Elections locales 2017: La victoire d’Edinaya Rossiya n’est-elle pas « trop » importante …

Posté par onsbouge le 13 septembre 2017

 

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Russie politics
mardi 12 septembre 2017

Elections locales 2017: La victoire d’Edinaya Rossiya n’est-elle pas « trop » importante …

 

 

Elections locales 2017: La victoire d'Edinaya Rossiya n'est-elle pas

 
Dimanche se sont déroulées les élections locales dans 82 des 85 entités fédérées russes, qu’il s’agisse de l’élection de 16 gouverneurs, de députés des assemblées locales ou des conseils municipaux de centres régionaux et de l’élection anticipée de deux députés fédéraux. D’une manière générale, Edinaya Rossya a très largement remporté ces élections, considérées comme un test avant les présidentielles. Mais le parti n’a-t-il pas « trop » remporter les élections? Ou des problèmes objectifs de l’opposition russe.
 

 
Si vous ne voulez pas vous perdre dans le dédale indescriptible du site de la Commission centrale électorale, vous trouverez les résultats synthétisés bien présentés sur le journal libéral Kommersant.
 
La victoire de Edinaya Rossiya est sans conteste. Les 16 gouverneurs issus de la réserve présidentielle ont été confirmés à leur poste par les électeurs, avec un taux de participation faible, en moyenne 33,47%, en baisse (sauf pour la région de Sverdlovsk qui se maintient) par rapport aux  élections précédentes. Un taux maximal de participation est atteint en Mordovie avec 71%, les plus bas autour de 20% dans les régions de Tomsk, de Kaliningrad ou de Carélie. L’opposition n’a pu proposer aucun candidat fort, ayant un minimum de chances. Mais il est vrai aussi que ces candidats issus de la réserve présidentielle se sont largement mis au travail dès leur nomination par intérim par V. Poutine et ont obtenu des résultats sur le terrain. Ainsi, à Kaliningrad, le gouverneur par interim s’est attaqué à la question des routes restées sans solution depuis longtemps, a accéléré les travaux liés à l’aéroport qui stagnaient, etc. 
 
Le porte-parole du Kremlin a déclaré que par leur vote, les électeurs ont confirmé le choix fait par le Président des candidatures. Ce qui est vrai. D’une certaine manière, le schéma de l’élection des gouverneurs ne laisse que très peu de place à des candidatures alternatives. Quelques temps avant les élections, le gouverneur passe en intérim ou un nouveau est nommé par interim par le Président. Il a quelques mois pour faire ses preuves et bénéficie de toute l’attention des médias. En effet, ils ont fait leurs preuves et finalement, pour les habitants, c’est l’essentiel: de voir des résultats positifs. Mais peut-on réellement parler d’élections? Or, ces élections directes avaient été rétablies, après leurs supressions au profit de la nomination. Finalement, n’est-on pas arrivé à un système intermédiaire de nomination confirmée par vote populaire?
 
En ce qui concerne l’élection des 309 députés des assemblées locales dans 6 entités fédérales, Edinaya Rossiya a remporté 239 sièges. Par exemple en Ossétie du Nord, Edinaya Rossiya (ER) a obtenu 46 mandats, Patriotes de Russie 46, Russie juste 7 et PC 5. Dans la région de Tver, Edinaya Rossiya a obtenu 363 sur les 425 mandats, le PC 10, Russie juste 6, LDPR 5 et 38 candidats indépendants ont été élus. Pour les conseils municipaux, la proportion ne change pas. Par exemple, dans la région de Vladimir, ER a obtenu 185 mandats, le PC 5, LDPR 3 et Russie juste 2. 
 
D’une manière générale, les partis politiques autres que ER n’ont récupéré que les miettes du gateau. Le PC reste le premier parti d’opposition avec 1607 mandats obtenus (pour comparer, rien qu’à Moscou, 1502 mandants étaient mis en jeu), ensuite Russie juste avec 898 et LDPR avec 735. En revanche, je n’arrive pas à trouver les chiffres globaux de la victoire de ER … Pour autant tout le monde est content. Edinaya Rossiya d’avoir consolidé sa position de leader incontesté, le PC de finalement rester le premier parti d’opposition, Russie juste de ne pas avoir disparue du paysage politique et Jirinovky d’avoir une occasion de passer devant les caméras en parlant des ressources administratives, sans pour autant contester les résultats.
 
En ce qui concerne les élections à Moscou, c’est le seul endroit où l’opposition libérale a fait une percée, mais il est vrai que la ville est traditionnellement plus libérale et le crédo de la lutte contre la « Rénovation » fut professionnellement exploité. Pour autant, il faut relativiser cette victoire, qui ne remet en rien en cause l’écrasante majorité ER. Sur les 1502 mandats en jeu dans les municipalités de Moscou, ER en a remporté 1154. Iabloko est arrivé deuxième avec 11,9% et 177 mandats, PC (2,9%) a 45 mandats, Russie juste (0,65%) environ 10 mandats et 138 candidats indépendants ont été élus. LDPR, Parnas (Kassianov), Parti de la croissance (Titov, Ombudsman des hommes d’affaires) ont ensemble fait moins d’1%. Il est intéressant de noter que l’ancien député Dmitri Gudkov, entré dans l’opposition très forte, prétend regrouper les forces d’opposition libérale et des candidats indépendants annonce la victoire de 266 de ses candidats: les 177 de Iabloko (ce qui n’en pas tout à fait dans l’idée du président du parti qui envisage les élections à la mairie de Moscou en 2018), 47 candidats indépendants et d’autres partis pour lesquels l’équipe de campagne de Gudkov a appelé à voter (18 des 45 élus communistes, 2 membres de PARNAS – drôle de mélange…). Rappelons que le taux de participation n’a pas atteint … 15% (contre 21% en 2014).
 
Voici la carte des quartiers de Moscou, en couleur ceux où l’opposition est majoritaire:
 

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Autrement dit, ces élections confirment le renouveau de la force de Edinaya Rossiya sur le terrain. Une force peut être trop présente. Il y a la faiblesse objective de l’opposition, qu’elle soit à la Douma ou radicale. Et c’est tout le paradoxe du système démocratique. Pour gouverner efficacement il faut une majorité large, mais une majorité large qui devient écrasante lance une mécanique qui tend naturellement à étouffer l’opposition, provoquant l’affaiblissement du système. 
 
Les risques sont réels. Lorsqu’un monopole politique se met en place, le parti au pouvoir commet plus d’erreurs, car l’opposition est un stimulant et un contrôle. Du côté de la population, il y a ce risque de raz-le-bol et d’émergence de forces destructrices, qui jouent le populisme: neuf, nouveau, jeune, plein d’élan, du sang neuf … En France, cette logique est allée jusqu’à l’élection d’un Président.
 
C’est sur ce terrain que s’est reconverti Navalny, qui utilise la lutte contre la corruption pour mobiliser une jeunesse hypnotisée par les réseaux sociaux et les slogans faciles, la population peu intéressée par la politique. Et ça marche, si l’on en croit sa force de nuisance. Celle-ci risque de se renforcer puisqu’il ne pourra participer aux élections présidentielles en raison de son casier judiciaire, comme l’a déclaré la présidente de la Commission centrale électorale. Il entre donc dans une phase totalement destructrice, avec tout son système mis en place en vue des élections: ses 80 bureaux dans les régions russes et ses 156 000 volontaires. Dans la mesure où il ne peut participer aux présidentielles, il va travailler à leur boycott.
 
En attendant, un élément de comm est ici intéressant. Il a lancé une ligne de Tee-shirt (rappelons que la politique doit rester rentable) avec un slogan particulier: « Paris – 68, Moscou – 18″. La volonté révolutionnaire de l’individu qui surf sur le moi ou rien est à peine cachée derrière la mascarade.
 

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Normalement, ce type d’individus ne présente pas de danger. Sauf … sauf lorsque le système politique est desséché par une majorité trop écrasante et trop stable et une opposition incapable d’incarner les aspirations de la population et toujours en guérilla interne. Bref, il est parfois des victoires qui peuvent devenir dangereuses, en politique l’illusion du choix doit toujours exister.
 
 
Publié par à 12:35 

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