n’ont rien fait pour l’endiguer. La « réforme » d’Obama du système d’assurance maladie a écarté l’ »option publique » qui aurait donné une protection sociale à tous ceux qui n’avaient pas les moyens de payer des assurances privées. Comme de nombreux démocrates sont sous la coupe des grandes entreprises pharmaceutiques, il y a peu d’espoir que le changement vienne de leur côté.

Mais si le déclin social des États-Unis est appréhendé en termes de « sécurité nationale », les conservateurs pourraient commencer à s’en préoccuper.

Un premier signe que cela pourrait effectivement se produire est un article de la très conservatrice National Review qui reconnaît que le déclin de l’espérance de vie et les problèmes de drogue exigent des changements fondamentaux de politique :

Une partie des Conservateurs pleins de bonnes intentions croit que le fait de perdre de vue la croissance économique entraînera une stagnation de plus en plus grande, tandis que d’autres (comme [Oren] Cass) croient que nous devons créer une économie dans laquelle plus d’individus pourraient être productifs, même si cela se faisait au détriment de la croissance du PIB.

[…]

Est-ce qu’un meilleur financement des programmes de formation des travailleurs, par exemple, permettrait de calmer l’angoisse existentielle qui entraîne un abus de drogues ? Peut-on espérer que l’augmentation des offres d’emploi, résultant de la Loi sur les réductions d’impôt et l’emploi, contrebalance le vide que les gens tentent de combler en buvant ou en se droguant ? La moralisation de la société civile suffira-t-elle à reconstruire un tissu social en charpie qui abandonne trop de gens à la solitude ? 

Rien de tout cela n’est suffisant à lui tout seul, mais la réflexion entamée par Cass et d’autres semble annoncer une certaine volonté de s’attaquer à ce défi.

Je ne suis pas d’accord avec ce que dit Oren Cass dans son article ou son livre sur le travailleur américain, mais je trouve de bonne augure que les conservateurs américains commencent enfin à voir les problèmes que leurs politiques engendrent et à envisager des changements qui vont même jusqu’à remettre en cause leur obsession de croissance à tout prix. C’est la première étape d’un long chemin vers de meilleures politiques sociales et économiques.

Mais, étant donné la corruption institutionnalisée du Congrès, ce que Todd appelle « l’obsolescence d’institutions politiques non réformables », un changement pourra-t-il se produire ?

Moon of Alabama

Note :

*Division économique des trois mondes pendant la guerre froide : Premier monde : Pays capitalistes avec une économie de marché. Deuxième monde : Pays socialistes avec une économie planifiée. Tiers monde : Pays en développement.


Publié par Arrêt sur Info
URL  https://arretsurinfo.ch/usa-la-plus-grande-menace-est-lindifference-a-la-degradation-des-niveaux-de-vie/
Relayé par http://onsbouge.unblog.fr/
Lien court http://onsbouge.unblog.fr/?p=152629

.
.

« Ce blog est un blog militant indépendant, sans prétention, bien évidemment non commercial et totalement amateur. Les images, les textes dont nous ne sommes pas les auteurs ainsi que les musiques et chants seront supprimés du blog sur simple demande par courriel. Nous publions textes et communiqués émanant d’auteurs et d’organisations diverses. Ces publications ne signifient pas que nous partageons toujours totalement les points de vue exprimés. Nous déclinons toute responsabilité quant au contenu des sites proposés en liens. ».

Publié dans - CONDITIONS DE VIE..., - ECLAIRAGE - REFLEXION, - INTERNATIONAL, - POLITIQUE | Commentaires fermés

Le Proche-Orient, région la plus inégalitaire au monde

Posté par onsbouge le 24 novembre 2018

black-313636_640-2


Paru sur
ORIENT XXI

Le Proche-Orient, région la plus inégalitaire au monde

Contrairement à ce que laissaient croire les chiffres compilés par les organisations internationales, l’écart entre les riches et les pauvres bat tous les records au Proche-Orient. Et permet, en partie, de mieux comprendre les causes profondes des soulèvements arabes.

« Pain, liberté et justice sociale »  : le célèbre slogan de la place Tahrir en 2011 plaçait la justice sociale au cœur des revendications des mouvements populaires égyptiens. Pourtant, à en croire les chiffres officiels, l’Égypte pré-Moubarak était aussi égalitaire que les pays scandinaves dans les années 1980 ! Et toutes les études existantes documentent des niveaux d’inégalités de revenus historiquement et internationalement faibles : la source du mécontentement des populations serait donc à chercher ailleurs. Cette observation surprenante a été surnommée « l’énigme des inégalités au Proche-Orient » par les organisations internationales de développement. Comment en effet expliquer des niveaux d’inégalité mesurés si bas et l’émergence d’un mouvement de contestation aussi vaste, en quête, entre autres, d’une meilleure redistribution des revenus ?

Dans une nouvelle étude du Laboratoire sur les inégalités mondiales (LIM) de l’École d’économie de Paris, Measuring lnequality in the Middle East 1990-2016:The World’s Most Unequal Region ?, réalisée avec Facundo Alvaredo et Thomas Piketty, nous montrons que l’ « énigme » a pu persister à cause d’un manque de données dans la région. Toutes les études existantes se basent en effet uniquement sur des données d’enquête, qui contenaient parfois seulement des informations sur la consommation, et qui sous-estiment systématiquement les revenus, notamment ceux des plus riches.

Lire la suite…


Relayé par http://onsbouge.unblog.fr/
Lien court http://onsbouge.unblog.fr/?p=151675

.
.

« Ce blog est un blog militant indépendant, sans prétention, bien évidemment non commercial et totalement amateur. Les images, les textes dont nous ne sommes pas les auteurs ainsi que les musiques et chants seront supprimés du blog sur simple demande par courriel. Nous publions textes et communiqués émanant d’auteurs et d’organisations diverses. Ces publications ne signifient pas que nous partageons toujours totalement les points de vue exprimés. Nous déclinons toute responsabilité quant au contenu des sites proposés en liens. ».

Publié dans - CONDITIONS DE VIE..., - ECLAIRAGE - REFLEXION, - ECONOMIE, - INTERNATIONAL | Commentaires fermés

Les Palestiniens appellent à des troubles civils en pleine crise due à la nouvelle loi sur la sécurité sociale

Posté par onsbouge le 15 novembre 2018

black-313636_640-2


Paru sur
ISM-France

Cisjordanie occupée – 14 novembre 2018

Les Palestiniens appellent à des troubles civils en pleine crise due à la nouvelle loi sur la sécurité sociale

Par Dima Abumaria

Article en anglais publié le 31 octobre 2018

Des milliers de citoyens palestiniens ont envahi le centre-ville de Ramallah pour protester contre la loi de sécurité sociale récemment adoptée par décret présidentiel et qui doit entrer en vigueur le 1er novembre, et exige que l’Autorité palestinienne l’annule.

Les Palestiniens appellent à des troubles civils en pleine crise due à la nouvelle loi sur la sécurité sociale

Des Palestiniens se rassemblent sur la place al-Manara de Ramallah pour protester
contre une nouvelle loi sur la sécurité sociale le lundi 29 octobre 2018. (Crédit: Dima Abumaria / The Media Line).

Les manifestants en colère portaient des pancartes mettant en doute la légitimité de l’initiative qu’ils qualifiaient de « déloyale« , étant donné que la démarche s’est faite dans un climat d’instabilité et sans être soumise à un processus législatif approprié.

De nombreux militants ont souligné à The Media Line qu’il y a un manque de confiance énorme entre les Palestiniens et leur propre gouvernement, dont les décisions sont de plus en plus considérées avec scepticisme.

« Le 12 novembre, nous organisons une marche spéciale qui définira la prochaine phase de la manifestation », a révélé à The Media Line un membre du Mouvement national de la sécurité sociale (NSSM), qui a demandé à rester anonyme. « S’il n’y a pas de réponse à nos demandes, nos mesures [possibles] vont de l’appel à la désobéissance civile à la chute de l’ensemble du gouvernement », a-t-il proclamé, avant de déclarer que le NSSM accordait à l’Autorité palestinienne un délai limité pour réexaminer sa position ou bien il aggraverait « fortement » la situation sur le terrain.

Depuis la rédaction du projet de loi l’année dernière, le NSSM a été le fer de lance de la plus grande série de manifestations populaires antigouvernementales en Cisjordanie depuis plus d’une décennie.

L’organisation de la base populaire considère la nouvelle loi comme « l’une des pires » de mémoire récente, car elle a été approuvée par le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, quatre jours seulement après qu’il ait informé les membres du défunt Conseil législatif palestinien (CLP).

L’organe législatif palestinien a été dissout après que le Hamas, démocratiquement élu en 2006, ait déjoué une tentative de coup d’Etat de la faction Fatah d’Abbas dans la Bande de Gaza. [Inclusion de la traductrice en remplaçant de la propagande mensongère de l’article, qui dit : (…) après un coup d’État organisé en 2007 par le Hamas, qui avait expulsé de force la faction du Fatah d’Abbas de la bande de Gaza. »] Le chef de l’Autorité palestinienne est depuis responsable de la rédaction de toutes les lois. Cette situation persistera jusqu’à la tenue de nouvelles élections, à la suite de quoi le Conseil Législatif Palestinien (CLP) sera chargé de réviser les édits présidentiels.

« L’origine de notre désaccord avec le gouvernement n’est pas la caisse de sécurité sociale, mais résulte d’une histoire de méfiance qui vient du fait qu’il n‘y a aucun système de surveillance
», a expliqué Amer Hamdan, porte-parole du NSSM, à The Media Line. « Pourquoi Abbas ne combat-il pas la corruption phénoménale et évidente en Palestine ? »

Il a conclu que l’Autorité palestinienne devrait à la fois se préoccuper d’œuvrer pour la création d’un « véritable » État indépendant, ainsi que de développer l’économie et l’arène politique palestiniennes.

« Je vois le nouveau plan comme deux vaches, l’une pour fournir du lait à Abbas et l’autre du lait pour Rami al-Hamdallah [le Premier ministre de l'Autorité palestinienne] », a déclaré Hashem Nwarah, un manifestant palestinien, à The Media Line. « De quels avantages sociaux parlent-ils quand les Palestiniens n’ont même pas de sécurité ? », a-t-il affirmé, faisant référence au contrôle actuel de l’armée israélienne sur de vastes étendues de la Cisjordanie .

En outre, Nwarah a reproché à l’Autorité palestinienne de ne pas fournir à son peuple les besoins fondamentaux, notamment « d’assurer notre dignité et de garantir un environnement sûr avant de nous imposer la création d’un fonds contre notre volonté ».

Ashraf Aoun, un Palestinien de Hébron, a également dénoncé la mesure, affirmant que « tout projet de sécurité sociale a besoin d’une économie solide pour le financer. Cependant, en Palestine, la situation est loin de là, car nous sommes économiquement dépendants d’Israël ». De plus, l’Autorité palestinienne est incapable depuis de nombreuses années de mettre en œuvre une multitude de programmes plus simples, et elle est accusée constamment de manque de transparence.

« La [sécurité sociale] proposée ne sert pas le peuple palestinien », a déclaré à The Media Line Abd al-Latef Ibrahim, représentant du syndicat des travailleurs de Jawwal, la plus grande entreprise de télécommunications palestinienne. « Malheureusement, après tout ce que nous avons vu, nous ne faisons plus confiance aux décisions du gouvernement. »

Maamoun Abu Shahla, ministre palestinien du Travail, avait auparavant déclaré aux défenseurs des droits de l’homme et aux organisations de la société civile que la nouvelle loi sur la sécurité sociale « n’était pas le fruit d’une heure de réflexion », mais qu’elle avait été prise après de longs débats.

Il a décrit la loi comme un projet national visant à améliorer la vie des Palestiniens et a répété qu’elle entrerait en vigueur à partir de novembre.

Source : The Media Line

Traduction : MR pour ISM


Publié par ISM-France
URL  http://www.ism-france.org/analyses/Les-Palestiniens-appellent-a-des-troubles-civils-en-pleine-crise-due-a-la-nouvelle-loi-sur-la-securite-sociale-article-20753?ml=true
Relayé par http://onsbouge.unblog.fr/
Lien court http://onsbouge.unblog.fr/?p=150857

.
.

« Ce blog est un blog militant indépendant, sans prétention, bien évidemment non commercial et totalement amateur. Les images, les textes dont nous ne sommes pas les auteurs ainsi que les musiques et chants seront supprimés du blog sur simple demande par courriel. Nous publions textes et communiqués émanant d’auteurs et d’organisations diverses. Ces publications ne signifient pas que nous partageons toujours totalement les points de vue exprimés. Nous déclinons toute responsabilité quant au contenu des sites proposés en liens. ».

Publié dans - CONDITIONS DE VIE..., - DROITS, - ECLAIRAGE - REFLEXION, - INTERNATIONAL, - LUTTES, - POLITIQUE | Commentaires fermés

Les marchés de Naplouse : en dépression à cause des poches vides et des décisions politiques de l’Autorité palestinienne

Posté par onsbouge le 15 novembre 2018

black-313636_640-2


Paru sur
ISM-France

Naplouse – 14 novembre 2018

Les marchés de Naplouse : en dépression à cause des poches vides et des décisions politiques de l’Autorité palestinienne

Par Palestine Info

Publié le 10 novembre 2018

L’activité commerciale sur le célèbre marché Khan Al-Tujjar de Naplouse n’a pas son air habituel, le marché manque de clients et les marchands attribuent la baisse du nombre de clients aux conditions de vie difficiles.
Khan Al-Tujjar, connu sous le nom de marché couvert, est l’un des marchés les plus anciens et les plus célèbres de Naplouse, au nord de la Cisjordanie.

Les marchés de Naplouse : en dépression à cause des poches vides et des décisions politiques de l’Autorité palestinienne

Des poches vides

« L’hiver arrive, nous présentons des articles d’hiver, mais peu d’acheteurs viennent », déclare un vendeur de vêtements à notre correspondant.

Dans son dialecte naboulsi, il ajoute : « Les gens ont les poches vides, il n’y a pas de travail, le gouvernement impose une nouvelle taxe tous les jours et il a récemment mis en vigueur la loi injuste sur la sécurité sociale (1) ».

« Le Khan semble presque vide, alors qu’il est généralement plein de clients », explique Abu Saleh, un marchand du Khan. « Les jours passent sans qu’on fasse le moindre bénéfice. Mon magasin fait vivre trois familles et la situation va de mal en pis », ajoute-t-il.

« C’est l’un des marchés les plus populaires de Naplouse et même de Cisjordanie . Des touristes et des acheteurs le visitent lorsqu’ils viennent à Naplouse », déclare-t-il, ajoutant : « Il y a quelques clients qui achètent des choses simples et nécessaires. »

Il souligne la grande responsabilité des autorités officielles de la ville représentées par l’Autorité palestinienne : « Où encourage-t-on le tourisme et attire-t-on dans la vieille ville des touristes palestiniens et étrangers (ce que l’AP prétend avoir fait) ? »

Il précise que les vendeurs comptent sur leurs ventes du samedi, quand les travailleurs et les Palestiniens de Palestine 1948 viennent au marché pour faire leurs courses.

Haj Naji, un porteur, note que : « Le marché est vide, à part pour quelques personnes en ville, il n’y a pas d’acheteurs. Les jours passent sans qu’on me demande de transporter des marchandises chez un commerçant ou un marchand en raison de la mauvaise situation économique du marché Khan, qui est identique à celle des autres marchés de la ville. »

Un vendeur de légumes au marché de légumes du centre de Naplouse déclare à notre correspondant : « Ces dernières années, les ventes ont chuté. Le mauvais temps et la situation économique des citoyens ont un impact notable sur les marchés. »

« Il existe un ressentiment parmi les citoyens, des craintes après l’augmentation des prix des transports, les discussions sur l’application de la loi sur la sécurité sociale et d’autres mesures prises par le gouvernement en Cisjordanie », déclare-t-il. Il demande que les conditions de vie des citoyens soient prises en compte, en particulier celles des gens ordinaires.

Les décisions politiques de l’Autorité palestinienne

Issam Nazzal, un des acheteurs, dit au Centre Palestinien d’Infomation : « Il y a un mois et demi, nous avons acheté les fournitures scolaires et les produits pour l’Aïd al-Adha, et avant, nous avons acheté ce qu’il faut pour le Ramadan et pour l’Aïd al-Fitr. »

« La situation est difficile pour tous, et cela se reflète sur les marchés. »

Nazzal est comptable dans une entreprise privée. Il dit qu’il a un autre travail à temps partiel pour pouvoir subvenir aux besoins de sa famille.

« Aujourd’hui j’ai acheté des vêtements d’hiver pour la famille, » dit-il.

« La vie est difficile, il y a une hausse des prix et la loi sur la sécurité sociale prendra une partie de notre salaire mensuel. »

« Le gouvernement va nous ponctionner pour la Caisse de sécurité sociale aux dépens de nos familles », ajoute-t-il.

Le docteur Nael Mousa, chargé de cours à la Faculté d’économie de l’Université An-Najah, déclare à notre correspondant : « La récession sur les marchés palestiniens n’a pas commencé ces derniers mois, mais elle était là depuis le début de l’année. »

Il l’attribue à la situation politique chaotique, qui a un impact négatif sur l’économie.

Il souligne que « les politiques de l’Autorité palestinienne basées sur les taxes et l’imposition de nouvelles lois, y compris la loi sur la sécurité sociale, ont eu un impact négatif sur la situation économique ».

(1) Lire : http://www.ism-france.org/analyses/Les-Palestiniens-appellent-a-des-troubles-civils-en-pleine-crise-due-a-la-nouvelle-loi-sur-la-securite-sociale-article-20753

Source : Palestine Info

Traduction : MR pour ISM


Publié par ISM-France
URL  http://www.ism-france.org/analyses/Les-marches-de-Naplouse-en-depression-a-cause-des-poches-vides-et-des-decisions-politiques-de-l-Autorite-palestinienne-article-20754?ml=true
Relayé par http://onsbouge.unblog.fr/
Lien court http://onsbouge.unblog.fr/?p=150853

.
.

« Ce blog est un blog militant indépendant, sans prétention, bien évidemment non commercial et totalement amateur. Les images, les textes dont nous ne sommes pas les auteurs ainsi que les musiques et chants seront supprimés du blog sur simple demande par courriel. Nous publions textes et communiqués émanant d’auteurs et d’organisations diverses. Ces publications ne signifient pas que nous partageons toujours totalement les points de vue exprimés. Nous déclinons toute responsabilité quant au contenu des sites proposés en liens. ».

Publié dans - CONDITIONS DE VIE..., - DROITS, - INTERNATIONAL, - LUTTES, - POLITIQUE | Commentaires fermés

Penser la ville

Posté par onsbouge le 25 octobre 2018

black-313636_640-2


Paru sur
CUBA Coopération France

dimanche 21 octobre 2018
par  Graciela Pogolotti, Traduit par Christine Druel

 

Penser la ville dans - CONDITIONS DE VIE...

Tout comme les êtres humains, les villes ont une vie et une histoire.
Elles sont des êtres animés par l’esprit de la mémoire.
C’est dans cette perspective que nous devons penser La Havane à la veille de son demi millénaire.

 

Tout comme les êtres humains, les villes ont une vie et une histoire. Elles détiennent les marques du temps. Elles sont des êtres animés par l’esprit de la mémoire. C’est dans cette perspective que nous devons penser La Havane à la veille de son demi millénaire. Les problèmes qui s’accumulent et se bousculent pour ouvrir la voie sont si nombreux, qu’il faut définir des concepts, proposer des objectifs, les faire connaitre et obtenir ainsi la complicité des habitants. Le demi-millénaire ne sera pas un objectif à atteindre mais un nouveau départ ouvert sur l’avenir.

Chez nous la notion d’urbanisme s’est concrétisée après le triomphe de la Révolution. Avant l’expansion de la ville obéissait de façon anarchique à la valeur financière du sol.

L’urbanisme, essentiellement humaniste, qui tient compte de tous les facteurs intervenant dans la vie de la grande ville et centré sur les problèmes de ses habitants, s’oppose à la vision technocratique, à court terme et utilitariste. C’est dans ces circonstances que le plan directeur de développement de La Havane a pu être défini. Il s’est basé sur une analyse historique, celle de la description d’une ville dispersée et étendue dans l’espace, peuplée par le quart de la population du pays, déficitaire en offres d’emplois, avec une industrie peu développée, et déchirée entre les constructions tape à l’œil de la côte et la misère des zones périphériques dont la démographie s’accroit avec le flux constant de l’immigration interne en demande de meilleures opportunités, avantagée par la proximité de l’appareil gouvernemental, des établissements d’enseignement les plus importants et des centres culturels les plus renommés.

Déjà à l’époque, apparaissaient des problèmes urgents de manque de logements et de transport, aggravés par l’extension de la ville et la distance entre le foyer et le travail, et de mauvais état de conservation de nombreuses constructions.

Pour inverser la situation, on a entrepris deux actions parallèles. On a donné la priorité au développement de villes et villages du reste du pays, en même temps qu’on a élaboré le plan directeur de la capitale avec la participation des architectes les plus en vue.

Ce plan était précurseur par sa vision de d’avenir qui le plaçait à la pointe de son époque. La conscience des problèmes résultant de la détérioration de l’environnement qui dominent aujourd’hui, ne prévalait pas alors. On a cependant mis en œuvre une ceinture verte autour du centre de la capitale. Elle partait de l’ancienne forêt de La Havane – Parc Métropolitain-, se prolongeait avec le cordon de la ville pour atteindre le Parc Lénine, le Jardin Botanique et le Zoo. Ce sont là des centaines d’hectares qui oxygènent la ville pour le plaisir des autochtones et des visiteurs.

Pour la réalisation du Parc Lénine, avec son extraordinaire pouvoir de d’attraction et sa culture du détail, Celia a obtenu la collaboration d’architectes, de créateurs et d’artistes. Je me souviens encore, à la cafétéria La Faralla, de l’originalité des assiettes carrées fabriquées dans l’atelier de céramique tenu par Rodriguez de la Cruz à Santiago de las Vegas, là même où se sont formées des pointures comme Amelia Peláez et Luis Martinez Pedro.

L’étude indispensable pour définir le plan directeur nécessaire devra être élaborée en tenant compte de ces principes. Accentuées par le passage du temps, les difficultés économiques et la période Spéciale, les problèmes dont nous avons hérité comprennent les insuffisances du réseau souterrain. Beaucoup ont oublié qu’un maire de La Havane, Manuel Fernández Supervielle, s’est suicidé pour ne pas avoir réussi à trouver une solution à une bonne répartition de l’eau, ce à quoi s’ajoutent la détérioration des canalisations et l’usure des fosses. Ce sont des réalités qui ne sont pas visibles, mais qui sont la garantie de bien- être et d’hygiène.

D’autre part comme cela s’est produit lors de l’étape fondatrice du XVI siècle, le port de La Havane, était encore la voie d’entrée des marchandises et des passagers dans le pays. Le déplacement de cette fonction au Mariel et le rôle accordé à l’industrie touristique, impliquent une sérieuse redéfinition du profil économique, sociale et culturel de la capitale. Au renforcement d’une production industrielle il faudra ajouter un accroissement du rôle de l’économie de services, le poids considérable de centres de recherche scientifique, la formation de personnel hautement qualifié et la récupération des valeurs patrimoniales qui dépassent les limites au-delà de Vieille ville de La Havane ; elles s’étendent à El Vedado, Miramar, Cubanacán ; et se trouvent sur la belle perspective que l’on peut contempler depuis Reina jusqu’au Castillo del Príncipe, sur les anciennes routes, telles que celles du Cerro et celle du 10 octobre, ce Jesús del Monte chanté par Eliseo Diego. Je m’arrête là. La liste serait interminable et devrait inclure l’héritage préservé dans nos musées.

Le défi semble écrasant : c’est tout le contraire. Rêver en grand est le meilleur antidote contre la médiocrité, l’ennui, la dégradation. Elaborer un projet est le meilleur moyen de se mettre au travail. Et pour cela nous devons réunir nos meilleurs chercheurs, architectes et urbanistes, soumettre à débat public divers critères et amener ainsi les havanais de naissance et d’adoption à participer à la tâche gigantesque qui nous attend.

http://www.cubadebate.cu/opinion/2018/09/09/pensar-la-ciudad/#boletin20180909


Publié par CUBA Coopération France
URL  http://cubacoop.org/spip.php?page=article&id_article=3946
Relayé par http://onsbouge.unblog.fr/
Lien court  http://onsbouge.unblog.fr/?p=149126

.
.

« Ce blog est un blog militant indépendant, sans prétention, bien évidemment non commercial et totalement amateur. Les images, les textes dont nous ne sommes pas les auteurs ainsi que les musiques et chants seront supprimés du blog sur simple demande par courriel. Nous publions textes et communiqués émanant d’auteurs et d’organisations diverses. Ces publications ne signifient pas que nous partageons toujours totalement les points de vue exprimés. Nous déclinons toute responsabilité quant au contenu des sites proposés en liens. ».

Publié dans - CONDITIONS DE VIE..., - ECLAIRAGE - REFLEXION, - INTERNATIONAL, - POLITIQUE | Commentaires fermés

12345...106
 

Bliid |
wowgoldhao |
comprendrelacriseeconomique |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | appleshoes
| CGT Association Rénovation
| MesMots